ISBN : 2020679132
Éditeur : Seuil (2005)


Note moyenne : 4.16/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
En 1994, au Rwanda, 800 000 Tutsis ont été massacrés, en douze semaines, par leurs concitoyens hutus. Soit près de 10.000 personnes par jour, principalement à la machette. Jean Hatzfeld, journaliste à Libération, avait déj... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par zorazur, le 06 janvier 2012

    zorazur
    On se lève le matin, on embrasse sa femme et ses enfants, et on part faire son travail, muni de ses outils de travail, et remplir ses taches quotidiennes. Puis on rentre le soir, on embrasse sa femme et ses enfants, on dîne, on se couche, la vie continue. Et les jours se suivent, tous pareils les uns aux autres. Rien de spécial à signaler, quoi... Une vie banale, somme toute.
    Sauf que le travail quotidien et les tâches à accomplir, c'est d'aller massacrer des Tutsis. Et l'outil c'est la machette.
    Voilà ce que racontent, sur un ton froid et détaché, comme on raconte une journée de travail la plus ordinaire qui soit, les personnages du livre de Jean Hatzfeld. Au-delà, il n'y a rien. Pas d'humanité, pas de sentiments, pas d'âme. Et en toute logique, pas de regrets.
    Il y a quelque chose du livre de Robert Merle "La mort est mon métier" dans cette terrifiante série de témoignages. Ou comment on peut devenir un tueur sans s'en rendre compte, juste parce que c'est normal de faire ce qu'on nous dit de faire.
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    • Livres 5.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 21 juillet 2009

    ay_guadalquivir
    Que reste-t-il de l'homme ? Cette question est longtemps restée vivace en moi après la lecture écrasante d'Une saison de machettes. Et sans doute ma recherche d'un début de réponse aura depuis lors pris un chemin nouveau. Que reste-t-il en effet, après l'effroyable et l'indicible, la mort donnée à la main comme sur la chaîne d'une usine ? Les mots reviennent peu à peu. Et déjà le dire, c'est bien peu mais déjà un pas immense pour un retour à l'humanité. Ce livre est dur, insoutenable parfois, tant il décrit ce qu'aucun ne voudrait entendre ou voir. Mais c'est un livre dont on revient changé.
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    • Livres 3.00/5
    Par homelaet, le 27 novembre 2008

    homelaet
    C'est un livre assez émouvant. Je n'ai lu que la moitié mais déjà on peut voir que la vie de ces hommes a considérablement changé. Bon bien sûr ils ont fait des choses horribles mais ce qui est le plus étonnant c'est qu'ils ne les regrettent pas. C'est tellement bien raconté qu'on peut se mettre à la place de ces génocidaires aisément et ressentir ce qu'ils ont vécu. le plus impressionnant et le plus destabilisant est la manière de tuer tous ces Tutsis : à la machette, objet qu'ils utilisent dans les champs. Il faut avoir le coeur bien accroché à certains moments du livre. Mais pour le moment jamais je n'ai eu envie de le fermer définitivement. Quelque chose me pousse à continuer de tourner les pages même si ce que je lis me fais limite peur. Une telle chose pourrait-elle arrivée en France ? Je ne pense pas. Mais ce que je pense c'est que cela se reproduira et il n'y a qu'à voir l'exemple du Darfour où ils sont constamment entrain de se jeter les uns sur les autres. Mais là c'est une autre culture et un autre pays. Espérons que cela ne finisse pas comme au Rwanda et espérons qu'au Rwanda les Hutus ne finissent pas le travail commencé il y a 13 ans par leurs ancêtre et éliminent le peu de Tutsis qu'il reste.
    C'est un livre que je conseille pour toutes les personnes qui aiment l'histoire humaine sous toutes ces facettes. Un livre à recommander à tous ceux qui disent "non moi jamais je ne pourrais faire quelque chose comme cela". Car la chose essentielle durant cette gueurre c'est que ces génocidaires ont tués leurs propres voisins et amis. Et tout cela à cause de leur passé et de ce qu'ont enduré leur aïeuls. Serions-nous prêt en France à massacrer de jeunes allemands (qui n'ont jamais faire la guerre et qui n'ont rien demandé à personne) juste parce que un homme moustachu avec un bras levé à décider d'éradiquer une civilation ? Au Rwanda la réponse a été oui.

    Lien : http://homelaet.canalblog.com/archives/2007/08/06/5798013.html
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    • Livres 4.00/5
    Par vanillabricot, le 29 juillet 2008

    vanillabricot
    Un livre dur parcequ'un recueuil d'entretiens avec des hutus qui se sont livrés au génocide antitstutsien.
    L'auteur qui avait déjà écrit un recueil de paroles de rescapés tutsis a réussit à réunir des conditions d'entretien où les tueurs ont pû être honnêtes dans leurs déclarations.
    Le ton est tellement détaché, les crimes tellement surnaturels, les tueurs tellement inconscients de la monstruosité de leur acte, ils en parlent avec tellement de naturel: "ils allaient au travail",... que le meutre finit par nous sembler presque aussi banal qu'à eux mêmes.
    Effrayant.C'est la photo à la fin, que je n'attendais pas, des tueurs, qui ressemblent à n'importe qui, qui ramène le tout à une dimension tellement humaine et proche de nous, de moi, que s'en est terrifiant.
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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 23 novembre 2007

    chartel
    Dans ce deuxième volet, Jean Hatzfeld continue son recueil de témoignages mais du côté des tueurs. Il s'est rendu pour cela au pénitencier de Rilima et a rencontré un groupe de prisonniers condamnés pour leur participation au génocide des Tutsis du printemps 1994. Si les paroles des victimes du premier recueil étaient particulièrement troublantes, parce qu'elles dévoilaient cruement les atrocités des massacres, les récits des tueurs glacent le sang par l'insensibilité qui se dégage de leurs discours. Comme dans le premier volet, Jean Hatzfeld intercale son analyse et ses explications avec les témoignages des génocidaires, en essayant de transcrire aussi le ton des paroles reçues, pour que le lecteur soit au plus proche de la réalité qu'a vécu l'auteur. Ce grand souci d'objectivité donne à ce livre une valeur capitale pour qui souhaite comprendre les raisons d'une telle horreur.
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 08 août 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    En avril, les pluies nocturnes laissent souvent en partant des nuages noirs qui masquent les premières lueurs du soleil. Rose Kubwimana connaît le retard de l'aube en cette saison, sur les marais. Ce n'est pas cette luminosité grise qui l'intrigue.
    Rose est accroupie près d'une mare brunâtre, pieds nus, son pagne relevé sur les cuisses, ses mains calleuses posées sur les genoux. Elle porte un chandail de laine. A côté sont couchés deux jerricans en plastique. Elle vient tous les matins puiser dans cette mare, parce que sa profondeur rend l'eau moins boueuse et que son bord, tapissé de palmes, est plutôt moins spongieux qu'ailleurs.
    La mare est dissimulé par des branchages d'umunyeganyege, espèce de palmiers nains ; derrière s'étendent sur une immensité d'autres mares, flaques ou bourbiers entre des bosquets de papyrus. Rose respire l'odeur fétide et familière des marais, particulièrement humide ce matin. Elle reconnaît aussi le parfum des fleurs blanches des nénuphars. Depuis son arrivée, elle devine une bizarrerie dans l'air et comprend enfin que ce sont les bruits. Les marais ne bruissent pas normalement ce matin-là.
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  • Par chartel, le 23 novembre 2007

    Quand une maman cachait un enfant sous elle, ils la soulevaient premièrement, ils coupaient l'enfant deuxièmement et sa maman finalement. Les nourrissons, ils ne prenaient pas la peine de les couper convenablement. Ils les tapaient sur les murs pour gagner du temps, ou les jetaient vivants loin devant sur les tas de morts.
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  • Par chartel, le 23 novembre 2007

    Je me souviens de la première personne qui m'a regardé, au moment du coup sanglant. Ca c'était grand-chose. Les yeux de celui qu'on tue sont immortels, s'ils vous font face au moment fatal. Ils ont une couleur noire terrible. Ils font plus sensation que les dégoulinements de sang et les râles des victimes, même dans un grand brouhaha de mort. Les yeux du tué, pour le tueur, sont sa calamité s'il les regarde. Ils sont le blâme de celui qu'il tue.
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  • Par chartel, le 23 novembre 2007

    Les plus ardents, quand ils tuaient, ils s'emparaient des biens des tués; ils voulaient tout, tout de suite, sans s'attarder à les achever. Les pillages les excitaient suffisamment pour les dispenser de conseils et d'encouragements. Leur gourmandise se propageait à ceux qui suivaient, qui devenaient fous à leur tour.
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  • Par chartel, le 23 novembre 2007

    On n'était pas seulement devenus des criminels; on était devenus une espèce féroce dans un monde barbare. Cette vérité n'est pas croyable pour celui qui ne l'a pas vécue dans ses muscles. Notre vie de tous les jours était surnaturelle et sanglante; et ça nous accommodait.
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Videos de Jean Hatzfeld

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Vidéo de Jean Hatzfeld

Ce THEMA sur ARTE se terminait par un débat animé par trois invités dont Jean Hatzfeld, auteurs de deux livres sur le sujet.











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