> Claude Leblanc (Traducteur)

ISBN : 2912969298
Éditeur : Exils (2001)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres

« Il y avait la rock'n'roll attitude, il y a désormais la "hacker attitude", un modèle social pour l'ère post-industrielle », expliquait Libération lors de la parution de ce livre au début de l'année 2001 aux États... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Walktapus, le 12 février 2011

    Walktapus
    D'abord précisons que le terme hacker du titre de ce livre ne fait pas référence à des pirates informatiques, mais au sens original du mot. Voir wikipedia. Les hackers, ce sont ces passionnés virtusoses sans qui des choses comme l'ordinateur personnel, internet ou le logiciel libre n'auraient peut-être jamais existé. Ce livre n'a donc rien à voir avec une apologie du crackage.
    Il commence par une courte introduction (anecdotique) de Linus Torvalds, le père du noyau linux, et un épilogue de Manuel Castells, auteur reconnu de livres sur l'"ère de l'information". A ceux qui auraient envie de lire ce livre, je conseillerais de lire en premier son histoire des hackers qui est en toute fin du livre.
    Le mot d'"éthique" est choisi en référence à l'éthique protestante du travail, nommée ainsi et théorisée par Max Weber au début du siècle. Dans cette éthique, qui a encore plus ou moins cours aujourd'hui, le travail est un devoir, qu'il soit intéressant ou non et la discipline une vertu.
    La caractéristique des hackers, c'est d'être motivés par une passion et le plaisir de travailler sur des sujets pointus et stimulants. le pognon arrive après. Ils n'ont pas un cadre strict de travail avec des chefs, des horaires et des deadlines. Ils travaillent au rythme qui leur convient. La reconnaissance ne leur vient pas de leur hiérarchie mais de leur pairs, les autres hackers. Un hacker n'a donc pas obligation de résultat à court terme comme dans l'entreprise. Il a le temps de développer ce qui le passionne.
    L'éthique hacker qui en découle est à l'antithèse de la tendance capitaliste à tout breveter et protéger par des droits. On sait que si tout était sous droits, la société capitaliste étoufferait et ne pourrait pas se développer (d'où la nécessité de sauvegarder un espace ouvert et libre). Si les hackers à l'origine d'internet n'avaient pas impulsé leur vision des choses aux premier développements du réseau, avant que de grosses sociétés peu agiles aient eu le temps d'entrevoir la possibilité d'un marché, on n'aurait peut-être jamais eu internet, en tout cas pas sous une forme aussi globale et ouverte.
    Le logiciel libre est la conséquence logique de cette "éthique". le système d'exploitation linux, qui en est le symbole, occupe la quasi totalité des serveurs internet, et se retrouve dans une multitude d'endroits moins connus, comme le coeur d'android, les tomtoms, ou mon lecteur cybook bookeen. Linux équiperait probablement aussi votre PC si la loi de l'offre et de la demande était autre chose qu'une fumisterie (la vente liée matériel/OS est illégale, mais pratiquée en toute impunité par les grosses corporations).
    Ce qui est intéressant avec le logiciel libre, c'est qu'une logique basée sur la passion, le partage, la transparence absolue, et des gens qui se consacrent bénévolement à leur passion le soir de partout dans le monde, réussissent à faire mieux qu'une logique basée sur la propriété, le profit, le travail rémunéré dans un bureau et des stratégies marketing agressives. D'où les efforts dans certaines sociétés (google est sans doute la plus connue) de favoriser au maximum une culture hacker en interne.
    Cette "éthique" doit aussi nous faire réfléchir sur notre société, cette société de plus en plus détissée, désolidarisée par la logique de consommation, et sur l'entreprise, où l'être humain est victime de la logique de la profitabilité maximum et à court terme (le management à la française notamment, est exceptionnellement pourri, et pas que chez France Telecom), et sur ces mêmes entreprises qui accaparent de plus en plus d'aspects du monde (on les laisse même breveter la nature) au risque de scier la branche sur laquelle nous sommes tous assis. Ce modèle représente une petite lueur d'espoir.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lanard, le 15 juillet 2010

    lanard
    L'œuvre de Manuel Castells annonce l'avènement de l'ère de l'information ; ce n'est pas une nouvelle utopie qu'il s'agit de confondre avec un progrès (le progrès est une notion qui n'a pas de sens en soit sinon par rapport à un système de valeurs) ; ce n'est pas une nouvelle Terre Promise précise t'il dans sa postface au livre d'Himanen. L'ère de l'information selon Castells est un nouveau paradigme technologique (adaptation à l'histoire des techniques du concept de paradigme inventé par Kuhn pour l'histoire des sciences) qui est en train d'émerger en même temps que le paradigme industriel est en train de perdre son rôle moteur dans l'histoire (sans disparaître toutefois, il faudra toujours des usines ne serait-ce que pour construire des ordinateurs). le paradigme industriel émergea suite à un maîtrise de plus en plus répandue de l'énergie (vapeur, électricité, énergies fossiles…) ; le paradigme informationnel résulte de la diffusion massive des technologies de traitement de l'information. Ces deux paradigmes se traduisent par la montée en puissance de certains types de mentalités, de mécanismes et d'habitudes mentales ou habitus. Pour le monde industriel et capitaliste le sociologue Max Weber avait mis en relation son émergence avec une forme de mentalité qu'il désigna dans le concept d'éthique protestante dans son ouvrage célèbre L'Ethique protestante et l'esprit du capitalisme. Dans cet ouvrage, paraphrasant le titre de Weber, Pekka Himanen croit pouvoir associer à l'émergence de la société informationnelle la montée en puissance d'un certain type de mentalité, une éthique, celui des passionnés d'informatique les hackers. Cette mentalité s'oppose à l'éthique protestante essentiellement dans son rapport au travail et son rapport à l'argent. Contrairement à la mentalité protestante, valorisant le travail pour lui même considéré comme étant consubstantiel à la condition humaine (hors du travail point de salut), l'éthique hacker ne conçoit d'intérêt pour un travail que par rapport au plaisir qu'il peut donner à celui qui le fait et aussi à l'utilité de ce travail ; pour le hacker le travail doit être un plaisir mais aussi avoir un sens. le travail n'est donc pas essentiellement relié à la nécessité de se nourrir (avoir un toit etc.). Ces problèmes là sont sensés déjà être résolus. Une autre valeur essentielle de l'éthique hacker est le souci de partager (pas forcément gratuitement mais le plus possible) l'information ; ce trait se heurte à la notion de propriété intellectuelle ou industrielle dans la forme qu'elle revêt dans l'éthique protestante. Sans nier complètement la notion de propriété intellectuelle, le hacker répugne à vendre l'information si cela doit entraver sa diffusion ; il parie essentiellement sur le fait que la diffusion favoriserait progrès et innovations. En programmation, la diffusion d'un logiciel sous licence Open Source (comme Linux) permet à tout nouvel acquéreur d'améliorer celui-ci s'il en a le talent et la motivation; libre à lui par la suite de diffuser la version nouvelle s'il estime qu'elle peut rendre services à d'autres utilisateurs.
    Ce livre invite à la relecture ou la lecture du classique de Max Weber sous un angle inattendu. Les nombreux parallèles et références aux textes religieux ( de Saint Augustin aux pères du désert en passant par Saint Benoît et les pasteur luthériens) sont à la fois surprenants et ingénieux.
    La question se pose maintenant de la portée ou de la pertinence de ces concepts d'éthique protestante et d'éthique hacker ; qu'est-ce qu'on va pouvoir bien faire avec ça, sinon décrire des évolutions historiques d'une manière plutôt commode quoiqu'un peu trop générale. On n'a le sentiment d'un bel exercice un peu vain et sans portée pratique. Tant mieux peut être ; Himanen est sans doute un hacker de la philosophie sociale ; il trouve du plaisir à en faire et cela lui suffit ; à d'autres de poursuivre, de contester, d'affiner. Faut-il s'inquiéter de l'utilisation idéologique possible dans l'avenir de tels concepts?
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)









Acheter sur Amazon

Faire découvrir L'Ethique Hacker et l'Esprit de l'ère de l'information par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Quiz