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Brigitte Allioux (Traducteur)Karine Chesneau (Traducteur)Rose-Marie Makino-Fayolle (Traducteur)
ISBN : 2742769137
Éditeur : Actes Sud (2007)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 20 notes)
Résumé :

C'est une expérience limite, une plongée dans l'horreur, que retrace le poète Tamiki Hara (1905-1951) dans trois nouvelles réunies sous le titre de l'une d'entre elles, Fleurs d'été. Ces textes furent à l'origine d'un genre littéraire (la " littérature de la bombe atomique ", Genbaku bungaku), qui, en raison de la censure dont il fut l'objet de la part des forces d'occupation américaines, ne connut son ess... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
finitysend
finitysend25 février 2013
  • Livres 5.00/5
Nous sommes ici dans la fiction biographique.
Ces trois longues nouvelles à la grande puissance évocatrice plongent le lecteur avec l'ombre d'un réalisme cinglant dans les heures qui ont précédés Hiroshima et Nagasaki ..
Dans le moment T de la catastrophe et dans l'immédiatement après l'assaut nucléaire .
Il est question dans ces textes du quotidien le plus élémentaire, il ne s'agit pas d'envolées lyriques déconnectées des réalités que ces gens ont vécus , et pour certains , au coeur de la fournaise !
Des textes solides et dénué du moindre pathos pénible ou racoleur ...
Personnellement je les possède depuis que leur diffusion était encore confidentielle ( chez Dagorno ) ..
Je les parcours de loin en loin sans jamais avoir pu oublier leur incroyable force douloureuse tristement et dignement contenue .
Un must , ce recueil .
Un style réaliste et circonstancié sans emphase poétique néfaste .
Des textes qui parlent aussi du japon , de plusieurs façons anodines et sans rapports directs avec la guerre .
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OlivierH77
OlivierH7717 août 2016
  • Livres 5.00/5
Le poète japonais nous livre son témoignage en très grande partie autobiographique sur l'horreur de la bombe d'HIroshima.
Trois récits sur l'avant, le jour J et les mois qui suivirent.
Dans le premier, "Avant la destruction", on suit une fratrie de mars à début août 1945, à l'approche du cataclysme. On sent que leurs sentiments sont contrastés, et évoluent bien sûr au fil du temps. Confiance et presque insouciance au début, alimentée par l'atmosphère de mensonge et tromperie véhiculée par le pouvoir et l'armée....mais bientôt, l'inquiétude prend le pas, et gagne lorsqu'il faut fuir chaque nuit sa maison pour échapper aux bombardements américains...
Dans le second, "Fleurs d'été", l'auteur raconte directement son vécu du 6 août. Il a échappé à la mort parce qu'il était aux toilettes au moment de l'explosion ! Il va nous raconter son exploration de la ville dans les minutes et heures qui suivent. C'est le chaos, l'horreur absolue, la désolation et la souffrance humaine partout. Une stupeur, une hébétude, une sidération totale. Ses proches s'en sortent relativement bien dans l'ensemble.
Dans le dernier récit, "Ruines", l'auteur revient un an après sur les lieux et leurs alentours. le paysage et les constructions encore meurtries font remonter les souvenirs encore brûlants de l'événement. Les hommes et les animaux errent comme des âmes en peine. Beaucoup de blessés ont fini par mourir, d'autres voient leur santé dégradée irréversiblement.
Ces récits sont d'une force évocatrice inégalable. L'auteur est un miraculé, qui a eu la chance d'assez peu souffrir dans sa chair mais qui a vécu toute l'horreur de l'événement, et constaté le drame humain. On sent que la blessure est psychologique (il avait déjà perdu sa femme en 1944, et il se suicidera en 1951), mais il ne sombre jamais dans les larmes et le pathos. Il réussit à décrire l'indescriptible, avec une précision remarquable. C'est d'un réalisme brut, choquant, qui ne cède rien sur la qualité du style, de l'écriture.
Le lecteur est bouleversé par les images si crues de ces visages et corps qui n'ont parfois plus grand-chose d'humains, ce désespoir et cette sidération qui se lit dans des yeux d'enfants et les plaintes, toutefois presque muettes de ces vieillards mourants qui gardent malgré tout une forme de dignité toute japonaise, comme si, presque, ils s'excusaient de ce qui leur arrivaient et d'avoir à quémander une aide illusoire.
Un témoignage pour l'éternité, et une émotion pour ce pays trop souvent martyrisé et traumatisé par les ravages de l'atome.
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le_Bison
le_Bison22 mai 2012
  • Livres 4.00/5
« Une neige poudreuse tombait depuis le matin. Un voyageur qui venait de passer la nuit dans cette ville, attiré sans savoir pourquoi par le charme de la neige fine, s'en allait à pied en direction du fleuve. »
Certaines lectures me plongent directement au coeur du roman. Je me sens investi d'une mission, celle de m'identifier au héros d'un jour, d'une page. Il me n'en a pas fallu guère plus que ces trois lignes, pour que mon esprit se sente au coeur du Japon, me prenne pour cet hypothétique voyageur et ressente ces flocons de neige d'un blanc immaculé venus recouvrir les trottoirs de la ville, comme les pétales de cerisiers sur le parc Ueno un après-midi d'avril où la brise s'est agitée… Cette entrée en matière dans la ville d'Hiroshima pourrait être une ode à la beauté, un instant poétique pour une âme vagabonde. Sauf que l'action se situe en plein été de 1945.
Tamiki Hara propose ainsi 3 courtes nouvelles sur la ville d'Hiroshima - avant, pendant et après l'explosion de la première bombe atomique. La poésie laisse place à l'horreur, une horreur aussi pure que glaciale qui me plonge dans un regard extatique et profond de ce que peut être la terrible violence de l'humanité. Je me demande toujours comment l'Homme possède en lui autant de cruauté et d'irresponsabilité pour massacrer aveuglément ses concitoyens. Assurément, la date du 06 Aout 1945, 8h15, marquera de façon indélébile la défaite de l'humanité.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Iansougourmer
Iansougourmer06 février 2013
  • Livres 4.00/5
Hiroshima, fleur d'été est un ouvrage bouleversant de Tamiki Hari qui livre à travers trois récits, Prélude à la destruction, Fleurs d'été et Ruines son expérience personnelle de la destruction atomique de la ville de Hiroshima le 15 août 1945. L'auteur, raconte sa vie à Hiroshima avant la catastrophe dans le premier récit, le jour du bombardement dans le deuxième et sa vie les mois suivant le drame.
Ce livre est tout simplement bouleversant, car il expose les souffrances inqualifiables qu'ont subi les habitants d'Hiroshima, pris dans une guerre perdue pour leur pays et étant les victimes innocentes de ce conflit. En ce sens, ce livre constitue un puissant et essentiel témoignage historique pour nous rappeler les ravages de la destruction atomique qui désintègre une ville avec une seule bombe en n'en laissant que des ruines stériles et fumantes et une poignée de survivants qui ne sont plus que l'ombre d'eux mêmes, condamnés à la mort par la brûlure de leur chair et les ravages des maladies provoquées par l'exposition aux particules nucléaires, à qui toute perspective de bonheur semble impossible. Hara nous plonge dans la terreur de l'anéantissement en racontant la surprise des habitants, leur impuissance à échapper au piège de la bombe qui anéantit tout de son éclair. La première nouvelle est intéressante car elle décrit l'état d'esprit des japonais et plus particulièrement celui des habitants d'Hiroshima juste avant la bombe atomique.
La puissance de ce témoignage est encore renforcée par l'écriture de Hara. Sobre et précise, elle laisse sans pathos malvenu et avec un réalisme d'autant plus terrible s'imposer auprès du lecteur l'horreur dans tout ce qu'elle a de cru et de violent. Sous cette écriture maîtrisée on sent, perceptible bien que masquée, l'immense douleur de Hara qui ayant perdu sa femme un an avant la bombe voit tout ce qu'il aimait, la ville de son enfance, ses biens, être détruits par la bombe, marquant par le feu une cassure irréparable avec son passé. Cette rupture est matérialisée par le fait que Hara utilise la troisième personne du singulier pour son premier récit, comme s'il voulait indiquer le fait que l'homme qu'il était alors n'est plus ce qu'il est désormais. On sent une profonde tristesse chez l'écrivain, mêle à beaucoup d'amertume, et on sent bien que l'écriture ne constitue en aucun cas pour lui une forme de thérapie, hanté par son passé Tamiki Hara se suicidera en 1951, mais une volonté de témoigner l'horreur absolue de cet événement.
Ce livre est tout simplement bouleversant, c'est la plus belle des manière de dénoncer le 15 août 1945, journée de cendres pour l'histoire de l'humanité.
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LucianaMortisol
LucianaMortisol15 février 2014
Trois récits, avant, pendant et après, avant, pendant et après l'acte qui signe pour toujours le malheur des gens d'Hiroshima et le malheur de l'humanité qui a osé passer la limite interdite...
Tamiki Hara écrit en témoin, témoin direct puisque lorsque l'innommable s'est produit il était revenu dans sa ville, s'y retrouver lui-même pour surmonter le deuil de sa femme, et se recueillir sur sa tombe un an après sa mort. Comment exprimer l'innommable ? Tamiki Hara a su faire le choix qui nous permet de le suivre, nous qui ne savons rien de l'horreur par eux vécus : "tu n'as rien vu à Hiroshima. Rien.", dit l'amant japonais dans le texte de Margerite Duras. Il a choisi de nous donner son témoignage sans pathos, sans développer les sentiments, qui se déduisent et se ressentent derrière une description qui dit ce qui est mais reste presque muette sur ce qui peut être ressenti par lui et par les victimes. Il s'agit d'ailleurs d'un comportement de dignité japonaise que l'on a encore pu observer après Fukushima...
Le caractère autobiographique est évidemment parfaitement réel, mais n'est pas mis en avant par l'auteur. Il est témoin sans se mettre explicitement en scène, le "je" des deuxième et troisième récits fait suite à un premier récit à la troisième personne qui fait du témoin principal un personnage et non pas le porte-parole direct de l'auteur. Alors pourquoi au juste ce passage de la troisième à la première personne ? L'impression que cela me donne, c'est de commencer comme un roman, un roman qui va raconter l'histoire d'une famille, et que soudain le roman n'est plus possible, il n'y a plus d'histoire à raconter, plus personne n'a d'histoire, on ne peut plus dire que ce qu'on voit, de façon d'ailleurs un peu décousue : découverte, au fil de la marche du témoin, de l'étendue de l'horreur.
Le premier récit décrit Hiroshima en guerre, à la fin de la guerre. Une ville japonaise sous les bombardements. On y découvre par exemple l'embrigadement des collégiens et des lycéens puisqu'on manque de bras : "une soixantaine de lycéennes devaient venir à l'atelier de couture de la fabrique Mori. Seiji faisait du zèle pour préparer la cérémonie d'accueil des mobilisées" ; "quant à ses deux neveux collégiens, qui étaient mobilisés et qui allaient travailler chez Mitsubishi, ils avaient l'air sombre et gardaient étrangement le silence". Les allusions sont discrètes, mais fréquentes, à la stupidité de cet acharnement à poursuivre la guerre... Voir par exemple ce qui est dit d'un policier chargé d'une conférence auprès des directeurs des usines : ""La guerre est virulente et les bombardements vont en s'intensifiant. Mais malgré tous les dangers, si on dispose d'une défense inébranlable, il n'y a plus à avoir peur"(...). En l'entendant parler sans la moindre peur (...), Shôzô se dit que c'était un homme peu commun. Mais il n'y avait aucun doute : on trouvait alors au Japon autant qu'on le voulait de braves robots comme celui-ci".
Je me suis permis de parler en détail de ce qui est dit dans le premier récit. Mais la suite, je ne peux pas en parler, je ne sais pas en parler. Je vous engage à aller voir comment nous parle celui qui a vu. Il faut lire ce texte, de nos jours plus que jamais, puisque l'humanité n'a toujours pas compris qu'elle avait joué à l'apprenti sorcier en s'emparant de cette énergie, qu'elle soit militaire ou civile...
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Citations & extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
OlivierH77OlivierH7716 août 2016
Le train passa sur le pont de la voie ferrée et je pus voir le pont Tokiwa. Sur la rive atteinte par l'incendie, d'immenses arbres calcinés semblaient vouloir griffer le ciel et des masses innombrables de cendres, de tailles et formes inégales, ondulaient à perte de vue. Ce jour-là, les souffrances inexprimables des blessés sur la grève s'étaient étalées devant mes yeux et pourtant, à présent, l'eau coulait paisiblement, limpide. Et des gens qui avaient survécu avançaient en file sur le pont dont le parapet avait été emporté. Passé le parc Nigitsu, on voyait les terres brûlées du champ de manœuvre de l'est : l'escalier en pierre du Tôshôgu situé sur une petite hauteur luisait comme un fragment de l'horrible cauchemar. Dans l'enceinte de ce temple, j'avais passé la nuit au milieu d'une foule immense d'agonisants qui mouraient les uns après les autres. J'avais l'impression que ce souvenir tragique était profondément gravé dans l'escalier en pierre que je voyais là-bas.

Extrait de "Ruines".
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OlivierH77OlivierH7716 août 2016
Comme nous avancions sur l'étroit chemin de pierre qui longe la rivière, je vis pour la première fois des grappes humaines défiant toute description. Le soleil était déjà bas sur l'horizon, le paysage environnant pâlissait. Sur la grève, sur le talus au-dessus de la grève, partout les mêmes hommes et les mêmes femmes dont les ombres se reflétaient dans l'eau. Mais quels hommes, quelles femmes...! Il était presque impossible de reconnaître un homme d'une femme tant les visages étaient tuméfiés, fripés. Les yeux amincis comme des fils, les lèvres, véritables plaies enflammées, le corps souffrant de partout, nus, tous respiraient d'une respiration d'insecte, étendus sur le sol, agonisant. A mesure que nous avancions, que nous passions devant eux, ces gens à l'aspect inexplicable quémandaient d'une petite voix douce : "De l'eau s'il vous plaît, de l'eau...", ou encore nous suppliaient : "Faites quelque chose, sauvez-nous...". Presque partout ce n'était que plaintes.

Extrait de "Fleurs d'été"
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OlivierH77OlivierH7715 août 2016
Ma sœur, elle, avait aperçu l'éclair de l'entrée de la maison. Elle était allée se blottir précipitamment sous l'escalier, ce qui l'avait plus ou moins protégée. D'abord chacun avait pensé que seule sa maison avait été bombardée, mais quand les gens étaient sortis des décombres, ils avaient été très surpris de voir que c'était partout la même chose... Et il était étrange aussi de voir les maisons détruites sans aucun de ces trous que font habituellement les bombes. C'était peu après la fin de l'attaque aérienne. Il y avait eu un brusque éclair accompagné d'un léger bruit comme le chuintement d'une ampoule de flash, et en un instant tout s'était retrouvé sans dessus dessous. "On aurait dit de la sorcellerie", ajouta ma sœur en tremblant.

Extrait de "Prélude à la destruction"
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OlivierH77OlivierH7716 août 2016
Un soldat accroupi au bord de l'eau suppliait qu'on lui fit boire de l'eau chaude : je l'emmenai accroché à mon épaule. Il avait l'air de souffrir beaucoup en avançant, chancelant sur le terrain sablonneux ; puis soudain, comme s'il vomissait, il dit d'une petite voix : "J'aurais mieux fait de mourir..." Alors moi, découragé, je l'approuvai en silence et ne pus prononcer un mot. C'était comme si, face à la bêtise aveugle, une colère sans borne nous unissait.

Extrait de "Fleurs d'été"
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OlivierH77OlivierH7716 août 2016
Je fus arrêté par des voix aiguës et pitoyables : "Monsieur...monsieur..." Je regardai et vis juste à côté de moi, dans l'eau de la rivière, le corps nu d'un jeune garçon immergé jusqu'à la tête, mort. Sur l'escalier de pierre, à un mètre à peine du cadavre, il y avait deux femmes accroupies. Leurs visages enflés, tordus, horribles à voir, avaient presque doublé de volume, et seuls leurs cheveux, emmêlés et brûlés, indiquaient qu'il s'agissait de femmes. Tout d'abord, plus que de la pitié, elles m'inspirèrent de l'horreur. L'une d'elles, voyant que je m'étais arrêté, me demanda en pleurant d'aller lui chercher le matelas, son matelas, qui était là-bas sous l'arbre. Je regardai vers l'arbre et effectivement il y avait bien quelque chose qui ressemblait à un matelas, mais hélas ! comme on pouvait s'y attendre, un blessé, prostré, au bord de la mort, s'y était installé. Il n'y avait désormais plus rien à faire.

Extrait de "Fleurs d'été"
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