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Critiques sur Fuck America : Les Aveux de bronsky (11)


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    • Livres 5.00/5
    Par Beatrice64 le 03/01/2012


    Attention, chaud devant ! Voici que déboule dans nos rayons un arrière-cousin d'Arturo Bandini (le double survolté de John Fante, si vous ne le connaissez pas venez sur le champ emprunter Demande à la poussière, qui trône en bonne place dans mon panthéon personnel), veuillez accueillir s'il vous plaît Jakob Bronsky, dans le rôle de l'immigré apprenti-écrivain et crève-la-faim, à New-York en 1952. Situations burlesques, ton cru, obsession du sexe et de le reconnaissance littéraire, tout y est. Mais Bronsky ne fait pas dans la dentelle : à la place de l'éloquence, de la fantaisie et de la chaleur d'un Bandini, on se coltine plutôt avec un verbe très cru et un humour très noir. C'est que si notre Bronsky est immigré, comme Bandini/Fante, l'endroit d'où il vient, lui, c'est pas l'Italie, c'est un ghetto ukrainien. Juifs persécutés pendant la guerre (pléonasme), les Bronsky/Hildenrath tentent d'émigrer vers les Etats-Unis (les lettres au consul (et leurs réponses par ledit consul) ouvrent le livre et donnent le ton, quelle rigolade, et quelle horreur). le souvenir de la Shoah est tout proche, mais Bronsky l'évoque sur le ton de la farce (“Ce matin-là, je n'arrivais pas à calmer ma bite. A la maison, j'ai pris une douche froide illico. Ça n'a servi à rien. J'ai pensé à Auschwitz. En vain.“), ce qui a choqué l'Allemagne de l'après-guerre et retardé la publication de ses livres. L'apprenti-écrivain, quand il n'est pas portier de Nuit ou serveur, ou en train de fantasmer sur une secrétaire de direction, travaille à la rédaction de ses souvenirs (dont on ne saura rien ou presque, sinon que lui ne fait pas partie des six millions, et qu'il essaie de survivre, parce que ce serait con quand même, alors que les nazis ont échoué), ses souvenirs, donc, un roman intitulé LE BRANLEUR et qui doit lui assurer une gloire mondiale.

    Bon, je me rends compte que je fais long et que j'en dis beaucoup. Tant pis. Lisez quand même Hildenrath, moi je vais acheter Le Nazi et le Barbier, qui a l'air d'y aller au bulldozer également, et raconte l'incroyable aventure d'un nazi usurpant l'identité d'un juif et finissant rabbin après la guerre.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par lolo71 le 09/08/2009


    Le livre est sous-titré « Les aveux de Bronsky ». le prologue est constitué d'un échange de lettres, en 1939, entre le père de Jakob Bronsky, demandant des visas d'immigration pour lui et sa famille, et le consul Général des Etats-Unis à Berlin. La réponse de ce dernier est sans appel : les quotas d'immigration sont stricts, les Etats-Unis ne peuvent accueillir tous les Juifs qui veulent fuir le nazisme. Etant donné le nombre de demandes, les Bronsky ne peuvent espérer obtenir leurs visas avant 1952 ! En 1953, Jakob Bronsky, alors qu'il est à New York, note dans son journal intime : « Je m'imagine le visage anguleux du Consul Général, ses cheveux clairsemés, gris, avec une raie soigneusement tirée sur le côté. Quand il lit les lettres des Juifs, ses yeux d'un bleu glacial luisent de lubricité. Quand il jette les lettres des Juifs dans la corbeille à papier, est-ce qu'il se branle ? ».

    Le ton est donné. Jakob Bronsky, vingt-sept ans mais en paraissant cinquante, est un survivant. Il traîne sa misère dans les rues de New York, enchaînant les petits boulots (livreur, serveur, portier, promeneur de chiens,…), côtoyant les clodos et les putes. Il n'hésite pas à resquiller dans les transports ou les restaurants (surtout les plus chics !), à tricher, à mentir, pas par perversion, juste pour survivre. La priorité de Jakob, c'est d'écrire son roman, « le branleur », récit de sa vie dans un ghetto juif pendant la guerre. Cette période est un grand trou noir dans la mémoire de Bronsky, écrire doit lui permettre de retrouver cette part de lui-même refoulée, de guérir. Il l'écrit chapitre après chapitre, nuit après nuit, au fond d'une cafétéria sordide fréquentée par d'autres Juifs allemands immigrés, seuls liens avec sa culture et sa langue d'origine.

    C'est aussi le récit d'un malentendu, d'une incompréhension totale entre Bronsky et l'Amérique. Il égratigne au passage le mythe du rêve américain. Dans une Amérique obsédée par le culte de la réussite et de la jeunesse, Bronsky est l'éternel outsider. « Dans ce pays la pauvreté et la solitude sont une infamie ». Pas facile dans ces conditions de rencontrer des femmes américaines, inaccessibles pour ce greenhorn sans le sou et sans avenir, et qui doit lorsqu'il en a les moyens soulager sa frustration sexuelle avec des prostituées misérables.

    « Fuck America » est inspiré de la vie d'Edgar Hilsenrath, écrivain allemand né en 1926. Il y raconte, sur un mode décalé et cru, empreint d'autodérision, sa condition d'immigré aux Etats-Unis, après la guerre, alors qu'il avait survécu à l'expérience terrible d'un ghetto juif en Ukraine. le récit se fait plus grave et mélancolique lorsque Jakob/Edgar raconte dans les derniers chapitres l'histoire de sa famille, de la montée du nazisme à l'arrivée aux Etats-Unis.

    A noter l'excellent travail des Editions Attila qui nous offre, en plus de l'édition en français de ce livre publié en 1979 en Allemagne, une maquette originale et attrayante. J'apprécie particulièrement le petit topo sur le traducteur et l'auteur de la couverture, trop souvent négligés. Les Editions Attila feront paraître prochainement les deux premiers romans d'Edgar Hilsenrath, permettant ainsi de poursuivre la découverte de cet écrivain génial.


    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2009/07/26/fuck-america-dedgar-hi..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Beatrice64 le 25/02/2011


    Aussi drôle que noir. Mauvais goût, outrance et dérision.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par kanterror le 14/11/2010


    Vidéo de présentation des éditions Attila et du roman "Fuck America" (journal régional France 3 Ile de France)

    http://www.editions-attila.net/fuck_america/France3.html

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par SoHo le 15/08/2010


    Très bonne découverte ! Un grand plaisir de lecture !
    Un récit désopilant, à la fois très noir et très drôle. Un style assez débridé !
    Une version grotesque de l'itinéraire personnel de l'auteur (juif déporté en 1939-1945, puis exilé aux USA), abordé d'autre façon dans les autres oeuvres de Hilsenrath.

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par HK le 25/04/2011


    J'ai vraiment passé un bon moment en lisant "Fuck Almerica" qui mèle allègrement réalité et burlesque. L'auteur y décrit son arrivée aux Etats Unis juste après la Deuxième Guerre Mondiale et sa survie grâce à des petits boulots plus minables les uns que les autres. Il paye son loyer quand il peut, c'est à dire presque jamais et chaparde dans le frigo de ses voisins pour ne pas crever de faim. Ses buts dans la vie sont la rédaction de "Le branleur", sa fameuse autobiographie (merveilleuse mise en abyme) et de baiser le plus souvent possible. Malheureusement pour lui, son mode de vie marginal le réduit le plus souvent à aller aux putes et ce, quand les finances le permettent bien sûr. On rit beaucoup devant ce franc déballage fort bien servi par un style court et efficace. Bref, je le recommande car c'est un petit chef d'oeuvre.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Toftaky le 04/04/2011


    Jeune immigré juif, Jacob Bronsky débarque aux Etats-Unis en 1952. Complètement dévasté par la guerre, rescapé de la Shoah, Bronsky erre dans un New York interlope. Entre clochards et marginaux, immigrants et américains moyens, Bronsky tente de survivre. Les petits boulots minables et les arnaques grossières lui laissent du temps pour s'accrocher à sa bouée de sauvetage, son livre, l'autobiographie-analyse qui va le sortir de l'impasse.
    Dans Fuck America, Hilsenrath se hisse au niveau des écrivains beat, il disserte avec talent sur le revers de la médaille du rêve américain. Son Jacob Bronsky a des allures de Arturo Bandini et les obsessions d'un Hank Chinaski. Côtoyant de célestes clochards, il ne déparerait pas dans les romans de Fante, Bukowski ou Kerouac. Fuck America est un livre noir, émouvant, parfois cynique, très drôle mais qui vous fait réfléchir sur les mécanismes normatifs de nos sociétés occidentales.

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par kanterror le 14/11/2010


    Vidéo de présentation du roman "Fuck America" avec interview d'Hilsenrath :

    http://www.editions-attila.net/fuck_america/video.html

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par summerday le 07/04/2010


    Pendant mes vacances j'ai lu Fuck America, un roman ovni, cruel et drôle d'Edgard Hilsenrath. En 1939 Nathan Bronsky , juif allemand, écrit au consul général pour demander un visa pour sa famille afin de fuir aux États-Unis. Il décrit la guerre, l'antisémitisme, les rafles, les camps. Au bout de plusieurs courriers désespérés on lui répond qu'en raison de tous les juifs demandant l'asile et la lenteur des administrations, il ne recevra de visa qu'en 1952!!! Alors effectivement on retrouve son fils, Jacob Bronsky aux États-Unis, fraîchement débarqué là-bas en 1952, comme l'annonçait avec cynisme le consul.

    Le héros du roman est Jacob, juif immigré, qui essaie de survivre à New York en enchaînant des jobs minables tout en rêvant d'écrire le roman du siècle "Le branleur", un récit autobiographique. Il erre de sa chambre insalubre à la cafétéria des immigrés, en passant par les bars les plus malsains, les cinémas de deux sous et les prostituées. La vie américaine rêvée comme le lieu de tous les possibles et comme refuge s'avère plus que décevante. Et Nathan se remémore les premiers mots de son père lorsqu'ils débarquèrent là-bas : Fuck America.

    Jacob ne se souvient plus de la vie du ghetto en Europe, il ne sait plus comment sa famille a réussi à survivre à l'holocauste. Alors il essaie de retrouver ses souvenirs en écrivant sur ce passé. Mais il n'est pas facile d'écrire un roman à New York quand on n'a que quelques dollars en poche, et d'autant plus qu'il écrit en allemand! Jacob est à l'image des endroits qu'il fréquente : menteur, tricheur, voleur, lubrique.

    Le personnage de Jacob est détestable mais il est aussi très intriguant. Il ment constamment et raconte au premier venu une version ou une autre - plus ou moins héroïque - de la façon dont sa famille est arrivé aux États-Unis. Mais peu à peu on comprend qu'il ne s'agit pas d'une vantardise mais d'une réelle amnésie. L'oubli de celui qui porte en lui un poids : celui d'avoir survécu et donc de devoir raconter. On ne saura jamais vraiment différencier sa fiction de ses vrais souvenirs, mais lorsqu'enfin il réussi à restituer une version complète, on ne peut s'empêcher d'être ému.

    Certains pourront ne pas aimer l'aspect irrévérencieux du roman, moi j'ai été happée par ce tumulte de loufoquerie et d'idées non convenues.


    Lien : http://summerday.hautetfort.com/archive/2009/12/21/fuck-america.html

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par wakinasimba le 18/12/2009


    Jacob Bronsky vit d'expédients à New York. Fraîchement immigré, il a du mal à se faire à l'Amérique, ne travaille que lorsqu'il est obligé et loue une chambre chez une dame juive.

    Car Jacob est juif, lui aussi, ayant échappé aux nazis en Europe, sa famille est allée s'installer en Californie alors que lui a préféré rester à New-York. Mais tout est difficile : manger, avoir un job, sans oublier ses envies de sexe qui le démange (là, ça va faire augmenter le nombre des visites de mon blog d'un coup).

    Il écrit, la nuit, son roman, dont on ne saura que très tard le sujet. Car au fond, ce qui dérange Jakob, c'est ce qu'il a vécu pendant la guerre.

    Mon avis :

    Lecteur prude, détourne-toi de ce livre car tout, au début, y est salace. Mais bizarrement, on s'y fait, car le véritable sujet du roman est ailleurs.

    C'est la vie d'un émigré qui croyait trouver la Terre Promise et qui découvre une nation bien terre-à-terre dont il ne comprend pas les codes. C'est la vie d'un éternel rêveur, le double de l'auteur, qui finira par trouver sa Terre Promise, ailleurs, dans le pays de son enfance.

    Tout est grossi et grossier dans ce livre, avec quelques touches d'humour, mais cela participe de la mise à distance d'un réel incompréhensible pour le personnage.


    Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2009/12/07/15934651.html#comm..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)






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