Le cinquième tome de la saga du Clan des Otori est à la fois le dernier et le dernier et le premier. Dernier parce qu'il est paru après tous les autres et premier parce que
Lian Hearn nous raconte les événements qui ont conduit à la grande fresque de la vie de Otori Takeo par le récit de la vie de Otori Shigeru, son oncle et père adoptif.
Le personnage de Otori Shigeru est le héro du Fil du Destin, il est l'héritier chéri du clan des Otori. Il est noble, courageux, passionné et animé par un immense sentiment justice. Il aurait pu être un chef de clan aimé et respecté mais le Destin en décide autrement...
Dans ce tome (à lire absolument après tous les autres), se mettent en place tous les acteurs et tous les éléments déclencheurs de l'histoire à venir. On vit enfin la grande bataille de Yaegahara, qui est pour moi le moment le plus exaltant (parce que le plus décisif) du roman, suivit directement de sa rencontre avec Muto Kenji.
Sans oublier sa rencontre avec Maruyama Naomi.
Une lecture attentive et une bonne connaissance des tomes précédents (ou suivants, c'est selon) mettent en lumière les nombreux échos entre la vie de Shigeru et celle de Takeo à travers des objets et des lieux (une robe prune à motif de héron dans le dos, une cabane dans la montagne derrière Terayama, un autel au dieu renard, un temple désert sur la côte près de Oshima...). Ces résonances sont savoureuses.
Cette lecture m'a emplit d'émotions contradictoires en connaissant sa fin et sa chute, mais elle m'a entièrement comblée en voyant enfin le fil du destin se dérouler entièrement du début à la fin.
Ce tome est le plus complet et le plus abouti de tous. Une merveille absolue.