> Pierre Demarty (Traducteur)

ISBN : 2749119952
Éditeur : Le Cherche midi (2011)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Un vieil homme meurt.

Allongé sur un lit d’hôpital installé au centre de son salon, entouré de sa famille, épouse, soeur, enfants et petits-enfants qui se relaient pour le nourrir, le laver, lui faire la lecture, George, un ancien horloger, sent le temps ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 01 octobre 2011

    litolff
    Je commencerai par saluer le traducteur qui a réussi le tour de force de traduire une écriture d'une telle richesse ! Paul Harding traduit ses impressions par des mots qui courent sur le papier, il ausculte la nature et les éléments et transcrit leur couleur et leur mouvement par des phrases somptueuses et parfois interminables.
    C'est un roman totalement atypique qui commence, alors que George, le chef de famille, est en train de mourir d'insuffisance rénale dans son salon, entouré par ses enfants et petits-enfants, en proie à des instantanés de ses souvenirs et des hallucinations... Etrange et un peu abscons au début ...
    Mais au fur et à mesure, George convoque ses souvenirs d'enfance auprès d'un père colporteur, imprévisible et bucolique, régulièrement frappé par des crises d'épilepsie et régulièrement aussi foudroyé par le spectacle de la nature dans sa splendeur... et le récit prend un tour très différent et passionnant.
    Que restera-t-il de nous après notre mort, c'est la question qui taraude George et ponctue régulièrement ses réflexions.
    Un livre étrange et beau, une rivière à l'écriture sublime par laquelle il faut se laisser emporter...
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par trust_me, le 06 juin 2011

    trust_me
    George agonise. le cancer qui le ronge a atteint sa phase terminale. Entouré des siens, installé dans un lit médicalisé planté au milieu du salon, il vit ses dernières heures. George Washington Crosby est né à West Cove, dans le Maine, en 1915. En 1936, il a déménagé dans le Massachusetts et y a fondé sa famille. Ancien ingénieur, il a opéré une reconversion sur le tard dans le commerce et la réparation d'horloges. Avant de fermer les yeux une fois pour toutes, George laisse les souvenirs remonter à la surface. Il repense à son père, Howard, vendeur ambulant dans une carriole tirée par un âne. Un homme souffrant d'épilepsie qui faillit un jour lui trancher les doigts avec ses dents lors d'une terrible crise. Un homme qui, un soir en revenant de la « tournée quotidienne qui l'emmenait par les chemins de traverse vendre ses brosses et son savon aux matrones de l'arrière-pays, et apercevant sa famille dans la pénombre de la fenêtre de la cuisine, avait cravaché sa mule […] et poursuivi sa route à bord de sa carriole pour ne s'arrêter qu'une fois arrivé, anonyme, à Philadelphie. »
    Pénible, voila comment je qualifierais mon entrée dans ce roman couronné aux États-Unis par le prix Pulitzer 2010. La narration est totalement décousue, oscillant entre le présent, le passé et des considérations ultra techniques sur l'horlogerie. Une sorte de maelstrom indigeste et sans grand intérêt. Et puis, alors que j'étais sur le point d'abandonner, le miracle s'est produit. A la page 70, au début de la seconde partie, l'histoire se focalise sur la jeunesse de George, et plus particulièrement sur les événements qui ont poussé son père à fuir le foyer. L'écriture devient fluide, limpide, et l'on découvre la rudesse de la vie dans l'Amérique profonde des années vingt. Cinquante pages lumineuses qui justifient à elles seules la lecture du roman.
    Paul Harding prend son temps. Il oscille avec talent entre les descriptions contemplatives de la nature, la violence incontrôlable d'une crise d'épilepsie ou encore les fulgurances de l'esprit en perdition d'un mourant. Son texte, à la fois pastoral et lyrique, enchaîne les tableaux comme autant d'images miniatures ciselées avec une précision d'orfèvre.
    Un roman inégal mais qui mérite d'être lu pour peu que l'on aime la littérature, loin de tout effet de mode et d'une quelconque recherche d'action ou de divertissement à tout prix. .


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/06/les-foudroyes-prix-pu..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par keisha, le 30 avril 2011

    keisha
    Ouverture avec George, sur un lit médicalisé dans sa chambre, au milieu des siens, au milieu des horloges. "Lorsqu'il prit conscience que le silence qui l'avait tant perturbé était celui de ses horloges qu'on avait laissées s'arrêter, il comprit qu'il allait mourir dans le lit où il était allongé."

    Puis entrelacement de ses souvenirs avec ceux de son père, Howard, le rétameur et colporteur ambulant, qui un jour, après une ennième crise d'épilepsie, prit sa carriole en bois et sa famille ne le revit plus. "Eh bien! Où es-tu donc passé? Où, parmi ces millions de facettes étincelantes, est ta place? Où donc est le lieu où tu ahanes, rétames, t'effondres et te convulses dans les herbes folles?"

    Mais surtout roman à l'écriture fabuleuse, à maints épisodes inoubliables et d'une extraordinaire densité, fenêtres ouvertes vers l'infini... Avec des extraits du Petit horloger raisonné du Rév. Kenner Daveport, 1783, et ces étranges passages en Boréalis, dont le sens éclate prodigieusement à la fin, obligeant le lecteur ébahi à revenir en arrière, retrouvant des merveilles trop vite survolées...

    Un roman incroyable, tellement riche qu'il faudrait le relire une fois posé. A lire absolument.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-les-foudroyes-69..
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zartan13, le 11 mars 2012

    zartan13
    Un livre étonnant, dont l'auteur dévoile la trame dès les premières pages : les dernières heures d'un homme qui va mourir dans son lit. En contrepoint, la vie de son père épileptique et fantasque est racontée par l'auteur avec beaucoup de finesse,même si certaines scènes sont rudes. J'en connais qui ne vont pas aimer une histoire aussi ténue et intimiste !

    Les souvenirs du mourant lui reviennent sans ordre aucun, le récit de la vie du père est une suite d'anecdotes et de rêveries onitiques, poétiques et cosmiques sur la rude nature du Maine et la nature humaine.

    Je trouve ce court roman extrêmement bien écrit et plutôt attachant. Il est pour moi d'une grande tendresse envers des êtres humains ordinaires. Il se lit avec plaisir et gourmandise. La chute est tout à fait élégante et légère, réjouissante par sa sobriété et sa vraisemblance.

    Le seul point faible à mon avis est l'exercice d'atelier d'écriture que s'est offert l'auteur avec son « petit traité de l'horloger » qui vient casser l'ambiance. Nobody is perfect.
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    • Livres 3.00/5
    Par marsu2012, le 11 novembre 2011

    marsu2012
    C'est typiquement un livre que la critique adore et même que je ne comprends pas pourquoi et que j'ai beaucoup aimé et je ne comprends pas non plus pourquoi.
    C'est l'histoire d'un homme qui meurt et qu'on se dit que ça ne sert pas à grand chose la vie. Et puis il y a l'histoire de son père et là on se dit qu'il y a quand même des moments sympas dans une vie. Je n'ai pas forcément été sensible à tout mais j'ai bien aimé la structure : on part d'un futur mort puis on remonte à son père puis à son père tout en allant vers la mort.
    Finalement ce livre est comme les vies qu'il décrit : des moments supers et puis le reste
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Augustin Trapenard pour le Magazine Littéraire

    Singulière destinée que celle du premier roman de Paul Harding, d’abord rejeté partout et relégué au fond d’un tiroir avant d’être édité... > lire la suite

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Critiques presse (3)


  • Telerama , le 25 avril 2012
    Ce récit fragmenté est un grand roman familial et mélancolique, une méditation éblouissante sur le temps qui passe et les hommes « foudroyés » par les surprises de l'existence et la beauté de la nature.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Lexpress , le 18 avril 2012
    Malgré la mort qui rôde, ce n'est pas un office des ténèbres qu'il entonne, c'est un hymne à la vie, une ode à la mémoire, cette machine à remonter le temps dont George, ancien réparateur d'horloges, fait tourner les rouages avec une infinie délicatesse. Superbe.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeSoir , le 30 juin 2011
    Les foudroyés est plein d’une imagination galopante qui échappe puis qu’on rattrape comme on se rétablit sur une barre. Elle est placée très haut, cette barre.
    Lire la critique sur le site : LeSoir

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Citations et extraits

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  • Par garp, le 21 août 2011

    Quatre-vingt-quatre heures avant de mourir, George pensa : Parce qu’ils sont comme les carreaux disjoints d’une mosaïque, tout juste assez espacés pour pouvoir changer de place, même si ce n’est que quelques-uns à la fois et en un seul endroit, de sorte qu’on n’a pas l’impression que ce sont eux qui bougent mais l’espace vide entre eux, et cet espace vide est l’espace qui manque, les quelques derniers morceaux de verre coloré, et quand ces morceaux seront en place, ils feront apparaître l’ultime tableau, l’ultime agencement. Mais ces morceaux, lisses, brillants, laqués, sont les plaques sombres de ma mort, en gris et noir, et délavées, exsangues, et, jusqu’à ce qu’ils se mettent en place, tout le reste continuera de se déplacer. Et ainsi cette fin dans la confusion, où le moment où tout s’arrêtera me demeure à jamais inconnu, et ce déplacement est cet espace même, est cela même qui reste à advenir, et qu’il appartiendra à d’autres de voir comblé où que ce soit dans le cadre au bout du compte quand les derniers morceaux se seront mis en place et que les autres s’arrêteront, et ainsi apparaîtra le motif fixe, l’agencement définitif, mais pas même ça, parce que cette finitude définitive sera elle-même un fragment de déroulement, un petit tas de morceaux nacrés qui pour l’essentiel resteront solidaires mais se déplaceront au sein d’un autre ensemble et auxquels se mélangeront d’une infinité de façons les souvenirs d’autres que moi, de sorte que je demeurerai un agrégat d’impressions poreux et ouvert à de possibles combinaisons avec tous les autres fragments vitreux flottant ici et là dans le cadre des autres, parce qu’il y a toujours cet espace libre réservé pour le reste de leur propre existence, et aux yeux de mes arrière-petits-enfants, où l’espace l’emporte encore sur les morceaux fixés, je ne serai que le brumeux alliage d’une théorie de rumeurs, et aux yeux de leurs arrière-petits enfants je ne serai qu’une teinte dans la composition de quelque obscure couleur (…)
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  • Par litolff, le 01 octobre 2011

    Quand vint l'heure de mourir, nous le sûmes et nous allâmes nous enfoncer dans de profonds jardins où nous nous allongeâmes et nos os se changèrent en laiton. Nous fûmes ramassés. Nous fûmes utilisés pour réparer des horloges, des boites à musique cassées ; nos pelvis furent fixés à des pignons, nos échines soudées en de vastes assemblages. Nos côtes servirent de dent de crénelage, battant et cliquetant comme des défenses. C'est ainsi, enfin, que nous fûmes réunis.
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  • Par litolff, le 01 octobre 2011

    Quand l'un de ses enfants se réveille en proie à la fièvre et à de douloureuses quintes de toux à l'aube d'un matin glacé de janvier, au lieu de baiser le front de l'enfant, de le remettre bien au chaud sous ses couvertures et de faire bouillir de l'eau pour lui préparer une infusion au miel et au citron, elle dit que le confort n'est pas le lot des hommes en ce monde et que si elle prenait sa journée chaque fois qu'elle avait le nez qui coule ou la nuque endolorie, c'est toute la maisonnée qui partirait en quenouille, et ils se retrouveraient tous comme des oisillons sans nid, alors lève-toi, habille-toi et va aider ton frère à rentrer le bois, ta soeur à tirer l'eau, et elle arrache l'enfant frissonnant à ses couvertures, lui jette une poignée de vêtements froids et dit : habille-toi si tu ne veux pas te prendre une bonne trempe.
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  • Par marsu2012, le 11 novembre 2011

    C'est typiquement un livre que la critique adore et même que je ne comprends pas pourquoi et que j'ai beaucoup aimé et je ne comprends pas non plus pourquoi.

    C'est l'histoire d'un homme qui meurt et qu'on se dit que ça ne sert pas à grand chose la vie. Et puis il y a l'histoire de son père et là on se dit qu'il y a quand même des moments sympas dans une vie. Je n'ai pas forcément été sensible à tout mais j'ai bien aimé la structure : on part d'un futur mort puis on remonte à son père puis à son père tout en allant vers la mort.

    Finalement ce livre est comme les vies qu'il décrit : des moments supers et puis le reste.
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  • Par litolff, le 01 octobre 2011

    A part les marmites à rétamer et vendre du savon, voici quelques-unes des choses que fit Howard à un moment ou un autre au cours de ses tournées, parfois pour gagner un peu d'argent en plus, la plupart du temps pour rien : abattre un chien enragé, mettre au monde un bébé, éteindre un feu, arracher une dent pourrie, couper les cheveux à un homme, vendre vingt litres de whisky maison pour un bouilleur de cru nommé Potts, repêcher un enfant noyé dans une crique.
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