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Critiques sur Tess d'Urberville (31)


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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette le 11/09/2012


    Pour avoir découvert qu'il est le descendant de l'illustre lignée des chevaliers d'Urberville, John Durbeyfield se pique de noblesse et envoie sa fille Tess entre les griffes d'un lointain cousin et véritable séducteur. La jeune fille a plus d'éducation et d'honnêteté que ses parents et se réclamer d'une lointaine parente lui fait horreur. « L'orgueil de Tess lui rendait le rôle de parente pauvre particulièrement antipathique. » (p. 45) Mais pour offrir son aide à sa famille, elle accepte la place que lui propose Alec d'Urberville et subit son odieuse séduction.

    Plusieurs années plus tard, pensant avoir expié sa faute et pouvoir mener une vie nouvelle, elle prend une place d'aide dans une laiterie et y rencontre Angel Clare, fils de pasteur qui apprend le métier de fermier. En dépit de l'affection réciproque qui la lie au jeune homme, Tess s'estime inférieure et déclassée et elle met longtemps à accepter la demande en demande de son amoureux. « Je ne veux pas me donner le grand bonheur de vous promettre d'être à vous parce que je suis sûre que je ne dois pas le faire. » (p. 227) Quand elle se rend enfin aux tendres arguments d'Angel et que le mariage approche, Tess craint que sa faute passée nuise à son bonheur futur. « Je ne me sens pas tranquille. […] Je puis être châtiée plus tard de toute cette chance par un tas de malheurs. » (p. 267) Foncièrement honnête, Tess ne peut s'empêcher d'avouer son ancienne souillure à Angel. Répondant ainsi aux mauvais présages qui ont entouré les noces des deux jeunes gens, l'aveu est un cataclysme. Angel sera long à pardonner la faute et la confession tardive. de son côté, Tess se désole une nouvelle fois de ses errances passées et attend sans espoir le pardon de son époux. « Elle pleura sur l'homme aimé, dont le jugement soumis aux conventions sociales avait causé tous ces derniers chagrins. » (p. 387)

    Tess est d'autant plus vertueuse qu'elle a péché et s'est repentie. Elle est une victime expiatoire à plusieurs degrés : elle expie d'abord pour avoir été séduite dans sa jeunesse, mais elle expie également pour toute la lignée des d'Urberville dont elle est pourtant la digne héritière au vu de sa noblesse de cœur. John Durbeyfield et son épouse Joan se piquent de grandeur et échafaudent des projets imbéciles sur des ambitions avinées, grossières et paresseuses qui causent la perte de Tess. « C'est bon d'être parent à un carrosse, même si vous roulez pas dedans. » (p. 33) Contrairement à son père qui se donne du Sir John, Tess mérite cette ascendance glorieuse à qui elle redonne un lustre et une fraîcheur toute naturelle. le roman célèbre d'ailleurs la nature et la pureté d'avant le progrès et critique fortement les machines agricoles qui dénaturent le travail et dévoient les hommes.

    Je voulais lire ce roman depuis longtemps et je ne suis pas déçue. Voilà un très bon roman anglais du 19° siècle sans rapport avec ceux de Jane Austen que j'apprécie beaucoup par ailleurs. La critique de la société y est moins ironique, plus franche et plus sinistre. Tess d'Urberville est une héroïne sacrifiée pour laquelle – c'est très palpable – son auteur a beaucoup d'affection. Impossible de ne pas compatir aux nombreux malheurs de la jeune fille. La plume de Thomas Hardy est solide et puissante. Si la morale distillée tout au long du texte a de quoi agacer par son côté définitif, il faut souligner qu'elle était parfaitement novatrice pour l'époque et c'est bien ce qui a valu à Tess d'Urberville d'être si largement censuré lors de sa publication.

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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a le 13/06/2012


    "Tess D'urberville" est l'un de ces livres que l'on peut difficilement oublier...J'ai vraiment adoré ce roman ; son histoire captivante nous mène au fin fond de l'Angleterre, dans le petit village de Marlott, John Durbeyfield vient d'apprendre par le pasteur Tringham qu'il est le descendant de la vieille famille des Urberville, composé de chevaliers et autres grands conquérants. Sir John va alors raconter cette nouvelle à sa femme et ses enfants et Tess, l'aînée, va devoir se rendre chez une famille parente située près de Kingsbere. Elle y rencontre donc Alec, son cousin, qui, après l'avoir séduite, l'abandonne. Tess, humiliée et méprisant désormais Alec, donne naissance à un enfant qui meurt peu de temps après.
    Voulant oublier définitivement sa vie passée, elle se fait engager dans la laiterie de Talbothays où elle fait la connaissance de trois autres laitières : Marianne, Izz et Retty ainsi que de celui dont elle va s'éprendre, Angel Clare. le bonheur arrive enfin pour Tess, cependant, le malheur viendra vite gâcher ses premiers émois amoureux et l'éloignera de celui qu'elle aime...

    Quelle bonne surprise ! J'ai particulièrement aimé l'évolution de la vie de Tess, cette pauvre héroïne si malchanceuse, avec une préférence, j'avoue pour les époques "Le Renouveau" et "La Conséquence", les plus belles, d'après moi, et bien évidemment les plus heureuses du roman. Quant aux personnages, j'ai ressenti beaucoup de pitié à l'égard de Tess, mais je me suis finalement attachée à elle ; de même, Angel a été pour moi un personnage attachant. Enfin, les trois laitières, Liza-Lou et Mrs. Joan Durbeyfield m'ont aussi touchées.

    Pour conclure, je voudrais dire que ce magnifique roman, bien que tragique, est un véritable chef-d'oeuvre de la littérature anglaise, dont l'auteur, Thomas Hardy, est, pour toujours, entré dans la lignée des brillants écrivains.

    A lire absolument !

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    • Livres 3.00/5
    Par petitepom le 13/09/2012


    Je suis allée au grenier pour ressortir ce livre des cartons où il était stocké, c'est une lecture commune qui m'a donné l'idée de le relire. L'edition France Loisir de 1981 montre une jeune fille avec un bébé dans les bras, cette image est peu représentative du contenu du livre car la période où elle se retrouve avec son enfant est assez courte, mais il est le déclencheur de sa vie futur, sa morale en sera tachée.
    L'écriture est très riche, les décors sont détaillés, nous voyons la modernité dans les fermes et les petites industries, les paysages, certains passages sont un peu longs mais j'ai quand même eu plaisir à les lire.
    Le personnage principal est Tess, alors que ses parents sont vaniteux, espèrant que Tess sortira de sa condition par un beau mariage, Tess est plus réaliste, même si elle se laisse séduite, elle n'est pas naîve. Ces choix sont murement réfléchis.
    Le début du livre est sans surprise, on se doute de la tournure des évènements, la jeunesse de Tess nous fait comprendre ses erreurs, la femme adulte est plus imprévisible, jusqu'au drame final.

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    • Livres 4.00/5
    Par Philippe67 le 01/05/2012


    Un très beau livre et un très bon film.
    Un classique anglais avec une ambiance que j'adore bien que souvent déprimante cette ambiance...
    On plonge dans ce livre et on est transporté dans un autre monde et une autre époque.

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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie le 01/11/2012


    Voici une autre lecture que je repoussais depuis des années, mais qui, fort heureusement, était au programme de ma deuxième année de licence. Plus d'excuses, donc...

    Si le but de Thomas Hardy était de rendre ses lecteurs mélancoliques, et désabusés, ma foi, il l'a atteint, pas de doute.

    Tess est l'aînée des filles de John et de Joan Durbeyfield, des paysans sans éducation et vivant chichement. le jour où ce père de famille apprend qu'il est de sang noble ("Durbeyfield" étant une distorsion de "d'Urberville"), le destin de Tess s'en trouve modifié. Sa mère l'envoie en effet se faire connaître des d'Urbervilles à Trantridge, ce qu'accepte la jeune fille après l'épisode malheureux de la mort du cheval de sa famille. Tess fait connaissance avec Alec d'Urberville, un vil séducteur, qui finira par abuser d'elle.

    A partir de là, la vie de Tess est une succession de petits drames et de grands malheurs. Même lorsqu'elle rencontre et s'éprend d'Angel Clare, un jeune homme bon et tolérant, venu apprendre la gestion d'une laiterie, la fatalité s'acharne sur elle.

    Malgré des hésitations, des dilemnes et des occasions manquées, les deux jeunes gens se marient, sans qu'Angel ne connaisse le passé de Tess. Lorsque la jeune femme lui apprend enfin son infortune, Angel se sent trahi et ne peut pardonner cette "faute". Il choisit de d'éloigner de Tess et de partir au Brésil pour y commencer une nouvelle vie.

    Durant l'absence d'Angel, Tess entame une nouvelle période de son existence, triste, solitaire et au cours de laquelle elle doit effectuer de durs travaux (vous êtes prévenus, j'ai bien parlé de "successions"...).

    Rassurez-vous, les anciens amants finiront par se retrouver, à la toute fin du roman. Est-ce plus optimiste pour autant ? Que nenni, Hardy ne nous épargne pas une fin dramatique.

    L'idée de l'écrivain étant de dénoncer les hypocrisies de la société, le poids de la religion et la différence de traitement entre hommes et femmes, vous n'auriez pas espéré un happy end quand même ?

    J'ai aimé ce roman en raison du comportement de l'héroïne, son côté "païen" qui m'a bien plu. Tiraillée entre deux conceptions de la vie et de l'amour, sa nature et son éducation, le poids des conventions, Tess se débat dans ses contradictions et tente, sans succès, de trouver un peu de bonheur en dépit de tous ces obstacles.

    C'est encore une autre vision de la société Victorienne, peu agréable où je me dis que le destin d'une femme pauvre, sans beaucoup d'éducation, devait être bien peu enviable.

    J'ai également aimé la relation que Tess entretient avec la nature, même si, par moments, elle en a une image négative à cause de principes moraux qu'elle croit devoir adopter. Sans la société hypocrite des hommes, Tess aurait trouvé la paix et la joie dans son petit coin de campagne... Thomas Hardy portait un regard sans complaisance sur les hommes...

    Lisez également l'excellente préface qui nous livre de précieux renseignements sur l'état d'esprit de l'écrivain quand il entreprit d'écrire Tess.


    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-tess-d-urbervil..

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    • Livres 3.00/5
    Par hanta le 27/07/2012


    Précédemment, je vous avais parlé d'un livre difficile que j'étais en train de lire. Je l'ai enfin terminé et j'ai un avis mitigé, ce qui explique cette note moyenne. Je suis désolée de dévoiler une partie de l'histoire dans le résumé et je risque de le faire encore dans ce commentaire donc pour ceux qui seraient intéressés à lire cet ouvrage, je vous conseille de ne pas tenir compte de ce que j'écris.
    C'est l'histoire de Tess, une jeune paysanne qui se fera avoir par Alec d'Urberville : il la séduira pour l'abandonner lâchement ensuite. Toute sa vie, elle sera poursuivie par cette « faute » involontaire et qui va avoir des conséquences terribles sur sa famille, son mariage et sur sa vie. J'ai trouvé Tess vraiment douce et pure, comparé à tous ces gens cruels qui l'entouraient, notamment le détestable Alec mais aussi Angel Clare.
    Il faut savoir qu'à cette époque, la virginité était primordiale pour la réputation d'une jeune fille et du moment qu'elle a cédé à un homme, ce dernier sera considéré comme son « mari ». Néanmoins, malgré cette règle implicite qu'imposait la société, j'ai senti qu'il y avait beaucoup trop d'injustice dans la vie de Tess, et au moment où un rayon de soleil commence à apparaître, ce n'est qu'une illusion qui se transformera en enfer. La fin est terrible et j'avoue que ce livre m'a beaucoup attristé.
    On découvre aussi les mœurs de cette époque : la vie dans les fermes, les différences de classes sociales. Par exemple un mariage contracté hors de sa classe sociale pour les petits bourgeois était considéré comme un déshonneur et un échec.
    Concernant le style d'écriture, il est vraiment difficile et désagréable. L'auteur fait régulièrement des références à des ouvrages religieux de son temps, à Shakespeare ou à la Bible. Il s'ensuit que presque tous les deux pages on est obligé de lire les annotations pour comprendre plus clairement les allusions de l'auteur.
    Même si ce livre fait parti des 100 livres préférés des anglais, j'hésite à vous le recommander.


    Lien : http://leslecturesdehanta.eklablog.com/tess-d-urberville-a83467798

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    • Livres 4.00/5
    Par ElizabethBennet le 15/01/2013


    Œuvre majeure de la littérature victorienne, ce roman présente aussi une critique virulente de la morale de l'époque : prenant le parti de Tess, le romancier nous la dépeint comme double victime, non seulement des assauts répétés de son cousin, mais aussi du regard que la société porte sur elle, puisque ce genre d'aventure était toléré pour les hommes (comme le montre la scène des aveux symétriques des deux époux) mais constituait un péché pour les femmes. le symbolisme de la nature est omniprésent, faisant de Tess une véritable déesse païenne, envers et contre ceux qui prônent un protestantisme intolérant. Cette allégorie religieuse imprègne très fortement le roman, et transforme Tess en victime expiatoire, rôle qu'elle accepte inconsciemment à la fin du roman en s'allongeant sur l'autel de Stonehenge, dont Hardy fait un temple dédié au culte solaire. On l'aura compris, cette œuvre offre une multitude d'interprétations qui s'entrecroisent et se renforcent mutuellement, et qui convergent tous vers la jeune fille, magnifiée par l'écriture de Hardy, qui fait d'elle une héroïne presque tragique. On pourrait reprocher à l'auteur d'avoir un peu trop forcé le trait mélodramatique, notamment dans les derniers chapitres, tant le destin semble s'acharner contre la pauvre jeune femme, et d'avoir donné à certains personnages un caractère qui frise parfois la caricature, mais ces défauts sont contrebalancés par une écriture splendide, des descriptions remarquables du Wessex, et une analyse psychologique somme toute assez fine en ce qui concerne les motivations des personnages... (la suite en cliquant sur le lien ci-dessous !)


    Lien : http://ars-legendi.over-blog.com/article-tess-d-urberville-de-thomas..

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    • Livres 4.00/5
    Par IsaTitMuguet le 11/09/2012


    Un terrible roman, qui alterne entre périodes fastes et désillusions, entre grand bonheur et véritable malheur, un livre qui joue avec vos nerfs et vous laisse assister impuissant au dénouement. On en vient à s'attacher au personnage de Tess, on essaie de comprendre Angel, on haït les coureurs de jupons et les bourgeois qui disposent des demoiselles comme bon leur semble...Et on espère, on espère que ces personnages vont se réveiller, fuir la fatalité qui les accable...

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    • Livres 5.00/5
    Par Gwordia le 01/05/2012


    Littérature anglaise fin XIXe, apologie du désenchantement, interminables descriptions recontextualisant de manière aussi sombre que poétique, annihilation du concept de happy end... et malgré tout, un romantisme exacerbé. Bref, de quoi satisfaire les mélancoliques compulsifs sans toutefois les porter au cynisme. Bien que le fond soit en fait le panégyrique de son incarnation : Tess.

    Petit avertissement toutefois, le comble du pessimisme à pour moi, lectrice assidue, été atteint lorsque je me suis mise consciencieusement à lire la par ailleurs très instructive introduction d'André Topia mais qui, de manière particulièrement agaçante, pour ne pas dire absurde, vous révèle tout ce qui se passe, de la première à la dernière page. Eclairage donc à ingurgiter plutôt post-lecture, sous peine de développer une rancoeur à l'endroit de l'éditeur...

    Une grande pensée pour John Irving, qui avait su me convaincre dans l'une de ses oeuvres (shame on me, j'ai oublié laquelle) de me plonger dans cet intense destin.


    Lien : http://gwordia.hautetfort.com/archive/2008/03/02/charlotte-sapin-tes..

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    • Livres 5.00/5
    Par Passionlectures le 17/01/2012


    Décidément, les quatrièmes de couverture font parfois de ces raccourcis ! Reprenons : la famille de Tess Durbeyfield, jeune paysanne du Wessex, apprend par hasard qu'elle descend d'une grande et noble famille normande du temps de la fondation de l'Angleterre, les D'Urberville. Alors que la famille est dans la misère du fait d'une certaine indolence des parents, ils décident d'envoyer Tess chez une riche Madame D'Urberville habitant dans les alentours, afin d'être prise sous sa protection au titre de parente éloignée. A son arrivée, Tess sera surtout accueillie puis assaillie par son fils, Alec D'Urberville. Bien que Tess garde ses distances avec le jeune aristocrate, celui-ci profite d'un moment de faiblesse de sa part. Plusieurs mois plus tard, Tess, revenue chez ses parents, employée aux travaux des champs allaite péniblement un bébé. Lorsque celui meurt quelques jours après, elle décide de tourner le dos à son passé qui la ronge et part travailler dans une ferme dans une autre vallée, là où personne ne connaîtra son histoire. Et elle rencontre Angel Clare…

    Cette lecture fut longue, douloureuse, mais intense. J'ai ressenti vivement le style de Thomas Hardy, tout en sobriété et en psychologie, et en même temps, il a la capacité de convoquer devant nos yeux des tableaux champêtres ravissants. Car c'est un des contrastes forts sur lequel est basé le livre que l'évocation d'une sorte d'âge d'or des campagnes anglaises, avant l'arrivée des “machines” et du chemin de fer. Les jeunes paysannes dansent en bande dans les prés fleuris et les bois résonnent encore des accents druidesques des premiers temps. Et au milieu de cet univers clos, Tess et son destin tragique. Un peu plus éduquée que le reste de sa famille, elle parcourt le roman profondément marquée par sa faute, dont elle sent toute l'ampleur par sa morale et son honnêteté naturelles. Ce sont d'ailleurs ces traits de caractère, alliée à sa beauté innocente et sa simplicité, qui attireront sur elle les regards d'Angel, jeune fils de pasteur, qui verra en elle l'idéal de la jeune paysanne, complètement à l'opposé de la jeune fille des villes que ses parents veulent lui voir épouser.

    Dans ce roman, Thomas Hardy prend résolument la cause des femmes. En décrivant la descente aux enfers de Tess, il pointe du doigt sa dépendance totale aux deux hommes qui jalonneront sa route. Et comme aucun ne se montre à la hauteur (eh oui, même pas Angel !), chacun à sa façon, c'est Tess qui en subit plus que tout autre les conséquences. C'est en apprenant que le roman n'avait pu paraître que censuré à sa sortie, notamment sur l'épisode avec Alec D'Urberville, où l'on a forcé Hardy à dire que d'Urberville avait promis à Tess le mariage au moment où il profite d'elle, que je me suis rendue compte de la modernité de ce roman et de l'engagement de son auteur, alors même que cet épisode n'est absolument pas décrit dans le livre, juste suggéré. Traces de l'éducation d'Hardy, on retrouve dans le roman beaucoup de connotations religieuses : Tess elle-même n'a jamais été très croyante, mais beaucoup de personnages secondaires sont pasteurs et Hardy utilise souvent des comparaisons bibliques. On ne tombe jamais dans le pathos, on est toujours dans l'empathie, et ça marche, pour moi en tout cas (j'ai l'impression que ce roman ne fait pas du tout l'unanimité !).

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