Lorsque j'ai souscrit, en janvier 2010, à la septième édition de l'opération
Masse critique chez Babelio, ce livre de Christophe Hardy a été proposé aux membres, en partenariat.
L'ouvrage, loin d'être publié à ce moment-là, devait à l'origine s'intituler
Petit complexe en littérature française ? Guide de premiers secours pour ceux qui ont tout oublié ou presque rien appris.
Neuf mois plus tard, il m'a toutefois été communiqué que le titre de ce livre tant attendu avait fait l'objet d'une modification. Il s'appellerait finalement
Les grands romans français: les connaître, les aimer, en parler.
Ce changement, bien que mineur, m'a tout à coup fait redouter l'arrivée de ladite publication dans ma boîte aux lettres : si je prêtais au premier titre des airs sympathiques, légers, ainsi que, peut-être, une bienheureuse prétention à l'exhaustivité ; le second, en revanche, ne m'évoquait rien qui vaille. J'ai été un peu désappointée en constatant que l'accent était mis sur les romans uniquement. Cela ne pouvait à mon sens que tronquer l'étendue du contenu à laquelle on s'attendait avec son premier intitulé : il n'était plus question de littérature mais de l'un des objets d'étude de la discipline. Par conséquent, le livre a perdu à mes yeux de sa générosité, de son ambition, et ce partenariat m'a d'ores et déjà un peu dégrisée…
Mes attentes? Découvrir un livre plus complet que léger. J'aspirais à un vrai cours de littérature, avec une ossature s'articulant autour des mouvements littéraires, un contenu explicitant les caractéristiques propres à ceux-là, présentant les différents auteurs ou romans s'y rattachant, etc.
Bref, j'attendais de pouvoir découvrir un documentaire à la fois dense (c'est-à-dire comblant une majorité de lacunes ou de notions oubliées) et lisible (pour être bien reçu par les profanes, comme le présupposait le titre initial).
Lorsque j'ai eu le loisir de manipuler, compulser et enfin lire le « guide », j'ai pu constater que celui-ci, s'il ne rencontrait pas mes attentes, recelait pourtant de précieuses qualités…
Les grands romans français est en effet un documentaire très agréable à découvrir et tout à fait abordable. Sa structure, limpide et constante, rend ce livre tout à fait lisible : chaque chapitre traite le cas d'une œuvre. A mesure que l'on progresse dans l'ouvrage, sont présentées des romans de plus en plus « jeunes ». Ainsi,
Les grands romans français commence par la présentation de Lancelot ou le Chevalier de la Charrette (Chrétien de Troyes, XIIIe siècle) et s'achève par Balcon en forêt (
Julien Gracq, 1958).
Dans chaque chapitre, un premier point offre un résumé de l'œuvre ainsi qu'une brève analyse de ses particularités; ensuite vient un extrait-phare du roman. Font suite à cela quelques éclairages quant à la vie de l'auteur, à l'intégralité de sa production littéraire, au contexte historique et/ou culturel de l'œuvre. Enfin, des prolongements nous sont proposés par l'auteur (il nous y indique quelles éditions du roman persistent dans le commerce (nous sont suggérés autant les grands formats que les poches, pour les petits budgets), quelles adaptations a subi l'œuvre au cinéma, au théâtre, à l'opéra, etc.). De la sorte, ce livre ne ressemble en rien à manuel de littérature française, pompeux et dissuasif, comme certains peuvent l'être, mais tient lieu d'invitation : Christophe Hardy appelle à la découverte intégrale des fictions qu'il explore.
Malgré tout, il reste un bémol : mes attentes relatives à la densité du contenu n'ont pas été rencontrées. J'ai en effet à reprocher à cet ouvrage sa quatrième un peu orgueilleuse. On y lit que « c'est un livre généreux, qui brosse un panorama large, clair, depuis le Moyen Âge jusqu'à nos jours ». Pour la générosité et la largesse du panorama, on repassera : ce livre n'analyse pas davantage que 23 romans… Ce que j'ai trouvé fort peu. Les (article défini : l'outil permettant la détermination complète) grands romans français ne seraient-ils donc pas plus de 23? Par ailleurs, le roman le plus récent que l'auteur nous invite à découvrir date de 1958 : la contemporanéité des œuvres m'apparaît donc, hélas, toute relative…
Merci à Babelio et aux éditions Carnets de l'info de m'avoir offert ce livre en partenariat.
Lien : http://marecages.be/?p=3258