Après Légendes d'automne, Faux soleil, Un bon jour pour mourir, voici un nouvel exemple de l'immense talent de Jim Harrison. Tout à fait lyrique, émouvant et rabelaisien, le héros de ce livre – proche de ceux d'un James Crumley, d'un Thomas McGuane – fait partie de ces ... > voir plus
Johnny Lundgren, aka "Sorcier" aime beaucoup sa femme et la bonne chair. Se retrouvant subitement au chômage, il cultive sa déprime tout en inventant de nouvelles recettes et en cherchant à satisfaire sa belle épouse assistante chirurgicale qui revient chaque jour de l'hôpital épuisée. "Sorcier" s'encroûte jusqu'au jour où Diana lui obtient un entretien avec un certain docteur Rabun de ses connaissances, génie et inventeur. "Sorcier" n'ayant pas grand chose à perdre accepte l'offre de Rabun et se retrouve bientôt chargé d'enquêter sur divers placements disséminés pour lesquels Rabun pressent qu'il est spolié. "Sorcier" qui a toujours revé d'une vie de cowboy ou de détective privé, prend un tournant qui va changer sa vie. Il se révèle tout à fait à l'aise dans son nouveau job, avec un culot qui l'étonne lui-même. En bon épicurien, "Sorcier" donne également quelques coups de canif dans son contrat de mariage avec des demoiselles qui ne demandent que cela. Mais au final, certaines apparences sont trompeuses, et "Sorcier" va devoir garder son sang froid pour garder la vie et tout ce qui lui est cher.
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Le seul inconvénient des grandes promenades le long de la mer est qu'il arrive un moment où il faut se décider à refaire le même chemin en sens inverse. Et c'est beaucoup moins drôle. En l'occurence, la plage était merveilleuse sous le vent chaud du sud ; merveilleuse mais étrangement déserte. Cela était probablement dû au fait que tous les milliardaires qui se construisent des maisons sublimes sur le rivage ne manquent jamais de se fabriquer également des piscines afin de démontrer qu'ils n'ont pas vraiment besoin de l'océan. C'est bête mais c'est ainsi.
Sorcier retrouvait dans cet endroit les souvenirs de ses vacances d'adolescent. Mais à présent, lorsqu'il contemplait la ravissante vallée qui s'étendait sous ses fenêtres, il arrivait à se dire que ce Nord ressemblait de moins en moins au Nord de sa jeunesse. Les petites fermes étaient rachetées par des médecins et des agents de change qui les transformaient en résidences secondaires. Les rives des lacs commençaient à disparaître sous les cottages de rondins et les villages eux-mêmes prenaient des allures artificielles de bourgades suisses.