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ISBN : 2020530562
Éditeur : Editions du Seuil (2005)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Au cours de longs séjours dans une bourgade du Rwanda, Jean Hatzfeld a tissé des liens de confiance avec des rescapés Tutsis du génocide et les a convaincu de sortir de leur silence.
Dans un langage simple, parfois poétique ou philosophique, ils ont accepté de raconter ce qu'ils ont vécus. Ces récits d'enfants, de femmes et d'hommes sont saisissants. Dans leur singularité, ils atteignent, à force d'authenticité, une portée universelle. On ne les oublie plus. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
thedoc
10 août 2016
  • 5/ 5
'En 1994, entre le lundi 11 avril à 11 heures et le samedi 14 mai à 14 heures, environ 50 000 Tutsis, sur une po pulation d'environ 59 000, ont été massacrés à la machette, tous les jours de la semaine, de 9h30 à 16 heures, par des miliciens et voisins hutus, sur les collines de la commune de Nyamata, au Rwanda. Voilà le point de départ de ce livre."
Ils s'appellent Jeannette, Francine, Janvier, Claudine, Innocent, Marie-Louise, Sylvie... Ils sont enseignant, agriculteur, berger, assistante-sociale, et leur vie a basculé, comme des milliers d'autres, en ces quelques semaines du printemps 1994 parce-qu'ils étaient Tutsis. Ils ont survécu en fuyant devant les Interahamwe, les tueurs hutus, dans les bois de la colline de Kayumba ; en restant allongés des journées entières dans la vase des marais au milieu des moustiques et des serpents ou en marchandant leur fuite auprès de Hutus modérés.
"Dans le nu de la vie" est le premier ouvrage consacré au génocide rwandais de Jean Hatzfeld. le journaliste a passé plusieurs mois à Nyamata et à N'tarama à écouter les victimes et à recueillir leur témoignage. Loin des discours officiels d'hommes politiques ou influents, cette parole qui se dévoile est faite d'hésitations et d'erreurs parfois car les mots sont difficiles à trouver pour décrire l'innomable. Patiemment, en les cotoyant dans leur quotidien, il a su gagner leur confiance et, enfin, leur donner la possibilité de raconter leur tragédie environ cinq ans après l'horreur du génocide. Ce qui frappe au premier abord, c'est lorsque le journaliste rappelle qu'en 1994, sur les lieux mêmes du massacre, toutes les caméras du monde étaient braquées sur les cohortes de Hutus qui fuyaient vers le Congo devant l'avancée des troupes du FPR, les forces rebelles tutsies. Les journalistes eux-mêmes, découvrant des événements que l'on qualifiait de "conflits ethniques typiquement africains" à l'époque, n'ont pas réalisé qu'à quelques mètres d'eux, dans la vase des marais, dans les bois d'eucalyptus, dans les rivières boueuses, se trouvaient les vraies victimes, des milliers d'hommes, de femmes, d'enfants, découpés à coups de machettes ou percés de lances...et qu'il s'agissait purement et simplement d'un génocide.
'Dans le nu de la vie" réhabilite la vérité et révèle ce massacre hallucinant où le voisin d'hier qui partageait une assiette de sorgho avec vous n'hésitait pas à vous tuer le lendemain le plus férocement possible. Ce qui revient le plus souvent dans les entretiens avec ces rescapés est tout d'abord l'incompréhension d'une telle tuerie, de cet acharnement de violence qui dépasse l'imagination. Idéologie coloniale, jalousie et envie des uns, sentiment latent de revanche des autres... les causes restent finalement mystérieuses sur le fait de transformer d'un coup une populace en bêtes sanguinaires.
La deuxième chose qui ressort est, au lendemain du génocide, un traumatisme immense qui laisse une population, tutsie et hutue, totalement anéantie et désemparée, peuplée de multiples fantômes. Il faudra énormément de temps pour que ces femmes et ces hommes retrouvent espoir en l'être humain et se refassent à nouveau confiance. S'ils sont solidaires entre eux, il demeure pourtant une plaie béante pour chacun, que nul ne peut comprendre si ce n'est un rescapé lui-même. Les femmes sont sûrement celles qui forcent le plus l'admiration. A vingt ans à peine, certaines n'hésitent pas à recueillir les orphelins qu'elles croisent sur leur chemin alors qu'elles ont à peine de quoi vivre.
Enfin, ce qui me frappe personnellement - tout comme les rescapés - est ce total abandon des forces internationales qui ont laissé des milliers de personnes se faire tuer dans une totale indifférence. Car l'on sait bien aujourd'hui que ce génocide avait été planifié de longue date par les partis extrémistes hutus...et soutenu par le gouvernement français de l'époque. Une tâche indélébile pour le pays des droits de l'homme.
Un livre absolument essentiel pour comprendre que ce qui a eu lieu au Rwanda en 1994 était bel et bien un génocide.
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chartel
14 octobre 2007
  • 4/ 5
Jean Hatzfeld, journaliste, a entrepris un travail de mémoire auprès des Tutsis rescapés de l'entreprise d'extermination programmée par les Hutus d'avril à mai 1994. Leurs terribles récits sont bouleversants et une question y revient comme un leitmotiv: pourquoi tant d'acharnement? Mais aucun ne réussit à trouver une réponse.
Chaque témoignage est une révélation supplémentaire des capacités qu'a l'homme de se tranformer en un mal absolu.
A la manière de Raymond Depardon, qui a accompagné le travail de Jean Hatzfeld par des photographies des rescapés, l'auteur garde ses distances avec l'événement, restant le plus objectif possible et permettant ainsi au lecteur d'apprécier toute la force de ces paroles venues du nu de la vie.
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sbrodj
20 juin 2011
Un livre bouleversant sur le génocide rwandais de 1994. Jean Hatzfeld a recueilli ldix témoignagnes de rescapés du massacre. Chaque témoignage est précédé d'une courte présentation du témoin et de son environnement. Des récits d'une atrocité souvent insupportable mais dont la lecture éclaire la face sombre de l'humanité.
Ce livre a été suivi par "Une saison de machettes", incroyable témoignage de quelques-uns des génocidaires.
Deux livres fascinants sur un événement majeur de l'histoire contemporaine.
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jarkus
26 octobre 2012
  • 4/ 5
Jean Hatzfeld, journaliste décide de se rendre à Nyamata, au Rwanda à la rencontre des survivants du génocide rwandais de 1994.
Il va consacrer une livre au récit des survivants qui vont raconter ce funeste mois où ils ont fuis les milices Hutus chargés de les exécuter.
Ce n'est pas un livre de journaliste, où le fait prend le pas sur le style, mais une authentique oeuvre littéraire . En effet, la langue utilisée est particulièrement belle. Nous pouvons dire que ce livre, écrit à deux mains avec l'instituteur Innocent Rwililiza est un grande réussite stylistique.
Je met en garde les âmes sensibles !
Ce récit n'est pas facile à lire de part son thème ( raconter un génocide à la machette). le lecteur est mis à l'épreuve et je confesse avoir versé quelques larmes à certains moments.
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Celkana
22 avril 2014
  • 5/ 5
Jean Hatzfeld nous livre les témoignages de rescapés du génocide rwandais de 1994. C'est un livre poignant et qui questionneles êtres humains que nous sommes. Une telle violence est difficile à comprendre et les rescapés nous la décrivent parfaitement. Livre difficile, dur mais nécessaire.
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Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
chartelchartel14 octobre 2007
Je sais aussi, désormais, qu'un homme peut devenir d'une méchanceté inouïe très soudainement. Je ne crois pas à la fin de génocides. Je ne crois pas ceux qui disent qu'on a touché le pire de l'atrocité pour la dernière fois. Quand il y a eu un génocide, il peut y en avoir un autre, n'importe quand à l'avenir, n'importe où, au Rwanda ou ailleurs; si la cause est toujours là et qu'on ne la connaît pas.
+ Lire la suite
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miladomilado21 mars 2015
Autrefois, je savais que l'homme pouvait tuer un homme, puisqu'il en tuait tout le temps. Maintenant, je sais que même la personne avec qui tu as trempé les mains dans le plat du manger, ou avec qui tu as dormi, il peut te tuer sans gêne.
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chartelchartel14 octobre 2007
J'ai déjà pleuré, mais ils ont quand même tué mon papa, ma maman. J'ai pleuré mais je n'ai rien à manger, je n'ai pas de toit sur ma tête. J'ai pleuré mais je n'ai rien pour aller à l'école, maintenant je ne veux même plus pleurer, ni pour moi ni pour personne.
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thedocthedoc02 septembre 2016
Ce qui s'est passé à Nyamata, dans les églises, dans les marais et les collines, ce sont des agissements surnaturels de gens bien naturels. Voilà pourquoi je dis cela. Le directeur de l'école et l'inspecteur scolaire de mon secteur ont participé aux tueries à coups de gourdins cloutés. Deux collègues professeurs [...]. Un prêtre, le bourgmestre, le sous-préfet, un docteur, ont tué de leurs mains. [...]
Ces gens bien lettrés étaient calmes, et ils ont retroussés leurs manches pour tenir fermement une machette. Alors, pour celui, qui comme moi, a enseigné les Humanités sa vie durant, ces criminels-là sont un terrible mystère.
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chartelchartel14 octobre 2007
Souvent, ils organisaient des embuscades. lls se dissimulaient en silence dans un endroit, des collègues à eux débarquaient derrière nous afin de nous rabattre comme des antilopes vers là où les tricheurs étaient cachés. Et ils nous tuaient ainsi en plus grand nombre. Des safaris du Kilimandjaro, en quelque sorte, sans les appareils photo.
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Videos de Jean Hatzfeld (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean Hatzfeld
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