Je vais essayer de vous faire ressentir ce que le livre et sa lecture ont éveillé en moi.
Et d'abord, comme promis, je reviens à l'illustration de couverture : elle ressemble beaucoup à "L'île des morts" de Böcklin, c'est, je le découvrirai bientôt, l'île où brillent des feux dans la nuit… Une réminiscence vénitienne, pour moi : je me suis souvent demandé si Böcklin avait pensé à San Michele pour le titre ou à Torcello, quoique les arbres ne soient pas si hauts.
Et puis, le titre : un décasyllabe doux, nostalgique peut-être, une note d'espoir pour moi : fragiles mais résistants…
Et voilà, la lecture commence : j'entre difficilement, l'écriture me parait un peu maladroite, le vocabulaire un brin trop recherché ; il faut que le livre m'apprivoise… Cela vient vite.
Berthier, un sous-officier qui patrouille sur la place désertée d'une ville, la capitale d' une île quasi abandonnée par le continent. L'île est en pleine guerre, civile peut-être ? le nord a été conquis par l'ennemi : abandonnée vraiment. La guerre est latente ; l'ennemi est là.
Et je me suis interrogée : quels sont cette île, ce pays ? où sont-ils ? J'ai pensé au Désert des Tartares , à ces hommes qui attendent l'arrivée de l'ennemi, j'ai pensé à Zangra… Et les remparts de la ville m'ont rappelé Saint-Malo mais le climat serait plutôt celui de nos plages de la Mer du Nord.
Rarement, j'ai lu un texte qui me faisait voyager ainsi et rarement, j'ai senti le poids du lieu comme ici.
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