> Brice Matthieussent (Traducteur)

ISBN : 2264046635
Éditeur : 10-18 (2009)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres
Bordée par les Grands Lacs, la péninsule Nord est un pays aux forêts profondes et au climat rigoureux. Descendant d'Indiens chippewas et de colons finlandais, Donald y a toujours vécu, mais, à quarante-cinq ans, il se sait condamné par la maladie. II entre-prend alors d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 28 février 2012

    le_Bison
    C'est toujours un plaisir de remettre les pieds sur cette terre du Nord Michigan. Je ressens une étrange attirance pour ces forêts du Montana, un lieu « mythique » qui attire et bouleverse mes lectures. Je m'y enfonce profondément et avec délectation, tel un vieux bison solitaire à la recherche de sa chaude femelle. Seul ? Plus tout à fait depuis que je sais que les corbeaux et ours peuvent veiller sur moi et mon âme...
    Je me tiens donc prêt à vivre quelques grands moments, quelques belles émotions dans ce Nord Michigan en compagnie d'une famille indienne. Je m'attends à découvrir surtout le désespoir d'un monde perdu, d'une génération désenchantée où les souvenirs et honneurs d'antan se sont évanouis au fin fond des bouteilles de whiskys descendus lors de longues veillées au sein de la communauté, un peuple empêtré dans les problèmes de drogue et de chômage qui défigurent et discréditent leurs gloires passées... Mais là où je me trompe, c'est que Jim Harrison en a fait un subtil roman sur leurs traditions qui perdurent au delà du temps et ce malgré tous les obstacles liés à notre vie quotidienne si froide, si distante, si désespérante.
    En toute franchise, j'ai eu du mal à rentrer dedans et à m'immiscer dans ces longs discours d'un Jim Harrison fort bavard, et puis au fil du temps, je me suis senti happé par cette nature avec Donald, Cynthia, K. et les autres... comme si je me retrouvais d'un coup avec eux, comme si je comprenais petit à petit les motivations de Donald, comme si cet environnement sauvage avait entrepris de venir me chercher de ma petite conformité bien tranquille. Comme quoi il faut juste un poil de persévérance pour rechercher et trouver l'émotion.
    Dans cet environnement encore sauvage, au milieu des ours et des corbeaux, la vie simple de trois générations d'indiens défile sous mes yeux. L'espace d'un roman, je vais partager leur vie, leur passion mais aussi leur deuil. Parce que plus qu'un témoignage sur ces premiers habitants, ce roman évoque le droit à mourir et l'après... Quel espoir et envie restent-ils lorsque l'on sait que l'on va bientôt mourir et quitter cette terre ? Alors si le destin en est ainsi, pourquoi ne pas choisir son lieu et son heure... Donald n'est plus que l'ombre de lui-même, sa fierté d'être un indien robuste et gaillard sombre en même temps que ses jambes qui n'arrivent plus à le soutenir. Il doit et il a accepté sa mort. Bien que conscient que cela soit interdit par la loi des blancs, il veut alors se projeter dans la mort et souhaite être enterré à même le sol pour se rapprocher de sa terre.
    Je referme ce roman, un peu triste mais aussi avec un peu plus d'espoir. Je comprends Donald, je partage la douleur de ses proches et me sens surtout différent, plus proche de la nature, des ours et des corbeaux.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par SebastienFritsch, le 23 mai 2012

    SebastienFritsch
    Ce roman s'articule autour d'une figure masculine, celle de Donald, un métis indien qui vit près du Lac Supérieur et qui, atteint de sclérose en plaque, sait qu'il ne lui reste que quelques jours à vivre. le sujet principal est donc l'accompagnement d'un proche dans la maladie, au cours des phases successives de son déclin, puis vers la mort. L'auteur nous expose ensuite, très logiquement, les différentes façons de vivre le deuil, d'accepter ou de ne pas accepter la mort, de construire la vie d'après, selon les principes, les croyances ou encore le caractère de chacun. Sur ce point, ce roman est très réussi, parce qu'il mêle très habillement le ressenti de multiples personnages, en utilisant uniquement quatre points de vue dont celui de Donald lui-même (le premier chapitre) et celui de sa femme Cynthia (le dernier).
    A côté de cela, l'auteur nous propose une découverte de ce coin d'Amérique, à la limite des Etats-Unis et du Québec, avec son climat, son mode de vie et les croyances conservées par les indiens qui le peuplent encore. Croyances qui aident certains personnages à traverser cette épreuve. Cette "visite guidée" est une autre facette de ce roman que j'ai appréciée.
    Un troisième point positif est la méthode de narration, toujours à la première personne, alors que l'on change de narrateur quatre fois. Jim Harrison sait modifier le ton pour nous placer réellement dans la peau de chacun d'eux, jusqu'à nous faire ressentir avec une grande précision ce que peut endurer un homme en fin de vie ou une femme en deuil. Je dois même dire que le chapitre dans lequel le narrateur est David, le frère de Cynthia, m'a paru le plus ennuyeux... aussi ennuyeux que David lui-même, avec ses petites habitudes (dont ses trois siestes quotidiennes), ses questions existentielles, sa vie plate de fils de riches, qui n'a pas vraiment besoin de travailler, mais se lance dans un entreprise humanitaire pour aider les émigrants mexicains, comme pour se donner bonne conscience.
    Heureusement, le tout dernier chapitre, qui nous permet de suivre la vie de Cynthia, la veuve de Donald, et d'approfondir encore notre connaissance des relations entre elle et ses enfants, est beaucoup plus intéressant et touchant. Il permet d'oublier les pages un peu longuettes du chapitre "David" et également le nombre excessif de digressions et d'anecdotes dont l'auteur parsème son roman.
    Cet excès, qui rend le roman très touffu et parfois confus (j'ai eu à certains moments du mal à resituer certains personnages), est finalement le seul reproche que je ferai à ce livre. Bien sûr, ces petits "écarts" dans la narration sont utiles pour comprendre l'évolution des personnages, leurs histoires personnelles, la façon dont leurs caractères se sont forgés. Par ailleurs, en nous décrivant de multiples petits épisodes de leurs vies, l'auteur nous les rends plus proches, nous autorisant alors plus facilement à nous fondre dans le décor pour suivre cette famille au long de ces mois pénibles. Il m'a pourtant semblé parfois qu'il y en avait un peu trop et que l'histoire n'aurait pas pâti d'être un peu allégée de quelques unes de ces petites historiettes annexes.

    Lien : http://sebastienfritsch.canalblog.com/archives/2009/12/27/16138816.h..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Thyuig, le 22 novembre 2011

    Thyuig
    Donald va bientôt mourir, sa maladie incapacitante l'oblige déjà à rester coucher une partie de la journée, à manger de la bouillie, à ne plus pouvoir lire ou écrire. Nous connaissons déjà cette famille, rencontrée lors de l'incestueux "de marquette à veracruz", Harrison s'empare du deuil pour à nouveau confronter ses personnages : Cynthia, la parfaite femme de Donald, sa fille Clare, une image féminine de son père, Herald, son fils et bien entendu son frère David, quadragénaire excentrique et égocentrique.
    Le roman prend la forme de quatre récits, d'abord celui de Donald nous expliquant son histoire, celle de son arrière grand-père, sa relation à la religion indienne, l'amour qu'il porte à sa femme et à ses enfants. Ensuite K, le fils de la première femme de David, prend le relais et nous décrit la preparation au deuil jusqu'à l'acte lui-même. Ces deux récits semblent se répondre directement et Harrion écrit là ses plus belles pages, 150 pages magnifiques, fortes et émouvantes.
    Les deux récits, celui de David et de Cynthia sont moins réussis, d'abord parce que Donald est décédé et que finalement, l'histoire du livre aurait du se terminer avec son décés. Mais Harrison, comme avec Dalva dix ans plus tôt, éprouve le esoin d'en finir vraiment avec ses personnages. La mort de Donald confronte inéluctablement Cynthia à la solitude, elle dont la fuite du domicile parentale a toujours été soutenue par Donald, ou même Laurie. Harrison veut voir son personnage faire face et reprendre pied, c'est légitime mais ces pages sont les moins intéressantes du livre de même celles qui voient David retourner à ses tergiversations pour finir par revenir au Mexique y rencontrer Vera.
    Magnifique roman sur le deuil et la maladie dans sa première partie, Retour en terre s'égare sensiblement par la suite ais sans doute Harrison devait-il lui-aussi se préparer au deuil de ses personnages en les accompagnant quelques pages encore.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Corboland78, le 29 mars 2012

    Corboland78
    Donald, métis Indien Chippewa atteint d'une sclérose en plaques sent venir sa mort. Avant de partir définitivement il tient à raconter l'histoire de sa vie et de ses parents (l'un, shaman « Communiait parait-il avec certains animaux que Dieu n'avait jamais inventés ») pour la laisser à ses enfants Herald et Clare. N'étant plus en état de rédiger ce testament, bilan de sa vie, il le dicte à sa femme Cynthia. Après, l'esprit libre, il pourra s'éteindre en paix avec l'aide active de ses proches, en pleine nature dans un lieu où son âme n'a jamais cessé d'être en harmonie avec les éléments. La fin du roman décrit la manière dont chaque membre de cette famille a vécu la disparition de son mari ou de son père « quand la mort détruit toute illusion de sécurité ».
    Un roman superbe, mais n'est-ce pas un pléonasme quand on évoque Jim Harrison, qui constitue une sorte de suite à de marquette à veracruz mais que l'on peut néanmoins lire séparément. le résumé pourrait faire craindre un bouquin larmoyant ou qui file le bourdon mais il n'en est rien. Pour Donald, la vie et la mort ne sont que les chapitres d'un même continuum car après la fin il y aura certainement un autre début, peut-être sous la forme d'un ours, son totem, ce qui lui permettra d'arpenter les grands espaces et les forêts du Michigan comme ses ancêtres et lui l'ont toujours fait. Un hymne à la Nature, une méditation sur la mort pour un écrivain américain majeur de 70 ans.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 27 janvier 2012

    carre
    Donald quarante-cinq ans, métis ( d'indien chippewas et de colon finlandais), marié à une blanche et père de deux enfants, immobilisé par la maladie sait que l'heure du grand départ est bientôt venue. Lui de nature peu disert va dicter à Cynthia son épouse l'histoire de sa famille et montrer ainsi l'attachement viscéral à cette terre et à ces traditions.
    Harrison continue de conter avec brio le lien entre l'homme et la nature,
    l'amour, le deuil, la maladie, la transmission, c'est toujours juste, chaleureux, tout n'est que délicatesse, profondement humain, on ferme les yeux (je sais c'est pas facile pour lire) et l'on se retrouve au milieu de cette nature encore inviolée et l'on écoute la belle et lanscinante musicalité de cet admirable auteur. Les légendes indiennes résonnent en nous.
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Citations et extraits

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  • Par Revouest, le 09 novembre 2011

    Clare et moi avons gravi le premier versant abrupt des dunes et regardé K qui ramait sur le lac Au Sable, très loin en contrebas. Elle m’a ensuite guidée sur près de deux kilomètres jusqu’à un bosquet de peupliers et de bouleaux, où K l’avait emmenée en lui disant qu’il y avait auparavant accompagné Donald. Nous étions assises là dans la brise, quand Clare a aperçu un vol de corbeaux près d’une autre crête de dunes, en direction du lac Supérieur. Clare a dit que ces corbeaux suivaient sans doute un ours, elle s’est laissé glisser de la branche, puis elle s’est mise à marcher dans leur direction. Je n’étais pas très excitée à l’idée de voir cet ours, mais j’ai décidé de faire confiance au jugement de Clare. Lorsque nous avons presque atteint la crête et que nous entendions les corbeaux de l’autre côté, Clare a repéré les traces de l’ours, qui vers l’ouest sortaient d’une rangée d’arbres. Elle était déjà venue ici avec K, me dit-elle, quelques jours plus tôt, afin de pister les ours qui fréquentaient les dunes pour manger les pois de mer et les fraises sauvages. Dans l’ombre de la dune nous avons repéré un massif de fraises sauvages et nous en avons mangé quelques-unes malgré les grains de sable qui y restaient collés. A quatre pattes nous avons escaladé la pente raide où le sable glissant entravait notre progression, et nous avons enfin jeté un coup d’œil de l’autre côté.

    A une centaine de mètres en contrebas, un gros ours agitait la tête entre un buisson de pois de mer et un massif de fraises sauvages, où il piochait très vite, comme s’il désirait frénétiquement se nourrir. Alors les corbeaux qui volaient au-dessus de lui l’ont sans doute averti, car il s’est dressé sur ses pattes arrière et il a émis un grondement sourd. Je sais que Clare et moi avons pensé la même chose : Est-ce lui ? Est-ce lui ? Est-ce Donald qui nous salue, qui nous adresse son ultime adieu ? L’ours nous a regardées et Clare a serré ma main. Puis il a franchi la colline en trottinant, ainsi que nous devons tous le faire.
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  • Par le_Bison, le 28 février 2012

    Les Indiens du Michigan, comme d’autres peuples autochtones de la région des Grands Lacs, ont résisté et survécu à des violences biologiques et culturelles qui durent maintenant depuis huit générations. La malédictions de la variole, d’interminables guerres meurtrières, le complet démantèlement des communauté, l’alcool, la pauvreté, la perte de leurs terres, de nombreuses traditions culturelles imposées à eux et malgré eux. Il est presque incroyable qu’ils aient pu résister à tout cela...
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  • Par wictoria, le 27 juin 2009

    Sur le rivage il y avait un glacier qui semblait haut comme une montagne, ce glacier avançait si lentement qu'on ne le voyait pas bouger, mais d'énormes blocs en basculaient parfois vers la mer dans un fracas de tonnerre. Et bien, quand je suis tombé malade, j'ai souvent rêvé qu'une bonne manière de mourir serait de camper en haut de ce glacier et de rester sur un bloc de glace gros comme une maison quand il chuterait d'une hauteur de trois cent mètres vers la mer.
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  • Par Aela, le 25 janvier 2011

    Sur la Troisième Rue près d'un grand magasin IGA, j'ai vu un homme très blanc et sa femme tout aussi blanche, et je me suis demandé si ce type se doutait de ce que son peuple avait fait subir au mien au cours des derniers siècles.[...]"
    Un politicien local, qui refusait que l'enseignement des langues étrangères soit inscrit dans le budget d'une école, a déclaré:
    "Si l'anglais a suffi à Jésus-Christ, il devrait suffire à nos gosses."
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  • Par le_Bison, le 28 février 2012

    Les corbeaux et les corneilles ne sont pas simplement des corbeaux et des corneilles.
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