Joseph va perdre sa mère. Joseph a perdu son job. Joseph perd son temps à trop boire et perd ainsi l'occasion d'être lucide sur tous ces événements.
Nord-Michigan conjugue le déclin à tous les temps et accompagne sur moins d'un an la déchéance d'un homme.
Bien évidemment,
Jim Harrison incise des blessures au corps de son personnage, Joseph a une jambe mutilée, passée dans une débardeuse à bois. Voilà alors cet estropié, qui ne participera donc pas à la seconde guerre mondiale, qui sur une saison voit son monde s'écrouler. Harrison parle de dépression et comme souvent de deuil, toujours en s'appuyant sur la richesse simple d'un paysage de forêt et sur la liberté spatiale des hommes qui cultivent la terre. Harrison construit un grand roman avec
Nord-Michigan qui partait pourtant d'une situation simple :
Joseph, le mutilé, l'alccolique, le sans-emploi, le célibataire, le malheureux, le solitaire, l'endeuillé.... Joseph voulait voir l'océan.