> Liselotte Bodo (Traducteur)
> Jacqueline Chambon (Traducteur)
> Patrick Charbonneau (Auteur de la postface, du colophon, etc.)

ISBN : 2868698328
Éditeur : Actes Sud (1992)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Voici le roman le plus célèbre et le plus émouvant de Marlen Haushofer, journal de bord d'une femme ordinaire, confrontée à une expérience - limite. Après une catastrophe planétaire, l'héroïne se retrouve seule dans un chalet en pleine forêt autrichienne, séparée du res... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par syannelle, le 01 mai 2012

    syannelle
    L'idée du mur invisible m'a fait penser de loin à Under the Dome de Stephen King, qui utilise le même mur transparent comme prétexte pour explorer les rapports humains. Chez King néanmoins, les habitants en dehors du dôme sont vivants, et à l'intérieur, ils sont nombreux a avoir survécu. Ici, la femme est seule avec son chien, ses chats et sa vache, telle un Robinson Crusoe. Il ne s'agit donc pas d'étudier la manière dont plusieurs hommes agissent ensemble lorsqu'ils sont confrontés à des évènements extraordinaires, mais de voir comment un être peut changer lorsqu'il est confronté à la solitude, comment il s'adapte, change, voit le temps s'écouler, comment les choses prennent un sens différent.
    L'histoire est émouvante car cette femme est un archétype. Elle nous représente tous. Etant seule survivante humaine, le temps n'existe plus pour elle. Comme elle l'écrit:
    " (...) si le temps n'existe que dans ma tête, et si je suis le dernier être humain, il finira avec moi."
    Paradoxal: cette femme est sans doute la dernière représentante de son espèce, elle est vide dans un sens, et pourtant, elle devient celle qui peut "gérer" son temps, comme elle peut gérer sa nouvelle vie, et redonner un sens à celle-ci. Tout au long du livre, elle redonne une valeur aux choses simples, qu'elle n'avait plus l'habitude de voir dans son ancienne vie:
    "Depuis mon enfance, j'avais désappris à voir les choses avec mes propres yeux et j'avais oublié qu'un jour le monde avait été jeune, intact, très beau et terrible. Je ne pouvais plus revenir en arrière, car je n'étais plus une enfant et je n'étais plus capable de sentir comme une enfant, mais la solitude me permettait parfois de voir encore une fois, sans souvenir ni conscience, la splendeur de la vie."
    Ce que je trouve émouvant, c'est qu'en ayant à priori plus rien, cette femme renaît, d'une certaine manière. Elle ne possède plus rien, (enfin, c'est ce qu'elle dit!), mais elle a encore la liberté absolue de voir ce qui l'entoure, de s'émerveiller.
    "Mieux valait ne plus penser aux hommes. le grand jeu du soleil, de la lune et des étoiles, lui, semblait avoir réussi; il est vrai qu'il n'avait pas été inventé par les hommes."
    Cette histoire est un hymne à la vie simple, et aussi une condamnation de nos excès quotidiens, de notre course incessante et absurde, de notre technologie moderne envahissante et parfois lobotomisante. Cette femme nous montre qu'elle se donne parfois le temps de prendre son temps. C'est depuis qu'elle a ralenti ses mouvements, dit-elle, que "la forêt est devenue vivante."
    "Auparavant j'allais toujours quelque part, j'étais toujours pressée et exaspérée car partout où j'arrivais je devais attendre mon tour. J'aurais tout aussi bien pu flâner en route. Il m'arrivait de prendre conscience de mon état et aussi de l'état du monde, mais je n'étais pas capable de me démarquer de cette vie stupide. (...) Ici, dans la forêt, je me trouve enfin à la place qui me convient. Je n'en veux plus aux fabricants d'autos, ils ont depuis longtemps perdus tout intérêt. Mais comme ils m'ont torturée avec des choses qui me répugnaient! Maintenant que les hommes n'existent plus, les conduites de gaz, les centrales électriques et les oléoducs montrent leur vrai visage lamentable.
    "On en avait fait des dieux au lieu de s'en servir comme objets d'usage. "
    " En ville on peut vivre de longues années d'une façon trépidante, le système nerveux s'en trouve ruiné mais on peut tenir longtemps."
    Aussi, ce texte nous fait réfléchir à d'autres valeurs, comme l'entraide, la simplicité et l'humilité. La nature reprends tous ses droits dans ce livre. L'homme ne maîtrise plus rien. Il a disparu, vaincu sans doute par son orgueil. Seule subsiste une narratrice généreuse qui apprend à s'adapter, qui écoute son environnement et ses bêtes, qui ré apprend la simplicité, qui ne se croit pas au-dessus de tout.
    Heureusement pour elle, la femme narratrice à sa vache, Bella, (rencontrée dans un pré, et adoptée par la suite), Lynx, son chien, et sa vieille chatte qui lui donnera un petit par la suite. L'entraide et l'amour que se portent ces êtres les lient face à la solitude et les maintiennent en vie. La femme n'est plus rien sans ses animaux, ils deviennent les membres de sa nouvelle famille. Elle sait mieux les regarder, les écouter, et c'est ce contact entre eux que j'ai également trouvé très touchant.
    Pour conclure, une très belle lecture, un beau moment. Je conseille ce livre. Par ailleurs, c'est très bien écrit, et la fin, dont je ne dirai mot, m'a ému presque aux larmes.
    "Il n'existe pas de sentiment plus raisonnable que l'amour, qui rend la vie plus supportable à celui qui aime et à celui qui est aimé."
    Bonne lecture ;-)
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  • Par Ael, le 22 décembre 2011

    Ael
    Très bien écrite et décrite, la solitude, premier rôle de ce roman, nous plonge littéralement dans son univers où chaque seconde devient l'univers entier avec la naissance d'un chat, de la compassion pour une brave vache, la découverte d'une cabane abandonnée, une bouchée de pomme de terre, le grondement du tonnerre. Si vous avez déjà connu cet état "Le Mur invisible" ne vous fera pas rêver...

    Lien : http://ecrits-vains.fr
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    • Livres 5.00/5
    Par veronique55, le 12 septembre 2010

    veronique55
    Enfermée derrière un mur transparent de plusieurs Kilomètres suite à une catastrophe sur la terre, un jeune femme s'organise pour survivre. Un livre à emporter pour se débrouiller en pleine nature et des réflexions sur la futilité de nos vies trépidantes. Une expérience humaine et une aventure bouleversante.

    Lien : http://biblavardac.blogspot.com
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lyla, le 12 mai 2012

    lyla
    Un bijou!
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    • Livres 5.00/5
    Par lyla, le 12 mai 2012

    lyla
    Un bijou!
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Citations et extraits

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  • Par veronique55, le 12 septembre 2010

    P 257 Je travaillais tranquillement et régulièrement, sans trop me fatiguer. La première année, je n’en avais pas été capable tout simplement parce que je ne savais pas trouver le rythme convenable ais depuis, j’avais appris comment il fallait s’y prendre et m’étais adaptée à la forêt. En ville on peut vivre de longues années d’une façon trépidante, le système nerveux s’en trouve ruiné mais on peut tenir longtemps. Mais personne n’est capable de faire des ascensions en montagne, de planter des pommes de terre de couper du bois ou de faucher pendant plusieurs mois de façon trépidante. La première année où je n’étais pas adaptée, j’avais dépassé mes forces au point que jamais je ne pourrais me remettre complètement de ces excès. J’avais bêtement été fière de mes records. A présent je prends le pas tranquille du paysan, même pour me rendre de la maison à l’étable. Le corps reste détendu et les yeux ont le temps de rien voir. Dans mon ancienne vie, mon trajet m’a fait passer pendant des années par une place où une vieille femme donnait à manger aux pigeons. J’ai toujours aimé les bêtes et ces pigeons maintenant changés en pierre avaient toute ma sympathie, et pourtant je serais incapable d’en décrire un seul. Je ne sais même pas quelle était la couleur de leurs yeux ou de leur bec.Vraiment je n’en sais rien et ce détail montre clairement la façon dont je me déplaçais en ville. C’est depuis que j’ai ralenti mes mouvements que la forêt pour moi est devenue vivante.
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