Telle une araignée tapie dans son ordinateur,
Mo Hayder tisse sa toile, prenant le lecteur tel une mouche dans son filet et celui-ci ne peut plus s'en échapper, devenant une proie consentante. Si parfois on peut reprocher quelques digressions, on s'aperçoit quelques chapitres plus tard que tout est mesuré, calibré, que rien n'est laissé au hasard. Et même parfois on souhaiterait que certaines scènes, événements, explications soient plus développés. Les descriptions sont fortes, prégnantes, et plus réalistes que les séquences chocs d'un film. le spectateur face à l'écran subit les images imposées, tandis que le lecteur se les approprie et les met lui-même en scène, selon son humeur, sa sensibilité, ses propres accrocs de la vie. Car les différents protagonistes, policiers ou parents, qui évoluent dans ce roman sont tous des victimes de l'existence, aussi bien dans le domaine familial que professionnel. Tous ont ou ont eu des blessures, ont connu des déchirures, qui s'ouvrent au moindre problème comme des plaies mal cicatrisées. Je ne connaissais
Mo Hayder que par critiques interposées, maintenant que j'ai lu et apprécié ce roman, je sens que je vais devenir un lecteur assidu de ses ouvrages. Arrivé à un âge disons avancé, pensant être blasé et ne plus réagir comme un lecteur néophyte, je dois avouer que j'ai reçu une sacrée claque, qui réveille et qui fait prendre conscience qu'il existe encore des perles littéraires à découvrir.
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