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Marianne Coulin (Traducteur)
ISBN : 2266121197
Éditeur : Pocket (03/10/2002)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 5 notes)
Résumé :

Ce livre est une invitation spirituelle pour approfondir les traditions chrétiennes et bouddhistes. Découvrir qu'elles ne s'opposent pas mais se complètent et s'éclairent, tout en préservant leur originalité. Ce texte de sagesse de Thich Nhat Hanh ravive les enseignements originels de Jésus et de Bouddha et démontre la relation profonde, la convergence de concepts comme l'Esprit-Saint, ou la compassion... Pas de dis... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (1) Ajouter une critique
Ledraveur
28 janvier 2015
★★★★★
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Thich Nhat Hanh a souffert les affres de la guerre moderne totale du Viêtnam ; lorsqu'il s'adresse à nous, en humain porteur d'un horizon de « la Paix en soi », nous pouvons lui accorder le droit d'avoir quelques attentions à ce qu'il nous livre. Alors que sa vie décline aujourd'hui en ce début 2015, notre humanité sombre de nouveau dans les incompréhensions haineuses, de “religions” dominatrices, d'idéologies de cultures, vers des abîmes dont nul ne sait vraiment comment nous en reviendrons, si nous nous en sortons... !
Dans ce petit ouvrage il nous réconcilie en prenant une dimension “spatiale” précisant son propos entre le phénoménal et le nouménal, rendant explicite la fraternité de l'humain au-delà de ses champs culturels habituels. Christ et Siddhàrta Gautama dès lors sont dans un dialogue fraternel intelligible pour peu que nous y soyons attentif. Dans cet échange bienvenu, par induction, un air de lumineuse liberté (l'ainsité) point à l'horizon où brille toute spiritualité vécue, quelque soit son origine traditionnelle temporelle, dans l'ardence d'un Amour humain toujours possible.
Lien : http://camisard.hautetfort.c..
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
LedraveurLedraveur06 juillet 2016
BOUDDHA ET JÉSUS SONT DES FRÈRES

Nombreuses sont les personnes, particulièrement dans les milieux chrétiens, qui voient des points communs entre le christianisme et le bouddhisme. Mais pour d'autres les fondements philosophiques du christianisme et du bouddhisme sont très différents. Le bouddhisme parle de renaissance, d'avoir plusieurs vies ; tandis que selon le christianisme vous n'avez qu'une vie, celle-ci. Le bouddhisme enseigne qu'il n'y a pas de soi et le christianisme qu'il y a un vrai soi. Le bouddhisme enseigne la vacuité, la non-substance, tandis que le christianisme confirme la réalité de l'existence. Comme la base philosophique est très différente, certains en concluent que la pratique de la compassion et de la bienveillance dans le bouddhisme est forcément différente de la charité et de l'amour dans le christianisme. C'est à mon sens une façon très superficielle de voir les choses. En approfondissant notre pratique dans notre propre tradition, nous verrons que ces questions ne sont pas fondées.
Pour commencer, il y a de nombreuses formes de bouddhisme et bien des manières de le comprendre. Prenez cent personnes qui pratiquent le bouddhisme et vous aurez cent formes différentes de bouddhisme. Il en est de même du christianisme. Prenez cent mille personnes qui pratiquent le christianisme et vous aurez peut-être cent mille façons de comprendre le christianisme.
Au Village des Pruniers, où de nombreuses personnes venant de différentes traditions viennent pratiquer, il n’est pas rare qu’un bouddhiste trouve un chrétien plus bouddhiste qu’un autre bouddhiste. Je vois un bouddhiste, mais sa manière de comprendre le bouddhisme est assez différente de la mienne. Et quand je regarde un chrétien, je vois que sa façon de comprendre le christianisme et de pratiquer l’amour et la charité est plus proche de ma façon de pratiquer que celle de cet homme que l’on dit bouddhiste.
C’est tout aussi vrai du christianisme. Vous pouvez vous sentir très éloigné de votre frère chrétien. Vous pensez que le frère qui pratique dans la tradition bouddhiste est bien plus proche de vous comme chrétien. Le bouddhisme n’est donc pas le bouddhisme et le christianisme n’est donc pas le christianisme. Il existe de nombreuses formes de bouddhisme et de nombreuses façons de comprendre le bouddhisme. De même, il y a bien des manières de comprendre le christianisme. C’est pourquoi il faut se défaire de toute idée préconçue sur le christianisme et le bouddhisme.
Nous ne cherchons pas à dire que le bouddhisme est une forme de christianisme ou le christianisme une forme de bouddhisme. Une mangue n’est pas une orange. Je ne peux pas dire qu’une mangue est une orange. Il y a des différences. Il faut préserver les différences. C’est bien d’avoir des différences. Vive la différence ! Mais quand vous observez profondément la mangue et l'orange, vous voyez que bien que différentes, elles sont toutes deux des fruits. Si vous analysez encore plus profondément la mangue et l'orange, vous verrez qu’elles contiennent les mêmes éléments, comme le soleil, les nuages, du sucre et de l’acidité. Si vous passez encore plus de temps à les regarder profondément, vous découvrirez que la seule différence entre elles tient au degré, à l’accentuation. A première vue, vous voyez les différences entre l'orange et la mangue ; mais un examen approfondi vous révèle tout ce qu’elles ont en commun. Dans l'orange vous trouvez de l’acidité et du sucre, qui sont aussi présents dans la mangue, Même deux oranges ont un goût différent, l'une étant plus acide ou plus sucrée que l’autre.
p. 19, 20, 21
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LedraveurLedraveur28 janvier 2015
Le Bouddha pose à Jésus une question très concrète. Il lui pose la question de la pratique parce qu’il veut connaître sa réponse. Aujourd’hui, il a aussi des difficultés à faire tout ce qu’il faisait il y a vingt-cinq siècles en Inde. Dans sa tradition, on a tendance à trop parler de l’enseignement. Les gens se sont égarés en inventant trop de choses et en s’occupant trop de l'organisation. Ils ont perdu la véritable essence du Dharma. Ils enseignent et pratiquent dans des formes archaïques qui n’ont pas réussi à transmettre le véritable enseignement aux futures générations.
En posant cette question à Jésus, le Bouddha se pose en même temps cette question : comment peut-on renouveler le bouddhisme en tant que tradition spirituelle ? Comment le bouddhisme peut-il incarner le véritable esprit du Dharma ? Comment la pratique peut-elle générer la véritable énergie de l'amour, de la compassion et de la compréhension ?
Le Bouddha et Jésus sont deux frères qui doivent s’aider mutuellement. Le bouddhisme a besoin d’aide. Le christianisme a besoin d’aide, non pas pour le bien du bouddhisme, non pas pour le bien du christianisme, mais pour le bien de l'humanité et pour le bien des autres espèces sur la Terre. Nous vivons à une époque dominée par l'individualisme, la violence et l’ignorance. Les gens ne se comprennent plus les uns les autres ; ils ne sont plus capables de se parler et de communiquer ensemble. Nous vivons une époque où la destruction est par tout...
p. 176

… , où beaucoup de gens sont au bord du désespoir. C’est pourquoi le Bouddha a besoin d’aide, de même que Jésus.
Au lieu de les opposer, invitons-les ensemble chaque jour, chaque matin, chaque après-midi et chaque soir comme deux vrais frères. Leur rencontre est un espoir pour le monde.
Le Bouddha et Jésus doivent se rencontrer à chaque instant en nous. Dans notre pratique quotidienne nous avons besoin de toucher l’esprit du Bouddha et l’esprit de Jésus pour qu’ils se manifestent. Nous avons besoin de leurs énergies pour pouvoir embrasser notre peur, notre désespoir et notre anxiété.
Pour Jésus comme pour le Bouddha, il est possible de retrouver la paix et l’espoir. Cette paix, cette solidité et cet espoir sont pour ceux que nous aimons et qui vivent autour de nous. Chaque pas que vous faites dans la direction de la paix, chaque sourire sur vos lèvres, chaque regard aimant inspire et aide les gens qui vous entourent à avoir foi en l’avenir.
C’est pourquoi le Bouddha devrait aider Jésus à se rétablir complètement et Jésus devrait aider le Bouddha à se rétablir complètement, parce que Jésus et le Bouddha ne sont pas des concepts. Ils sont vivants, autour de nous et vous pouvez les toucher dans votre vie quotidienne.
p. 177

« Bouddha et Jésus sont des Frères », Thich Nhat Hanh
Éditions Pocket Le Relié © mai 2001
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LedraveurLedraveur28 janvier 2015
Mais lorsqu’on va dans l’autre dimension, la dimension ultime, la dimension des noumènes, il faut être très prudent. Dans cette dimension, l’eau ne peut être confondue avec toutes les vagues. Il y a une relation causale, mais cette relation est différente. C'est pourquoi l'eau ne doit pas être considérée de la même façon que les vagues ou au même niveau. C’est ce qu’on appelle dans la tradition bouddhiste « l'investigation séparée des noumènes et des phénomènes ». Cette conscience est très
claire.
Quand vous utilisez un mot pour décrire quelque chose dans une dimension, cela ne veut pas dire exactement la même chose dans l’autre dimension. Parler du père dans la dimension historique ou en termes de phénomènes ou de vague, c’est autre chose que parler du Père dans la dimension ultime, le royaume de l’eau, ou dans « Notre père qui es aux cieux ». Il faut le comprendre tout à fait autrement. C’est un autre langage.
p. 132

De personne à personne

Bien sûr, chaque vague fait partie de toutes les autres vagues. Chaque être vivant est relié à tous les autres êtres vivants. Jésus est une vague, comme vous et moi, comme le Bouddha, parce que vous pouvez le toucher en tant que vague dans la dimension historique. On peut le considérer d’abord comme un maître, un être humain et le Fils de l’Homme. En même temps, il est le Fils de Dieu.
Mais examinons-le maintenant en tant que fils de l’Homme. Il possède alors les cinq éléments : la forme, les sensations, les perceptions, les formations mentales et la conscience. Nous pouvons le toucher en tant que vague, en tant qu’être humain et il y a une relation entre nous et lui. Je connais un prêtre catholique qui a dit que Jésus est notre frère. Alors qu’il célébrait l’Eucharistie en ma présence, il a invoqué Jésus en disant « notre frère ». Cela signifie que dans la dimension historique nous sommes des frères et des sœurs les uns pour les autres.
p. 133
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LedraveurLedraveur28 janvier 2015
Le véritable amour est fait de compréhension — comprendre l'autre personne, l’objet de votre amour, comprendre ses souffrances, ses difficultés et ses véritables aspirations. Si la compréhension est présente, vous pourrez offrir de la bonté, de la compassion et de la joie. Il y aura aussi de l'espace, car le véritable amour ne connaît pas la possessivité. Vous aimez, mais vous restez libre et l'autre aussi. Le genre d’amour où il n'y a pas de joie n'est pas le véritable amour. Si les deux partenaires pleurent tous les jours, ce n’est pas le véritable amour. Dans l'amour, il doit y avoir de la joie, de la liberté et de la compréhension.
On dit que le Bouddha du futur, Maitreya, est le Bouddha de l'amour. Nous pratiquons pour que son apparition devienne réalité. Nous préparons le terrain pour ce futur Bouddha. Le Bouddha du futur sera peut-être une Sangha, une communauté de pratique, une communauté de gens qui partagent les mêmes valeurs, et pas seulement une personne, parce que l'amour doit être pratiqué collectivement. Nous avons besoin les uns des autres pour que la pratique collective de l'amour devienne une réalité.
L'amour est une sorte d'énergie. Dans la tradition bouddhiste, nous pouvons identifier la nature de cette énergie.
p. 67
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LedraveurLedraveur28 janvier 2015
Quand vous dites que l'humanité a été créée par Dieu, vous parlez de la relation entre l'eau et la vague. Dieu n'a pas créé l'homme de la même manière qu'un menuisier a créé une table. Tous nos amis chrétiens seront d'accord sur ce point. La manière dont Dieu a créé le cosmos est assez différente. On ne peut confondre les deux dimensions. On ne peut considérer Dieu comme une chose qui opère dans le monde des phénomènes. De nombreux théologiens ont pu le constater. Paul Tillich a dit que « Dieu est l'essence de l'être » ou le « fondement de l'être ». L'« essence de l'être » est l'aspect nouménal de la réalité. Dieu n'est pas un être dans le monde phénoménal. Il est l'essence de l'être. Je pense que les chrétiens comme les bouddhistes ne devraient pas avoir de mal à s'entendre sur ce point.
On peut parler du monde phénoménal mais il est très difficile de parler du monde nouménal. Nos concepts et nos mots ne peuvent décrire Dieu. Aucun des adjectifs et des noms utilisés pour décrire les vagues ne peut rendre compte de Dieu.
p. 12

On peut dire d'une vague qu'elle est grosse ou petite, belle ou laide, qu'elle s'élève ou s'abaisse ; mais aucune de ces notions ne peut être appliquée à l'eau. Dieu n'est ni gros ni petit. Dieu n'a ni commencement ni fin. Dieu n'est ni plus beau ni moins beau. Aucune idée permettant de décrire le monde phénoménal ne peut s'appliquer à Dieu. Mieux vaut par conséquent ne rien dire au sujet de Dieu. Pour moi, le vrai théologien est celui qui ne parle jamais de Dieu.
Le fait qu'on ne puisse pas parler de Dieu ne signifie pas que Dieu n'est pas accessible. Je suis d'accord avec André Gide quand il dit que « Dieu est présent vingt-quatre heures par jour ». La question est de savoir si l'on touche Dieu vingt-quatre heures par jour ou même une heure par jour.

Toucher Dieu, toucher le nirvâna

Dans la pratique chrétienne comme dans la pratique bouddhique, si vous n'êtes pas capable de toucher le monde phénoménal en profondeur, il vous sera très difficile voire impossible de toucher le monde nouménal — l'essence de l'être. Si vous êtes conscient de l'air pur que vous respirez, si vous pouvez le toucher profondément, le savourer pleinement, vous avez une chance de toucher l'essence de l'air pur. C'est comme pour la vague lorsqu'elle touche l'eau. Cette pratique qui consiste à toucher profondément les choses au niveau horizontal nous donne la capacité de toucher Dieu — de toucher le niveau nouménal de la dimension verticale.
p. 13
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>Théologie sociale chrétienne>L'Eglise et la société>L'Eglise et les autres croyances (24)
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