Note moyenne : 3.73/5 (sur 45 notes)
Un bon jour pour mourir3Ajouter à mes livres
La merveilleuse histoire d'une virée fantastique à travers l'Amérique des années 60 ! Un trio inoubliable, très Jules et Jim, prend la route, entre un joint, deux cuites et trois parties fines, pour s'en aller faire sauter un barrage du côté du Grand Canyon du Colorado.... > voir plus
C'est l'histoire d'un jeune homme, de retour du Vietnam et perdu dans sons Amérique natale. Il rencontre alors un compagnon de route et sa petite amie et décident de partir donner un vrai sens à leur vie. Drogue, sexe et mauvaises idées pour un voyage halluciné et désespéré. Jim Harrison, avec sa plume si particulière signe ici un roman court et très agréable à lire, un roman dignes des meilleurs "beats". C'est un véritable plaisir que de suivre l'équipée dans sa recherche de sens et d'action, mais surtout d'évasion. J'avais lu ce livre très jeune et j'avais été soufflé par l'explosion ! A ne pas manquer !
La dérive de trois jeunes adultes paumés, la route, drogue et alcool, l'Amérique rurale et la superbe plume de Jim Harrison.
Difficile d'analyser ce qui m'a plu dans ce roman, j'ai été simplement embarquée dans l'aventure presque malgré moi avec les trois protagonistes.
Nous aurions des enfants et nous fêterions ensemble nos trente ans et nos quarante ans. Mais j'étais perturbé par le souvenir de ce long poids d'ennui que représente le mariage. "L'amour", selon ma propre expérience, ne contenait pas assez d'énergie ou de vélocité pour conserver son intérêt après 2 ou 3 ans. Mais mon côté monomaniaque avait sans doute épuisé mes ressources propres. Tant d'opiniâtreté pour gagner sa vie. Et une fois ou deux par semaine, il fallait s'arrêter à une station-service pour faire le plein. Les petits détails, comme les stations service, sont parfois à l'origine d'une sorte d'hystérie paralytique. Dans les dernières semaines de la grossesse de ma femme, c'était moi qui faisais toutes les courses et je dois dire que les supermarchés surpassent en horreur les stations service. Rien ne me semblait bon à manger. J'errais dans les allées en pleurant presque, tellement je voulais trouver quelque chose de bon. Cela rendaient les employés nerveux - il y avait quand même des réflexions, du genre "Le Chapelier Fou va faire ses courses", mais cela n'avait rien de drôle.
En observant les autres dans la douce torpeur provoquée par le whisky, je réalisais à quel point mon attachement à la vie était faible. Je n'étais pas impliqué, même en tant que simple observateur, et encore moins en tant que pèlerin. Disons que je n'étais ni dans les tribunes pour voir le match, ni sur le terrain pour jouer. J'étais plutôt dans les sous-sols, observant avec indifférence la structure de base tout entière. Mes amis n'existaient plus, ma femme non plus. Je n'avais ni Etat, ni patrie, ni gouverneur, ni président. C'est ce qu'on appelle être nihiliste, mais je trouve que c'est un mot beaucoup trop fort pour désigner le vide.
Il n'y avait plus aucun sens de la mesure dans ce que nous faisions. Ce qui avait débuté par un propos innocent d'ivrogne, en traversant Duval Street, à des kilomètres et des kilomètres de là, était devenu une réalité factuelle, et nous ne faisions plus que tirer sur les ficelles émotives qui régissaient chacun de nous, sans rien accomplir.
"Les jeux de la nuit" de Jim Harrison Depuis ses "Légendes d'automne" de 1979, Jim Harrison n'en finit plus de séduire les lecteurs français. Il revient cette année avec un copieux recueil de trois nouvelles. Trois destins solitaires, trois personnages tragiques en quête de rédemption qui évoluent dans l'Amérique idéale de l'écrivain.