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> Juliette Pary (Traducteur)

ISBN : 2253002933
Éditeur : Le Livre de Poche (1991)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 426 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Harry Haller, c'est cet homme hors du monde, isolé, inadapté à la vie de ses semblables, qui se décrit comme un "loup des steppes". Mais c'est un loup à visage humain, à la fois le fauve libre à l'instinct sauvage et carnassier et cet homme sensible, doué d'une grande i... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 14 novembre 2012

    NastasiaBuergo
    Le Loup des steppes m'apparaît comme la tentative honnête d'un écrivain à décrypter le sens de son existence et à nous relater certaines de ses expériences, de ses réflexions ou de ses états mentaux face à cette thématique.
    En ce sens, ce livre n'est pas un roman ordinaire. Je le rangerais volontiers auprès d'un ouvrage comme sur la route de Jack Kerouac, dans la catégorie des livres qui s'intéressent à la quête de sens et d'expériences extrêmes, dans celle qui sont non pas des histoires mais des états d'esprit.
    De même qu'avec Kerouac, il faut être en résonance avec l'auteur pour que l'alchimie de lecture fonctionne, sans quoi c'est une déception cruelle pour le lecteur. Ce n'est pas un livre qu'on peut, à mon sens, apprécier si l'on n'y vibre pas, s'il ne nous sort pas nos propres tripes sur la table. On ne peut pas l'aimer « un peu ». Soit on déteste, soit, et c'est mon cas, ce livre représente un rare moment de bonheur littéraire, édifiant comme rarement livre ou expérience peut l'être.
    Le roman comporte plusieurs moments avec des identités bien différenciées mais non clairement délimités spatialement par une fin de chapitre ou une indication de partie. J'aurais tendance à dire quatre moments, mais c'est discutable car ambigu. Je ne vous mentirai pas en vous affirmant qu'ils m'ont tous autant enchantés les uns que les autres. J'ai moins vibré lors des moments 1 et 4, qui correspondent évidemment au début et à la fin du roman. Par contre, les deux autres moments m'ont tellement plu, tellement subjuguée, ont été tellement forts et parlants à ma sensibilité qu'ils suffisent à eux seuls à expliquer tout mon enthousiasme à évoquer cette œuvre si particulière.
    Harry Haller (tiens, deux H pour initiales, comme un certain Hermann Hesse) approche de la cinquantaine. C'est un homme d'une culture, d'une intelligence et d'une sensibilité hors du commun, tellement hors du commun qu'il ne se sent à sa place nulle part auprès de ses contemporains plus « ordinaires ». Il se sent une double personnalité : d'une part l'homme, brillant, attiré vers les sujets élevés, culturels, mystiques, philosophiques ; d'autre par le loup, misanthrope, sauvage, agressif, écorché vif, fuyant.
    Harry Haller vogue à l'aveuglette, de dégoût en déception sur l'humanité qu'il ne comprend pas, qui ne le comprend pas, vers un naufrage certain. Les piètres consolations que lui procurent l'alcool aident toutefois à lui rendre la vie encore supportable… mais pour combien de temps !
    Un soir d'errance et de mal-être, Harry voit surgir un homme muni d'une pancarte où l'on peut clairement lire « Soirée anarchiste ! Théâtre magique ! Tout le monde n'est pas autorisé à entrer ». L'homme possède aussi de petites brochures intitulées « Traité sur Le Loup des steppes. Tout le monde n'est pas autorisé à lire. » Puis l'homme disparaît en laissant simplement une brochure à Harry.
    Évidemment, Harry va retrouver dans cette brochure son portrait complet, mais avec des allusions et des dérisions qui vont l'amener à s'interroger sur lui-même, à se sonder intimement et à se remettre en question.
    Cependant, pas bien avancé par ces découvertes, ces mises en lumière ou ces mises en mots de ce qu'il avait toujours plus ou moins su inconsciemment, Harry aurait été prêt de sombrer à nouveau et même de mettre fin à ses jours s'il n'était tombé sur la ravissante petite Hermine (tiens, un féminin d'Hermann !)…
    Saura-t-elle lui montrer ce que c'est vraiment que la vie ? Autre chose ? Que saura-t-elle, elle, que lui ne savait pas ? Quelles personnes pourrait-elle bien lui faire rencontrer ? Dans quel but ? le tout est de savoir si vous êtes, vous aussi, prêt à faire l'expérience, à vivre ou revivre mille vies en une, à vos risques et périls…
    On comprend tout à fait à la lecture de ce livre qu'il ait constitué une référence, tout comme le susnommé sur la route, pour la génération hippie des années 1960-70, elle aussi en quête de sens et prête à toute les tentatives, toutes les substances, licites ou illicites, toutes les aspirations, mystiques ou sensitives, comme notre vieux loup des steppes.
    En tout cas, un très grand coup de cœur pour moi, un livre qui m'a marquée et qui continuera longtemps de la faire, je pense, mais ce n'est là que mon avis, mon tout petit avis chétif, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 31 mars 2013

    fredho
    Harry Haller un intellectuel, la cinquantaine, est désabusé par l'absurdité d'une société exploitée, enracinée dans la culture occidentale, une société à l'esprit bourgeois où l'Homme se laisse gouverner par des règles politiques et économiques qui endorment leur âme.
    Harry décide donc de quitter ce conformisme, cette vie de bourgeois, tout à la fois attirante et méprisable.
    Il erre dans les rues de Paris tel un « loup des steppes » habité par deux personnalités, mi-homme mi-loup, solitaire et sauvage.
    L'homme révolté s'enivre, souffre et l'idée de suicide lui effleure l'esprit mais la peur de la mort le dissuade de passer à l'acte.
    Un soir, il croise un individu portant une pancarte affichant « Boite de nuit anarchique, Théâtre magique, Tout le monde n'entre pas... ». Ce dernier lui offre une brochure intitulé «Le traité du loup des steppes ...seulement pour les fous ». Etrangement, le récit du fascicule reflète sa propre image, le personnage se nomme Harry et se compare à un loup des steppes en total contradiction avec lui-même. Intrigué l'homme part à la recherche de ce théâtre magique.
    Un soir d'errance, Harry entre dans une auberge et rencontre Hermine une jeune prostituée. Il se confie et la jeune femme, à son écoute, semble le comprendre. Harry voit en elle son double féminin.
    Hermine l'initiera aux plaisirs sensuels et spirituels, l'aidera à vivre avec ses contradictions et à réveiller les multiples âmes qui sommeillent en lui.
    Le destin mènera Harry au théâtre magique aux effets hallucinatoires...!
    Récit d'un chemin initiatique et spirituel, les réflexions philosophiques foisonnent mais l'essentiel de cette quête se concentre sur le « Moi », est-on habité par une multiplicité d'être ou n'avons-nous qu'une seule âme ?
    Mon intérêt se porte sur la réflexion du narrateur : « on considère fou celui qui divise en morceaux l'unité apparente de sa personne... et que la science appelle schizophrénie ». La science a certainement raison, si un schizophrène n'arrive pas à organiser et dominer ses nombreux « Moi » cela entraîne des comportements incohérents et délirants. Harry Haller (pseudo d' Hermann Hesse) explique que c'est une erreur de la science de croire que les nombreux « sous-Moi » ne peuvent être organisés et considère que la folie, dans un sens élevé, est le commencement de toute sagesse et la schizophrénie le commencement de tout art, de toute imagination... Difficile d'inculquer cette réflexion dans notre culture occidentale mais peut-être que cela vaut la peine d'y réfléchir !
    [...] « On considère comme « normaux » et même comme très estimables au point de vue social bien des hommes irrémédiablement fous et, inversement, bien des génies sont considérés comme fous ».
    Ce petit chef d'œuvre nous éclaire sur certains points de notre personnalité et nous incite à faire notre analyse intérieure.
    Mais notre éducation, notre culture et notre société nous figent dans un système matérialiste. Il est vrai qu'un peu de folie comme le dépeint l'auteur pourrait modifier nos comportements, il faudrait trouver parfois le courage de s'évader de cette vie domestique... et se laisser emporter par la douce folie d'Hermann Hesse !
    « Personne ne le commandait, il n'avait à se soumettre à personne, il disposait librement de lui ».
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    • Livres 5.00/5
    Par Iboo, le 25 octobre 2012

    Iboo
    Il m'est arrivé de critiquer sévèrement certains bouquins où j'avais le sentiment que l'auteur avait un regard totalement négatif sur le genre humain et, ce faisant, se plaçait lui-même très au-dessus de la "masse".
    Ce n'est, en aucune manière, la démarche de Harry, Le Loup des steppes. Il n'est pas ancré dans des certitudes, il est en perpétuelle recherche de La Vérité, avec passion et humilité.
    Néanmoins, je me dois d'admettre que certains passages métaphysiques m'ont été abscons. Je connaissais la signification des mots mais ne comprenais pas le sens des phrases. Mon esprit n'est pas assez libre ni assez évolué pour m'en permettre l'accès. Mes facultés de raisonnement se heurtent à des murs infranchissables érigés par l'implacable nécessité de faire face à des préoccupations quotidiennes que Le Loup des steppes qualifierait, à juste titre, de "bourgeoises".
    Bourgeoise...! Rien que ce qualificatif me hérisse le poil. Il y a, à mon sens, tant de connotations péjoratives dans ce mot "bourgeois"..."bobo"...Pour moi qui revendique le milieu modeste dont je suis issue, et dont je fais toujours partie, être qualifiée de "bourgeoise" relève de l'insulte.
    Mais il faut dépasser ce sens restrictif qu'on lui accorde et Harry a raison... je ne suis pas une bourgeoise sur le plan du statut social mais, que cela me plaise ou pas, mon esprit est bel et bien bourgeois.
    Bourgeoise par manque de courage ou de folie. Bourgeoise parce que je me suis laissée happer sans résistance par un système que les générations qui m'ont précédée avaient, elles aussi, accepté. Bourgeoise parce que je n'ai pas su, et encore moins voulu, renoncer à cette insignifiante sécurité matérielle pour traverser la vie dans une errance spirituelle et solitaire.
    Sacré bouquin ! Il aura fallu que j'arrive à la soixantaine pour me poser ces questions existentielles. Oh ! Cela ne modifiera en rien mon comportement "bourgeois" mais, grâce à l'oeuvre de Hermann Hesse, j'en ai pris conscience et on ne peut s'accepter vraiment que si l'on sait qui l'on est.
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    • Livres 3.00/5
    Par colimasson, le 24 avril 2013

    colimasson
    Le Loup des steppes aurait bien pu ne jamais connaître la moindre étagère de librairie ou de bibliothèque. Rédigé alors que Hermann Hesse résidait dans la chambre meublée d'une résidence, le manuscrit fut laissé à l'abandon lorsque son créateur changea de logement. La préface nous fait découvrir le témoignage du propriétaire qui loua cette chambre à Hermann Hesse. Celui-ci, comme il eut l'occasion de côtoyer l'homme pendant quelques mois, nous fournit une introduction éclairante qui nous permet de prendre conscience qu'à l'évidence, Hermann Hesse s'est complètement identifié à son Loup des steppes. Jusqu'à quel point ?

    Harry, le narrateur de cette histoire, vit dans des conditions similaires à celles de l'écrivain. Solitaire et sans résidence fixe, il vagabonde de chambre en chambre et limite ses relations sociales au strict minimum. Non pas qu'il méprise particulièrement ses semblables, mais face à eux, il se laisse perdre par la dualité de son âme, cette même dualité qui justifie son nom de Loup des steppes et qui le partage entre instinct sauvage et politesse courtoise. Qui est survenu en premier ? Les bonnes manières sont-elles venues corriger les pensées profondément antisociales du « loup », mais toutefois pas assez pour ne pas empêcher le persiflage de Harry vis-à-vis de son hypocrisie ? A moins que la solitude et la sauvagerie proprement bestiales aient amoindri l'homme Harry, déçu de ses expériences sociales antérieures ? Harry se pose souvent cette question et se tourmente pour savoir dans quelle part de sa personnalité se situe sa véritable nature. Il s'analyse dans chaque situation, laissant tour à tour s'exprimer l'homme et le loup qu'il croit résider en lui.

    La situation change lorsque Harry se voit remettre un manuscrit intitulé Le Loup des steppes. Un peu de miraculeux ne fait pas de mal : la magie des coïncidences a placé Harry dans la description qu'offrent ces pages. Peu ou prou, elles lui enseignent que deux entités ne se disputent pas en lui car il est multiple, indénombrable ; au contraire, c'est parce qu'il cherche sans cesse à réduire sa personnalité à un schéma fonctionnel simple qu'il n'arrive pas à progresser.

    « La division en homme et en loup, en esprit et en instinct, au moyen de laquelle Harry cherche à se rendre son sort plus intelligible, est une simplification grossière, une violation du réel en faveur d'une explication plausible, mais erronée, des contrastes que l'homme découvre en lui-même et qui lui paraissent être la source de ses souffrances assez considérables. »

    Et si Le Loup des steppes n'était qu'une mythologie ? L'idée commence à faire son chemin dans l'esprit de Harry. Les coïncidences miraculeuses se poursuivent, et Harry rencontre Hermine dans un troquet. Il applique à celle-ci la même réduction simplificatrice qu'il avait déjà appliquée à sa propre personnalité, et considère la jeune femme comme une jouisseuse avide de plaisirs faciles, d'une bonne humeur intarissable. Et pourtant, Hermine entre en communication directe avec Harry. Ils sont frères et sœurs d'instinct. le socle de leur personnalité est le même, mais à cette base est venue s'ajouter, dans chaque cas, un support différent qui oriente deux modes de vie opposés. L'un vit reclus dans le monde intellectuel et se désespère de trouver du réconfort dans les œuvres du grand art ; l'autre se grise dans la mondanité et cherche à jouir le plus vite et le plus fort possible de plaisirs éphémères ; tous deux espèrent ainsi voiler leur incapacité à se satisfaire d'une existence morne et sans enjeux.

    « Tu avais en toi une image de la vie, une croyance, une exigence, tu étais prêt à des exploits, des souffrances, des sacrifices ; et puis, peu à peu, tu remarquas que le monde n'exigeait de toi aucun exploit et aucun sacrifice, que la vie n'est pas une épopée héroïque avec des rôles en vedette, mais une cuisine bourgeoise, où l'on se contente de boire et de manger, de prendre un café, de tricoter des bas, de jouer aux cartes et d'écouter la T.S.F. Et celui qui veut et qui a en lui autre chose : l'héroïque, le beau, l'adoration des grands poètes, la piété pour les saints, n'est qu'un imbécile et un don Quichotte. »

    Le Loup des steppes, bien qu'il ne possède pas les mêmes origines sociales, finit par ressembler au Martin Eden de Jack London dans le dégoût qu'ils éprouveront tous deux pour la Musique et la littérature nobles. Ce sont des Madame Bovary mâles, grisés par les trajectoires glorieuses qu'ils ont découvert par le biais de leurs livres, et désespérés de ne pouvoir les égaler. Malheureusement, Le Loup des steppes souffre d'une nuance beaucoup moins approfondie que Martin Eden. Harry a beau vouloir jouer au vieux loup, il possède encore l'âme d'un enfant disposé à s'émerveiller de la première découverte venue. le monde des plaisirs au sein duquel il est admis grâce à Hermine –on devine que ces « plaisirs » ne le sont que parce qu'il n'a pas encore eu l'occasion de les connaître plus avant au cours de son existence- trouve grâce à ses yeux en moins d'une journée. Certes, Harry cesse de recourir à la dualité réductrice de son âme qui l'il avait autrefois scindée entre loup et homme, mais il cède à une autre grossièreté : la réduction du monde entre plaisirs bestiaux et raffinement studieux. D'une part le jazz, les nègres, les femmes et la danse ; de l'autre les professeurs, les livres et l'opéra. On espère que Le Loup des steppes se moque de nous.

    La dernière partie du roman se perd dans un dédale fantastique un peu fatigant qui n'apporte plus grand-chose aux lecteurs post-soixante-huitards que nous sommes. La morale apparaît, bien éclatante : comme il n'est pas bon de trop se prendre au sérieux, il ne l'est pas non plus de céder totalement à ses impulsions. Entre le loup et l'homme, ne choisissons pas. C'est exactement ce que Hermann Hesse nous avait déjà dit dans les premières pages du livre… tout le reste n'aura donc été qu'une démonstration mettant en scène un personnage parfois agaçant et ronflant, heureusement traversé quelquefois par des visions éblouissantes et des réflexions mélancoliques.

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-le-loup-des-steppes-1927-de-..
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 06 juin 2012

    brigittelascombe
    Où est le conte initiatique de Siddhartha (d'Hermann Hesse surnommé le Bouddhiste) qui relate la vie d'un fils de Brahmane à la recherche de sa propre lumière?
    Déboussollée au départ par Le loup des steppes (chez le livre de poche), l'histoire d'un quinquagénaire intellectuel, solitaire et dépressif, qui, un jour se reconnait dans un texte intitulé Traité sur Le loup des steppes qui le renvoie à sa propre dualité) je me suis aperçue que l'auteur évoque ici une même quête existentielle que dans son précédent ouvrage.
    "Je misais des étoiles" dit Harry l'Allemand sans famille et sans but dont la vie "a le goût de l'amertume humaine".
    Il "visait des étoiles" mais s'aperçoit qu'il est double sensible, raffiné, érudit d'un côté et loup cruel de l'autre qui doit "s'abreuver de sang de temps en temps ou courir une louve" c'est à dire qu'il a des mauvais penchants. Il souffre, a envie de mourir.
    Hermann Hesse (romancier,essayiste,poète,philosophe allemand,prix Nobel de littérature en 1946) a mis beaucoup de lui dans ce roman à la recherche de sa propre lumière, de l'élévation,de l'acceptation de soi.
    Du dégout au refuge dans la Musique, dans l'alcool,l'errance ou la philosophie, de sa rencontre avec Hermine qui l'entraine vers la débauche puis lui apporte l'harmonie, c'est une unification des facettes d'une personnalité scindée (on pense à la dualité de L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde de Stevenson) qui s'établit sous nos yeux.
    Malgré le succés tardif de ce roman inititiaque, psychologique, mystique et visionnaire (puisqu'Hermann Hesse prévoit une "guerre prochaine,probablement plus hideuse") Le loup des steppes qui évoque la crise spirituelle de notre civilisation pur produit de la société de consommation (rejetée par l'auteur) a été adapté en film et traduit en plusieurs langues.
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Citations et extraits

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  • Par ibon, le 17 mai 2013

    L'homme puissant périt par la puissance; le cupide, par l'argent; l'humble, par la servitude; le jouisseur, par la volupté. Le Loup des steppes, lui, périt par l'indépendance.

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  • Par colimasson, le 15 mai 2013

    Tandis que moi, Harry Haller, me trouvais là, dans la rue, amadoué et flatté, poli et courtois, souriant à la bonne figure myope de cet homme aimable, l’autre Harry se tenait à son ombre et ricanait, lui aussi. Il se dressait sarcastique et se disait que j’étais un drôle de type, hypocrite et loufoque, qui, il y avait à peine deux minutes, montrait furieusement les dents à toute cette terre maudite, et qui, maintenant, au premier mot inoffensif d’un bon bourgeois respectable, volait au-devant de lui, attendri, zélé, touché, et se vautrait comme un porc dans la joie d’avoir trouvé un petit bout d’estime, de gentillesse et de bienveillance.
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  • Par colimasson, le 13 mai 2013

    Quand Harry se sent un homme-loup et se croit composé de deux éléments hostiles et opposés, ce n’est qu’un mythe simplificateur. Harry n’est pas le moins du monde un homme-loup, et si nous avons, apparemment sans le remarquer, accepté ce mensonge inventé et cru par lui-même, si nous avons effectivement cherché à l’envisager et à l’interpréter comme un être double, ce n’est que dans l’espoir d’être mieux compris ; nous avons profité d’une erreur que, maintenant, nous tâcherons de corriger.
    La division en homme et en loup, en esprit et en instinct, au moyen de laquelle Harry cherche à se rendre son sort plus intelligible, est une simplification grossière, une violation du réel en faveur d’une explication plausible, mais erronée, des contrastes que l’homme découvre en lui-même et qui lui paraissent être la source de ses souffrances assez considérables.
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  • Par colimasson, le 11 mai 2013

    Aux loups des steppes inapaisés, qui souffrent perpétuellement et terriblement, à qui est refusée la force nécessaire au tragique, au brisement dans l’espace étoilé, qui se sentent destinés à l’absolu et pourtant ne sont pas en état d’y vivre ; à ceux-là, quand leur esprit est vivifié et assoupli par la souffrance, se présente la voie conciliatrice de l’humour.

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  • Par colimasson, le 09 mai 2013

    Mais lorsque enfin il se sentit absolument libre, Harry s’aperçut soudain que sa liberté était une mort, qu’il était resté seul, que le monde le laissait lugubrement tranquille, qu’il ne se souciait plus des hommes ni de lui-même, qu’il étouffait lentement dans une atmosphère toujours plus rare de vide et d’isolement. La solitude et l’indépendance avaient cessé d’être son désir et son but pour devenir son sort et sa condamnation ; le vœu magique était formulé et ne pouvait être repris ; cela ne servait plus à rien de tendre les mains, d’être plein de désir et de bonne volonté, prêt à l’attachement et à la communauté : maintenant on le laissait seul.
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