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> Minnie Danzas (Autre)

ISBN : 2070378535
Éditeur : Gallimard (1987)


Note moyenne : 3.86/5 (sur 143 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Jackson est le gars le plus candide de Harlem, pour ne pas dire demeuré. Et dans le coin, il y a un tas de dégourdis qui commencent par lui étouffer son pognon.

Sa petit amie, Imabelle, une fille superbe à la peau couleur banane, l'entube comme c'est pas... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 22 août 2014

    Nastasia-B
    La reine des pommes, comment vous dire ? Imaginez : c'est un peu comme si vous étiez à bord d'un drôle de corbillard noir lancé à vive allure dans le populeux marché du Harlem des années 1950.
    Laissez-moi d'abord vous parler des personnages de ce roman qui sont tellement attachants qu'on a peine à les voir malmenés. Jackson, d'abord, un rondouillard un brin trop crédule, bonne pâte, mais un peu trop maladroit pour se frotter aux caïds de Harlem.
    Ensuite, son frère (jumeau dans l'histoire mais tellement différent de caractère qu'il ne peut être que faux jumeau), nommé Goldy, qui passe ses journées déguisé en mère de charité à vendre des billets pour le ciel, indic à ses heures perdues, plutôt malin et déluré.
    Il y a aussi Imabelle, beaucoup trop belle et maligne pour être simplement la poule de Jackson. Ajoutez encore deux inspecteurs, aimables comme des fils de fer barbelés, versions noires de l'inspecteur Harry, canardeurs patibulaires et mal embouchés, les inévitables Cercueil et Fossoyeur, personnages récurrents des romans de Chester Himes.
    Mais La reine des pommes, c'est aussi un pasteur à mourir de rire, un croque-mort radin, des voyous toujours prêts à trancher des gorges, des maquerelles travesties, bref, les ingrédients essentiels pour un bon petit cocktail explosif.
    Chester Himes nous fait vivre le Harlem de cette époque à fond de train dans un style parfois proche du burlesque mais toujours suffisamment fort et juste pour nous faire sentir tant la violence que la misère et la condition noire de ce New-York-là.
    Vous ne vous ennuierez pas une seconde, la description très cinématographique et la construction temporelle de la seconde partie peut faire penser et/ou avoir inspiré des films plus récents comme Jackie Brown de Quentin Tarantino.
    Bien sûr, il faut un peu aimer ce genre d'intrigues, mais ce n'est pas une littérature spécifiquement dévolue aux inconditionnels du roman noir ou policier (peut-être même que les aficionados du polar trouveront à redire avec tel bouquin plus ceci, tel auteur plus cela, mais il demeure, à mon avis, un bon roman, haletant et très agréable à lire).
    Ces considérations étant à prendre dans leur jus puisqu'en matière de pommes, je ne suis peut-être pas la reine mais j'en connais un rayon et que donc, cet avis ne signifie-t-il peut-être pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par jeranjou, le 15 juin 2013

    jeranjou
    Mortel ce polar !
    Bonjour mesdames et messieurs. Je vous ai fait venir aujourd'hui pour un casting un peu spécial. Nous recherchons des profils résidant à New York et côtoyant de très près la mort sous toutes ses coutures.
    Présentez-vous un à un et énumérez vos qualités et défauts :
    - Bonjour, je m'appelle Jackson et suis conducteur de corbillard pour les pompes funèbres. Par conséquent, je connais Harlem comme ma poche, de jour comme de nuit… et surtout la nuit. Mon seul défaut est d'être trop gentil, surtout avec ma sublime femme Imabelle, d'où mon surnom de « Reine des pommes ».
    - Hello, nous sommes deux flics de New York et nous pensons correspondre complètement aux profils recherchés. On nous surnomme Fossoyeur Jones et Ed Cercueil Johnson. Pas besoin de vous faire un dessin, la mort ça nous connaît !
    - Salut, moi c'est Chuck, alias Goldy. Mon frère Jackson a toujours besoin de moi lorsqu'il est dans la panade. J'exerce deux métiers qui devraient vous intéresser drôlement : la quête de jour sous le déguisement de Soeur Gabrielle et indicateur la nuit auprès des flics. Je prêche la bonne parole mais je peux aussi prier pour ceux qui vont mourir à cause de moi.
    - Nous, on forme un dangereux trio d'escrocs : Hank, flingueur et faussaire qui peut transformer un billet de 10 en 100 dollars en un clin d'œil, Joedi manieur de couteau impitoyable, et Slim, roi de l'arnaque et des mallettes pleines de pépites d'or. Pour coller à nos profils, nous vous suggérons que Jackson tienne le rôle du parfait pigeon qui nous filerait tout son pognon et sa femme en échange de billets de 100 dollars imaginaires. Qu'en pensez-vous ?
    Pas mal effectivement. Vous correspondez tous parfaitement à notre casting mais il me manque une petite touche de morale et d'humour noir. J'ai besoin d'un moment unique qui permettrait d'absoudre les pires horreurs et faire rire comme jamais ! Plutôt à la fin de notre récit, si possible…
    - Révérend Gaines. Je suis pasteur et l'homme de la situation. Je connais depuis des lustres Jackson et je suis prêt à confesser tous les péchés de la terre pourvu que j'obtienne le rôle.
    Merci à tous, vous êtes conviés pour jouer dans un polar américain, signé Chester Himes. Personnages loufoques et actions à gogo doivent rimer avec argent en toc et mort à plein pot.
    Je compte sur vous pour nous faire passer un très bon moment de détente et en même temps de jeter un œil critique sur la communauté noire et la croyance religieuse qui l'accompagne dans les années 50.
    Et vous les deux flics, si vous voulez que l'on vous embauche pour plusieurs numéros, il va falloir être caustique et même acide (1) s'il le faut !

    (1) Des jets d'acide intempestifs vont avoir des conséquences fâcheuses pour deux de nos personnages.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 05 avril 2014

    lehane-fan
    Alors si je vous fais Pov'pom pov'pom, pov'pom pov'pom, vous me dites, là, tout de suite sans réfléchir mais un peu quand même...
    Bétovaine ? Vois pas trop le rapport avec un gros St Bernard mais pourquoi pas...A un Chester Himes près, vous repartiez avec la super cagnotte ! Ballot...
    Et voilà, une fois de plus, Jackson vient de se faire enfler. Avec le coup de la levure en plus. Vous savez, celui qui consiste à transformer vos biffetons de 10 en 100 comme par magie. Faut dire que le gars Jackson, c'est pas vraiment une lumière. Il serait plutôt branché sur alternatif dans ses bons jours. le problème, c'est qu'il avait misé tout son pactole dans l'affaire et qu'il vient de doubler la mise en perdant sa petite fleur jaune, Imabelle, enlevée par ces enfumeurs à la petite semaine. Dans son malheur, il sait qu'il peut compter sur son jumeau maléfique, Goldy, qui rançonne le passant qui passe, déguisé en énorme bonne sœur, à ses heures perdues .
    Fossoyeur et Ed Cercueil, drôles de blazes hein. Allez surtout pas vous aviser de leur manquer de respect car ces deux flics de Harlem auront tôt fait de vous expédier ad patres sans préavis. Première courte apparition de ce duo de pitbulls dont on pressent déjà l'énorme potentiel.
    La reine des pommes paraît en 1958 et obtient direct le Grand prix de littérature policière. Et vous pouvez y aller les yeux fermés, c'est vraiment très bon !
    J'aimerai remercier tout particulièrement la prison que l'auteur connut très jeune et qui lui permit ainsi de découvrir la littérature tout en lui donnant le goût de l'écriture. Son terreau, le noir américain qu'il adore railler en mélangeant les genres. Tantôt cynique, tantôt désabusé, Himes use d'un style argotique qui vous hypnotise du premier au dernier chapitre. Des personnages truculents empêtrés dans des situations cocasses, le scénario est béton si ce n'est qu'à l'instar d'un m'sieur Cadbury, on adorerait qu'il soit un tout p'tit peu plus long !
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    • Livres 5.00/5
    Par belette2911, le 24 juillet 2013

    belette2911
    En fait de "La reine des pommes", on pourrait dire aussi "le roi des naïfs" parce que Jackson est plus naïf qu'une souris grasse passant devant un chat affamé, en pensant que puisque c'est Carême, il se retiendra !
    Déjà assez naïf pour croire que l'on peut transformer un billet de 10$ en un billet de 100$, comme ça, avec un cylindre et des produits chimiques ! Assez naïf pour penser que sa bonne femme mérite le bon Dieu sans confession et que non, jamais de sa vie elle ne l'entubera !
    Je ne déflorerai rien au niveau intrigue de ce polar noir, pas pour vous épargner, mais parce que les rebondissements sont si nombreux que je dépasserais mon quota de mots pour la critique.
    Tout ce que je peux dire, c'est que c'est un truc de fou !
    Le style d'écriture est incisif, les pages se tournent toutes seules, dévoilant de-ci, de-là des mots d'argot.
    Les personnages ? Hauts en couleur !
    Entre notre neuneu Jackson; la soeur Gabriel qui a des bijoux de famille et qui est son frère, déguisé en bonne soeur pour arnaquer les gens; les deux flics, Ed Cercueil et Fossoyeur Jones qui feraient parler les pierres; trois truands à la grande semaine; la belle Imabelle, femme de Jackson qui aime tondre non neuneu chéri; une malle remplie de ce que je ne divulguerai pas; un pasteur qui entendra l'histoire la plus rock'en rollesque de toute sa carrière; un patron des pompes funèbres sacrément radin et sacrément calculateur, croyez-moi, on ne s'ennuie pas une seconde ! Un vrai polar noir.
    Par contre, si vous cherchez un polar "habituel" avec un flic enquêteur ou un privé, un/des cadavres et une enquête policière, passez votre chemin ! Ici, on a des cadavres, des flics véreux non politiquement correct, mais pour ce qui est de l'enquête classique, brossez-vous ! Ici, une fausse sœur enquête pour retrouver une poule et sa malle verte remplie de... Pour ce qui est des méchants, ce sont de vrais truands.
    Bref, on est loin des polars dits "classiques" !
    "La reine des pommes", ou comment décrire la violence, la misère et la condition noire de Harlem de l'époque tout en l'enrobant de burlesque sans jamais sombrer dans le "trop".
    Attention, polar noir comme le café et aussi fort !
    PS : le livre a été adapté au cinéma sous le titre de "Rage in Harlem" avec Forest Whitaker dans le rôle de Jackson.


    Lien : http://the-cannibal-lecteur.jimdo.com/4-romans-policiers-contemporai..
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    • Livres 2.00/5
    Par Under_The_Moon, le 21 mars 2015

    Under_The_Moon
    " La Septième Avenue et la Cent vingt-cinquième Rue délimitaient le centre de Harlem, carrefour de l'Amérique noire."
    Une façon très simple et presque scientifique de parler d'Harlem, quartier si célèbre de New York. Et c'est là qu'intervient Chester Himes : avec sa plume, il nous fait revivre cet Harlem des années 1950, quartier mal famé et vraiment pas fréquentable, à une époque où la ségrégation est toujours la règle.
    Ce voyage dans le temps nous décrit cet Harlem comme l'antichambre de l'Enfer où le vice est règle et le Seigneur un vœu pieux quand on est à court d'arguments plus convaincants.
    Comme on lit les polars de Ken Bruen pour Jack Taylor, on ne lit pas ce polar de Chester Himes pour l'enquête policière qui n'en est pas vraiment une. On le lit pour visiter cet Harlem qui n'est plus. C'est là toute la force de la littérature finalement : faire revivre ce qui fût si important à une époque et n'est plus qu'une vague rumeur aujourd'hui. Les descriptions que nous livre l'auteur sont très percutantes et nous réveille parfois de cette lecture des tribulations de ce pauvre Jackson (la fameuse "reine des pommes" - à comprendre simplet). Ces descriptions des gens, des lieux et de l'atmosphère qui règne à Harlem n'est pas sans rappelé les vers du poème de Langston Hughes (publié 30 ans plus tôt) :

    Here on the edge of hell
    Stands Harlem -
    Remembering the old lies,
    The old kicks in the back,
    [...]
    L'écriture du livre est assez fluide dans l'ensemble, même si la traduction du langage familier a un peu vieillie - à mon goût.
    Quant aux personnages, ils ont peu de consistance. Les dialogues les plus percutants sont ceux qui parlent des règles de (sur)vie à Harlem sous tous ses aspects, les autres glissent sur les pages sans qu'on les remarque vraiment.
    Bien sûr, il y a quelques scènes drôles et d'autres où la tension est à son comble, mais pas assez pour que cette lecture me laisse un souvenir impérissable. J'ai de très loin préféré les nouvelles de Chester Himes à ce roman.

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Citations et extraits

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  • Par Under_The_Moon, le 22 mars 2015

    [exemple de superbe description du Harlem des '50]

    Tout autour de la gare, ce n'étaient que bars, garnis crasseux pompeusement appelés hôtels, cafétérias ouvertes la nuit, repaires de drogués, bordels, et tripots clandestins - de quoi pourvoir aux plaisirs de tout un chacun.
    [...]
    Les putains affairées tournaient dans les parages, comme des mouches bleues autour d'un plat de tripes.
    Les voix plaintives des chanteurs de blues, s'échappant des bastringues aux éclairages de cauchemar, flottaient dans l'air saturé de bruits :
    Ma maman elle m'a dit quand j'étais toute gamine :
    Le whisky et les hommes, mon p'tit, c'est la ruine...

    Des mendiants au visage balafré guettaient le passant solitaire, comme des chacals flairant le festin du lion.
    Les voleurs à la tire s'emparaient d'une valise et s'enfuyaient vers l'obscurité tutélaire du pont aérien, cherchant à esquiver les balles des flics qui ricochaient contre les piliers métalliques. Quelquefois ils s'en tiraient, quelquefois ils y restaient.
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  • Par Under_The_Moon, le 19 mars 2015

    Si on regarde vers l'est, du haut des tours de la cathédrale Riverside, perchée au milieu des bâtiments universitaires, sur la rive haute de la rivière Hudson, on voit tout en bas, dans la vallée, les vagues des oies gris, qui, comme celles de l'océan, faussent la perspective. Sous cette étendue mouvante, dans les eaux troubles des garnis crasseux, une dense population noire se convulse dans une frénésie de vivre, à l'image d'un banc grouillant de poissons carnassiers qui parfois, dans leur voracité aveugle, dévorent leurs propres entrailles. On plonge la main dans ce remous et on retire un moignon.
    C'est Harlem.
    Plus on se porte à l'est, plus la ville est noire.
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  • Par Under_The_Moon, le 20 mars 2015

    Vous voulez vous remettre entre les mains du Seigneur ? Mais, mon pauvre ami, vous le prenez pour qui, le Seigneur ? Faut aller de ce pas vous remettre entre les mains de la police ! Jamais le Seigneur ne voudra intervenir dans un pareil micmac.

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  • Par Under_The_Moon, le 20 mars 2015

    [...] la présence d'un corbillard dans les rues de Harlem, à cette heure matinale, n'avait en soi rien d'insolite. On meurt à Harlem à toutes les heures du jour et de la nuit.

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  • Par Under_The_Moon, le 21 mars 2015

    [...] M. Clay croyait aux fantômes. M. Clay comprenait fort bien, en effet, que si les fantômes s'avisaient de récupérer tout l'argent qu'il avait carotté aux familles, il serait bon pour l'hospice.

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