> Serge Lentz (Autre)

ISBN : 2264006579
Éditeur : Editions 10/21 (1985)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 105 notes) Ajouter à mes livres
L'intrigue serrée, l'urgence d'une écriture qui déferle comme un torrent sans digue : c'est Légendes d'automne. Un ouvrage pour le moins impétueux et vivifiant au travers duquel on devine un auteur qui semble s'être jeté dans l'&#... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par EmmanuelleT, le 29 janvier 2012

    EmmanuelleT
    Je ne parlerai pas de l'adaptation de la première des trois nouvelles constituant Légendes d'automne, Une vengeance… (Revenge, de Toni Scott, 1990), agréable à voir si l'on a pas lu la nouvelle, et carrément désagréable si on l'a déjà lue, malgré les efforts d'Antony Quinn et de Kevin Kostner: le scénario interprète le texte de la manière la plus vulgaire qui soit et la mise en scène tirant aux larmes à grands renforts de musique guimauve est calamiteuse.
    Le film d'Edward Zwick (1995) porte sur la troisième nouvelle, la courte saga d'une famille américaine au 20e siècle, ayant pour base un ranch du Montana. le scénario utilise plusieurs procédés un peu lourds (récit par Un coup, l'Amérindien qui a suivi la famille et se pose comme le témoin privilégié de l'histoire de celle-ci; lecture de lettres échangées entre les différents personnages), qui n'existent pas dans le texte de Harrison. Peu de passages du texte d'origine sont d'ailleurs repris tels quels, le scénario prend une grande liberté. Dommage: comme presque toujours dans le cinéma, ce qui est suggéré par la nouvelle de Harrison est énoncé clairement parfois jusqu'à la caricature dans le film, notamment tout ce qui concerne les relations affectives: une rencontre amoureuse se transforme en fiançailles, une séparation saisonnière en séparation définitive, une jeune femme adoptée par la famille est décrétée orpheline… Evidemment, les ressorts habituels du film américain classique sont renforcés par le scénario: le couple (celui formé par Tristan et Susannah), duquel les rapports ont été soigneusement édulcorés pour ne pas heurter le deuxième pilier des films américains de bon aloi: la famille…
    Mais cette explicitation du scénario comporte aussi de très belles trouvailles, largement mises en valeur dans le film: l'arrivée puis la présence d'une jeune femme dans une maisonnée masculine, véritable événement, qui touchera les trois frères et le père, chacun à leur manière. Tout le débat sur l'engagement des trois frères dans la Première guerre mondiale est créé, inexistant dans le texte de départ, et il constitue un beau ressort dramatique, qui ouvre un des axes forts du film: le fondement de tout le film sur le Politique. le débat sur le traitement des Indiens par le gouvernement est lui aussi très bien vu, lu avec pertinence entre les lignes du texte de Harrison, explicitation qu'il ne renierait sans doute pas. Mais surtout, l'héritage paternel (dont la vie dans ce ranch sauvage) revendiqué par Tristan comme étant opposé à la manière dont le gouvernement construit l'Etat américain, contre les Indiens, pour la Prohibition, est parfaitement fidèle au texte d'origine, qui pourtant ne le dit jamais. L'histoire devient symbolique de l'épopée américaine, entre construction et sauvagerie violente.
    Au fait, pourquoi le cinéma américain se positionne-t-il toujours dans l'explicitation, l'exagération? le présupposé que le public ne percevra pas ce qui est simplement suggéré est une constante des scénarios adaptés des meilleurs textes littéraires. N'est-ce pas une erreur, plus décisive qu'une simple bourde répétée, car elle contribue à une éducation pauvre du grand public? – l'éducation par le cinéma n'est pas un phénomène à négliger.
    Le rôle de Tristan est parfait pour Brad Pitt, qui impose son aura sur le film, comme ce personnage hors du commun impose son aura sur l'histoire de sa famille. Certaines scènes, comme le chagrin de Tristan après la mort de son frère au front, qu'il célèbre à la manière Cree, moitié fou de culpabilité, allant arracher les scalps des Allemands de l'autre côté des lignes, sont impressionnantes et parfaites pour le cinéma. de même son chagrin qui se mue en une rage incompatible avec le bonheur, incompatible avec son amour pour Susannah, suggéré par quelques images de leur vie commune. Julia Ormond (Susannah) lui fait face avec beaucoup de présence, et le film est soutenu par un acteur aussi impressionnant qu'Anthony Hopkins, qui sait rester discret mais majestueux, incontournable; qu'Aidan Quinn, frère aîné sans sex appeal, mais qui se lance résolument dans la construction de la société, de l'économie, de la politique américaine, construisant soigneusement une carrière politique.
    Le montage final (pas la fin, surajoutée en un drôle d'artifice) est saisissant, les méchants réunis en un seul groupe incarnant l'opposition politique entre les deux frères, restés vivants de la Grande guerre, d'une manière très astucieuse – et l'on pardonne le renfort de musique, ou plutôt de décibels car la partition de James Horner est sans défaut, ainsi que le fréquent appel aux hugs (vous savez, les inévitables câlins américains…) pour souligner les effets, aux antipodes de la sobriété du texte initial – pour former ce qu'il était au départ sous la plume de Harrison: un formidable récit.
    Le générique du film, qui recèle des trésors comme souvent les génériques, est l'occasion d'apprendre que le texte de Harrison, avant d'être publié avec les deux autres nouvelles en 1978 et de faire connaître Jim Harrison (traduit en 1981 en français)au grand public américain, a été publié seul par Esquire Magazine, magasine masculin qui a ses lettres de noblesses dans la littérature, puisqu'il a publié aussi Hemingway et Fitzgerald.
    Ah, lisez les 100 pages de Harrison, et puis laissez-vous aller au film… Et surtout, laissez-vous porter vers les autres textes de Jim Harrison, un des plus grands écrivains actuels de l'Amérique.

    Lien : http://SousLePommier.net
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  • Par Aela, le 09 février 2011

    Aela
    "Légendes d'automne" apporta à Jim Harrison la gloire. C'est son ami l'acteur Jack Nicholson qui, en 1979, lui permit de terminer ce livre en lui prêtant de l'argent.
    C'est un volume contenant trois nouvelles se situant dans trois lieux et époques très différents: le Mexique actuel, les Etats Unis ou la première guerre mondiale pour la dernière nouvelle. Les héros sont très différents: Cochran tombe amoureux de la femme de son ami, Nordstrom le quadra se reconvertit professionnellement dans le secteur culinaire et Tristan le vétéran de la première guerre n'arrive pas à apaiser ses démons après les horreurs qu'il a vécues pendant la guerre.
    Toutefois, un fil conducteur donne une impression d'unité et d'harmonie: ce sont dans chaque cas des hommes déchus que Jim Harrison met en scène, des hommes qui font face à la souffrance et à la violence du monde et qui n'ont d'autre choix que survivre. "Legends of the Fall" pourrait alors se traduire aussi bien par "Légendes d'automne" que par "légendes de la chute".
    Un autre fil conducteur serait le rôle positif joué par les "native Americans" les Amérindiens, qui apparaît en filigrane dans ces trois récits. Ainsi Tristan, le soldat américain venu faire la guerre en Europe se sent plus proche de l'Indien Un coup que de son père sans doute parce que Un coup l'a initié aux rites de sa culture amérindienne. En effet Jim Harrison n'a cessé de lutter pour la reconnaissance des droits des "native Americans".
    Une très belle oeuvre, un grand souffle épique, à lire et à relire.
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    • Livres 5.00/5
    Par Folfaerie, le 20 octobre 2010

    Folfaerie
    Une vengeance raconte l'histoire d'un homme nommé Cochran, qui après avoir été trouvé dans le désert, au seuil de la mort, puis soigné, est déterminé à retourner dans son passé pour retrouver la femme qu'il aime, Mireya, à la fois source de bonheur et cause de ses malheurs. le récit part d'une banale histoire d'amour, une histoire d'adultère, pour se transformer rapidement en quête passionnée, en vengeance. C'est qu'on ne badine pas avec l'honneur au Mexique, surtout quand la femme en question est l'épouse d'un riche trafiquant, Tibey, accessoirement l'ami de Cochran… Ce n'est ni plus ni moins qu'une tragédie Grecque à la sauce mexicaine.
    Que dire ? C'est un récit qui interpelle et prend aux tripes. En quelques courtes descriptions, Harrison dresse un portrait fouillé des trois principaux personnages et bien que l'on suive la vengeance de Cochran, on peut pas en faire un héros. Pourtant, c'est l'amour qui guide le comportement de Cochran, ce qui est assez paradoxal compte tenu de la violence qu'il déploie. De quoi serions-nous capables par amour ? Et est-ce qu'assouvir Une vengeance nous aide à nous sentir mieux ?
    A noter qu'une adaptation ciné est disponible. le film de Tony Scott réunissait Kevin Costner, Antony Quinn et Madeleine Stowe. Pas mauvais mais il n'atteint pas l'intensité de la nouvelle.
    Le second récit, L'Homme qui abandonna son nom, est un thème récurrent chez Harrison. Après 10 ans de mariage, Nordstrom divorce et fait le point sur sa vie. Cet événement subit par lui devient le point de départ d'une sorte de crise de la quarantaine au cours de laquelle l'homme va peu à peu se remettre en question. La manière qu'il a de régler certains problèmes (la bonne chère et les parties de jambes en l'air) sont autant de moyens de dévier du chemin tout tracé qu'il s'était fixé, de quitter enfin ces habitudes qui jalonnaient sa vie. Au bout peut-être, une autre vie et la liberté enfin ?
    C'est la nouvelle que j'aime le moins, je l'avoue, mais je suppose que Nordstrom représente pour Harrison l'homme que l'on est au quotidien.
    Le troisième récit donne son titre au recueil, c'est l'un des chef-d'œuvres de l'écrivain. C'est une histoire que je n'ai jamais oubliée, et un personnage qui me hante encore, Tristan Ludlow.
    Par touches saccadées, avec des allers-retours dans le passé, Harrison brosse le portrait de la famille Ludlow, dont les trois fils, Alfred, sérieux et réfléchi, Tristan, indomptable et impulsif et Samuel, l'érudit, le sensible qui aime la poésie et la botanique, partent s'engager aux côtés des Anglais lors de la Première Guerre Mondiale. Samuel, le préféré de la famille, est tué en Europe. Commence alors pour Tristan une longue errance ponctuée de tragégies, de sacrifices, entrecoupée de moments de paix et de bonheur. Car tout en aimant profondément sa famille, Tristan est bien décidé à mener sa vie au mépris des lois et des conventions. C'est un homme libre, comme on en rencontre qu'en littérature. Pas de demi-mesure, pas de tiédeur, il aime, il hait, et sa vengeance sera complète. Tristan est à la fois le protecteur de sa famille et celui par qui le malheur arrive. Au bout, une vie pleinement vécue et tellement riche.
    C'est très difficile pour moi de restituer l'émotion ressentie à la lecture de ces nouvelles. Les sujets en sont forts, portés par l'écriture puissante de Jim Harrison qui a l'art de créer des personnages plus vrais que nature et qui deviennent aussi réels que les gens que l'on croise ou que l'on connait. J'ai eu le même sentiment avec Dalva.
    De Légendes d'automne, Edward Zwyck en a tiré un bon film. Mon impression était mitigée la première fois que je l'ai vu car il n'atteint pas en intensité la nouvelle de l'écrivain, mais au fil des années et des visionnages j'ai appris à l'aimer.


    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-legendes-d-auto..
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    • Livres 5.00/5
    Par Outis, le 21 juin 2008

    Outis
    Évidemment, Harrison n'écrit pas de contes de fées. Tous les « héros » américains ne ressemblent pas encore à Mickey, ni ne travaillent à la solde d'Hollywood. S'il n'en reste qu'un... ce serait peut-être lui. D'ailleurs, face à une écriture aussi géniale et passionnante, on en viendrait à se dire, égoïstement, que ses lecteurs ont beaucoup de chance et tant pis pour ceux qui l'ignorent. Trois récits courts mais extraordinairement denses où chaque phrase vaut son pesant d'or.
    Jusqu'à quelles extrémités un homme amoureux peut-il aller si les circonstances ne lui sont pas favorables ? Passionnément amoureux, certes, mais à la folie ? Non, l'instinct remue les trippes mais la tête reste parfaitement lucide et c'est bien avec toute sa raison qu'il ira jusqu'au bout. La conduite de son rival pourrait ressembler à une espèce de logique inverse. Tout y est, même et surtout ce dont je ne vous parle pas.
    L'homme qui oublia son nom possède une fâcheuse carapace héritée de son éducation. A l'écoute de son entourage, des évènements banalement pénibles et de son intelligence, il prendra progressivement conscience de la vacuité de sa personnalité. le voyage captivant d'un homme à la conquête d'une nouvelle peau.
    Dans « Légendes d'automne », troisième et dernier récit éponyme, l'épique atteint son paroxysme. Ici, pas de demi-mesures : joies intenses et douleurs les plus vives. Pas question de vous raconter l'intrigue par le menu. Je vous dirai, par contre, qu'une des choses qui m'a fascinée dans ce livre c'est la capacité de l'auteur à présenter, comme une évidence, que la vie n'est qu'une alternance de bonheurs et de malheurs. La tiédeur confortable, très peu pour lui !
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    • Livres 5.00/5
    Par nougat65, le 20 janvier 2012

    nougat65
    J'ai découvert Jim Harrison par la lecture de son roman "une odyssée américaine" : quelle erreur ! Cette "odyssée" ne m'avait pas convaincu et j'étais plus que septique en lisant les critiques enthousiastes des lecteurs fan de Jim Harrison. Et puis je me suis plongée dans la lecture de ce sublime roman "Légendes d'automne" : une vraie rencontre ! Un style d'écriture soignée et âpre à la fois, de la passion, des grands espaces, de l'aventure et des personnages hauts en couleurs...De la poésie au détour de chaque page, les héros sont révoltés, remplis de rage, emportés par leur désir de vengeance ou de liberté. Chose rare, je trouve que l'adaptation cinématographique de "Légendes d'automne" est aussi puissante et réussie que la nouvelle dont elle s'inspire (tout en étant très différente). A la lecture de ce roman on chevauche avec Tristan dans les plaines envoutantes du Montana, on doute et on fait le point sur les priorités de l'existence avec Nordstrom et on assiste médusé à la tragédie des amants sous la chaleur du désert Mexicain...Magique !
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Citations et extraits

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  • Par Outis, le 14 avril 2008

    Perdre une femme n’est pas une défaite ; on perd une femme et voilà tout. Ca arrive à tout le monde... J’ai perdu ma femme lorsque j’étais encore jeune mais à cette époque-là, j’étais aussi encore très bête. Elle était moins bête que moi et c’est pour ça qu’elle est partie.
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  • Par Outis, le 08 avril 2008

    La prospérité acquise ne l’empêchait pas de se sentir victime de ces rêves bâtis à dix-neuf ans, à l’âge où chacun d’entre nous atteint son zénith de sottise idéaliste. Dix-neuf ans est l’âge du parfait fantassin qui acceptera de mourir sans un murmure, le cœur brûlant de patriotisme. C’est également l’âge auquel l’imagination naissante du poète s’élève à des hauteurs vertigineuses et où il subit avec une douleur heureuse les assauts de ce qui est le Dieu, en lui. C’est encore l’âge auquel une jeune femme a le plus de chances de se marier réellement par amour.
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  • Par Outis, le 14 avril 2008

    Il s’inquiétait surtout de la manière dont la structure démocratique commençait à avilir les gens plutôt que de les stimuler vers un certain altruisme. La structure ne tenait plus compte des objectifs pour lesquels elle avait été créée et cela était dû en partie – selon Nordstrom – au fait que tous les politiciens et tous les bureaucrates portaient des costumes.
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  • Par Aela, le 09 février 2011

    For Tristan the dead were on the deck and in his cabin he drank, despite his fever, and heard their footballs. Samuel laughed and talked about botany but there was snow in his hair and his white hair blew in the shore winds as they neared Colombo in Ceylon.
    Pour Tristan, les morts étaient sur le pont et dans sa cabine, et en dépit de la fièvre, il buvait et entendait leurs pas. Samuel riait et parlait de botanique, mais il y avait de la neige dans ses cheveux, et ses cheveux blancs volaient dans le vent tandis que le bateau approchait de Colombo à Ceylan.
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  • Par Outis, le 14 avril 2008

    Alors nous nous sommes livrés aux gestes habituels en ces circonstances et ce n’est qu’en nous trouvant l’un sur l’autre que je me suis soudain « réveillé » ; j’avais son derrière juste en face de mes yeux et me suis dit « Voilà ! C’est ça la réalité des choses ».
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Vidéo de Jim Harrison

"Les jeux de la nuit" de Jim Harrison
Depuis ses "Légendes d'automne" de 1979, Jim Harrison n'en finit plus de séduire les lecteurs français. Il revient cette année avec un copieux recueil de trois nouvelles. Trois destins solitaires, trois personnages tragiques en quête de rédemption qui évoluent dans l'Amérique idéale de l'écrivain.








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