Moi qui ne suis pas fan de ce qui est devenu une manie chez les people, à savoir étaler ses moindres faits et gestes sous forme d'autobiographie écrite par un tiers, je n'ai pas pu m'empêcher d'être un tantinet déçue de m'apercevoir que
Françoise Hardy entrait elle aussi dans ce même moule, à savoir une énième star du showbiz qui fait son petit déballage en mettant noir sur blanc le récit de sa vie. Oui mais. C'est tout de même
Françoise Hardy, et moi j'aime bien
Françoise Hardy, pas seulement ses chansons mais également son élégance, sa sincérité, son humilité, sa beauté, enfin toutes ces choses qui font qu'au final, j'apprécie beaucoup cette artiste. Puis ce n'est pas un tiers qui a mis toutes ses confidences en musique mais bien
Françoise Hardy elle-même, raison de plus pour me laisser tenter.
Dans «
Le désespoir des singes…et autres bagatelles »,
Françoise Hardy revient sur le vécu de sa famille, ses premiers pas dans la chanson, ses premières interviews, ses rencontres, ses difficultés à poser sa voix, sa phobie de la scène, sa carrière artistique mais aussi sur son premier amour
Jean-Marie Périer et son époux
Jacques Dutronc, l'homme avec lequel elle tissera une relation des plus singulières et le plus souvent douloureuse, sans oublier celui qu'elle chérira entre tous, son fils Thomas Dutronc.
Une vie de couple où chaque intervenant fait penser à certaines figures archétypales de l'homme et de la femme dans le couple :
Françoise Hardy ou l'éternelle femme garante du foyer, dévouée et disponible, en attente d'un homme qui gardera ses distances en ne se laissant jamais apprivoisé, quitte à se disperser dans de multiples aventures féminines.
Nous avons également le plaisir de côtoyer tout au long des pages d'autres grands noms du monde artistique comme
Serge Gainsbourg,
Patrick Modiano,
Salvador Dalí, John Frankenheimer, Mick Jagger,
Bob Dylan et bien d'autres. Elle n'hésite pas à se positionner sur divers sujets de société tels que la contraception, l'avortement, l'euthanasie ou le catholicisme mais ce qui frappe avant tout dans ce récit est la cérébralité de Françoise, qui ne cesse de se poser beaucoup de questions sur elle-même, sa relation aux autres, ses choix de vie, son couple et qui souvent essaye de trouver une assise en ayant recours à l'astrologie, la graphologie ou la voyance.
C'est donc avec beaucoup d'authenticité que
Françoise Hardy nous confie ses doutes, ses faiblesses et ses déséquilibres, sans fausse pudeur mais sans étalage impudique non plus, le tout avec une élégance qui ne lui fera jamais défaut.
Pour terminer ce billet, sachez que le titre «
Le désespoir des singes…et autres bagatelles » fait référence à son arbre préféré du parc de Bagatelle, qui se tient discrètement à l'écart et ne ressemble à aucun autre. «
Le désespoir des singes » doit son surnom à sa particularité d'avoir des feuilles imbriquées très pointues qui rendent son ascension impossible par les singes, ne sachant pas très bien si cet arbre l'a toujours attiré dans la mesure où elle se sent un peu de sa famille ou simplement parce qu'il lui fait penser aux hommes qui l'ont désespérée en décourageant toute approche en se rendant à jamais inaccessibles...
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