Depuis l'invention de la photographie, les moyens modernes de reproduction et de diffusion de l'image des personnes ont creusé une spectaculaire dénivellation entre celles qui sont reconnues par un grand nombre de gens qu'elles-mêmes ne connaissent pas et les autres, qu... > voir plus
La sociologue Nathalie Heinich livre une réflexion sur le capital de visibilité, ressource sociale caractérisée par la dissymétrie entre le nombre de personnes qui reconnaissent un individu et ceux qu’elle reconnaît.
La notion recouvre l'envie de voir des gens connus autant que le désir de devenir soi-même connu. Dans un essai imposant, Nathalie Heinich en analyse aussi bien les conditions matérielles […], la fonction sociale […] ou les enjeux moraux […].
Nathalie Heinich lit des extraits de son livre "Maisons Perdues" à la librairie Michèle Ignazi à Paris, le 16 janvier 2013.
« Un jour, j’ai eu envie d’écrire sur les maisons que j’ai fréquentées, et qui ont disparu de ma vie, exactement comme des gens qu’on a aimés, qui ont énormément compté pour nous, et puis qui sortent de nos existences, pour telle ou telle raison. Ces maisons – comme ces gens – nous ont façonnés, elles sont à l’intérieur de nous, psychiquement, de même que nous avons été à l’intérieur d’elles, physiquement. Ce sont des souvenirs sensoriels et émotionnels, mais aussi des formes qui ont contribué à dessiner nos vies. Nous le savons intimement, mais il est difficile d’en parler, d’expliquer – beaucoup plus difficile que d’expliquer pourquoi telle ou telle personne nous a marqués. Ces maisons, elles continuent à nous habiter, même lorsque nous avons cessé, nous, de les habiter...» N.Heinich