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> Antoinette Six (Traducteur)

ISBN : 275290410X
Éditeur : Phébus (2009)


Note moyenne : 4/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Lorsque Grace Melbury revient dans le petit hameau boisé de Little Hintock, après ses études, son avenir est depuis longtemps tracé, déterminé par une promesse intérieure faite entre son père et celui de Giles Winterbone, décédé. Grace et Giles sont promis l'un à l'autr... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 15 octobre 2011

    ivredelivres
    Pendant longtemps Thomas Hardy pour moi c'était Tess d'uberville et Jude l'obscur, les rééditions de son oeuvre offrent l'occasion d'élargir la lecture.
    Encore et toujours Hardy nous emporte au plus près de la nature, ici dans le village de Little Hintock dans une région de forêts et de landes.
    Grace Melbury vient de finir son éducation et revient au village, son père, un simple marchand de bois s'est enrichi et a voulu le meilleur pour elle, il souhaite lui voir épouser Giles Winterbone forestier comme lui et envers qui il se sent redevable. Mais la rencontre des deux jeunes gens ne se passe pas comme prévu
    « Comme elle lui souhaitait le bonjour, Grace eut des paroles et des regards un peu contraints, et cela s'expliquait sans doute. Car Giles Winterborne, tout soigné et distingué qu'il était pour un villageois, ne laissait pas de paraître un peu paysan à côté d'elle. »
    Malgré les engagements pris, M Melbury doit se rendre à l'évidence, il ne peut que constater la métamorphose de sa fille, elle mérite mieux qu'un bûcheron. Giles Winterbone est de plus accablé par le sort car il perd sa ferme et se retrouve donc sans toit. Il ne voit pas proche de lui Marty Stout jeune ouvrière qui « ne pouvait prétendre à la beauté, sauf toutefois par ses cheveux » amoureuse de lui en silence.
    Grace aspire à une autre vie, une vie qui ressemble à celle de Mme Charmond la châtelaine du pays, celle-ci est frivole, honteusement coquette mais Grace est séduite.
    C'est l'arrivée dans le village d'un nouveau médecin qui va précipiter les événement. le Dr Edred Fitzpiers a tout pour séduire les jeunes filles, il est beau, galant, ambitieux, il a le profil du séducteur sans scrupules, du coureur de jupons, mais M Melbury flatté qu'un médecin entre dans sa famille, Grace éblouie par un avenir forcément radieux, voient en lui le gendre et le mari idéal.
    Non vous n'êtes pas dans la collection Harlequin, car ce thème mille fois rebattu, presque mièvre, Thomas Hardy en fait un roman magnifique, déchirant, dont le romantisme apparent est vite balayé par un réalisme noir.
    La volonté d'élévation sociale, les conventions qui enferment les individus dans des mariages ratés, le mépris attaché à l'origine sociale de l'individu, la fatalité qui s'acharne sur les plus humbles, là est le coeur du roman.
    L'analyse psychologique est fine, nuancée et sombre. Il y a dans le roman des moments tout à fait poignants, le sacrifice de sa chevelure par Marty Stout, les regrets ressentis par Grace pour son aveuglement, les efforts désespérés de Giles pour préserver Grace du déshonneur.
    Ce qui rend le livre très attachant c'est aussi la vision de la nature de Thomas Hardy il sait l'accorder à la tonalité du récit :
    « Les hiboux avaient attrapé des souris dans les granges, les lapins qui avaient rongé les choux du jardin, les belettes qui avaient sucé le sang des lapins, découvrant que leurs voisins les hommes commençaient à s'agiter, se retirèrent discrètement de la scène, invisibles et cois en attendant la nuit. »
    La nature est métaphore du destin des hommes:
    « Sur des arbres plus vieux encore poussaient des champignons comme d'énorme verrues. Ici, comme partout ailleurs, s'avérait d'une façon aussi évidente que dans les taudis populeux de nos villes cette impuissance universelle qui caractérise le monde : les feuilles étaient déformées, les courbles malvenues, le galbe imparfait : le lichen rongeait la vigueur de la branche, le lierre étranglais lentement le jeune arbre plein de sève. »
    Laissez vous séduire par Thomas Hardy et ne vous contentez pas de mon avis, voilà ce qu'en dit André Gide :
    « Hardy n'a rien écrit de plus intelligent, de plus ému, de plus parfait. C'est une perle sans défaut, d'un orient incomparable. »

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2011/05/15/les-fores..
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    • Livres 4.00/5
    Par UnCahierBleu, le 22 juin 2013

    UnCahierBleu
    Les Forestiers de Thomas Hardy s'ouvre sur le personnage de Marty South, une jeune fille pauvre du village, qui doit remplacer son père malade dans son travail consistant à tailler des baguettes à la serpe dans des branches de noisetier pour qu'on en fasse des toits de chaume. Pour gagner un peu plus d'argent, la jolie Marty doit même se résoudre à vendre ses cheveux pour que Mrs Charmond, la châtelaine, puisse en obtenir une perruque. Cette scène d'ouverture est trompeuse. Marty ne sera pas le personnage principal du roman. Mais cette scène nous permet de découvrir le village de Little Hintock au coeur de la forêt et les métiers du bois qui font vivre la communauté.
    C'est à Mrs Charmond qu'appartient la forêt. Mais Marty, comme la plupart des ouvriers du pays, travaille pour Mr Melbury, le grand négociant en bois. Il a une fille, Grace, du même âge que Marty, qui est l'héroïne du roman. Pour réparer une dette de jeunesse, George Melbury s'est promis de donner la main de sa fille à Giles Winterborne, un jeune homme du pays producteur de pommes et marchand de cidre. Mais dans le roman de Thomas Hardy, chacun des personnages va jeter son dévolu sur quelqu'un qui en aime un autre. Ainsi la pauvre Marty est amoureuse de Giles, qui lui n'a d'yeux que pour Grace, qui va aimer le nouveau voisin, le docteur Fitzpiers, qui deviendra l'amant de Mrs Charmond, la châtelaine. Pourtant ce n'est pas si simple, car les personnages de Thomas Hardy sont complexes et changent au cours du roman. Grace va hésiter entre Giles et Fitzpiers et faire un mauvais choix. Finalement les deux personnages les plus constants dans leurs sentiments sont Marty et Giles, les deux personnages les plus simples, les moins instruits. Et on ne peut que s'interroger sur ce qu'aurait été la vie de Grace si son père n'avait pas voulu lui donner une éducation au-dessus de sa condition. N'aurait-elle pas été plus heureuse ? L'histoire de Grace est l'histoire d'un exil social. de retour dans son village natal, la jeune fille n'est plus à sa place parmi Les Forestiers. Son père en voulant ce qui était le mieux pour elle a peut-être fait son malheur.
    Le mariage de Grace a lieu au milieu du roman. Jusqu'au grand jour, le lecteur accompagne la jeune fille dans sa quête, espérant qu'elle trouvera le bonheur dans le mariage. Mais le roman commence vraiment là où les contes de fée habituellement s'achèvent. L'après-mariage sera pour Grace le temps de la désillusion. Ce qui ressemblait au départ à un roman d'apprentissage tourne à la tragédie. Plusieurs des personnages importants du roman y perdront la vie.
    Belle découverte pour moi que ce roman d'un pessimisme inouï. Apparemment il ne fait pas exception dans l'oeuvre de Thomas Hardy, qui n'est pas réputée pour sa gaieté. J'ai aimé passer quelques jours dans cette forêt hors du monde, jusqu'à une fin particulièrement poignante. Mais j'ai refermé le roman avec le sentiment étrange de m'être bien davantage attachée au personnage secondaire de Marty, qu'à celui de l'héroïne du roman.


    Lien : http://uncahierbleu.wordpress.com/2013/06/09/les-forestiers-thomas-h..
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    • Livres 4.00/5
    Par zembla, le 31 mars 2011

    zembla
    Little Hintock dans l'Angleterre du 19 ième siècle, Grace Melbury est promise depuis son plus jeune âge a Gile Winterbone, mais depuis qu'elle a fait des études en ville, elle a du mal a se voir marié a un bûcheron. Entre en scène le beau et cultivé docteur Edred Fitzpied qui va lui faire tourner la tête et changer ses projets. Mais ce mariage, aussi brillant, soit il n'est il pas une erreur ?
    Thomas Hardy, l'un des plus grand auteur anglais , nous livre avec ce roman un portrait sans complaisance de cette société victorienne où les apparences et la respectabilité sont les choses les plus importantes. le destin est omniprésent dans l'oeuvre de cet auteur qualifié souvent de pessimiste (a juste titre), un destin qui se joue des hommes et qui les emmène vers la tragédie. Dans ce livre, Hardy nous parle de la mésentente conjugal dans un temps où le divorce était impensable et où le poids de l'avis paternel était très important. Dans la bonne société on ne se marie pas contre l'opinion de son père. L'écriture pleine de poésie de l'auteur nous transporte dans cette Angleterre rurale et c'est un vrai plaisir de lecture. Quand classique ne rime pas avec ch... ennuyeux mais avec bonheur. Ce livre c'est surtout une formidable galerie de personnages. Des personnages que l'on aime, que l'on déteste ou que l'on a envie de baffer (n'est ce pas Grace !) mais qui ne laisse pas indifférents.
    Même si ce n'est pas mon préféré de Thomas Hardy, c'est un très bon moment de lecture. Ma note 8/10
    Ses meilleurs romans pour moi étant ,sans conteste, "Le Maire de Casterbridge", "retour au pays natal", le très sombre "Jude l'obscur" et a un degré moindre "Tess d'Urberville". Un auteur a redécouvrir.

    Lien : http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par Cleanthe, le 18 juin 2013

    Cleanthe

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Citations et extraits

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  • Par zanoni, le 02 décembre 2013

    "Ses traits avaient cette richesse d'expression que développe une vie solitaire.Quand les regards de la multitude viennent, tels des flots agités, frapper sans arrêt au visage, ils semblent lui enlever toute mobilité, mais dans les eaux calmes de la solitude, toute émotion, tout sentiment, s'exprime d'une façon si spontanée et si claire qu'on pourrait y lire comme dans un livre."

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  • Par ivredelivres, le 15 octobre 2011

    Sur des arbres plus vieux encore poussaient des champignons comme d’énorme verrues. Ici, comme partout ailleurs, s’avérait d’une façon aussi évidente que dans les taudis populeux de nos villes cette impuissance universelle qui caractérise le monde : les feuilles étaient déformées, les courbles malvenues, le galbe imparfait : le lichen rongeait la vigueur de la branche, le lierre étranglais lentement le jeune arbre plein de sève
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  • Par ivredelivres, le 15 octobre 2011

    Les hiboux avaient attrapé des souris dans les granges, les lapins qui avaient rongé les choux du jardin, les belettes qui avaient sucé le sang des lapins, découvrant que leurs voisins les hommes commençaient à s’agiter, se retirèrent discrètement de la scène, invisibles et cois en attendant la nuit

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  • Par ivredelivres, le 15 octobre 2011

    Comme elle lui souhaitait le bonjour, Grace eut des paroles et des regards un peu contraints, et cela s’expliquait sans doute. Car Giles Winterborne, tout soigné et distingué qu’il était pour un villageois, ne laissait pas de paraître un peu paysan à côté d’elle.

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"Tess d'Urberville" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.








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