ISBN : 2720200131
Éditeur : Pauvert (1976)


Note moyenne : 4/5 (sur 7 notes) Ajouter à mes livres
Dans une lettre adressée à Pierre Seghers, Hardellet faisait de Lourdes, lentes... "une belle histoire d'amour en été et de truites pêchées". Une histoire d'amour sans doute, mais aussi un récit qui célèbre les femmes bien en chair, lourdes et pulpeuses comme les sculpt... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 29 juin 2011

    nadejda
    Lettre de Jean-Louis Bory à André Hardellet suite aux poursuites engagées pour complicité d'outrages aux bonnes moeurs après parution de son texte "Lourdes, lentes"
    Cher André Hardellet
    Je viens de relire Lourdes, lentes... et de le relire en pion, en flic : je me suis évertué à dénicher le détail, l'expression qui pouvaient, en l'an de grâce 1973, non seulement choquer, mais faire simplement froncer le plus sourcilleux des fronts. Je suis aveugle et sourd --- ou bien je ne sais plus lire. Dans "Lourdes, lentes..." je n'ai vu que ce que j'y avais d'abord vu : un texte admirable, débordant de vie, de générosité, d'amour, de chaleur, de santé. Et je voudrais souligner, hurler, ce dernier mot : SANTE. Lourdes, lentes ... est un livre sain, comme sont sains le Gargantua et le Pantagruel : par exaltation de la vie.
    Et qu'on ne vous reproche pas de décrire, avec une application éblouie, certains détails du corps féminin. Que l'on condamne alors tous les poètes qui ont "blasonné" en détail et avec la même dévotion ce même corps. Que l'on condamne l'exposition, dans la vitrine de librairie, de ce même corps photographié dans les manuels d'éducation sexuelle.
    De quoi peut-on vous déclarer coupable ? de bien écrire ?
    (...) n'ont-ils pas senti, compris en lisant ce texte, qu'ils avaient affaire à un écrivain, un vrai, et à un poète ? Mais peut-on demander à des juges d'être sensible à la poésie ?
    (...) Mon cher Hardellet, vous aimez l'amour : voilà votre crime. Vous en serez puni. Car vous êtes poète, mon pauvre vieux, c'est-à-dire con et criminel.
    Je vous embrasse
    J l'Bory
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par sbrodj, le 17 juin 2011

    sbrodj
    Un roman érotique qui a valu un sordide procès en pornographie à son auteur. Un hymne proustien et mélancolique à l'amour, à la femme, à la poésie que devraient lire tous les adolescents.Un de ces livres qui peuvent changer la vie.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par biduldoodle, le 13 août 2010

    biduldoodle
    Un très beau roman, sensuel et poétique, sur la frontière assez obscure entre rêve et réalité, sur l'obsession du passé qui revient nous hanter lorsqu'on suit le chemin de la vie.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 28 juin 2011

    Longtemps je me suis couché de bonne heure -- le matin. J'avais mes nuits ; je les ai toujours, mais sans comparaison.
    Presque chaque soir, vers neuf heures, je prends un bouquin et m'allonge sur mon lit. Souvent, j'abandonne vite ma lecture ; commence alors l'étendue d'immobilité et de silence apparents où je découvre ma totale liberté. Nul guetteur sur les points culminants de la Ville noire et bleue ne se soucie du minuscule espace que j'occupe sous mon toit, rien ne me désigne à sa méfiance. Ils n'ont pas encore de machines à détecter les rêves subversifs, mais ça viendra : faisons-leur en ce domaine, le plus large crédit. Il me reste, je suppose, quelques bonnes années devant moi pour cet exercice de l'ombre et du secret.
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    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par nadejda, le 28 juin 2011

    C'est nous (je parle de ceux qui me ressemblent) qui prêtons une valeur alchimique à ce silence, qui transpose notre inquiétude dans ce vide. Traitée au sérum de vérité, Joyce n'aurait sans doute rien à m'avouer que : je prends mon plaisir où je le trouve. Autant vouloir sculpter l'eau, attraper le vent par la queue.
    Elle se passe comme ça, la vie braves gens : entre des morts auxquels on a coupé la parole et des vivants qui se taisent.
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    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par nadejda, le 28 juin 2011

    En 1962, il (André Hardellet) écrivait dans Le parc des Archers : L'érotisme et l'insatiable besoin de liberté chez l'enfant proviennent du même fond obscur ; ils apportent une pareille jubilation, menacée de pénitence (...) C'est pourquoi l'érotisme qui voudrait prolonger l'âge des émerveillements est traqué avec tant d'acharnement par ceux qui ne peuvent plus s'émerveiller.
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  • Par nadejda, le 28 juin 2011

    Ma pensée file, et se file, ignore toute contrainte, vire, plonge, se retourne avec l'exquise souplesse d'une loutre jouant dans l'eau. Nous avons tous du génie dans la position horizontale et les yeux clos. Quelles foulées d'une inimitable aisance sur la cendrée du sommeil !
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  • Par nadejda, le 28 juin 2011

    Lourde et lente. Certaine, tangible, en paix avec le monde. Plus tard, lorsque je verrai des Maillol, je comprendrai ; d'autres que moi ont dû sentir la même densité de bonheur chez ces filles de pleine terre et de pleine eau.
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