Faux soleil raconte l'histoire d'une éclipse, celle de l'homme
Jim Harrison par Robert Strang, personnage complexe dont l'auteur en quête de sujet s'entiche au cours d'un repas trop arrosé en Floride. le bouquin fonctionne à la manière d'un triple récit où se mèlent en fil rouge la narration classique de la rencontre entre ces deux personnages, l'histoire de Strang à proprement parlé et les impressions qu'Harrison lache sur son dictaphone. le procédé marche plutôt bien, malgré la compléxité inhérente à ce type de narrations croisées.
Alors Strang, le
Faux soleil du titre, brille surtout par un parcours d'aventurier baroudeur constructeur de barrages, foreur de puits dans diverses endroits exotiques du globe. L'homme est intriguant, a connu plusieurs femme, se raconte sans tabou et Harrison se prend d'amour pour lui, surtout en regard de sa propre déchéance d'écrivain new-yorkais uniquement préoccupé par la piccole, la bouffe et les femmes : quand la littérature rencontre la luxure.
Bien sûr la situation évolue sous la plume d'Harrison mais finalement le livre ne décolle jamais réellement, on peine à imaginer en quoi Strang représenterait un quelconque idéal (de nouveau ce faux-soleil) et si le bouquin s'achève en apothéose, l'impression d'être resté en retrait d'une conversation complice entre deux protagonistes perdure tout de même.