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> Yutaka Makino (Traducteur)

ISBN : 2742789510
Éditeur : Actes Sud (2010)


Note moyenne : 3.84/5 (sur 106 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Sayaka Kurahashi va mal. Mariée à un homme d’affaires absent, mère d’une fillette de trois ans qu’elle maltraite, elle a déjà tenté de mettre fin à ses jours. Et puis il y a cette étonnante amnésie : elle n’a aucun souvenir avant l’âge de cinq ans. Plus étrange encore, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Iansougourmer, le 18 mai 2013

    Iansougourmer
    La maison où je suis mort autrefois est un roman très bien construit et subtil qui m'a captivé. Je l'ai lu d'une traité, englué dans le récit de Higashino.
    Le narrateur est recontacté par son ex-petite amie qui lui demande de l'aide pour aller visiter une vieille maison reçue de ses parents. Elle ne se souvient pas de son passé avant sa cinquième année et est persuadée que la visite de cette maison isolée et mystérieuse pourrait lui faire revenir la mémoire, ce qui est important pour elle car elle veut pouvoir analyser les raisons profondes qui font qu'elle maltraite sa fille et qu'elle pense liées à son enfance... Entrés dans la maison abandonnée, les deux personnages se retrouvent englués dans une atmosphère oppressante, d'autant plus que la demeure est étrange et semble avoir abrité des événements tragiques...
    Le style de Higashino est concis, sans fioritures, ce qui permet de créer une atmosphère étriquée et angoissante, car le lecteur suit pas à pas les événements et retient toujours son souffle.
    C'est cela qui m'a frappé : normalement, rien ne devrait nous stresser, puisque la maison est abandonnée et que les faits se sont produits il y longtemps ; mais l'auteur parvient à nous angoisser, cette maison est étouffante et on sent que quelque chose d'anormal s'y est produit. de ce fait, le lecteur est sans cesse dans l'expectative, et attend avec anxiété la suite des événements. Toutefois, il n'y a ici nulle épouvante, puisqu'il ne peut rien arriver de physique aux personnages ; la crainte provient de ce que l'on pourrait apprendre, du pressentiment funeste que l'on a dès le début du récit. Hishigano parvient à livrer un livre étonnant à la tension psychologique et au suspens fort, ce qui est paradoxal puisque l'action se passe dans une demeure abandonnée. C'est un tour de force !
    Un autre aspect intéressant de ce livre est qu'il constitue une reflexion tres pertinente de l'influence du passé sur les individus. En effet, il présente Sayaka qui veut connaître son passé car elle croit que cela pourra l'aider à résoudre ses problèmes, mais la découverte de faits tragiques la concernant et qui au passage bouleversent plusieurs de ses certitudes ne sont-ils pas de nature de l'affaiblir psychologiquement voire de la rendre malheureuse ? La réponse de l'auteur semble être la suivante : même si on veut le nier ou on le méconnaît, notre passé s'impose à nous de manière impérieuse, car c'est lui qui nous construit et nous structure.
    Au final, en dépit de son apparente simplicité au niveau de l'intrigue, La maison où je suis mort autrefois est un récit captivant et fort qui interroge les liens des individus avec leur passé.
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    • Livres 4.00/5
    Par marina53, le 14 octobre 2012

    marina53
    La maison où je suis mort autrefois, un titre singulier pour un récit posthume...
    Sayaka, mariée avec un homme d'affaires souvent absent, avec un enfant, ne se souvient d'absolument rien avant ses 5 ans. A la mort de son père, elle reçoit une clé et un plan qui semble conduire à une vieille maison isolée, au bord d'un lac. Persuadée que cette maison est le seul moyen qu'elle a de retrouver la mémoire, elle appelle son ex petit ami pour qu'il l'accompagne à la quête de ses souvenirs perdus. Dans cette demeure où règne une atmosphère inquiétante, les deux amis vont aller de surprise en surprise.
    Dans ce polar noir, Keigo Higashino traite de l'amnésie, de l'enfance et du rapport entre ce que nous étions étant enfant et ce que nous sommes devenus.
    Higashino nous livre ici un huis clos angoissant et oppressant.
    Un auteur à suivre ....
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    • Livres 4.00/5
    Par sandrine57, le 19 septembre 2012

    sandrine57
    Le narrateur est contacté par Sayaka, son ancienne petite amie, après des années de silence. Elle est désormais mariée et mère d'une petite fille. Mais son mari est souvent absent et sa fille vit avec ses beaux-parents. Elle dit ne pouvoir compter que sur lui pour l'aider à résoudre un problème. Elle lui confie n'avoir aucun souvenir de sa petite enfance et pense pouvoir trouver des réponses à ses questions grâce à une clé et un plan qu'elle vient de trouver dans les affaires de son père décédé. Réticent au début, le narrateur finit par accepter d'accompagner Sayaka et ensemble ils se rendent dans une maison perdue au fond d'un bois, près du lac de Matsubara. La maison est abandonnée, figée, comme si le temps s'y était arrêté il y a 23 ans à 11h11. Leur exploration les conduit au journal intime d'un jeune garçon, Yusuke, qui semble avoir vécu des heures sombres en ces lieux. Reconstituant petit à petit le fil des évènements, ils cherchent le lien entre cet endroit et l'enfance de Sayaka.

    Ambiance glauque, angoisse presque palpable, pudeur des sentiments, le japonais Keigo HIGASHINO réussit ici un huis-clos captivant, un roman sombre et oppressant qui mène le lecteur jusqu'au coeur d'une tragédie familiale. Dans une maison des plus inquiétantes, à l'écoute d'un petit garçon sérieux et heureux dont la vie tourne au cauchemar avec la disparition de son père et la survenue de "l'autre", un homme méprisable et violent qui le soumet à une torture autant psychologique que physique. Tout au long du récit, le lecteur se prend d'empathie pour ce bonhomme courageux, s'inquiète de son sort, mais les indices sont là et s'accumulent pour ne pas douter qu'au final le drame est inévitable. Quelles séquelles garde-t-on de son enfance? Peut-on y trouver la source de nos comportements d'adulte? Par petites touches, l'auteur évoque la famille traditionnelle japonaise : le chef de famille décisionnaire, les enfants comme investissements pour l'avenir et la maltraitance, phénomène nouveau qui s'invite de plus en plus souvent dans les foyers.
    Un très bon et très beau roman noir.
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 05 juin 2012

    Woland
    Mukashi bokuga shinda ie
    Traduction : Makino Yutaka
    C'est un roman dont je n'ai pas pu m'arracher avant d'en connaître la fin. Il faut dire que, lorsque les Japonais font du roman noir, c'est un peu comme lorsque leurs cinéastes s'attaquent au film d'épouvante : on assiste à la naissance de quelque chose qui respecte les principaux codes du genre mais qui, en même temps, parvient à se forger une identité très personnelle.
    Du roman noir, "La maison où je suis mort autrefois" possède les personnages meurtris, en quête d'un avenir qu'ils espèrent meilleur ou d'un passé qu'ils ont oublié mais qu'ils veulent retrouver car cela seul leur donnera la force de reprendre la route. Et ça s'arrête là : ni détective privé, ni femme fatale, pas même le moindre petit revolver. La pluie est omniprésente, une pluie lourde qui trempe absolument tout ce qui s'offre à elle. Mais elle cadre si bien avec le reste que le lecteur fait la grimace lorsque l'auteur lui annonce la percée incongrue d'un rayon de soleil. L'atmosphère est oppressante, énigmatique et la maison où se déroule l'action est aussi sombre, aussi vieille, aussi mystérieuse que possible.
    Premier détail très original : la porte d'entrée ne s'ouvre pas, elle est reliée au chambranle par quatre gros boulons insérés sur des plaques. Pour entrer dans la maison, il faut tout d'abord en faire le tour et faire coulisser une sorte de plaquette qui recouvre le véritable sésame des lieux : une serrure qu'ouvre la fameuse clef à tête de lion que le père de l'héroïne lui a léguée en mourant.
    Ensuite, c'est par le sous-sol qu'on pénètre dans la maison, une maison où l'électricité ne semble avoir jamais été installée et où il n'y a pas d'arrivée d'eau. Pourtant, il y a bien un réfrigérateur dans la cuisine, un modèle vieux de plus de vingt ans certes mais un réfrigérateur tout de même. Il n'est pas branché : il ne contient d'ailleurs que des boîtes de conserves périmées.
    A l'étage, même silence, même poussière uniformément répartie, même vide qui semble attendre on ne sait qui, on ne sait quoi. Dans la plus grande chambre, un costume masculin accroché à un cintre comme un fantôme assoupi, une robe de femme dans l'armoire, une pelote de laine sur une chaise. Dans la chambre voisine, un lit pour enfant ou adolescent, des livres bien rangés et tous achetés d'occasion, à commencer par les livres de classe, et datant tous de plus de vingt ans.
    Tout cela baignant dans la lumière étouffée de la lampe-torche que nos deux héros, Sayaka Kurahashi et son ex-petit ami, qu'elle a prié de l'accompagner dans cet étrange pèlerinage en terre inconnue, promène autour d'eux avec un effarement bien compréhensible.
    Il leur faudra l'aide que leur fournit, par le biais de son journal, le jeune Yusuke, et aussi pas mal de réflexions et beaucoup d'assemblages et de désassemblages pour reconstituer la tragédie passée et l'histoire de la maison. Et une fois qu'ils y seront parvenus, seront-ils toujours les mêmes ? En tous cas, après cela, ils ne se reverront plus jamais.
    Un roman qui envoûte et obsède, un roman noir d'une originalité indéniable - un roman que vous ne regretterez pas d'avoir lu. ;o)
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  • Par kuroineko, le 16 mars 2013

    kuroineko
    Je lis assez rarement des polars et romans policiers. Mais le titre de ce roman m'a fortement intriguée (et une fois n'est pas coutume, la traduction en était juste).
    Le roman permet entre autre une incursion dans le problème de la maltraitance des enfants, Sayaka infligeant sans raison particulière de mauvais traitement à sa fille. C'est pourquoi elle se lance à la recherche de ses souvenirs, dont le compteur est bloqué à ses cinq ans. Avant, le néant. Après avoir appris dans un article que les mères violentes avaient été le plus souvent elles-mêmes victimes de sévices pendant la petite enfance, Sayaka se lance à l'aventure, requerrant au passage l'aide de son ancien amant. Certes, l'utilisation du poids du passé n'est pas neuve; pourtant ici je ne me suis pas sentie face à un cliché de plus.
    Higashino Keigo construit son intrigue patiemment, amenant les éléments à dose homéopathique. Au fur et à mesure de ma lecture, je me suis retrouvé avec un paquet de fausses hypothèses et le secret ne s'éclaire vraiment qu'à la toute fin. le style est très sobre, voire froid. Les deux personnages principaux, le narrateur et son ex petite amie, Sayaka, sont bien campés. Bien que le rythme se révèle assez lent, on n'éprouve aucun ennui tant l'histoire est maîtrisée. Deux autres romans ont été traduits de cet auteur, je compte bien poursuivre ma découverte de son univers littéraire.
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Critiques presse (1)


  • Telerama , le 07 mars 2012
    Un beau suspense psychologique, écrit par l'une des figures majeures du roman policier japonais.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 01 août 2012

    Au début j’avais cru qu’elle était timide, mais je m’étais vite rendu compte que ce n’était pas le cas. Ses yeux, lorsqu’elle regardait ses camarades rire bêtement, étaient semblables à ceux d’un scientifique observant des animaux de laboratoire. Un peu comme si elle était spectatrice d’une pièce de théâtre intitulée « La Deuxième Année de lycée ». En fait, elle ne tentait jamais de monter sur scène. Son aspect enfantin était en parfait décalage avec sa personnalité.
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  • Par Myrtle, le 30 mars 2012

    Elle ne chahutait pas et ne criait pas sans raison comme la plupart des filles. Elle se tenait toujours en retrait, donnant l'impression d'observer pensivement ce qui se passait autour d'elle. Au début j'avais cru qu'elle était timide, mais je m'étais vide rendu compte que ce n'était pas le cas. Ses yeux, lorsqu'elle regardait ses camarades rire bêtement, étaient semblables à ceux d'un scientifique observant des animaux de laboratoire. Un peu comme si elle était spectatrice d'une pièce de théâtre intitulée "La Deuxième année de lycée". En fait, elle ne tentait jamais de monter sur scène.
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  • Par Cylhis, le 26 janvier 2012

    D'ailleurs, chacun n'a-t-il pas une maison où l'enfant qu'il était est mort autrefois ? On fait seulement semblant de ne pas voir qu'il s'y trouve encore parce qu'on ne tient pas à le rencontrer.

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  • Par Yuko, le 27 août 2012

    Je me demandais ce que cela signifiait. Il était étrange que Sayaka n'ait pas le moindre souvenir de sa petite enfance, mais le fait que ses parents n'aient rien gardé de cette époque n'était pas moins mystérieux. n'importe qui gaspille de la pellicule au moins les trois premières années consécutives à la naissance de ses enfants. Il n'est pas rare que des parents achètent un appareil photo dans ce seul but. (...)
    - Tu penses qu'il s'est passé quelque chose de particulier qui t'a fait perdre tes souvenirs d'enfance, c'est ça ? demandai-je pour essayer de mettre de l'ordre dans mes idées.
    Elle acquiesça. J'enchaînai aussitôt en désignant le plan sur la table :
    - Et tu as l'espoir de trouver là-bas une piste qui pourrait t'aider à les retrouver.
    - En fait je me souviens.
    - De quoi ?
    - De cette clef, dit-elle en prenant la clef à tête de lion. Je l'ai déjà vue quelque part. Mais pas après le primaire. Avant. Si je découvre à quoi elle correspond, je suis sure que je me rappellerai.
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  • Par Woland, le 05 juin 2012

    [...] ... Finalement [Sayaka] sortit un livre de la collection de livres pour enfants. Il s'agissait du "Prince mendiant."

    - "La publication date d'il y a vingt-trois ans," dit-elle en me montrant la date d'impression. "Comme ses livres de classe.

    - Et les autres ?"

    Nous en prîmes deux ou trois pour voir. Ils dataient tous de la même époque. Les magazines également. Aucun livre n'avait moins de vingt-trois ans.

    - "C'est clair, non ? Cela signifie que les habitants de cette maison ont disparu il y a vingt-trois ans.

    - Le magazine que nous avons découvert dans la cuisine date d'il y a vingt ans et, en plus, il vient d'une librairie d'occasion. Ce qui veut dire qu'il a été déposé là bien après.

    - Mais ..." Sayaka mordillait son pouce.

    J'essayai de réfléchir à la situation tout en rangeant les livres que nous avions sortis de la bibliothèque. Si, comme le disait Sayaka, la famille Mikuriya avait disparu vingt-trois ans auparavant, c'était effectivement quelqu'un d'autre qui avait déposé le magazine dans la cuisine. Et ça ne pouvait être que son père. Mais pourquoi aurait-il fait cela ?

    En remettant le dernier livre en place, je remarquai un fascicule blanc au dos duquel aucun texte n'était imprimé. Il était resté coincé derrière, ce qui expliquait que nous ne l'ayons pas remarqué plus tôt.

    Je le pris, mais il n'avait pas l'air d'un livre ordinaire. Il n'y avait rien sur la couverture. Je l'ouvris, perplexe. Et je ne pus m'empêcher de pousser un cri.

    La première ligne de la première page disait ceci :

    - "5 mai. Temps ensoleillé. Je commence mon journal aujourd'hui."

    Les caractères étaient enfantins, ils ressemblaient à ceux du cahier de mathématiques. ... [...]
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