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> Tetsuya Yano (Traducteur)
> Frédéric Guyader (Adaptateur)
> Olivier Vachey (Adaptateur)

ISBN : 2756006300
Éditeur : Delcourt-Akata (2007)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 17 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

En 1606, la ville de Kyoto fut le théâtre d'un étrange remue-ménage. Un samouraï venait d'établir un record des plus particulier : faire passer une cinquantaine de flèches d'un bout à l'autre de la galerie extérieu... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par MissG, le 04 janvier 2014

    MissG
    "L'âme du Kyudo" est un manga appartenant à la catégorie du gekiga - littéralement "drame réalisé sur du papier" -, Hiroshi Hirata étant lui-même considéré comme une figure emblématique du gekiga.
    Kanza est un jeune paysan japonais qui voit son père mourir d'une flèche perdue.
    Fou de rage et de douleur, il venge la mort de son père mais appartenant à une classe inférieure de bushi, cette vengeance est considérée comme un meurtre.
    Pour garder la vie sauve il doit alors réaliser un tir à l'arc hautement improbable, s'ensuit qu'il attire l'attention d'un samouraï qui décide de le former, Kanza voyant-là la possibilité de s'extraire de sa classe : "Je me sortirai coûte que coûte de cette classe inférieure de bushi ! Grâce à mes aptitudes, je vais pouvoir dire adieu à la misère !".
    Kanza passe par des phases de doute, sur le point d'abandonner il se teste lui-même et décide de poursuivre l'entraînement jusqu'à l'épreuve suprême, le Tôshiya : "Aussi dur que puisse être l'entraînement, je n'abandonnerai plus jamais ! Même si je dois en mourir, je suivrai vos directives et j'irai jusqu'au bout de mes limites ! Je vous en prie, maître ! Guidez-moi jusqu'au Tôshiya !".
    Le Tôshiya était une épreuve mythique se déroulant dans un temple de Kyôto : "Autrefois, dans ce temple, une épreuve appelée Tôshiya était régulièrement tentée par des samouraïs, au péril de leur vie. L'objectif était de faire passer, en une seule journée, des flèches - le plus grand nombre possible - d'un bout à l'autre du bâtiment, sans jamais toucher ni l'auvent ni le corridor.".
    Nombre de samouraïs se firent seppuku après avoir échoué à cette épreuve, c'est cette Histoire s'inscrivant dans celle de Kanza que raconte Hiroshi Hirata.
    C'est extrêmement bien documenté et très intéressant à lire, d'autant plus que je ne connaissais absolument pas cette épreuve et à vrai dire, pas grand chose sur les samouraïs.
    Ce manga est très instructif et j'ai énormément apprécié cette lecture, l'histoire est passionnante, il y a beaucoup de détails enrichissants, les dessins sont de toute beauté et d'une précision redoutable traquant le moindre détail.
    Ce manga fait plus de quatre cents pages et se découpe en cinq chapitres mais il se lit très rapidement et très facilement, il suffit juste de prendre le coup d'œil pour lire "à la japonaise".
    Au-delà du Kyudo, art martial japonais, l'auteur a su faire revivre la période médiévale du Japon, où l'honneur, le courage et la fierté étaient un état d'esprit pour lesquels des hommes étaient prêts à sacrifier leur vie.
    Je reconnais qu'il y a aussi une part de fanatisme dans tout cela, c'est à mon sens assez bien montré par l'auteur qui amorce un virage avec un prédécesseur de Kanza qui dénonce la tournure et l'enjeu que représente désormais l'épreuve du Tôshiya, véritable objet de lutte entre les clans : "Ne voyez-vous donc pas à quel point vous êtes stupides et aveugles, face à cette épreuve qui flatte votre ego et vous fait perdre toute mesure ?! N'êtes-vous donc que des pantins ?! le vrai samouraï n'est pas un pantin !! La vraie vaillance n'a rien à voir avec le fait d'obtenir un nouveau record à l'épreuve du Tôshiya !"; Kanza lui-même mettant en lumière à la fin l'inutilité et les pertes engendrées par cette épreuve.
    Il est aussi question au début de tous les samouraïs qui se firent seppuku pour avoir échoué, ce qui au départ n'était en quelque sorte qu'un pari a pris une tournure dramatique et conflictuelle.
    Mais "L'âme du Kyudo" est aussi un livre mettant en avant la philosophie du tir à l'arc japonais et je trouve de façon plus générale de la philosophie japonaise.
    Cela peut heurter nos croyances et nos certitudes occidentales, en tout cas cela nous fait nous poser des questions sur le sens que nous donnons à certains mots comme l'honneur, la fierté, et surtout sur le sens même du mot "engagement", les samouraïs s'engageant corps et âme dans tout ce qu'ils entreprenaient.
    "L'âme du Kyudo" est une lecture instructive qui fait également réfléchir, elle séduit tant par la beauté de l'histoire que par les graphismes et montre que le manga est très loin des stéréotypes attachés à ce genre littéraire.
    Ce fut en tout cas une très belle découverte et incursion dans l'univers du manga, Hiroshi Hirata est un auteur de talent qui livre ici une histoire sensible, belle et documentée, faisant revivre des hommes avec leur code de l'honneur et de l'engagement, un véritable plaisir à lire dont il serait dommage de passer à côté.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2014/01/lame-du-kyudo-de-hiroshi-h..
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  • Par Haruko, le 06 mai 2012

    Haruko
    Je ne savais pas quoi penser de cette œuvre. Mais lorsque j'ai tourné les pages j'ai été happé dans un japon médiéval où les codes, l'honneur sont des valeurs fortes. On voit émerger un héros Kanza et on le suit dans sa quête pour devenir le meilleur archer.
    Le dessin est magnifique, particulièrement celui du temple où se situe l'action principale, on ressent toute la dimension et le gigantisme du lieu alors que nous n'avons qu'un morceau de papier en main.
    La pratique du tir à l'arc est mise à l'honneur et permet de découvrir une autre facette de l'histoire du Japon. Il n'y a pas que les Katana du samouraï, il y a aussi son arc.
    Il y a quelque chose de majestueux dans la pratique du tir à l'arc et les planches de ce manga le reflète. C'est un hommage aussi au dépassement de soi et à la volonté.
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    • Livres 4.00/5
    Par Anassete, le 27 juillet 2012

    Anassete
    J'ai tout simplement été enchantée par ce manga. Certes la narration y est un peu hachée ou au contraire rabâchée, mais il faut rappeler que Hiroshi Hirata était d'abord publié dans un magazine, d'où le rappel d'événements ou les rallonges de chapitres par des répétitions. La fin me paraît un peu escamotée aussi, comme si on avait demandé à l'auteur de vite terminer sa BD.
    Mise à part ce point noir qui m'empêche de mettre 5 étoiles, j'ai tout simplement adoré la découverte de la culture japonaise de cette époque dans l'œil d'un homme à cheval sur l'ancien Japon et la modernité. On sent tout le poids du traditionalisme et de la personnalité de Hiroshi Hirata. J'admire son travail des fonds et sa technique du pinceau pour repasser les personnages. On a l'impression qu'ils bougent devant un décor de théâtre.
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    • Livres 4.00/5
    Par MonsieurO, le 12 novembre 2010

    MonsieurO
    Le guerrier médiéval nippon, nul le l ‘ignore, est le plus souvent dépeint comme une égérie. Sa figure gracieuse et délicate déploie, dans la mythologie médiévale, une virtuosité au maniement du sabre qui n ‘a d ‘égale que son charme, son éthique et la force de son esprit. Mais ce fantasme n ‘a pas cours chez Kobayashi, encore moins chez Hirata. Eux reviennent sur cette allégorie avec une peinture beaucoup plus naturaliste, et donc moins glorieuse. Leur patrie ne rayonne plus, le talent de ses soldats d ‘élite s ‘est éteint. Ils sont redevenus ces hordes de paysans haut de gamme, sans savoir-vivre, violents et inféodés sagement comme des chiens de garde à leur maître.
    Chronic ‘art
    C ‘est en parcourant les pages de la section BD du site Chronic ‘art que je suis tombé sur cette critique très positive de Stéphane Beaujean au sujet de l'‘âme du Kyudo. l'‘occasion de souligner, à défaut de l ‘avoir fait au moment de la sortie du livre en juin, tout le talent d ‘Hiroshi Hirata, révélé en France par l ‘une de ses séries phares : Satsuma. Invité à l ‘occasion de la parution en France de son nouvel album, nous avions eu la chance de le rencontrer avant son départ pour les Rencontres d ‘Amiens où il s ‘était présenté en dédicace vêtu de sa tenue de samouraï ! Etonnant personnage fasciné par l ‘histoire du Japon et de ses samouraï qui reste, à plus de 70 ans, l ‘un des maîtres incontesté du gekiga.
    Dans l'‘âme du Kyudo (1969), Hiroshi Hirata fait revivre le Japon médiéval. Sur les traces du Kyudo, art martial japonais du tir à l ‘arc, il ressuscite le Toshiya, cette épreuve consistant à faire passer dans l ‘espace d ‘une journée, le maximum de flèches à travers une galerie longue de plus de 120 mètres dans l ‘espoir de remporter le titre de « Premier sous le ciel » décerné au détenteur du record. Durant de nombreuses décennies, l ‘épreuve va cristalliser l ‘opposition des fiefs entre eux. Une guerre à distance aussi coûteuse en finances qu ‘en hommes puisque déshonorés, les participants qui échouaient devaient se faire seppuku. A travers la destinée d ‘un homme, Kanza, Hirata dresse le portrait d ‘une époque, celui des hommes et de leurs idées. Stakhanoviste forcené, Hirata travaille seul, arpentant les rives d ‘un univers à l ‘incommensurable richesse, mêlant mythes, histoires et Histoire. On le sait calligraphe, attentif au plus infimes détails, affublé d ‘un trait rude et énergique épousant l ‘essence même de son propos. le coeur d ‘un samouraï et l ‘âme d ‘un mangaka en somme.

    Lien : http://monsieur-o.fr/2007/09/25/l-ame-du-kyudo-hiroshi-hirata/
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    • Livres 4.00/5
    Par Ubikson, le 14 septembre 2012

    Ubikson
    L'ame du Kyudo nous conte l'histoire du Toshiya, une épreuve japonaise du tir à l'arc dont le but était de faire passer le plus de flèches le long du porche d'un temple long de 120m.
    Ce que l'on ne réalise pas forcément avec notre oeil occidental, c'est que la morale des samourais va prendre le pas sur cette épreuve, et lui donner une dimension politique. Nous sommes ici bien loin des Jeux Olympiques, et battre le record du Toshiya, c'est apporter la gloire à son fief, à son seigneur.
    Echouer, c'est embrasser la honte, et pour éviter cela, seul reste le seppuku.
    Adapter de faits historiques, l'ame du kyudo va nous faire suivre les aventures d'un samourai inférieur, Kanza, dont le rêve est de battre le record et de devenir officier supérieur. Mais les embuches seront forcément nombreuses.
    Pour tout dire, cet ouvrage est très intéressant et le choc culturel violent, car l'honneur des samourais japonais du 17eme siècle n'a pas vraiment de rapport avec la chevalerie européenne. La mentalité est très bien représentée et bien expliquée.
    Néanmoins, il faut quand même reconnaitre, qu'à moins d'être archer soi-même, un manga de 300pages sur le tir à l'arc japonais en 1606, ça devient vite un peu longuet !!!
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Citations et extraits

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  • Par MissG, le 04 janvier 2014

    Ne voyez-vous donc pas à quel point vous êtes stupides et aveugles, face à cette épreuve qui flatte votre ego et vous fait perdre toute mesure ?! N'êtes-vous donc que des pantins ?! Le vrai samouraï n'est pas un pantin !! La vraie vaillance n'a rien à voir avec le fait d'obtenir un nouveau record à l'épreuve du Tôshiya !

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  • Par MissG, le 04 janvier 2014

    Autrefois, dans ce temple, une épreuve appelée Tôshiya était régulièrement tentée par des samouraïs, au péril de leur vie. L'objectif était de faire passer, en une seule journée, des flèches - le plus grand nombre possible - d'un bout à l'autre du bâtiment, sans jamais toucher ni l'auvent ni le corridor.

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  • Par MissG, le 04 janvier 2014

    Aussi dur que puisse être l'entraînement, je n'abandonnerai plus jamais ! Même si je dois en mourir, je suivrai vos directives et j'irai jusqu'au bout de mes limites ! Je vous en prie, maître ! Guidez-moi jusqu'au Tôshiya !

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  • Par MissG, le 04 janvier 2014

    Je me sortirai coûte que coûte de cette classe inférieure de bushi ! Grâce à mes aptitudes, je vais pouvoir dire adieu à la misère !

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