ISBN : 2800139404
Éditeur : Dupuis (2007)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Autrefois, dans les campagnes ardennaises, les habitants employaient le terme « Camp-Volant » pour désigner les voyageurs qui venaient installer un camp provisoire pour quelques nuits, capables de plier bagages et reprendre la route précipitamment. Ils étaient souvent d... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par antoineperroud, le 14 avril 2012

    antoineperroud
    Hausman, l'un des plus grand conteur de la BD, nous offre là une superbe histoire d'une autre époque. Je m'explique, la source d'Hausman pour cet album n'est autre que sa grand-mère qui lui racontait, alors petit enfant, des légendes paysannes qu'elle même tenait de son enfance... Nous avons donc à faire à un témoignage direct de la culture populaire du XIXème siècle sous nos yeux, aujourd'hui au XXIème siècle !

    Que nous offre la mamie au grand René ? Une histoire remplie de vagabond-rebouteux, d'échange de bébé au berceau, de lutins et de paysans bêtes et butés. Il n'y a pas beaucoup de place pour l'amour et la grâce quand on est paysan, la vie est dure et la terre ingrate sans compter que les forces surnaturelles ne sont pas de notre côté. le récit d'Hausman avance morceau par morceau et l'histoire prend forme page après page à son rythme (et celui des saisons :wink: ). Chaque page, chaque case est un tableau en soit, un petit détail qui nourrit cette histoire tragique. C'est un vrai conte, pas une grande épopée remplie de fougue, une histoire qui prend son temps comme à l'époque où faire les choses prenait du temps.

    Le tout est servit par la plume et les couleurs généreuses d'Hausman. Il n'a pas son pareil pour les scènes animalières, un trait inimitable et grouillant de vie.
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    • Livres 4.00/5
    Par emmyne, le 28 septembre 2011

    emmyne
    Un conte du passé, une chronique, une légende villageoise à laquelle se mêle le Petit Peuple, les esprits des campagnes.
    " Il arrivait qu'un rejeton de ces esprits élémentaires fût " confié " aux soins des hommes, en remplacement dun bébé qu'on ne devait jamais revoir. La grand-mère y croyait, prétendant que, presque toujours, fous de douleur, les parents, qui n'avaient rien vu venir, jetaient au feu le misérable avorton...Cette croyance jadis populaire, ce mythe du " changelin " servit de fil conducteur au récit qui va suivre... " explique René Hausman dans les quelques pages d'un prologue en art-book dans lequel il se remémore ces histoires - parfois à dormir debout, c'est vrai, mais que j'écoutais dans la pénombre des soirs anciens - qui ont nourris son imaginaire.
    Un récit cruel, un univers d'un réalisme cru hanté par les créatures de féerie. le monstrueux de cette histoire ne vient pas des gnomes qui s'immiscent sur les pages mais bien de la misère humaine - misérable humanité -, sa brutalité, comme en témoigne la première scène, agressive, une scène de noces : la mariée est simplette mais pourra assurer une progéniture à la belle famille ayant du bien tout de même, le marié est une bête, un porc qui attise comme seul désir celui de l'égorger. le viol institutionnel. Raconté comme ça, avec cette rudesse rustique.
    Et pourtant il se dégage une beauté de ce récit, une tristesse teintée de fatalité, une compassion, cette beauté que raconte déjà l'illustration de couverture. L'atmosphère de cet album m'a rappelé celle du roman de Philippe Claudel Les Âmes grises. Il y a des silences lourds et chagrins dans cet album, un merveilleux désenchanté à la palette sobre, des couleurs en camaïeux qui n'altèrent en rien la profondeur des planches fouillées et fournies aux tons de la terre relevés de touches lumineuses de vie et d'enfance. Certaines séquences disent tout d'un désarroi qui donne le frisson.


    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/09/28/22171223.html..
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 décembre 2007
    Lecture jeune, n°124 - Jadis, quand l'enfant René Hausman faisait une bêtise et décampait avec le courage d'un petit garçon de son âge en proie aux pires réprimandes, il se faisait alors appeler « le camp-volant ». Marqué par cette anecdote et par sa grand-mère ardennaise, l'auteur met en scène ce personnage, ce vagabond qui installe son camp de lieu en lieu et colporte les croyances populaires, peuplées de créatures de l'imaginaire des campagnes. En découle un superbe ouvrage où l’on s’amuse du langage argotique désuet et l’on se délecte de la beauté des dessins inspirés de l’univers de la Fantasy. L’album s’ouvre sur un long prologue. René Hausman y pose les marques d'une histoire narrée sous la forme du conte pour ensuite laisser place au « camp-volant », dont les talents de conteurs se confirment de page en page. Une fois reçue l'invitation de prendre place parmi l'auditoire envoûté, le lecteur est aussitôt plongé dans l'histoire de Ghislaine et Firmin Pissecrosse, deux simples d'esprit frappés par le mythe du changelin. « Il arrivait qu’un rejeton de ces esprits élémentaires fût confié aux soins des hommes, en remplacement d’un bébé qu’on ne devait jamais revoir. La grand-mère y croyait, prétendant que, presque toujours, fous de douleur, les parents jetaient au feu le misérable avorton ». Presque toujours… car Ghislaine, dans sa folie, prend la fuite, le gnome coincé dans son giron… Elise Hoël

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