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> Juliette Pary (Traducteur)

ISBN : 2253002933
Éditeur : Le Livre de Poche (1991)


Note moyenne : 4.04/5 (sur 883 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Au premier abord, Harry Haller impressionne désagréablement le neveu de sa nouvelle logeuse, peut-être par le regard mi-satisfait mi-moqueur dont il examine les aîtres, comme si le confort bourgeois de . la maison lui semblait à la fois étranger, plaisant et dérisoire.... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 14 novembre 2012

    Nastasia-B
    Le Loup Des Steppes m'apparaît comme la tentative honnête d'un écrivain à décrypter le sens de son existence et à nous relater certaines de ses expériences, de ses réflexions ou de ses états mentaux face à cette thématique.
    En ce sens, ce livre n'est pas un roman ordinaire. Je le rangerais volontiers auprès d'un ouvrage comme Sur La Route de Jack Kerouac, dans la catégorie des livres qui s'intéressent à la quête de sens et d'expériences extrêmes, dans celle qui sont non pas des histoires mais des états d'esprit.
    De même qu'avec Kerouac, il faut être en résonance avec l'auteur pour que l'alchimie de lecture fonctionne, sans quoi c'est une déception cruelle pour le lecteur. Ce n'est pas un livre qu'on peut, à mon sens, apprécier si l'on n'y vibre pas, s'il ne nous sort pas nos propres tripes sur la table. On ne peut pas l'aimer « un peu ». Soit on déteste, soit, et c'est mon cas, ce livre représente un rare moment de bonheur littéraire, édifiant comme rarement livre ou expérience peut l'être.
    Le roman comporte plusieurs moments avec des identités bien différenciées mais non clairement délimités spatialement par une fin de chapitre ou une indication de partie. J'aurais tendance à dire quatre moments, mais c'est discutable car ambigu. Je ne vous mentirai pas en vous affirmant qu'ils m'ont tous autant enchantés les uns que les autres. J'ai moins vibré lors des moments 1 et 4, qui correspondent évidemment au début et à la fin du roman. Par contre, les deux autres moments m'ont tellement plu, tellement subjuguée, ont été tellement forts et parlants à ma sensibilité qu'ils suffisent à eux seuls à expliquer tout mon enthousiasme à évoquer cette oeuvre si particulière.
    Harry Haller (tiens, deux H pour initiales, comme un certain Hermann Hesse) approche de la cinquantaine. C'est un homme d'une culture, d'une intelligence et d'une sensibilité hors du commun, tellement hors du commun qu'il ne se sent à sa place nulle part auprès de ses contemporains plus « ordinaires ». Il se sent une double personnalité : d'une part l'homme, brillant, attiré vers les sujets élevés, culturels, mystiques, philosophiques ; d'autre par le loup, misanthrope, sauvage, agressif, écorché vif, fuyant.
    Harry Haller vogue à l'aveuglette, de dégoût en déception sur l'humanité qu'il ne comprend pas, qui ne le comprend pas, vers un naufrage certain. Les piètres consolations que lui procurent l'alcool aident toutefois à lui rendre la vie encore supportable… mais pour combien de temps !
    Un soir d'errance et de mal-être, Harry voit surgir un homme muni d'une pancarte où l'on peut clairement lire « Soirée anarchiste ! Théâtre magique ! Tout le monde n'est pas autorisé à entrer ». L'homme possède aussi de petites brochures intitulées « Traité sur le loup des steppes. Tout le monde n'est pas autorisé à lire. » Puis l'homme disparaît en laissant simplement une brochure à Harry.
    Évidemment, Harry va retrouver dans cette brochure son portrait complet, mais avec des allusions et des dérisions qui vont l'amener à s'interroger sur lui-même, à se sonder intimement et à se remettre en question.
    Cependant, pas bien avancé par ces découvertes, ces mises en lumière ou ces mises en mots de ce qu'il avait toujours plus ou moins su inconsciemment, Harry aurait été prêt de sombrer à nouveau et même de mettre fin à ses jours s'il n'était tombé sur la ravissante petite Hermine (tiens, un féminin d'Hermann !)…
    Saura-t-elle lui montrer ce que c'est vraiment que la vie ? Autre chose ? Que saura-t-elle, elle, que lui ne savait pas ? Quelles personnes pourrait-elle bien lui faire rencontrer ? Dans quel but ? le tout est de savoir si vous êtes, vous aussi, prêt à faire l'expérience, à vivre ou revivre mille vies en une, à vos risques et périls…
    On comprend tout à fait à la lecture de ce livre qu'il ait constitué une référence, tout comme le susnommé Sur La Route, pour la génération hippie des années 1960-70, elle aussi en quête de sens et prête à toute les tentatives, toutes les substances, licites ou illicites, toutes les aspirations, mystiques ou sensitives, comme notre vieux loup des steppes.
    En tout cas, un très grand coup de coeur pour moi, un livre qui m'a marquée et qui continuera longtemps de le faire, je pense, mais ce n'est là que mon avis, mon tout petit avis chétif, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par andman, le 17 novembre 2013

    andman
    Paru deux ans avant la terrible crise dépressionnaire de 1929, « le Loup des steppes » est le roman le plus célèbre d'Hermann Hesse, oeuvre qui donne la mesure du talent de ce pacifiste visionnaire.
    L'écrivain allemand s'est pleinement identifié à son personnage principal, un cinquantenaire solitaire imprégné du vague à l'âme de l'entre-deux-guerres. Les idées réactionnaires qui gagnent du terrain dans une Allemagne revancharde l'inquiètent profondément et l'aveuglement de ses compatriotes, de plus en plus perméables aux thèses nationalistes, l'effraie au plus haut point.
    « le Loup des steppes » commence par une préface de l'éditeur qui en réalité est intégrée au roman et permet fort habilement de jeter les bases de l'histoire. Cet éditeur dispose d'une chambre chez une tante qui loue également une mansarde à un étranger : Harry Haller.
    Intrigué par cet allemand courtois qui émerge seulement en fin de journée pour une promenade dans le Paris vespéral, l'éditeur observe discrètement le nouveau locataire. Quelques échanges de bon voisinage, des rencontres fortuites dans une salle de concerts ou un café attisent un peu plus sa perplexité concernant cet homme énigmatique qui semble en grande souffrance. Et puis un jour, ce singulier locataire s'en va sans laisser d'adresse mais en léguant à l'éditeur le manuscrit dans lequel sont consignés les écrits de son séjour.
    Harry Haller est un homme d'une sensibilité peu commune, d'une grande culture, un homme rare. Les milieux bourgeois qu'il fréquentait naguère appréciaient beaucoup son érudition, ses poèmes, ses aquarelles lumineuses…
    Intransigeant en matière artistique, Harry ne supporte plus aujourd'hui le conformisme ambiant, il abhorre cet optimisme irréprochable du bourgeois qui affiche avec délectation ses penchants pour le médiocre, le normal, le passable. Ainsi ses relations amicales se sont-elles réduites comme une peau de chagrin, sa femme aussi l'a quitté.
    Harry est seul désormais. L'angoisse de vivre et l'angoisse de mourir se partagent le quotidien de cet être asocial à la personnalité duale qui a le sentiment d'être un homme-loup, mélange de sublime et de sauvagerie.
    Un soir où les idées noires l'assaillent au point qu'il n'ose pas regagner sa mansarde par peur de commettre l'acte fatal, il rencontre dans une taverne une jeune femme pétillante de vie, Hermine, qui tout de go s'intéresse à lui et le materne.
    Cette rencontre opportune permettra-t-elle à Harry d'échapper aux démons qui le hantent, de goûter à des plaisirs insoupçonnés, de découvrir sa vraie personnalité ?
    Tel un breuvage désaltérant, j'ai trouvé ce livre d'une grande fraîcheur !
    Le personnage d'Harry Haller m'a d'emblée captivé et c'est heureux car c'est la condition sine qua non pour apprécier pleinement cette oeuvre majeure d'Herman Hesse.
    Roman initiatique, roman philosophique, roman de la vie, « le Loup des steppes » ne peut laisser indifférent. Il constitue une formidable base de réflexion sur des problématiques existentielles et incite le lecteur à plus ou moins d'introspection en matière d'altérité.
    Quatre décennies après sa parution, la génération des sixties éprise de libertés porta aux nues « le Loup des steppes ». Aujourd'hui encore, le côté magique de ce roman subversif est une aubaine pour le lecteur en recherche de soi.
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    • Livres 5.00/5
    Par Erveine, le 23 février 2014

    Erveine
    LE LOUP DES STEPPES

    Petit loup, pelage de velours
    Duvet volant, duvet naissant.
    Truffe luisante, noir étincelant
    Deux yeux implorent l'amour.
    Chasseur en herbe, fait ses armes
    Dressé sur ses pattes, hurlant au vent.
    Gueule ouverte sort ses crocs blancs
    Avale sa proie, sans une larme.
    Loup sauvage, fait des ravages
    Loup sans âge, un vieux présage.
    Loup enragé, sème la terreur
    Loup solitaire, répand la peur.
    Grand loup hurle à la lune,
    A différent, aucun pardon
    Ni loup, ni louve à l'horizon.
    Pas même un chien de prairie
    Juste le désert sans un cri,
    Ni végétation, ni même un cep.
    Juste le loup dans les steppes,
    Un loup surgit du haut de sa dune.
    Erveine2014
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    • Livres 2.00/5
    Par viou1108, le 13 décembre 2013

    viou1108
    Lu dans le cadre du Challenge Nobel
    Je n'avais pas encore dépassé la 10ème page du Loup des steppes que déjà je me disais « waow, c'est du lourd ». Vous m'auriez dit « c'est un peu court, jeune fille », et je conviens de suite avec vous que cette expression un brin familière contraste fortement avec le style ultra-classique de l'écriture. J'aurais dû dire quelque chose comme « il suffit d'avoir parcouru quelques lignes de cette oeuvre pour comprendre qu'on a affaire à un récit d'une richesse inouïe, et que même en le relisant à de nombreuses reprises, on y découvrirait chaque fois quelque chose de nouveau ».
    Certes. Par où, dès lors, commencer cet avis ? Comment oser même le commencer, tellement il semble difficile de résumer ce roman si ample ? Forcément, on risque d'oublier quelque chose.
    Commençons donc par les faits. Nous sommes dans les années 1920, dans une petite pension qui fleure bon la Germanie, et dans laquelle réside Harry Haller, la cinquantaine.
    Harry est un intellectuel de haut vol, ou qui se considère comme tel, antimilitariste, et affligé d'un complexe de supériorité consternant, par rapport à l'hypocrite classe bourgeoise, qu'il méprise en raison des penchants de celle-ci pour les futiles petits plaisirs de la vie.
    Harry est un personnage aigri, grincheux, nombriliste qui cache sa misanthropie sous un vernis d'affabilité et de civilisation.
    Harry est un loup solitaire qui ne s'assume pas, qui se prend trop au sérieux dans sa quête d'absolu, recherchant désespérément le bonheur dans une sorte de pureté intellectuelle immortelle, détachée de toutes les contingences quotidiennes.
    Harry est un naïf, mais il se rend bien vite compte que cet état lui est inaccessible, tiraillé qu'il est par sa propre part d'ombre, celle qui l'attire irrésistiblement vers une animalité qu'il juge décadente et indigne de lui.
    Harry se sent donc schizophrène, et souffre le martyre, au point d'envisager le suicide.
    Une nuit d'errance à travers la ville le conduit par hasard (est-ce vraiment le hasard ?) devant la porte du Théâtre Magique (« seulement pour les fous »). Il y rencontre une étrange jeune femme, Hermine, qui pourrait bien être son double féminin. Et la voilà qui entraîne Harry dans un tourbillon, le tourbillon d'la vie, comme dirait Jeanne Moreau. Hermine lui apprend à danser, à apprécier le jazz, lui qui ne jure que par Mozart, à séduire les femmes, à goûter alcools et drogues pour mieux lâcher prise.
    Le chemin est difficile pour Harry, qui culpabilise, souvent tenté de retourner à sa vie d'ermite. Mais il se laissera apprivoiser et guider sans trop résister, jusqu'à… Jusqu'à quoi, d'ailleurs ? Cela reste mystérieux pour moi. Je ne suis pas certaine d'avoir compris ce qu'Hermann Hesse a voulu dire. Tellement de thèmes parcourent ce roman, et tellement d'interprétations en sont possibles, qu'il me laisse perplexe.
    On sent bien le climat pessimiste de l'époque, après la tuerie de 14-18 et avant la « drôle de guerre » dont, insidieusement, on commence à poser les jalons outre-Rhin. On comprend bien également que l'auteur se livre à une critique féroce des moeurs décadentes de cette période, où on ne respecte plus grand-chose, où on se contente de consommer sans se fatiguer à réfléchir (thème actuel s'il en est…). On voit bien aussi le dilemme d'Harry avec la métaphore du loup des steppes, l'opposition raison/état de nature. Dilemme qui se complique quand Harry comprend que sa personnalité n'est pas seulement double, mais multiple, comme quand on se regarde dans un miroir brisé.
    Je n'ai pas réellement adhéré à l'univers fantastique du Théâtre Magique je n'en ai pas compris le sens. le message est-il qu'il faut se réfugier dans les drogues pour ne plus souffrir ? qu'il faut prendre la vie avec légèreté sans se poser de questions ? qu'être trop sérieux revient à être hypocrite ?
    Je n'ai pas trouvé les réponses, dans cette atmosphère lourde, étouffante, entre onirisme et psychanalyse, entre Kafka et Nietzsche. Trip sous acide d'une lost generation avant la date ?
    En tout cas, difficile de s'attacher à ce personnage en pleine crise existentielle.
    Je n'ai peut-être rien compris, mais je trouve que ce Loup a mal vieilli…
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    • Livres 5.00/5
    Par gouelan, le 09 juin 2015

    gouelan
    Harry est mécontent de sa vie, il la trouve plate et vide. Il ne trouve pas sa place entre le bourgeois et le loup qui sont en lui ; entre esprit et instinct. Lucide et intelligent, il ne supporte plus l'homme et la société moderne, il a un regard cynique sur le monde qui l'entoure, il dénonce la vacuité de l'existence, les plaisirs puérils auxquels se vouent les hommes, l'abandon des valeurs.

    Il s'isole pour gagner son indépendance, pour ne plus faire partie de cette meute. Mais, sa solitude devient sa condamnation. Comme un loup a besoin de la meute pour vivre, l'homme ne peut pas vivre seul. Il ne peut pas se passer du côté bourgeois qui est en lui, de son confort, de la chaleur humaine. Il ne renonce donc pas facilement à la compagnie des hommes.
    Il se livre à une lutte quotidienne pour trouver son équilibre entre le loup et le bourgeois. Grâce à sa rencontre avec Hermine, il chemine sur la route des plaisirs et des joies oubliées. Lui qui dénonce la vacuité de l'existence, l'abandon des valeurs, va reprendre, pour un temps, goût aux plaisirs simples.
    Pourtant son opinion ne change pas, il sait que ces occupations ne sont qu'illusions, leurres. Elles servent à tromper l'ennui, à s'éloigner du bord du gouffre, à ne pas se morfondre.
    « Pour celui qui veut de la musique au lieu du bruit, de la joie au lieu du plaisir, de l'âme au lieu d'argent, du travail au lieu de fabrication, de la passion au lieu d'amusettes, ce joli petit monde-là n'est pas une patrie… »
    Pour échapper à cette mélancolie, il a une issue de secours, la mort.
    « L'idée que le chemin de la mort lui était accessible à n'importe quel moment, il en fit comme des milliers de ses semblables non seulement un jeu d'imagination d'adolescent mélancolique, mais un appel et une consolation. »
    Nous mourrons tous, ce qui rend la vie plate et bête, alors pourquoi se battre pour un idéal, la lutte semble vaine et sans espoir. Et pourtant , c'est la crainte de la mort qui rend la vie plus belle et plus précieuse, et qui vaut la peine qu'on se batte pour la rendre plus acceptable, plus digne.
    Harry doit s'habituer à ne pas systématiquement critiquer la vie, mais apprendre à écouter, prendre au sérieux ce qui en vaut la peine, et rire du reste. Il vénère de grands hommes, des poètes, des grands penseurs, des musiciens, qui comme lui, ont souffert de leur lucidité face à ce monde frivole et violent à la fois. Mais il peut aussi trouver du plaisir parmi les hommes et femmes de la masse populaire, les plus faibles, les moins instruits.
    Certains hommes savent saisir les moments de bonheur quand ils passent, ne s'empoisonnent pas l'esprit de pensées mélancoliques, ne cherchent pas à faire de leur vie des moments héroïques. Ils privilégient leur côté Nature.
    Nous sommes tous des poussières d'étoiles, rien d'étonnant à ce que notre moi soit « un petit ciel constellé d'astres », aucun de nous n'est noir ou blanc. Ce chaos intérieur est une richesse, il nous permet de chercher un équilibre, entre le bien et le mal.
    Les années qui ont suivi l'écriture de ce roman nous ont démontré que la société a sombré dans le mal, les hommes n'ont pas su utiliser toutes les facettes de leur personnalité. le côté sauvage et barbare a fait surface. L'homme n'était même plus un loup, il s'est montré bien plus cruel.
    Roman initiatique, philosophique qui nous entraine au plus profond de notre être. La société des hommes engendre beaucoup de Harry, de loups des steppes, en mal de vivre, au bord du gouffre.
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Citations et extraits

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  • Par Mwakasi, le 18 août 2015

    Oui, la terre est vraiment surpeuplée. Autrefois, on ne le remarquait pas ainsi, mais maintenant que les hommes, non contents de respirer, veulent également posséder une voiture, maintenant, on le remarque.

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  • Par Mwakasi, le 18 août 2015

    Car rien ne m'inspire un sentiment plus vif de haine, d'horreur et d'exécration que ce contentement, cette bonne santé, ce bien être, cet optimisme irréprochable du bourgeois, cette volonté de faire prospérer généreusement le médiocre, le normal, le passable.

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  • Par Mwakasi, le 18 août 2015

    Lors de cette nuit de bal, il me fut donné d'éprouver un sentiment que j'avais ignoré en cinquante ans d'existence, bien qu'il fût familier à n'importe quelle jeune fille ou à n'importe quel étudiant. C'était le sentiment de la fête, l'ivresse de la liesse collective, le mystère de la dissolution de l'individu dans la foule, de l'union mystique à travers la joie partagée.

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  • Par Nastasia-B, le 03 octobre 2012

    Je sens brûler en moi un désir sauvage d'éprouver des sentiments intenses, des sensations ; une rage contre cette existence en demi-teinte, plate, uniforme et stérile ; une envie furieuse de détruire quelque chose, un grand magasin, par exemple, une cathédrale, ou moi-même ; une envie de commettre des actes absurdes et téméraires, d'arracher leur perruque à quelques idoles vénérées, de munir deux ou trois écoliers rebelles du billet tellement désiré qui leur permettrait de partir pour Hambourg, de séduire une petite jeune fille ou de tordre le cou à quelques représentants de l'ordre bourgeois. Car rien ne m'inspire un sentiment plus vif de haine, d'horreur et d'exécration que ce contentement, cette bonne santé, ce bien-être, cet optimisme irréprochable du bourgeois, cette volonté de faire prospérer généreusement le médiocre, le normal, le passable.
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  • Par Nastasia-B, le 07 novembre 2012

    L'empereur, les généraux, les capitaines d'industrie, les politiciens, les journaux, personne n'a la moindre chose à se reprocher, personne n'est coupable de quoi que ce soit ! On pourrait penser que tout va pour le mieux autour de nous. Seulement il y a ces douze millions de tués qui reposent en terre. (...) Les deux tiers de mes compatriotes lisent ce genre de journaux ; ils lisent chaque matin et chaque soir ce genre de propos. Chaque jour, on les travaille, on les exhorte, on excite leur haine, on fait d'eux des êtres insatisfaits et méchants. Le but et le terme de cette entreprise sont une fois de plus la guerre : celle qui approche, celle qui vient, et qui sera sans doute plus hideuse encore que la précédente. Tout cela est limpide et simple. Chaque homme pourrait le comprendre, pourrait aboutir à la même conclusion, s'il se donnait simplement la peine de réfléchir une heure. Mais personne n'en a la volonté ; personne ne veut éviter la prochaine guerre ; personne ne veut épargner à soi-même et à ses enfants le prochain massacre de millions d'hommes, si c'est au prix d'un tel effort. Réfléchir une heure ; rentrer en soi-même pendant un moment et se demander quelle part on prend personnellement au règne du désordre et de la méchanceté dans le monde, quel est le poids de notre responsabilité ; cela, vois-tu, personne n'en a envie ! Voilà pourquoi tout continuera comme avant ; voilà pourquoi jour après jour, des milliers et des milliers d'hommes préparent avec zèle la prochaine guerre.

    (P. S. : Non, vous ne rêvez pas, ces lignes ont bien été écrites par Hermann Hesse en 1927, soit 6 ans avant l'accession au pouvoir d'Adolf Hitler. Cela laisse rêveur, vous ne trouvez pas ?)
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Coup de coeur de Patrick Bousquet, librairie Nordest - Salon du livre 2015 avec lecteurs.com .
Lecteurs.com, partenaire du Salon du livre de Paris 2015, a proposé à des libraires de partager leurs coups de c?ur format poche. En partenariat avec parislibairies.fr. Patrick Bousquet del a librairie Nordest à Paris 10 ème, nous parle du livre Le Loup des steppes de Hermann Hesse, République des lettres http://www.lecteurs.com/livre/le-loup-des-steppes/2844743











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