De l'avis général, ce n'est pas le meilleur roman d'
Hemingway. Roman inachevé, il a peu été modifié par l'éditeur. Dans la préface, on apprend que celui-ci a fait quelques coupes, mais que l'auteur en aurait certainement effectué plus. On comprend pourquoi. Il faut quand même s'accrocher car les dialogues sont un peu creux et les actions souvent répétitives.
France, après la Seconde Guerre mondiale. Un jeune écrivain américain, David Bourne, vit une « lune de miel » (« expression ridicule. Je ne l'ai jamais aimée. Ça fait poisseux », dira l'un des personnages) avec sa femme Catherine, une jeune Américaine rencontrée voici quelques mois à Paris.
Dans le Sud de la France, ils vivent des moments de passion, rythmés par des moments sensuels, suggérés plus que décrits, des sorties à la plage, de bons repas et de nombreux verres. (Il faudrait faire le compte du nombre de verres d'alcool que boivent les personnages dans ce roman…).
Mais très vite, à cette passion se mêle un certain malaise. Ce malaise est causé par Catherine, qui, dans une volonté fusionnelle, cherche à ressembler à son mari… et à assumer un rôle d'homme. Ce qui aurait pu apparaître anodin et n'être qu'un jeu révèle un malaise plus profond, un déséquilibre de cette femme qui finit par se décrire elle-même comme «folle».
Jalouse du travail d'écrivain de son mari, elle lui fait rencontrer une belle jeune femme, Marita. Un trio va peu à peu s'instaurer… Et le malaise gagner du terrain, toujours dans cette atmosphère oisive et étouffante.
Je n'en dirai pas plus. Il faut découvrir ce roman, passer au-delà des répétitions, pour découvrir ses non-dits. Les répétitions et certaines platitudes des dialogues font aussi partie de son charme.
Le Jardin d'Eden est un ouvrage très psychologique dont il faut savoir lire entre les lignes et qui est intéressant dans ce qu'
Hemingway nous dit de lui-même et du processus d'écriture.