Donner un avis sur ce roman est pour moi assez destabilisant. Je m'y attelle avec difficulté.
Quelques mots d'abord sur le titre, l'illustration de la première de couverture et l'intrigue en général :
Dans un premier temps, je serais tentée de dire que le fond de l'intrigue est original voire génial, conforme à ce que j'attends d'un récit à suspense.
Pourtant, je n'ai pu m'empêcher de penser que sous ce titre énigmatique à la limite du fantastique, se cache un récit assez lent dans lequel les dialogues paraissent mâchés, faciles, laissant moins de place à l'imagination du lecteur.
L'intrigue est donc un long fil tranquille qui s'achemine vers le dénouement, lentement mais sûrement. Un dénouement surprenant, je l'admets. Une gageure relevée aussi avec succès que de construire un roman autour de deux personnages dans un lieu unique ou presque.
Que dire aussi de l'illustration de la première de couverture? Elle ne correspond pas au contenu du roman, ou alors de façon très ténue... Un couple de très jeunes gens, en tenue de mariage, au regard triste, fixe l'objectif. On pense à un mariage forcé ou à des poupées de cire... Si quelqu'un perçoit le lien avec le récit, qu'il me le fasse savoir!
A la recherche du temps perdu :
Les deux protagonistes se sont connus et aimés au lycée, mais depuis, chacun a fait sa vie de son côté. Elle, Sayaka, est désormais mariée à un homme d'affaires absent qui lui a donné une fille mais elle avoue la maltraiter et culpabilise, se considère comme une mauvaise mère, incapable d'assumer. Elle a donc confié la garde provisoire à ses beaux-parents. Quel lourd secret cette jeune mère porte-t-elle depuis son enfance?
Après avoir repris contact avec son amour de jeunesse, elle le convainc de l'accompagner dans cette quête qui doit lui permettre de retrouver les souvenirs profondément enfouis, refoulés de sa plus tendre enfance et peut-être, pourquoi pas, se réconcilier avec elle-même et sa petite fille, on l'espère du moins...
Sayaka a reçu de son père décédé la clé à tête de lion d'une maison abandonnée. Mais les occupants semblent avoir déserté les lieux depuis bien longtemps. En témoigne la poussière qui a l'air de s'être accumulée depuis des lustres. le temps s'est figé, les horloges sont arrêtées sur la même heure... Passées la peur et la surprise de pénétrer dans cet endroit étrange, l'écheveau se démêle peu à peu grâce à une exploration minutieuse et répétée des lieux, puis la découverte du journal de l'enfant de la maison, le petit Yusuke.
Les objets, une composante essentielle :
On l'aura remarqué, le titre du roman pose d'emblée le lieu comme essentiel mais les objets qui s'y trouvent ne le sont pas moins.
Découverts au fur et à mesure, ils ont tous leur importance et constituent des indices analysés successivement avec brio, parfois trop, par les personnages. D'hypothèse en hypothèse ils reconstituent la trame des événements, à la manière d'un jeu de piste ou d'un puzzle.
J'ai parfois trouvé que les déductions étaient un peu tirées par les cheveux, notamment celle qui concerne le téléscope, mais je ne vous en dis pas plus pour ne pas déflorer la révélation finale.
J'avoue quand même avoir eu beaucoup de plaisir à découvrir avec les personnages les différents effets personnels des propriétaires des lieux. Cette intrusion dans leur intimité est délectable. Quelle curieuse je fais!
Toujours est-il que peu à peu, la jeune femme est rattrapée par son passé, elle a forcément déjà été dans cette maison et en a connu les habitants...
Vous l'aurez compris, ce roman, récompensé par le prix Polar international de Cognac, ne peut laisser indifférent. J'ai quand même envie de lire d'autres oeuvres de cet auteur japonais, en particulier "
Le Dévouement du suspect X".
Vous ne manquerez pas de trouver sur le net des critiques dithyrambiques de "
La maison où je suis mort autrefois"qui se justifient aussi!
Lien : http://marquepages.over-blog.com/article-la-maison-ou-je-suis-mort-a..