ISBN : 2021018709
Éditeur : Seuil (2010)


Note moyenne : 3.36/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Cela se passe entre 1941 et 1943, dans les Abruzzes. Non loin du Gran Sasso, cette écrasante montagne qui impose sa force tellurique comme une ombre portée sur le temps. Par une de ces décisions absurdes et nocives dont le fascisme est friand, les Chinois de la péninsul... > voir plus
Lire un extrait Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(5)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 17 avril 2011

    Cath36
    J' ai eu pour ce livre un véritable coup de coeur !
    Ce magnifique roman sur un épisode oublié de l'histoire (la captivité d'une centaine de Chinois dans des camps mussoliniens) scintille de mots qui sont comme autant de petits cristaux de glace sous un soleil d'hiver. Il y a, comme dans toute poésie, une dimension d'éternité qui rend ce texte infiniment poignant : on vit la détresse de ces prisonniers comme si on était avec eux dans un présent qui semble ne jamais devoir finir. Les métaphores par lesquelles sont exprimées les réalités psychologiques saisissent l'esprit de leurs vérités concrètes, renforçant le témoignage historique de la volonté de faire mémoire de la souffrance et du mépris qu'ont endurés ces victimes chinoises du fascisme mussolinien. Ils furent aussi les acteurs d'une guerre qui n'était pas la leur contre l'occupant allemand. Quand un Chinois se révolte...
    Ce texte se lit lentement et nécessite une attention de tous les instants et je comprends tout à fait qu'on puisse ne pas aimer ce type d'écriture ;mais personnellement j' ai été subjuguée et profondément interpellée par cette oeuvre, qui nous ramène d'un bout à l'autre à notre humanité en ce qu'elle a de plus fragile et de plus vraie. Coup de coeur donc en attendant avec impatience le prochain roman de cet auteur.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par mustango, le 05 novembre 2010

    mustango
    Sur une idée de départ vraiment intéressante : le confinement de chinois en Italie, dans un camp des Abruzzes durant la seconde guerre mondiale, le résultat est un livre décevant, ennuyeux, 120 petites pages que j'ai mis un temps fou à lire. Des moments "poétiques" qui tombent à plat, pas assez de faits, d'Histoire, d'enquête.
    Bref je n'irai pas spécialement le conseiller.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Nanne, le 18 octobre 2010

    Nanne
    1940. Les Abruzzes, région aux confins de l'Italie, terre de paysans taiseux, taciturnes, coriaces et entêtés, avaient vu se construire tout un maillage de camps pour opposants politiques et détenus raciaux. C'était une de ces lubies administratives dont la dictature mussolinienne était friande depuis qu'elle se reposait sur les lauriers d'une gloire éphémère. Les Juifs, les Tziganes avaient été les premières cibles désignées. Happés, ingérés puis absorbés pour mieux disparaître, broyés par l'infernale machine fasciste. Ils s'étaient tous croisés avec les suivants sans avoir eu le temps, ni les moyens d'ébaucher un échange verbal.
    Par on ne sait quel prodige – que seuls les régimes hégémoniques conçoivent quand ils s'ennuient ferme – les quelques Chinois exilés en Italie deviendront, à leur tour, leur ligne de mire. Leur seul et unique délit ? Appartenir à un pays ennemi de l'Italie.

    Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2010/10/les-chinois-disola..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Sando, le 24 juin 2011

    Sando
    Je n'ai pas non plus été séduite par 116 Chinois et quelques. Malgré un sujet intéressant car jamais traité auparavant, l'auteur ne parvient pas à nous passionner, ni à nous émouvoir sur le destin tragique des chinois d'Italie victimes, eux aussi, de la déportation. On a l'impression de voir les évènements de loin et, même lorsqu'on s'approche de la scène, on n'y entre jamais vraiment, ce qui finit par causer un désintérêt du lecteur.
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par krol-franca, le 19 décembre 2010

    krol-franca
    C'est un premier roman époustouflant pour le style. A chaque page, je me disais : « si je savais écrire comme ça, je serais écrivain ! » Il y a de la poésie dans ces phrases, il y a un rythme qui m'a littéralement happée jusqu'à ne pas pouvoir arrêter ma lecture, les mots sont justes, c'est une écriture qui ne nous laisse aucun instant de répit, il faut être aux aguets en permanence, pour ne pas perdre un mot, une phrase, pour ne pas être égaré dans les montagnes des Abbruzes.

    Lien : http://krol-franca.over-blog.com/article-cent-seize-chinois-et-quelq..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Telerama , le 23 novembre 2011
    De ce pan d'histoire ignorée, Thomas Heames-Ogus imagine une fable, décrit un engrenage absurde en mesurant chaque mot, évitant la psychologie pour mettre en lumière le délire politique et l'intolérance.
    Lire la critique sur le site : Telerama

> voir toutes (12)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Nanne, le 18 octobre 2010

    La brutalité assenée à l'Italie empêcha les amitiés et les alliances. Mais les habitants d'Isola, ce petit peuple de montagnes, qui avait à la vérité édifié plus de refuges d'altitude que d'églises rutilantes, savait aussi, dans sa distance, dans sa réserve, dans son refus de s'étendre sur ces passages imprévus, dans sa réticence à toute démonstration impudique, lancer des indices discrets qui ne se payaient pas de mots, mais disaient aux Chinois qu'au-delà de leur gouffre, au-delà de leur nuit, des portes leur étaient ouvertes et qu'un jour, quand cette inertie se fracasserait enfin, on se retrouverait et on pourrait écrire ensemble une histoire un peu plus digne.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Cath36, le 18 avril 2011

    Dans un simulacre macabre, ils firent mine de lui laisser le choix en lui proposant de rejoindre les rangs du nouveau pouvoir. Il refusa évidemment et une balle rentra dans sa nuque. Son dernier éclair de conscience fut le mot qu'il prononça. Il eût pu répondre "non". Il répondit : "jamais". Alors même qu'il était mis en joue, alors que la profondeur du temps qui lui restait à vivre était dérisoire, il eut cette superbe nuance qui lui permettait d'écarter les murs de l'univers.Ce "jamais" englobait les secondes d'avant la mort certaine et l'éternité après, bravait ce que la mort avait de frontière. Ce "jamais" que tout le bataillon allemand entendit , c'était la promesse d'une suite, une projection libre. Dans ce simple mot, il avait réussi à parler de lui, mais aussi de tous les insurgés, qui prolongeraient et donneraient vie à ce "jamais".
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Cath36, le 17 avril 2011

    Se fit alors le choc de deux regards...Dans ce moment sans durée, face à face, ils se donnèrent leurs blessures....Rien de romantique, pas le début d'un mouvement amoureux, non, seulement ce langage pur, enivrant sentiment d'être à l'autre, permis par l'irruption des mots en fusion, et poli par les évidences qui flottaient entre eux. Ils étaient comme deux livres, les mots s'écrivaient, fluides, s'emplissaient de tous les foisonnements qui les entouraient... Chacun avait compris l'autre, la dissymétrie disparaissait. Les exils résonnaient, ils avaient été les pierres taillées dont le choc avait produit cette parenthèse d'éclats. Ils étaient leur terrain d'échange, le point du miroir où le doigt et l'image du doigt se touchent.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Cath36, le 18 avril 2011

    Les morts répondaient aux mots. Cette réalité avait été le récit des otages abattus, elle avait été la terre sur ceux tués au combat. Elle prenait tous ces visages, et revenait protéiforme, déstabilisatrice. Elle diffractait tout ce qui ne se racontait pas, ne se vivait pas en mots. Elle pénétrait dans ce qu'il y avait de secret, dans les territoires enfouis, dans tout ce qu'il y avait d'intensément fragile en chacun, où ce qu'il y avait d'intensément fragile parlait à ce qu'il y avait de beau.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Nanne, le 18 octobre 2010

    Certains étaient à Gênes ou à Bologne, individus, singuliers, déconcertants, et néanmoins encore libres d'être, d'aller et venir, petits commerçants en textile, revendeurs de rue d'articles de maroquinerie, de cravates, de ceintures, ceux-là étaient encore dans leur dignité d'homme, chacun portait une histoire et des choix d'avenir, certes perdus dans la sidération de leur nouvelle vie, dans l'irréalité des pluies froides de Turin, des ocres de Sienne.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Cent seize Chinois et quelques par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (21)

  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz