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> Brigitte Allioux (Traducteur)
> Karine Chesneau (Traducteur)
> Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)

ISBN : 2742769137
Éditeur : Actes Sud (2007)


Note moyenne : 4/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

C'est une expérience limite, une plongée dans l'horreur, que retrace le poète Tamiki Hara (1905-1951) dans trois nouvelles réunies sous le titre de l'une d'entre elles, Fleurs d'été. Ces textes furent à l'origine d'un genre ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par finitysend, le 25 février 2013

    finitysend
    Nous sommes ici dans la fiction biographique.
    Ces trois longues nouvelles à la grande puissance évocatrice plongent le lecteur avec l'ombre d'un réalisme cinglant dans les heures qui ont précédés Hiroshima et Nagasaki ..
    Dans le moment T de la catastrophe et dans l'immédiatement après l'assaut nucléaire .
    Il est question dans ces textes du quotidien le plus élémentaire, il ne s'agit pas d'envolées lyriques déconnectées des réalités que ces gens ont vécus , et pour certains , au cœur de la fournaise !
    Des textes solides et dénué du moindre pathos pénible ou racoleur ...
    Personnellement je les possède depuis que leur diffusion était encore confidentielle ( chez Dagorno ) ..
    Je les parcours de loin en loin sans jamais avoir pu oublier leur incroyable force douloureuse tristement et dignement contenue .
    Un must , ce recueil .
    Un style réaliste et circonstancié sans emphase poétique néfaste .
    Des textes qui parlent aussi du japon , de plusieurs façons anodines et sans rapports directs avec la guerre .
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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 22 mai 2012

    le_Bison
    « Une neige poudreuse tombait depuis le matin. Un voyageur qui venait de passer la nuit dans cette ville, attiré sans savoir pourquoi par le charme de la neige fine, s'en allait à pied en direction du fleuve. »
    Certaines lectures me plongent directement au cœur du roman. Je me sens investi d'une mission, celle de m'identifier au héros d'un jour, d'une page. Il me n'en a pas fallu guère plus que ces trois lignes, pour que mon esprit se sente au cœur du Japon, me prenne pour cet hypothétique voyageur et ressente ces flocons de neige d'un blanc immaculé venus recouvrir les trottoirs de la ville, comme les pétales de cerisiers sur le parc Ueno un après-midi d'avril où la brise s'est agitée… Cette entrée en matière dans la ville d'Hiroshima pourrait être une ode à la beauté, un instant poétique pour une âme vagabonde. Sauf que l'action se situe en plein été de 1945.
    Tamiki Hara propose ainsi 3 courtes nouvelles sur la ville d'Hiroshima - avant, pendant et après l'explosion de la première bombe atomique. La poésie laisse place à l'horreur, une horreur aussi pure que glaciale qui me plonge dans un regard extatique et profond de ce que peut être la terrible violence de l'humanité. Je me demande toujours comment l'Homme possède en lui autant de cruauté et d'irresponsabilité pour massacrer aveuglément ses concitoyens. Assurément, la date du 06 Aout 1945, 8h15, marquera de façon indélébile la défaite de l'humanité.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=218
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    • Livres 4.00/5
    Par Iansougourmer, le 06 février 2013

    Iansougourmer
    Hiroshima, fleur d'été est un ouvrage bouleversant de Tamiki Hari qui livre à travers trois récits, Prélude à la destruction, Fleurs d'été et Ruines son expérience personnelle de la destruction atomique de la ville de Hiroshima le 15 août 1945. L'auteur, raconte sa vie à Hiroshima avant la catastrophe dans le premier récit, le jour du bombardement dans le deuxième et sa vie les mois suivant le drame.
    Ce livre est tout simplement bouleversant, car il expose les souffrances inqualifiables qu'ont subi les habitants d'Hiroshima, pris dans une guerre perdue pour leur pays et étant les victimes innocentes de ce conflit. En ce sens, ce livre constitue un puissant et essentiel témoignage historique pour nous rappeler les ravages de la destruction atomique qui désintègre une ville avec une seule bombe en n'en laissant que des ruines stériles et fumantes et une poignée de survivants qui ne sont plus que l'ombre d'eux mêmes, condamnés à la mort par la brûlure de leur chair et les ravages des maladies provoquées par l'exposition aux particules nucléaires, à qui toute perspective de bonheur semble impossible. Hara nous plonge dans la terreur de l'anéantissement en racontant la surprise des habitants, leur impuissance à échapper au piège de la bombe qui anéantit tout de son éclair. La première nouvelle est intéressante car elle décrit l'état d'esprit des japonais et plus particulièrement celui des habitants d'Hiroshima juste avant la bombe atomique.
    La puissance de ce témoignage est encore renforcée par l'écriture de Hara. Sobre et précise, elle laisse sans pathos malvenu et avec un réalisme d'autant plus terrible s'imposer auprès du lecteur l'horreur dans tout ce qu'elle a de cru et de violent. Sous cette écriture maîtrisée on sent, perceptible bien que masquée, l'immense douleur de Hara qui ayant perdu sa femme un an avant la bombe voit tout ce qu'il aimait, la ville de son enfance, ses biens, être détruits par la bombe, marquant par le feu une cassure irréparable avec son passé. Cette rupture est matérialisée par le fait que Hara utilise la troisième personne du singulier pour son premier récit, comme s'il voulait indiquer le fait que l'homme qu'il était alors n'est plus ce qu'il est désormais. On sent une profonde tristesse chez l'écrivain, mêle à beaucoup d'amertume, et on sent bien que l'écriture ne constitue en aucun cas pour lui une forme de thérapie, hanté par son passé Tamiki Hara se suicidera en 1951, mais une volonté de témoigner l'horreur absolue de cet événement.
    Ce livre est tout simplement bouleversant, c'est la plus belle des manière de dénoncer le 15 août 1945, journée de cendres pour l'histoire de l'humanité.
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  • Par LucianaMortisol, le 15 février 2014

    LucianaMortisol
    Trois récits, avant, pendant et après, avant, pendant et après l'acte qui signe pour toujours le malheur des gens d'Hiroshima et le malheur de l'humanité qui a osé passer la limite interdite...
    Tamiki Hara écrit en témoin, témoin direct puisque lorsque l'innommable s'est produit il était revenu dans sa ville, s'y retrouver lui-même pour surmonter le deuil de sa femme, et se recueillir sur sa tombe un an après sa mort. Comment exprimer l'innommable ? Tamiki Hara a su faire le choix qui nous permet de le suivre, nous qui ne savons rien de l'horreur par eux vécus : "tu n'as rien vu à Hiroshima. Rien.", dit L'amant japonais dans le texte de Margerite Duras. Il a choisi de nous donner son témoignage sans pathos, sans développer les sentiments, qui se déduisent et se ressentent derrière une description qui dit ce qui est mais reste presque muette sur ce qui peut être ressenti par lui et par les victimes. Il s'agit d'ailleurs d'un comportement de dignité japonaise que l'on a encore pu observer après Fukushima...
    Le caractère autobiographique est évidemment parfaitement réel, mais n'est pas mis en avant par l'auteur. Il est témoin sans se mettre explicitement en scène, le "je" des deuxième et troisième récits fait suite à un premier récit à la troisième personne qui fait du témoin principal un personnage et non pas le porte-parole direct de l'auteur. Alors pourquoi au juste ce passage de la troisième à la première personne ? L'impression que cela me donne, c'est de commencer comme un roman, un roman qui va raconter l'histoire d'une famille, et que soudain le roman n'est plus possible, il n'y a plus d'histoire à raconter, plus personne n'a d'histoire, on ne peut plus dire que ce qu'on voit, de façon d'ailleurs un peu décousue : découverte, au fil de la marche du témoin, de l'étendue de l'horreur.
    Le premier récit décrit Hiroshima en guerre, à la fin de la guerre. Une ville japonaise sous les bombardements. On y découvre par exemple l'embrigadement des collégiens et des lycéens puisqu'on manque de bras : "une soixantaine de lycéennes devaient venir à l'atelier de couture de la fabrique Mori. Seiji faisait du zèle pour préparer la cérémonie d'accueil des mobilisées" ; "quant à ses deux neveux collégiens, qui étaient mobilisés et qui allaient travailler chez Mitsubishi, ils avaient l'air sombre et gardaient étrangement le silence". Les allusions sont discrètes, mais fréquentes, à la stupidité de cet acharnement à poursuivre la guerre... Voir par exemple ce qui est dit d'un policier chargé d'une conférence auprès des directeurs des usines : ""La guerre est virulente et les bombardements vont en s'intensifiant. Mais malgré tous les dangers, si on dispose d'une défense inébranlable, il n'y a plus à avoir peur"(...). En l'entendant parler sans la moindre peur (...), Shôzô se dit que c'était un homme peu commun. Mais il n'y avait aucun doute : on trouvait alors au Japon autant qu'on le voulait de braves robots comme celui-ci".
    Je me suis permis de parler en détail de ce qui est dit dans le premier récit. Mais la suite, je ne peux pas en parler, je ne sais pas en parler. Je vous engage à aller voir comment nous parle celui qui a vu. Il faut lire ce texte, de nos jours plus que jamais, puisque l'humanité n'a toujours pas compris qu'elle avait joué à l'apprenti sorcier en s'emparant de cette énergie, qu'elle soit militaire ou civile...
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    • Livres 5.00/5
    Par patrick75, le 15 février 2013

    patrick75
    Date: 6 Août 1945, Lieu: Hiroshima( Japon), Heure: 8h15

    Tamiki Hara, l'auteur, était présent ce matin là. Il raconte à travers trois nouvelles les journées qui ont précédé puis celles qui ont suivi le "flash" nucléaire. Une écriture sobre, avec la pudeur qui caractérise les japonais, un récit sans haine. Un remarquable témoignage historique.
    Ils l'avaient appelé " little boy" et l'avion qui la largua "Enola gay"en hommage à la mère du pilote. Ils en étaient fier.
    Ils étaient si satisfait du résultat obtenu, qu'ils remettront "ça" trois jours plus tard à Nagasaki.
    Date: 9 Août 1945, Lieu: Nagasaki( Japon), Heure: 11h02.
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Citations et extraits

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  • Par finitysend, le 05 février 2013

    Natsu no hana -les fleurs d'été .
    Sur l'escalier de pierre , il y avait deux femmes accroupies . Leur visages enflés horribles , avaient presque doublé de volume , et seuls leurs cheveux indiquaient qu'il s'agissait de femmes .Tout d'abord , plus que de la pitié , elles m'inspirèrent l'horreur .

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  • Par Iansougourmer, le 29 janvier 2013

    ... Et voici qu'il réfléchissait maintenant au sujet de ce frisson dont lui parlait son ami sans sa lettre : le spectacle de l'enfer, comme nul ne pouvait l'imaginer, et qui déferle en un instant. Dans ces conditions, avait-il été totalement anéanti avec la ville, à moins qu'il ne se fût décidé à revenir pour observer l'agonie de son pays natal ? L'enjeu était le même pour sa destinée. Parfois, il lui venait soudain à l'esprit que la ville était restée intacte comme s'il ne s'y était rien passé...Une idée présomptueuse et stupide.
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  • Par finitysend, le 05 février 2013

    De la veranda on voyait toute la masse des habitations effondrées , avec au loin, vaguement , comme repère , un batiment en béton armé .
    Haikyo kara-ruines .

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  • Par le_Bison, le 28 janvier 2012

    J’eus la vie sauve parce que j’étais aux cabinets. Ce matin du 6 août, je m’étais levé vers huit heures. La veille au soir il y avait eu deux alertes aériennes mais rien ne s’était passé. Un peu avant l’aube je m’étais déshabillé et, chose que je n’avais pas faite depuis longtemps, je m’étais couché en kimono de nuit. Je me levais et entrai dans les cabinets sans répondre à ma sœur qui, en me voyant encore en caleçon, grommela que je me levai bien tard.

    Quelques secondes plus tard, je ne sais plus exactement, il y eut un grand coup au-dessus de moi et un voile noir tomba devant mes yeux. Instinctivement je me mis à hurler et, prenant ma tête entre mes mains, je me levai. Je n’y voyais plus rien et n’avais conscience que du bruit : c’était comme si quelque chose telle une tornade s’était abattu sur nous.
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  • Par Iansougourmer, le 03 février 2013

    Pour transcrire ce que je ressentir à la vue de ce paysage irréel, j'emploierai une forme particulière de l'écriture japonaise, les katakana.

    Débris étincelants
    S'étirent en un vaste paysage
    Cendres claires
    Qui sont ces corps brûlés aux chairs à vif
    Rythme étrange des corps d'hommes morts
    Tout cela exista t-il ?
    Tout cela à t-il-pu exister ?
    Un instant et reste un monde écorché à vif
    À côté des trains renversés
    Le gonflement des carcasses de chevaux
    l'odeur des fils électriques qui peu à peu se consument en fumant
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