ISBN : 2020962292
Éditeur : Seuil (2007)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Un matin brûlant de mai 2003, une file de prisonniers franchit les portes du pénitencier de Rilima, en chantant des alléluias. Ces anciens tueurs rwandais viennent d’être libérés, à la surprise de tous, notamment des rescapés qui les regardent s’installer à nouveau sur ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 24 juin 2011

    Malaura
    Récompensé par le Prix Médicis 2007, sans doute l'un des livres le plus bouleversant consacré au génocide rwandais !
    Jean Hatzfeld, ancien grand reporter à Libération, s'était déjà penché sur cette affreuse tragédie dans « le nu de la vie » d'abord, qui racontait le massacre des Tutsis par les miliciens Hutus et recueillait la parole des survivants de cet horrible drame ; puis dans « Une saison de machettes », qui donnait cette fois la parole aux tueurs, ces derniers racontant froidement toutes les atrocités qu'ils avaient commises.
    « La stratégie des antilopes », troisième opus sur ce génocide, décrit cette fois d'étranges retrouvailles.
    Moins de 15 ans après les terribles évènements du printemps 1994 qui ont vu 70% de la population Tutsis massacré à coup de machette, l'Etat rwandais entame une politique de réconciliation, libérant ainsi des pénitenciers les grands tueurs condamnés pour génocide.
    Voilà donc les victimes obligées de vivre aux côtés de leurs bourreaux !
    Bon gré mal gré, les uns et les autres sont contraints de se retrouver, de cohabiter, dans l'amertume, la tristesse, la peur.
    Jean Hatzfeld donne de nouveau la parole aux principaux protagonistes, survivants ou tueurs de ses atrocités.
    Et si les anciens bourreaux montrent plus de gêne que de remords, les victimes, elles, expriment avec beaucoup d'émotion, dans une langue empreinte de belgicisme et étonnement poétique dans son oralité, les difficultés de ses retrouvailles forcées.
    Les survivants parlent ici des difficultés de croiser au jour le jour ceux qui, il n'y a pas si longtemps, décimaient leurs enfants, leur famille.
    Victimes et survivants, qui ont mené l'existence du gibier et connu la peur de l'animal traqué, contemplent maintenant la réussite de leurs assassins au quotidien.
    Jean Hatzfeld nous livre avec « La stratégie des antilopes » un témoignage certes un peu répétitif mais non moins bouleversant, un livre qui porte en lui un terrible enseignement : le prix bien peu élevé d'un génocide !
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 29 juin 2011

    ay_guadalquivir
    La stratégie des antilopes poursuit le travail engagé avec Une saison de machettes puis Dans le nu de la vie. le temps du récit est si l'on veut passé, il s'agit maintenant pour Jean Hatzfeld de tisser des mots entre les êtres, entre bourreaux et survivants, qui doivent à nouveau cohabiter. Ce livre n'est donc plus tourné vers les événements, mais résolument porté à mettre des mots sur l'imprescriptible. Il s'agit de crimes contre l'humanité, mais aussi de regards de voisins revenus, rescapés ou libérés de prison. le nombre invraisemblbale de bras abrutis par la besogne du génocide rend le chemin de la réconciliation multiple, complexe, et pourtant quotidien. le pays ne peut se passer ni des uns ni des autres. Outre les instigateurs recherchés par la justice internationale, nombreux sont ceux qui sont condamnés à retrouver une vie normale, faite des regards de leurs voisins.
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par isalune, le 15 janvier 2009

    isalune
    Sujet difficile.
    Comme toujours plongeant dans le livre sans en rien savoir, je me retrouve cette fois complètement ébahie.
    Rwanda, mai 2003. Les tueurs hutus qui ont avoué leurs forfaits sont libérés, presque 10 ans après le génocide. Sous l'oeil hagard et incrédule des Tutsis qui ont survécu au massacre, ils reviennent chez eux. C'est la seule solution pour sauver le Rwanda du désastre économique, ces deux communautés, hutue et tutsie étant complémentaires dans la gestion de la terre et du bétail. Tueurs et rescapés sont condamnés à vivre ensemble en bonne intelligence...
    C'est le troisième livre que Jean Hatzfeld consacre à ce sujet, Dans le nu de la vie et Une saison de machettes en évoquaient déjà deux facettes, livres qui comme celui-ci avaient été primés.
    La stratégie des antilopes parle de la situation aujourd'hui. Récit entrecoupé de témoignages de tueurs et de rescapés, avec le vocabulaire craquant propre aux Africains. Je vous le conseille vivement.
    Incrédulité, horreur, honte et culpabilité ont été mes sentiments lors de cette lecture. Où étais-je en 1994? Sur une autre planète? Pourquoi ça ne m'a pas interpelée, ou de si loin? Même sur l'île de Gorée, au Sénégal, dans la maison des esclaves, lieu duquel s'embarquaient les esclaves envoyés en Europe ou en Amérique, où j'avais été anéantie par ces mêmes sentiments, pas une pensée pour le Rwanda ne m'avait effleurée...
    J'ai encore tellement à apprendre. Et à faire.
    is@2008
    http://bulleglob.lalibreblogs.be/archive/2008/01/27/la-strategie-des-antilopes.html
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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 26 mars 2008

    chartel
    Dernière partie d'un ensemble consacré au génocide des Tutsis en 1994 au Rwanda, La stratégie des antilopes traite avant tout de la douloureuse cohabitation entre tueurs et victimes suite à la libération des bourreaux par l'Etat rwandais et à sa politique de réconciliation.
    Comme dans les précédents livres, Jean Hatzfeld expose avec une grande rigueur et un grand respect les témoignages des protagonistes. Par contre, il n'hésite pas à se montrer dans son travail d'écriture, ce qu'il ne faisait pas auparavant, peut-être pour justifier sa démarche auprès des personnes interrogées, mais aussi pour exposer la difficulté de la retranscription pour qu'elle soit, du mieux possible, fidèle aux paroles des témoins. La confrontation des différents points de vue met en lumière le besoin des uns et des autres, pour des raisons différentes, d'oublier le passé, même si cet oubli reste fragile. Malgré les bonnes paroles de réconciliation récitées comme une leçon, une tension persiste jusqu'au dernier mot, confirmant les peurs engendrées par l'exposition première des actes atroces commis par les Hutus. La peur, cette fois, de voir un tel drame se reproduire.
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    • Livres 5.00/5
    Par zembla, le 05 septembre 2009

    zembla
    Ce livre est le troisième de Jean Hatzfeld sur le génocide au Rwanda. le premier " Dans le nu de la vie " donnait la parole aux rescapés ( les Tutsies) de ce massacre de 1994. le second "Une saison de machettes" nous livrait le témoignage des meurtriers (les Hutus) alors qu'ils sont en prison. La genèse du troisième part de la libération du pénitencier de Rilma en 2003 quand Ils reviennent s'installer sur leurs parcelles de terre a coté de leurs anciennes victimes. le livre entremêle les témoignages des victimes et des tueurs douze ans après le génocide. le Rwanda est lancé dans une politique de réconciliation car sans la force de travail des Hutus que deviendrait le Rwanda? Mais si cette réconciliation est souhaitable économiquement pour le pays , elle est impossible car qui pourrait imaginer que les rescapés peuvent voisiner avec ceux qu'ils ont vus dans les marais ou les forêts tuer leurs parents, leurs femmes, leurs maris, leurs enfants ? La politique les obligent a vivre en bonne entente mais on sent sous cette contrainte poindre des deux cotés l'envie et la jalousie. La question que l'on se pose a la fin de la lecture c'est :"Et si tout recommençait ?" car on sent que l'équilibre est précaire. On sent que la rancune et la colère sont toujours là et que les Tutsies et les Hutus ont beau cohabités , il suffit d'une étincelle pour que tout cela s'embrase de nouveau.
    Quand on pose ce livre , on se dit que le problème du Rwanda ne sera pas réglé rapidement, il faudra attendre qu'une nouvelle génération arrive et qu'elle arrive a faire table rase de ce passé sanglant mais cela sera difficile.
    Trés beau livre a la fois touchant , bouleversant et très dure

    Lien : http://desgoutsetdeslivres.over-blog.com/
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Citations et extraits

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  • Par chartel, le 26 mars 2008

    On parle moins du passé. Ce n’est pas l’oubli, mais le temps, qui nous propose des améliorations. Toutefois quand la sécheresse se présente, quand l’argent se cache, quand la nourriture se fait rare, la peur se présente à la porte… Quand le visage se lasse, quand la terre ne donne rien sauf des problèmes, quand on ne trouve plus de parents sur qui s’épauler, tous les souvenirs du génocide se montrent de nouveau très préoccupants.
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  • Par chartel, le 26 mars 2008

    A quoi bon chercher des circonstances atténuantes à des gens qui ont coupé à la machette tous les jours, même le dimanche ? Que peut-on atténuer ? Le nombre des victimes ? La manière de couper ? Les rires des tueurs ? Rendre justice serait tuer les tueurs. Mais ça ressemblerait à un autre génocide, ce serait le chaos. Les tuer ou les punir d’une façon convenable : impossible ; leur pardonner : impensable. Etre juste est inhumain.
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  • Par chartel, le 26 mars 2008

    En Afrique, tu peux échapper à ta famille, à ton pays, à ta religion, mais tu ne peux échapper à ton ethnie. Un Africain, lorsqu’il entend gronder les menaces, lorsqu’il ressent la peur, il s’accroche à ses ancêtres, à sa colline, à ses habitudes et, au pire de la peur, à son ethnie.
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  • Par chartel, le 26 mars 2008

    Dans les premiers jours, à Kayumba, il y avait un garçon qui zigzaguait avec une radio et des piles. Le soir, on écoutait, on voulait entendre quand même un pape ou un monseigneur interdire aux Hutus de couper les enfants, au moins dans les églises. Mais ce petit pape polonais, il a gardé bouche close, sauf par après, pour défendre son évêque Misango quand il s’est retrouvé avec des taches de sang tutsi sur la chasuble.
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Vidéo de Jean Hatzfeld

Ce THEMA sur ARTE se terminait par un débat animé par trois invités dont Jean Hatzfeld, auteurs de deux livres sur le sujet.











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