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> Juliette Pary (Traducteur)

ISBN : 2253002933
Éditeur : Le Livre de Poche (1991)


Note moyenne : 4.03/5 (sur 694 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Harry Haller, c'est cet homme hors du monde, isolé, inadapté à la vie de ses semblables, qui se décrit comme un "loup des steppes". Mais c'est un loup à visage humain, à la fois le fauve libre à l'instinct sauvage et carnassier et cet homme sensible, doué d'une grande i... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 14 novembre 2012

    Nastasia-B
    Le Loup Des Steppes m’apparaît comme la tentative honnête d’un écrivain à décrypter le sens de son existence et à nous relater certaines de ses expériences, de ses réflexions ou de ses états mentaux face à cette thématique.
    En ce sens, ce livre n’est pas un roman ordinaire. Je le rangerais volontiers auprès d’un ouvrage comme Sur La Route de Jack Kerouac, dans la catégorie des livres qui s’intéressent à la quête de sens et d’expériences extrêmes, dans celle qui sont non pas des histoires mais des états d’esprit.
    De même qu’avec Kerouac, il faut être en résonance avec l’auteur pour que l’alchimie de lecture fonctionne, sans quoi c’est une déception cruelle pour le lecteur. Ce n’est pas un livre qu’on peut, à mon sens, apprécier si l’on n’y vibre pas, s’il ne nous sort pas nos propres tripes sur la table. On ne peut pas l’aimer « un peu ». Soit on déteste, soit, et c’est mon cas, ce livre représente un rare moment de bonheur littéraire, édifiant comme rarement livre ou expérience peut l’être.
    Le roman comporte plusieurs moments avec des identités bien différenciées mais non clairement délimités spatialement par une fin de chapitre ou une indication de partie. J’aurais tendance à dire quatre moments, mais c’est discutable car ambigu. Je ne vous mentirai pas en vous affirmant qu’ils m’ont tous autant enchantés les uns que les autres. J’ai moins vibré lors des moments 1 et 4, qui correspondent évidemment au début et à la fin du roman. Par contre, les deux autres moments m’ont tellement plu, tellement subjuguée, ont été tellement forts et parlants à ma sensibilité qu’ils suffisent à eux seuls à expliquer tout mon enthousiasme à évoquer cette œuvre si particulière.
    Harry Haller (tiens, deux H pour initiales, comme un certain Hermann Hesse) approche de la cinquantaine. C’est un homme d’une culture, d’une intelligence et d’une sensibilité hors du commun, tellement hors du commun qu’il ne se sent à sa place nulle part auprès de ses contemporains plus « ordinaires ». Il se sent une double personnalité : d’une part l’homme, brillant, attiré vers les sujets élevés, culturels, mystiques, philosophiques ; d’autre par le loup, misanthrope, sauvage, agressif, écorché vif, fuyant.
    Harry Haller vogue à l’aveuglette, de dégoût en déception sur l’humanité qu’il ne comprend pas, qui ne le comprend pas, vers un naufrage certain. Les piètres consolations que lui procurent l’alcool aident toutefois à lui rendre la vie encore supportable… mais pour combien de temps !
    Un soir d’errance et de mal-être, Harry voit surgir un homme muni d’une pancarte où l’on peut clairement lire « Soirée anarchiste ! Théâtre magique ! Tout le monde n’est pas autorisé à entrer ». L’homme possède aussi de petites brochures intitulées « Traité sur le loup des steppes. Tout le monde n’est pas autorisé à lire. » Puis l’homme disparaît en laissant simplement une brochure à Harry.
    Évidemment, Harry va retrouver dans cette brochure son portrait complet, mais avec des allusions et des dérisions qui vont l’amener à s’interroger sur lui-même, à se sonder intimement et à se remettre en question.
    Cependant, pas bien avancé par ces découvertes, ces mises en lumière ou ces mises en mots de ce qu’il avait toujours plus ou moins su inconsciemment, Harry aurait été prêt de sombrer à nouveau et même de mettre fin à ses jours s’il n’était tombé sur la ravissante petite Hermine (tiens, un féminin d’Hermann !)…
    Saura-t-elle lui montrer ce que c’est vraiment que la vie ? Autre chose ? Que saura-t-elle, elle, que lui ne savait pas ? Quelles personnes pourrait-elle bien lui faire rencontrer ? Dans quel but ? Le tout est de savoir si vous êtes, vous aussi, prêt à faire l’expérience, à vivre ou revivre mille vies en une, à vos risques et périls…
    On comprend tout à fait à la lecture de ce livre qu’il ait constitué une référence, tout comme le susnommé Sur La Route, pour la génération hippie des années 1960-70, elle aussi en quête de sens et prête à toute les tentatives, toutes les substances, licites ou illicites, toutes les aspirations, mystiques ou sensitives, comme notre vieux loup des steppes.
    En tout cas, un très grand coup de cœur pour moi, un livre qui m’a marquée et qui continuera longtemps de le faire, je pense, mais ce n’est là que mon avis, mon tout petit avis chétif, c’est-à-dire, bien peu de chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par andman, le 17 novembre 2013

    andman
    Paru deux ans avant la terrible crise dépressionnaire de 1929, « Le loup des steppes » est le roman le plus célèbre d'Hermann Hesse, œuvre qui donne la mesure du talent de ce pacifiste visionnaire.
    L'écrivain allemand s'est pleinement identifié à son personnage principal, un cinquantenaire solitaire imprégné du vague à l'âme de l'entre-deux-guerres. Les idées réactionnaires qui gagnent du terrain dans une Allemagne revancharde l'inquiètent profondément et l'aveuglement de ses compatriotes, de plus en plus perméables aux thèses nationalistes, l'effraie au plus haut point.
    « Le loup des steppes » commence par une préface de l'éditeur qui en réalité est intégrée au roman et permet fort habilement de jeter les bases de l'histoire. Cet éditeur dispose d'une chambre chez une tante qui loue également une mansarde à un étranger : Harry Haller.
    Intrigué par cet allemand courtois qui émerge seulement en fin de journée pour une promenade dans le Paris vespéral, l'éditeur observe discrètement le nouveau locataire. Quelques échanges de bon voisinage, des rencontres fortuites dans une salle de concerts ou un café attisent un peu plus sa perplexité concernant cet homme énigmatique qui semble en grande souffrance. Et puis un jour, ce singulier locataire s'en va sans laisser d'adresse mais en léguant à l'éditeur le manuscrit dans lequel sont consignés les écrits de son séjour.
    Harry Haller est un homme d'une sensibilité peu commune, d'une grande culture, un homme rare. Les milieux bourgeois qu'il fréquentait naguère appréciaient beaucoup son érudition, ses poèmes, ses aquarelles lumineuses…
    Intransigeant en matière artistique, Harry ne supporte plus aujourd'hui le conformisme ambiant, il abhorre cet optimisme irréprochable du bourgeois qui affiche avec délectation ses penchants pour le médiocre, le normal, le passable. Ainsi ses relations amicales se sont-elles réduites comme une peau de chagrin, sa femme aussi l'a quitté.
    Harry est seul désormais. L'angoisse de vivre et l'angoisse de mourir se partagent le quotidien de cet être asocial à la personnalité duale qui a le sentiment d'être un homme-loup, mélange de sublime et de sauvagerie.
    Un soir où les idées noires l'assaillent au point qu'il n'ose pas regagner sa mansarde par peur de commettre l'acte fatal, il rencontre dans une taverne une jeune femme pétillante de vie, Hermine, qui tout de go s'intéresse à lui et le materne.
    Cette rencontre opportune permettra-t-elle à Harry d'échapper aux démons qui le hantent, de goûter à des plaisirs insoupçonnés, de découvrir sa vraie personnalité ?
    Tel un breuvage désaltérant, j'ai trouvé ce livre d'une grande fraîcheur !
    Le personnage d'Harry Haller m'a d'emblée captivé et c'est heureux car c'est la condition sine qua non pour apprécier pleinement cette œuvre majeure d'Herman Hesse.
    Roman initiatique, roman philosophique, roman de la vie, « Le loup des steppes » ne peut laisser indifférent. Il constitue une formidable base de réflexion sur des problématiques existentielles et incite le lecteur à plus ou moins d'introspection en matière d'altérité.
    Quatre décennies après sa parution, la génération des sixties éprise de libertés porta aux nues « Le loup des steppes ». Aujourd'hui encore, le côté magique de ce roman subversif est une aubaine pour le lecteur en recherche de soi.
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    • Livres 5.00/5
    Par Erveine2014, le 23 février 2014

    Erveine2014
    LE LOUP DES STEPPES

    Petit loup, pelage de velours
    Duvet volant, duvet naissant.
    Truffe luisante, noir étincelant
    Deux yeux implorent l’amour.
    Chasseur en herbe, fait ses armes
    Dressé sur ses pattes, hurlant au vent.
    Gueule ouverte sort ses crocs blancs
    Avale sa proie, sans une larme.
    Loup sauvage, fait des ravages
    Loup sans âge, un vieux présage.
    Loup enragé, sème la terreur
    Loup solitaire, répand la peur.
    Grand loup hurle à la lune,
    A différent, aucun pardon
    Ni loup, ni louve à l’horizon.
    Pas même un chien de prairie
    Juste le désert sans un cri,
    Ni végétation, ni même un cep.
    Juste le loup dans les steppes,
    Un loup surgit du haut de sa dune.
    Erveine2014
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    • Livres 2.00/5
    Par viou1108, le 13 décembre 2013

    viou1108
    Lu dans le cadre du Challenge Nobel
    Je n'avais pas encore dépassé la 10ème page du Loup des steppes que déjà je me disais « waow, c'est du lourd ». Vous m'auriez dit « c'est un peu court, jeune fille », et je conviens de suite avec vous que cette expression un brin familière contraste fortement avec le style ultra-classique de l'écriture. J'aurais dû dire quelque chose comme « il suffit d'avoir parcouru quelques lignes de cette œuvre pour comprendre qu'on a affaire à un récit d'une richesse inouïe, et que même en le relisant à de nombreuses reprises, on y découvrirait chaque fois quelque chose de nouveau ».
    Certes. Par où, dès lors, commencer cet avis ? Comment oser même le commencer, tellement il semble difficile de résumer ce roman si ample ? Forcément, on risque d'oublier quelque chose.
    Commençons donc par les faits. Nous sommes dans les années 1920, dans une petite pension qui fleure bon la Germanie, et dans laquelle réside Harry Haller, la cinquantaine.
    Harry est un intellectuel de haut vol, ou qui se considère comme tel, antimilitariste, et affligé d'un complexe de supériorité consternant, par rapport à l'hypocrite classe bourgeoise, qu'il méprise en raison des penchants de celle-ci pour les futiles petits plaisirs de la vie.
    Harry est un personnage aigri, grincheux, nombriliste qui cache sa misanthropie sous un vernis d'affabilité et de civilisation.
    Harry est un loup solitaire qui ne s'assume pas, qui se prend trop au sérieux dans sa quête d'absolu, recherchant désespérément le bonheur dans une sorte de pureté intellectuelle immortelle, détachée de toutes les contingences quotidiennes.
    Harry est un naïf, mais il se rend bien vite compte que cet état lui est inaccessible, tiraillé qu'il est par sa propre part d'ombre, celle qui l'attire irrésistiblement vers une animalité qu'il juge décadente et indigne de lui.
    Harry se sent donc schizophrène, et souffre le martyre, au point d'envisager le suicide.
    Une nuit d'errance à travers la ville le conduit par hasard (est-ce vraiment le hasard ?) devant la porte du Théâtre Magique (« seulement pour les fous »). Il y rencontre une étrange jeune femme, Hermine, qui pourrait bien être son double féminin. Et la voilà qui entraîne Harry dans un tourbillon, le tourbillon d'la vie, comme dirait Jeanne Moreau. Hermine lui apprend à danser, à apprécier le jazz, lui qui ne jure que par Mozart, à séduire les femmes, à goûter alcools et drogues pour mieux lâcher prise.
    Le chemin est difficile pour Harry, qui culpabilise, souvent tenté de retourner à sa vie d'ermite. Mais il se laissera apprivoiser et guider sans trop résister, jusqu'à… Jusqu'à quoi, d'ailleurs ? Cela reste mystérieux pour moi. Je ne suis pas certaine d'avoir compris ce qu'Hermann Hesse a voulu dire. Tellement de thèmes parcourent ce roman, et tellement d'interprétations en sont possibles, qu'il me laisse perplexe.
    On sent bien le climat pessimiste de l'époque, après la tuerie de 14-18 et avant la « drôle de guerre » dont, insidieusement, on commence à poser les jalons outre-Rhin. On comprend bien également que l'auteur se livre à une critique féroce des mœurs décadentes de cette période, où on ne respecte plus grand-chose, où on se contente de consommer sans se fatiguer à réfléchir (thème actuel s'il en est…). On voit bien aussi le dilemme d'Harry avec la métaphore du loup des steppes, l'opposition raison/état de nature. Dilemme qui se complique quand Harry comprend que sa personnalité n'est pas seulement double, mais multiple, comme quand on se regarde dans un miroir brisé.
    Je n'ai pas réellement adhéré à l'univers fantastique du Théâtre Magique je n'en ai pas compris le sens. le message est-il qu'il faut se réfugier dans les drogues pour ne plus souffrir ? qu'il faut prendre la vie avec légèreté sans se poser de questions ? qu'être trop sérieux revient à être hypocrite ?
    Je n'ai pas trouvé les réponses, dans cette atmosphère lourde, étouffante, entre onirisme et psychanalyse, entre Kafka et Nietzsche. Trip sous acide d'une lost generation avant la date ?
    En tout cas, difficile de s'attacher à ce personnage en pleine crise existentielle.
    Je n'ai peut-être rien compris, mais je trouve que ce Loup a mal vieilli…
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    • Livres 5.00/5
    Par Iboo, le 25 octobre 2012

    Iboo
    Il m'est arrivé de critiquer sévèrement certains bouquins où j'avais le sentiment que l'auteur avait un regard totalement négatif sur le genre humain et, ce faisant, se plaçait lui-même très au-dessus de la "masse".
    Ce n'est, en aucune manière, la démarche de Harry, Le Loup des steppes. Il n'est pas ancré dans des certitudes, il est en perpétuelle recherche de La Vérité, avec passion et humilité.
    Néanmoins, je me dois d'admettre que certains passages métaphysiques m'ont été abscons. Je connaissais la signification des mots mais ne comprenais pas le sens des phrases. Mon esprit n'est pas assez libre ni assez évolué pour m'en permettre l'accès. Mes facultés de raisonnement se heurtent à des murs infranchissables érigés par l'implacable nécessité de faire face à des préoccupations quotidiennes que Le Loup des steppes qualifierait, à juste titre, de "bourgeoises".
    Bourgeoise...! Rien que ce qualificatif me hérisse le poil. Il y a, à mon sens, tant de connotations péjoratives dans ce mot "bourgeois"..."bobo"...Pour moi qui revendique le milieu modeste dont je suis issue, et dont je fais toujours partie, être qualifiée de "bourgeoise" relève de l'insulte.
    Mais il faut dépasser ce sens restrictif qu'on lui accorde et Harry a raison... je ne suis pas une bourgeoise sur le plan du statut social mais, que cela me plaise ou pas, mon esprit est bel et bien bourgeois.
    Bourgeoise par manque de courage ou de folie. Bourgeoise parce que je me suis laissée happer sans résistance par un système que les générations qui m'ont précédée avaient, elles aussi, accepté. Bourgeoise parce que je n'ai pas su, et encore moins voulu, renoncer à cette insignifiante sécurité matérielle pour traverser la vie dans une errance spirituelle et solitaire.
    Sacré bouquin ! Il aura fallu que j'arrive à la soixantaine pour me poser ces questions existentielles. Oh ! Cela ne modifiera en rien mon comportement "bourgeois" mais, grâce à l'oeuvre de Hermann Hesse, j'en ai pris conscience et on ne peut s'accepter vraiment que si l'on sait qui l'on est.
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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 03 octobre 2012

    Je sens brûler en moi un désir sauvage d'éprouver des sentiments intenses, des sensations ; une rage contre cette existence en demi-teinte, plate, uniforme et stérile ; une envie furieuse de détruire quelque chose, un grand magasin, par exemple, une cathédrale, ou moi-même ; une envie de commettre des actes absurdes et téméraires, d'arracher leur perruque à quelques idoles vénérées, de munir deux ou trois écoliers rebelles du billet tellement désiré qui leur permettrait de partir pour Hambourg, de séduire une petite jeune fille ou de tordre le cou à quelques représentants de l'ordre bourgeois. Car rien ne m'inspire un sentiment plus vif de haine, d'horreur et d'exécration que ce contentement, cette bonne santé, ce bien-être, cet optimisme irréprochable du bourgeois, cette volonté de faire prospérer généreusement le médiocre, le normal, le passable.
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  • Par Nastasia-B, le 07 novembre 2012

    L'empereur, les généraux, les capitaines d'industrie, les politiciens, les journaux, personne n'a la moindre chose à se reprocher, personne n'est coupable de quoi que ce soit ! On pourrait penser que tout va pour le mieux autour de nous. Seulement il y a ces douze millions de tués qui reposent en terre. (...) Les deux tiers de mes compatriotes lisent ce genre de journaux ; ils lisent chaque matin et chaque soir ce genre de propos. Chaque jour, on les travaille, on les exhorte, on excite leur haine, on fait d'eux des êtres insatisfaits et méchants. Le but et le terme de cette entreprise sont une fois de plus la guerre : celle qui approche, celle qui vient, et qui sera sans doute plus hideuse encore que la précédente. Tout cela est limpide et simple. Chaque homme pourrait le comprendre, pourrait aboutir à la même conclusion, s'il se donnait simplement la peine de réfléchir une heure. Mais personne n'en a la volonté ; personne ne veut éviter la prochaine guerre ; personne ne veut épargner à soi-même et à ses enfants le prochain massacre de millions d'hommes, si c'est au prix d'un tel effort. Réfléchir une heure ; rentrer en soi-même pendant un moment et se demander quelle part on prend personnellement au règne du désordre et de la méchanceté dans le monde, quel est le poids de notre responsabilité ; cela, vois-tu, personne n'en a envie ! Voilà pourquoi tout continuera comme avant ; voilà pourquoi jour après jour, des milliers et des milliers d'hommes préparent avec zèle la prochaine guerre.

    (P. S. : Non, vous ne rêvez pas, ces lignes ont bien été écrites par Hermann Hesse en 1927, soit 6 ans avant l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler. Cela laisse rêveur, vous ne trouvez pas ?)
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  • Par andman, le 18 novembre 2013

    LES IMMORTELS

    Sans cesse, du fond des vallées de la terre
    Montent vers nous les vapeurs d’une vie intense,
    Détresse cruelle, folle exubérance,
    Fumées écarlates de mille orgies sanguinaires,
    Spasmes du plaisir, désirs sans frontières,
    Mains de meurtriers, mais d’usuriers, mains d’hommes en prière
    Nuées d’êtres flagellés par l’angoisse et la volupté
    Qui exhalent des parfums sensuels et putrides, chauds et grossiers,
    Respirent la félicité et la lubricité sauvage,
    Se dévorent entre eux, puis se vomissent,
    Engendrent des guerres et de gracieux ouvrages
    Ornent de leur folie les maisons de joie d’où les flammes jaillissent,
    Rampent, se consument et se prostituent en jouissant
    Des plaisirs médiocres et crus de leur univers enfantin,
    Elan vital qui pour chacun renaît des flots mouvants,
    Puis décline, redevient boue enfin.

    Nous autres, au contraire, nous avons atteint
    L’éther glacé, constellé d’astres radieux,
    Les jours, les heures ne signifient plus rien,
    Nous ne sommes plus ni hommes ni femmes, ni jeunes ni vieux,
    Nous regardons de loin vos angoisses, vos péchés,
    Vos jouissances lubriques, vos meurtres cruels,
    Comme les soleils suivant leur course dans le ciel,
    Chacun de nos jours dure une éternité.
    Hochant la tête, silencieux, face à votre existence convulsive,
    Observant, silencieux, les astres tournoyant sur eux-mêmes,
    Nous respirons du cosmos l’atmosphère hivernale,
    Du dragon céleste nous sommes les amis,
    Notre vie éternelle est figée, d’une immobilité glaciale,
    Notre rire éternel est clair, d’une froideur infinie.

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  • Par Nastasia-B, le 17 novembre 2012

    Il existe un assez grand nombre de personnes semblables à Harry. Beaucoup d'artistes notamment possèdent le même type de personnalité. Ces êtres ont deux âmes, deux essences. En eux, le divin et le diabolique, le sang maternel et paternel, l'aptitude au bonheur et au malheur coexistent ou se mêlent de manière aussi conflictuelle et confuse que le loup et l'homme chez Harry. Dans de rares instants de félicité, ces hommes menant une existence fort agitée éprouvent également un sentiment d'une intensité extrême, d'une indicible beauté. Parfois même, l'écume de ce court ravissement jaillit si haut, elle est d'une blancheur si éblouissante au-dessus de l'océan des souffrances, que le bonheur éclatant irradie vers les autres, les touche et les envoûte. Ainsi naissent, telle l'écume précieuse et éphémère de la joie sur les flots de la douleur, toutes ces œuvres d'art à travers lesquelles un individu malheureux s'affranchit pour un heure de sa destinée, atteignant une telle hauteur que sa félicité luit comme une étoile et semble, aux yeux de ceux qui l'aperçoivent, refléter quelque chose d'éternel, un rêve de bonheur.
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  • Par Nadael, le 04 octobre 2010

    Ma vie avait été pénible, incohérente et malheureuse, elle conduisait au renoncement et au reniement, elle avait le goût de l'amertume humaine, mais elle était riche, fière et riche, souveraine même dans la misère. Qu'importait que le petit bout de chemin qui restait jusqu'au crépuscule fût, lui aussi, lamentablement perdu; le noyau de cette vie était noble, elle avait de la dignité, de la race : je ne misais pas des sous, je misais des étoiles.
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