Une nuit du mois d'avril, alors que le dégel n'a pas encore eu lieu, un patelin du cœur de l'Iowa va perdre de sa tranquillité. Il aura suffi pour cela d'un seul appel anonyme. Mais pas des moindres.
Une voix féminine, paniquée, affirme qu'il y a eu un meurtre dans une ferme des environs. le shérif Carl Houseman et les membres de son unité se rendent sur les lieux. Un mort, étendu derrière la porte, la main coupée. De la personne qui a appelé, aucune trace. L'horreur ne s'arrête pourtant pas là. Quelques heures plus tard, on découvre trois autres corps atrocement mutilés dans une ferme voisine. Vengeance ? Folie ? Secrets enfouis ? Crimes satanistes ? L'investigation commence…
…sur un rythme endiablé. Il est vrai, le début est quelque peu déroutant. le lecteur assiste aux communications des forces de police ponctuées de leurs codes de transmissions. Des chiffres, des chiffres, et encore des chiffres qui correspondent à la nature d'un délit, ou qui servent à confirmer ou infirmer les échanges, ect… Les agents eux-mêmes ne s'appellent pas par leurs prénoms mais par des nombres que l'on suppose hiérarchiques. Etonnant quand on sait qu'ils se connaissent tous, qu'ils n'évoluent après tout que dans un village où les inconnus ne sont pas monnaie courante. Application des procédures oblige, bien sûr, les communications étant toutes enregistrées à des fins d'exploitation potentielles.
Harstad décrit une scène d'intervention sur une scène de crime telle qu'elle se déroule dans la réalité, le monsieur ayant appartenu lui-même aux forces de l'ordre.
Déjà, pourtant, le lecteur sent qu'il ne lit pas une intrigue policière classique ; que l'auteur n'a pas pour seule ambition d'apporter un coupable à un crime donné tout en maniant avec habileté l'art du rebondissement. Tout cela il le fait effectivement. Mais il ne s'en tient pas là. Il associe habilement à son histoire une description de la vie d'une unité de police rurale, de ses difficultés humaines et financières, des luttes de pouvoir et des jalousies qu'elle implique. La dimension du récit devient alors tout à fait saisissante.
Harstad ne s'embarrasse pas de descriptions superflues et on lui en sait gré. Il va à l'essentiel et, autant le dire tout de go, l'essentiel vaut vraiment le détour.