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> Juliette Pary (Traducteur)

ISBN : 2253002933
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1991)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 189 notes) Ajouter à mes livres
Harry Haller, c'est cet homme hors du monde, isolé, inadapté à la vie de ses semblables, qui se décrit comme un "loup des steppes". Mais c'est un loup à visage humain, à la fois le fauve libre à l'instinct sauvage et carnassier et cet homme sensible, doué d'une grande i... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par zohar, le 14 février 2011

    zohar
    La part importante de l'autobiographie dans les romans et récits, de Hermann HESSE, est particulièrement visible dans " le Loup de steppes" où l'on peut voir, tout d'abord, comme un modèle de "roman de crise existentielle", chez cet écrivain.
    Ensuite, à travers le personnage principal de Harry ( homme solitaire comme un loup égaré dans la société ), Hesse nous montre la cohabitation (inévitable) chez l'être humain de l'âme de l'homme et celle de l'animal (du loup, en l'occurrence dans ce roman). Autrement dit, de l'humanisme et de la cruauté.
    "Le loup des steppes" est un roman allégorique sur la dualité de l'homme et, la nécessité de concilier les contraires: animalité/spiritualité, données intellectuelles/données sensuelles, etc.
    Hesse aspire à une civilisation idéale et toute son oeuvre est marqué par ce désir de concilier les opposés.
    C'est pour moi un des chefs-d'oeuvre de la littérature de 20e siècle.
    Une oeuvre essentielle dans ma bibliothèque.
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par snybril, le 04 septembre 2009

    snybril
    Il m'aura fallut du temps pour me résoudre à écrire cette petite revue de lecture. Je vais essayer d'évoquer Le loup des steppes, œuvre onirique phare du romancier de l'entre deux guerre Hermann Hesse.
    Ce livre se présente comme un roman traditionnel mais sa dimension philosophique et même mystique transpire au travers du papier. De part la construction même, la première partie du livre n'est qu'une mise en abime et un jeu de miroirs complexe pour présenter le personnage principal, un certain Harry Haller. Un intellectuel petit bourgeois en révolte contre son milieu mais surtout contre lui même. Un loup des steppes solitaire et perdu au milieu d'une époque qui ne lui correspond pas, ou la société décadente et superficielle s'enivre de rêve de revanche et de destruction. En effet, le contexte de l'Allemagne dans l'entre-deux-guerre teinte d'une noirceur amère le roman. Harry est malheureux mais plus que ça, il se déteste au point qu'il finira par se résoudre au suicide.
    Au moment ou il se décide enfin à mettre fin à ses jours, il rencontre son alter égo féminin. Une femme mystérieuse et fatale qui l'initiera aux plaisirs de la vie, de la superficialité et à la frivolité. Mais la jeune femme, derrière les apparences et son insouciance comprend la torture intérieure de Harry, elle ressent la même. Après lui avoir appris à vivre elle lui demandera de la tuer. La toute dernière partie du livre soulève enfin un peu le voile sur les thématiques mystiques annoncées en préambule. le théâtre magique et les immortels, spectacle réservé aux insensés transparaissaient dès les premières pages, ce n'est que dans le final que Harry pourra s'y joindre et y perdre l'esprit.
    Que dire après avoir terminé la dernière page. Je ne sais pas, je suis probablement passé à côté des enseignements du livre. Ce n'est pas forcément grave, au contraire. Par certains aspect ce livre m'a fait penser au cinéma de David Lynch. J'ai ressenti le frisson d'incompréhension, que le discours est tout simplement trop grand pour rentrer dans le support. C'est au spectateur de trouver sa propre vérité. L'important n'est même pas de trouver cette vérité, mais simplement de la chercher. Au fil du voyage initiatique de Harry, c'est le lecteur qui traverse son propre rite de passage.
    Intéressant et certainement à lire. Le loup des steppes n'a pas vieilli avec les années.

    Lien : http://oiseauchanteur.blogspot.com/2008/11/un-oiseau-des-steppes.html
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Gast, le 31 mars 2011

    Gast
    Parfois, la rencontre d'un livre et d'un lecteur prend des détours inattendus, et donne des résultats suprenants. Acheté dans une brocante par un collègue de travail au hasard d'un déplacement professionnel, et qu'il me prêta pour me remercier en retour de mes prêts de livres, je me retrouvai avec entre les mains ce livre. Hermann Hesse n'est à priori pas le genre d'auteur que j'aurais lu ou acheté. Je connaissai de nom mais l'auteur ne m'attirait pas plus que cela. J'avais tort.
    Récit introspectif, apparemment partiellement autobiographique, ce roman m'a donné une baffe d'autant plus forte qu'elle fut inattendue. J'ai comme ainsi dire été happé, avalé et noyé dans les dérives de Harry Haller et dans un personnage si protéiforme qu'il nous renvoie à notre propre complexité.
    Bien que le roman sur la fin se perde un peu dans un onirisme qui parfois m'a paru vain (mais n'est-ce pas voulu ?) ce roman vaut le détour surtout pour "Le traité du loup des steppes" ; il s'agit d'une sorte d'entracte-manifeste annonçant haut et fort la thématique du livre centrée autour de l'illusion de nos personalités dites civilisées et de leur rapport à une réalité plus subie que choisie ; à notre animalité ; à notre fractionnement ; manifeste percutant ô combien exhaltant tant son rythme est prenant.
    Ensuite, le roman revient à plus de classicisme, et est même parfois un peu ennuyeux ; mais n'est-ce pas cela aussi, la vie ? Avec, en toile de fond, l'ombre du "Traité du loup des steppes", et les fulgurances visionnaires de Hermann Hesse concernant l'avenir nazi de l'Allemagne qui en 1927 se dessinait à peine. Tout contribue à faire de ce roman une oeuvre aussi puissante et percutante sur les démons européens du XXe siècle comme put l'être "Le procès" de Kafka, une sorte de chaînon manquant entre l'implacable fatalité de Kafka et l'absurde théorisé de Camus.
    A lire, assurément !
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par valetudinaire, le 03 mars 2011

    valetudinaire
    Ou comment essayer de surmonter l'implacable pouvoir de la vie, de surmonter et de dominer ce qui nous contrôle de bout en bout. De nous permettre de choisir quand on avait à y mettre fin, quand notre heure était sonnée.
    Le récit émouvant d'un monde perdu dans l'Idéal, complètement déconnecté de la réalité et du courant ambiant, persuadé qu'il trouvera son élévation dans les belles idées, et dans la mort. C'est le récit d'un apprentissage, celui de la réalité, des plaisirs simples, de l'ancrage dans le présent et dans les actes.
    C'est l'apprentissage de tout, comme un nouveau-né. De l'amour, de la vie, des banalités. Parsemé d'un style particulièrement poétique (je salue au passage la traduction du Livre de Poche qui rend à merveille les idées pourtant parfois difficilement retranscriptibles de la littérature allemande), ainsi que d'une haute puissance fantastique, ce premier roman du courant existentialiste s'inscrit vraiment comme une pierre de marbre (vide et frappante) pour les hommes. Surtout pour ceux aux (trop ?) hautes idées.
    Le récit qui parait être complètement déconnecté de la réalité, alors que le personnage s'efforce de s'y enraciner devient donc de fait véritablement épatant.
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    • Livres 2.00/5
    Par Alcapone, le 02 juin 2011

    Alcapone
    Publié pour la première fois en 1927, ce roman qui a été interdit sous la période nazie, est l'une des oeuvres essentielles de Hermann Hesse. En partie autobiographique, Le loup des steppes est un roman intitiatique qui emprunte son style à l'écriture romantique. Il raconte la crise existentielle que vit Harry, un cinquantenaire tiraillé entre son humanité et son animalité.
    Cette édition proposée par le Livre de poche est introduite par une lettre de Hermann Hesse (1931) à l'un de ses détracteurs qui lui reproche que l'on ne peut vivre d'après les principes dont il s'est fait le défenseur, à quoi il répond que sa "tâche ne consiste pas à donner aux autres ce qui est objectivement le meilleur, mais à leur donner ce qui m'appartient en propre (ne sarait-ce qu'une douleur ou une plainte) et à le faire d'une manière aussi pure et aussi sincère que possible".
    Le ton est donné et Hesse ne cherche pas à convaincre le lecteur : il propose une vision purement personnelle et ne l'impose pas comme une vérité. Largement introspectif, ce roman est marqué par une profonde détresse liée à une vision pessimiste du monde. En fait, la lecture de ce livre m'a évoqué une longue complainte qui aurait servi d'autoanalyse à l'auteur. La démarche est légitime et la comparaison avec Le loup des steppes pertinente, malheureusement, Harry m'a ennuyée. Bien que Harry/Hesse défende des convictions parfaitement louables (fervent adversaire de son époque par rapport à la guerre, aux industriels et aux politiques...), l'histoire du loup des steppes ne m'a pas interpellée : je l'ai trouvée un brin moraliste malgré quelques passages intéressants. Pourtant le roman initiatique prend ici tout son sens : à travers la mise en scène de son théâtre magique, Hesse travaille des thèmes qui lui sont chers tels la philosophie et notamment le bouddhisme dont son roman est fortement imprégné (dualité omniprésente : homme/animal, vie/mort, amour/haine...). On retrouve également Goethe et Mozart pour qui l'auteur voue une admiration certaine et qui jouent le rôle de guide. Même si j'ai trouvé ce roman naïf, je l'ai aussi apprécié pour cette même raison. Non pas que j'aie aimé le personnage de Harry (celui-ci subit ce qui lui arrive et ne maîtrise aucunement les événements survenus) mais plutôt que j'ai saisi le malaise de Hesse à travers le roman et que je me suis davantage attaché à la personne qu'à l'auteur. Au final, voici un roman très personnel qui, je le conçois peut déplaire. Pour ma part, cette « expérience spirituelle » n'a pas eu le même impact sur moi que sur Thomas Mann qui déclarait en 1927 que « Ce livre m'a réappris à lire » . Ce n'est pas pour moi un roman culte mais il faut l'avoir lu.

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2011/06/le-loup-des-..
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Citations et extraits

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  • Par Nadael, le 04 octobre 2010

    Ma vie avait été pénible, incohérente et malheureuse, elle conduisait au renoncement et au reniement, elle avait le goût de l'amertume humaine, mais elle était riche, fière et riche, souveraine même dans la misère. Qu'importait que le petit bout de chemin qui restait jusqu'au crépuscule fût, lui aussi, lamentablement perdu; le noyau de cette vie était noble, elle avait de la dignité, de la race : je ne misais pas des sous, je misais des étoiles.
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  • Par mandarine43, le 31 juillet 2011

    LE MANUSCRIT DE HARRY HALLER

    Seulement pour les fous.

    La journée avait passé comme toutes les journées passent ; je l'avais doucement assassinée avec mon espèce d'art de vivre timide et primitif ; j'avais travaillé un peu, j'avais manié de vieux livres ; deux heures durant, j'avais tu des douleurs comme en ont les gens âgés, j'avais pris un cachet et m'étais réjoui de voir que le mal se laissait vaincre ; étendu dans un bain brûlant, j'en avais absorbé la bonne chaleur ; trois fois, j'avais reçu le courrier et parcouru toutes ces lettres et imprimés évitables ; j'avais fait mes exercices respiratoires, mais omis, par paresse. mes exercices mentaux ; je m'étais promené une heure et j'avais trouvé au ciel de petits échantillons de nuages duveteux, tendres, précieux. C'était bien gentil, ainsi que de lire les vieux livres, rester dans le bain chaud ; mais, somme toute, ce n'était pas un jour délicieux, radieux, de bonheur et de joie, mais tout bonnement un de ces jours qui, depuis longtemps, me devraient être normaux et accoutumés : jours modérément agréables, tout à fait supportables, tièdes et moyens, d'un vieux monsieur pas content ; jours sans extrêmes douleurs, sans extrêmes soucis, sans chagrin proprement dit, sans désespoir, jours où l'on se demande sans émotion, sans crainte, tranquillement, pratiquement, s'il n'est pas temps de suivre l'exemple d'Adalbert Stifter et d'avoir un accident en se rasant.
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  • Par Zinaida, le 09 mai 2011

    Tu es bien trop exigeant et affamé pour ce monde simple et indolent, qui se satisfait de si peu. Il t'exècre ; tu as une dimension de trop. Celui qui désire vivre aujourd'hui en se sentant pleinement heureux n'a pas le droit d'être comme toi ou moi. Celui qui réclame de la musique et non des mélodies de pacotille ; de la joie et non des plaisirs passagers ; de l'âme et non de l'argent ; un travail véritable et non une agitation perpétuelle ; des passions véritables et non des passe-temps amusants, n'est pas chez lui dans ce monde ravissant ...
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  • Par Nadael, le 04 octobre 2010

    Le bourgeois, lui, cherche à garder le milieu modéré entre ces deux extrêmes. Jamais il ne s'absorbera, ne s'abandonnera ni à la luxure ni à l'ascétisme; jamais il ne sera un martyr, jamais il ne consentira à son abolition : son idéal, tout opposé, est la conservation du moi; il n'aspire ni à la sainteté ni à son contraire, il ne supporte pas l'absolu, il veut bien servir Dieu, mais aussi le plaisir; il tient à être vertueux, mais en même temps à avoir ses aises. Bref, il cherche à s'installer entre les extrêmes, dans la zone agréable et tempérée, sans orages ni tempêtes violentes, et il y réussit, mais aux dépens de cette intensité de vie et de sentiment que donne une existence orientée vers l'extrême et l'absolu.
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  • Par Aela, le 14 février 2011

    Jamais personne ne désira plus profondément et plus passionnément être libre. Jamais il ne se vendit, ni pour de l'argent et du confort, ni à des femmes ou à des puissants. Rien ne lui semblait plus détestable et effrayant que de devenir un employé, que de devoir respecter un emploi du temps journalier, annuel et obéir à d'autres.
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