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ISBN : 2081242524
Éditeur : Flammarion (2010)


Note moyenne : 2.91/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
A première vue, Aurèle est simplement une adolescente dévergondée. Elle ne se sépare jamais de son frère Jérôme, qui incarne la figure de l’idiot. Au collège de Mortissieux, elle suit les cours de musique d’Anna Lussing. Anna devient pour Aurèle une obsession, un manque... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par VanilleLN, le 18 septembre 2013

    VanilleLN
    Aurèle et Jérôme sont deux ados paumés. Abandonnés par leurs parents, qui ont reconstruit leur vie, ils évoluent dans une famille recomposée qui ne leur laisse pas vraiment de place. Aurèle prend en charge elle-même l'éducation de son frère Jérôme, qui souffre d'un retard mental. Abandonnés aussi par la ville, par les autres, ils vivent dans une banlieue triste, à quelques pas de Lyon : " blanc et gris avec de petits balcons pour ceux qui occupent les extrémités. Des centaines de fenêtres ouvertes ou fermées, pareilles aux calendriers de l'Avent ". Personne ne s'occupe d'eux. Alors, lorsque la jeune Anna Lussing débarque au collège de Mortissieux pour donner des cours de musique, Aurèle décide qu'elle sera l'objet de sa passion. L'objet de sa perversion. L'adolescente a troqué son innocence contre de l'incandescence. La beauté d'Anna est le carburant des déviances qui germent dans son esprit. Elle tient Jérôme sous sa coupe, qui lui donne une confiance aveugle et obéit à tous ses ordres : " j'exerce un pouvoir quasi-militaire sur lui. Il est mon bras droit, mon allié indéfectible ". Elle lui fera espionner Anna, lui fera écrire des lettres anonymes, créera le désir chez lui. Et puis tout bascule. Aurèle découvre que la professeur de musique a un amant, un traducteur italien, Pasquale, et fera tout pour l'expulser de sa vie. Quitte à l'accuser d'un meurtre. La perversion n'a plus de limite, une fois lancée. le plaisir naît de la souffrance, de l'étouffement. C'est finalement l'histoire de deux ados qui détruisent un couple, parce qu'ils n'ont pas trouvé de jeu plus excitant. Parallèlement à ça, Stéphanie Hochet nous fait partager les états d'âmes de Pasquale, un italien qui a quitté son pays d'origine, ne pouvant plus supporter Berlusconi. C'est à Lyon qu'il rencontre Anna et en tombe immédiatement amoureux. Bien vite, il se rend compte que quelque chose se trame, que la jeunesse d'Aurèle n'est pas saine. Mais trop tard pour stopper le mécanisme infâme qui s'est mis en place, dont la victime collatérale sera Anna, à qui la parole n'est jamais donnée dans le roman, comme pour donner plus de force à son statut. Chapitre après chapitre, on ressent le piège qui se referme doucement mais inévitablement sur Anna et Pasquale. Ce dernier soutenu par sa femme qu'il a laissée en Italie parvient à garder espoir d'échapper à cette manigance, glissant par moments vers une douce folie. Son attitude est vraiment touchante, on perçoit tout à fait sa lucidité qui tombe en lambeaux, semble se reprendre, mais reste consterné avec son impuissance. du doute à la vérité, des scènes orchestrées avec brio rendent la lecture prenante et passionnante. Les personnages sont forts et bien démarqués. La présentation psychologique des 3 personnages principaux est tout à fait remarquable. On pense toucher la vérité du bout des doigts et puis tout s'évanouit comme une ombre que la nuit absorberait... C'est fin, prenant, surprenant. Ca pourrait être un thriller, mais c'est encore plus subtile, un mélange d'un tout qui s'impose avec délicatesse de page en page. La lumière braquée sur le comportement d'une adolescente d'apparence inoffensive même attentionnée avec son demi-frère, prend des mesures disproportionnées, au nom d'une passion obsessionnelle envers Anna. L'innocence et l'inconscience de ses actes rendent la position de Pasquale encore plus fragile et celle d'Anna périlleuse. L' histoire qui se déroule en banlieue, reflète ce mal, ce besoin d'exister, de se faire aimer, par des actes percutant les règles des adultes. Une façon de dire : je suis sans doute une ado lambda, mais sous ma capuche, j'irai au bout de ma volonté détruire par plaisir ce monde absurde dans lequel je ne trouve pas ma place ni d'avenir... "La distribution des lumières" est un excellent roman, d'une rare maîtrise. Les trois voix de Pasquale, d'Aurèle et de Jérôme se mêlent comme dans un contrepoint, une superposition de mélodies qui n'ont pourtant pas le même ton mais qui s'assemblent pour mettre en lumière la nature humaine dans ce qu'elle a de plus sombre. Stéphanie Hochet renoue en plus avec la tradition des auteurs engagés, mais par l'intermédiaire d'un personnage, lorsqu'elle dresse un constat amer de l'Italie de Berlusconi. Volontairement polémique, une vraie vision politique transcende le roman : " il me semble qu'on a le droit d'utiliser le terme de fascisme. Quand 1500 sans-papiers sont expulsés en une seule nuit avec ratonnades dans les rues et les maisons privées, on peut y voir une version italienne de la nuit de Cristal ". Un roman polyphonique et percutant, direct, impeccable, fascinant.

    Lien : http://www.paroles-et-musique.com/les-principales-lois-de-la-physique
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    • Livres 4.00/5
    Par saphoo, le 07 juillet 2010

    saphoo
    Plusieurs personnages prennent tour à tour la parole, mais une seule mène la danse, la démoniaque Aurèle. Une adolescente tout à fait classique à première vue, qui se cherche, s'enivre, s'interroge, s'ennuie et se met à épier une voisine qui n'est qu'autre sa professeur de musique au collège : la charmante Anna.
    Aurèle entraîne son demi-frère Jérôme et joue de sa faiblesse mentale pour le rendre complice de son jeu l'entraînant dans sa spirale infernale. Jérôme n'a d'yeux que pour sa sœur, lui vouant une totale confiance, se laisse glisser vers des dérives houleuses. Alors que Pasquale devient un rival, le couple infernal –sœur-frère- le mènera dangereusement vers une histoire d'un meurtre puis deux.
    Dire plus, serait dévoiler toute l'intrigue finement menée dont rien ne laisse présager un tel scénario. Chapitre après chapitre, on ressent le piège qui se referme doucement mais inévitablement sur Anna et Pasquale. Ce dernier soutenu par sa femme qu'il a laissée en Italie parvient à garder espoir d'échapper à cette manigance, glissant par moments vers une douce folie. Son attitude est vraiment touchante, on perçoit tout à fait sa lucidité qui tombe en lambeaux, semble se reprendre, mais reste consterné avec son impuissance. du doute à la vérité, des scènes orchestrées avec brio rendent la lecture prenante et passionnante.
    Les personnages sont forts et bien démarqués. La présentation psychologique des 3 personnages principaux est tout à fait remarquable. On pense toucher la vérité du bout des doigts et puis tout s'évanouit comme une ombre que la nuit absorberait…
    C'est fin, prenant, surprenant. Ca pourrait être un thriller, mais c'est encore plus subtile, un mélange d'un tout qui s'impose avec délicatesse de page en page.
    La lumière braquée sur le comportement d'une adolescente d'apparence inoffensive même attentionnée avec son demi-frère, prend des mesures disproportionnées, au nom d'une passion obsessionnelle envers Anna. L'innocence et l'inconscience de ses actes rendent la position de Pasquale encore plus fragile et celle d'Anna périlleuse.
    L' histoire qui se déroule en banlieue, reflète ce mal, ce besoin d'exister, de se faire aimer, par des actes percutant les règles des adultes. Une façon de dire : je suis sans doute une ado lambda, mais sous ma capuche, j'irai au bout de ma volonté détruire par plaisir ce monde absurde dans lequel je ne trouve pas ma place ni d'avenir…
    Sans l'ombre d'un remords, Aurèle continuera son petit bonhomme de chemin, et se souviendra de ce drame comme un jeu dont elle aurait gagné la partie sans réaliser qu'elle a détruit des vies comme si elle écrasait une mouche. Elle en parle comme une mauvaise blague dont elle se serait bien marrée : “ le crétin ! il n'a eu que ce qu'il méritait” sera la dernière phrase de l'adolescente qui referme le livre, laissant le lecteur déconcerté mais tout à fait conscient de la réalité des choses qui est malheureusement une part de notre société actuelle. La dérive d'une humanité en mal d'exister à la recherche de soi, se perd dans des actes basculant inexorablement vers des drames.
    Quand les limites n'ont plus de frontières, il ne fait pas bon croiser le chemin d'une adolescente dans une banlieue où l'oisiveté et l'errance de soi mènent à des pratiques dangereuses et où la manipulation des êtres est une arme redoutable…
    Quand à la plume de Stéphanie Hochet, elle nous porte avec délicatesse et douceur bien que très franche. Elle expose plusieurs sujets intéressants en filigrane au coeur de l'histoire qui nous invite à méditer.
    Pour résumé, c'est une lecture intéressante , originale et agréable nous laissant un arrière goût amer de réalisme et d'impuissance. La douceur de la majorité des personnages est épinglée par la cynique Aurèle dont notre seule envie est de chopper cette gamine , braquer la lumière sur ses actes et lui exposer notre colère.
    Un livre tout en contraste mais parfaitement bien mené et équilibré. Un roman à ne pas manquer !


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/
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    • Livres 2.00/5
    Par lilicrapota, le 03 mars 2011

    lilicrapota
    Quel titre!!!!
    et quel roman étrange!
    écrit à 4 voix, Pasquale d'abord, italien déçu par la politique de son pays et qui la fuit en France; Anna, coeur des amours, qui s'éprendra de Pasquale; Aurèle, jeune ado surement surdouée et certainement disjonctée, qui s'éprendra, elle aussi, d'Anna; et enfin Jérôme, demi-frère d'Aurèle et attardé mental... qui, pense-t-on, obéit à sa soeur au doigt et à l'oeil.
    l'histoire, la trame, est banale : une ado mal dans sa peau s'éprend de sa prof, ne supporte pas qu'elle ait une liaison, fait une fixation sur le couple. Manque de chance, elle "lit" ses propres désirs dans les silences de son frère, et le conduira à agir et à commettre des actes irréparables (le meurtre d'une ado puis celui d'Anna). Enfin, c'est du moins ce qu'il semble car parfois, on se demande si Jérôme n'agit pas de lui-même, dans la "transparence" de sa soeur (comme s'il lisait en elle et qu'il exauçait ses désirs sans qu'elle les formule... mais ça revient au même)
    clou du spectacle : l'italien se sacrifiera et s'accusera du meurtre pour ne pas que les vies des 2 ados soient gâchées...
    quelque chose m'échappe quand même, qui fait que malgré quelques très belles formules, je n'ai pas "adhéré" : manque de crédibilité des personnages? manque de "tenue" (trop de paragraphes consacrés à la politique en Italie qui n'apportent rien à l'histoire, un seul ou deux auraient suffi à ce qu'on comprenne le personnage mais là, c'est de l'étalage...)
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    • Livres 1.00/5
    Par litolff, le 26 octobre 2011

    litolff
    C'est l'histoire d'une adolescente mal dans sa peau qui utilise son demi-frère handicapé mental pour détruire un couple, parce-qu'elle n'a pas trouvé de jeu plus exaltant : pas très folichon comme scénario !
    Je n'ai pas aimé ce roman : la perversité potentielle d'une enfant, une atmosphère familiale malsaine, un handicap évoqué avec grossièreté, autant d'éléments exploités de façon pas du tout plausible à mon avis et qui m'ont mise mal à l'aise.
    L'obsession d'un italien anti-Berlusconi (on le comprend mais bon...) ne vient pas rajouter grand chose à l'histoire, sinon brouiller un peu plus le tableau.
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    • Livres 1.00/5
    Par vieuchamp, le 16 mars 2011

    vieuchamp
    L'histoire est banale, sans trop d'idées, avec une écriture souvent très dérangeante, entrecoupée d'opinions de politique italienne qui n'apportent franchement rien à ce livre qu'il faut vite oublier. A éviter.

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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Angélique Walter pour le Magazine Littéraire

    On aurait tort de croire que le septième roman de Stéphanie Hochet relève du roman social. Les tours grises et tristes de Mortissieux ne sont ici que le terne décor d'une tragédie amoureuse qui se métamorphoser... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par saphoo, le 07 juillet 2010

    Je suis parti mais je n’ai pas coupé les liens avec mon pays. J’ai gardé l’habitude d’acheter les journaux italiens, je me rendais au kiosque pour demander La Répubblica. Elsa a souffert de notre rupture, pour reconstruire la part d’elle que j’avais détruite, elle m’a laissé sans nouvelles durant des mois. Ensuite, notre camaraderie a repris par courrier. S’il avait continué, j’aurais enduré son silence comme une torture. Je lui ai écrit une lettre ou bien un mail par semaine. je n’ai pas changé de fréquence, j’ai trouvé mon rythme naturel. Ses réponses m’ont sauvé de ce froid qui m’habitait depuis que je ressassais mes remords. Ce n’est pas parce que j’avais fui que j’avais tourné le dos à vingt-cinq ans de vie commune avec Elsa. Je ne pourrais pas rompre comme ceux qui font le deuil de l’autre. Pour moi, oublier une personne qu’on a aimé c’est le début de la barbarie.
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  • Par saphoo, le 07 juillet 2010

    Je repense aux vignes près de chez moi, aux fermes et aux vallons. Aux places calmes des villages où paressent des chats qui vous regardent en clignant de l’oeil, belle activité pour des chats qui n’ont rien d’autre à faire si ce n’est, par moments, présenter leur ventre au soleil. Me viennent aux narines l’odeur de la campagne, le parfum des fleurs de haricots, les dalhias, la terre au crépuscule qui se repose d’une longue journée de chaleur, et l’ombre humide des arbres. Je cueille l’essence de la terre que j’aime. J’ai tout ça en moi, ces choses précieuses que je n’ai pas totalement laissées là-bas.
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  • Par saphoo, le 07 juillet 2010

    J’aimais trop les femmes pour tolérer qu’on les insulte. J’ai toujours eu le fantasme presque sensuel de liens civilisés avec l’autre sexe. C’est la civilisation qui a créé l’érotisme. Sans la culture et ses entrelacs de complexités, de distance où l’art, la poésie se sont engouffrés, il ne reste que la bestialité, la vie aveugle des animaux

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  • Par sebastienL, le 18 août 2010

    il me semble qu’on a le droit d’utiliser le terme de fascisme. Quand 1500 sans-papiers sont expulsés en une seule nuit avec ratonnades dans les rues et les maisons privées, on peut y voir une version italienne de la nuit de Cristal

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