Le guerrier médiéval nippon, nul le l ‘ignore, est le plus souvent dépeint comme une égérie. Sa figure gracieuse et délicate déploie, dans la mythologie médiévale, une virtuosité au maniement du sabre qui n ‘a d ‘égale que son charme, son éthique et la force de son esprit. Mais ce fantasme n ‘a pas cours chez Kobayashi, encore moins chez Hirata. Eux reviennent sur cette allégorie avec une peinture beaucoup plus naturaliste, et donc moins glorieuse. Leur patrie ne rayonne plus, le talent de ses soldats d ‘élite s ‘est éteint. Ils sont redevenus ces hordes de paysans haut de gamme, sans savoir-vivre, violents et inféodés sagement comme des chiens de garde à leur maître.
Chronic ‘art
C ‘est en parcourant les pages de la section BD du site Chronic ‘art que je suis tombé sur cette critique très positive de Stéphane Beaujean au sujet de l'‘âme du Kyudo. l'‘occasion de souligner, à défaut de l ‘avoir fait au moment de la sortie du livre en juin, tout le talent d ‘
Hiroshi Hirata, révélé en France par l ‘une de ses séries phares : Satsuma. Invité à l ‘occasion de la parution en France de son nouvel album, nous avions eu la chance de le rencontrer avant son départ pour les Rencontres d ‘Amiens où il s ‘était présenté en dédicace vêtu de sa tenue de samouraï ! Etonnant personnage fasciné par l ‘histoire du Japon et de ses samouraï qui reste, à plus de 70 ans, l ‘un des maîtres incontesté du gekiga.
Dans l'‘âme du Kyudo (1969),
Hiroshi Hirata fait revivre le Japon médiéval. Sur les traces du Kyudo, art martial japonais du tir à l ‘arc, il ressuscite le Toshiya, cette épreuve consistant à faire passer dans l ‘espace d ‘une journée, le maximum de flèches à travers une galerie longue de plus de 120 mètres dans l ‘espoir de remporter le titre de « Premier sous le ciel » décerné au détenteur du record. Durant de nombreuses décennies, l ‘épreuve va cristalliser l ‘opposition des fiefs entre eux. Une guerre à distance aussi coûteuse en finances qu ‘en hommes puisque déshonorés, les participants qui échouaient devaient se faire seppuku. A travers la destinée d ‘un homme, Kanza, Hirata dresse le portrait d ‘une époque, celui des hommes et de leurs idées. Stakhanoviste forcené, Hirata travaille seul, arpentant les rives d ‘un univers à l ‘incommensurable richesse, mêlant mythes, histoires et Histoire. On le sait calligraphe, attentif au plus infimes détails, affublé d ‘un trait rude et énergique épousant l ‘essence même de son propos. le coeur d ‘un samouraï et l ‘âme d ‘un mangaka en somme.
Lien : http://monsieur-o.fr/2007/09/25/l-ame-du-kyudo-hiroshi-hirata/