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ISBN : 2743639318
Éditeur : Payot et Rivages (15/03/2017)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Une romancière est invitée à un festival littéraire dans le sud de la France. Elle parcourt l'arrière-pays de Cahors et présente ses livres dans des campings. Après un séjour étrange dans une maison isolée en pleine campagne, elle finit par rencontrer un personnage important de la région : le maire de la ville de Marnas, Vincent Charnot. Plus qu'un maire, Charnot est une sorte de gourou, un illuminé qui voudrait marquer son époque avec des projets culturels transgre... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
LiliGalipette
13 mars 2017
Une jeune auteure est invitée à présenter ses livres lors d'un festival littéraire dans le sud de la France. « Je comprends que je ne suis qu'une curiosité supplémentaire sur un lieu de vacances où les gens prennent du bon temps. » (p. 16) Sa rencontre avec le maire de Marnas bouleverse le tranquille programme de son été. L'édile est fasciné par l'aurochs et pour le célébrer, il demande à l'écrivain d'écrire une biographie de cette bête préhistorique disparue. Loin de la grande ville où elle a ses repères, l'auteure se découvre une nature violente et carnassière. À son tour fascinée par l'aurochs, elle s'investit pleinement dans l'écriture d'un panégyrique de cette créature aux allures de divinité. Au fil de sa plume renaît l'animal qui court fièrement sur les murs des grottes. S'abandonnant totalement à son projet d'écriture, elle se découvre une nouvelle vitalité créatrice. Mais tout cela s'accompagne d'un retrait du réel : sans s'en rendre compte, l'écrivain met les pieds sur un terrain dangereux où elle est davantage proie que chasseur.
Incarnation vivante du Minotaure, le maire de Marnas est un être puissant et inquiétant : son apparition dans le récit fait basculer l'intrigue dans l'irréel, voire dans l'inconscient. Ce qui se joue dans son musée des espèces est un retour à la terreur primitive. Aurochs de Heck, corps plastinés et animaux empaillés constituent une sombre galerie des horreurs. « Il fallait coincer l'auteur. Si ce n'est avec de l'argent, du moins avec un sentiment qui annihilerait ses réactions de défense : l'effroi. » (p. 119) L'atmosphère légère du début du roman vire rapidement à l'angoisse. On n'est pas très loin de Délivrance, mais si l'air devient pesant, le récit n'en reste pas moins follement onirique ! L'aurochs est de ces créatures qui habitent les rêves et l'imagination : l'en faire sortir pour lui faire prendre pied dans la réalité n'est certainement pas une bonne idée. « Même si on ne la voit pas, la bête vit alentour, cachée dans les sous-bois où elle mène sa vie indomptée ; ainsi dissimulée, elle demeure pour l'homme un mystère. Pour certains, l'animal doit être visible, accessible tel un objet. » (p. 52) Et comme Icare s'est brûlé les ailes en voulant échapper au labyrinthe et au Minotaure, la jeune auteure peut bien courir, elle a raté le départ de course. Les sabots du bovin mythique sont déjà sur ses talons !
Une fois encore, Stéphanie Hochet interroge avec intelligence et talent la relation entre l'homme et l'animal. Lisez son Éloge du chat pour vous en convaincre. « Nous sommes réunis ici pour évoquer par le biais de la littérature notre parenté avec l'animal. » (p. 91) L'animal et son biographe flirte avec le réalisme magique et l'épouvante. C'est un récit cosmogonique et une fable écologique. Je l'ai dévoré en quelques heures et je le recommande sans aucune réserve !
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denisarnoud
19 mars 2017
Les vacances d'été arrivent. Pour la narratrice, jeune écrivain en manque de notoriété, le programme est déjà établi. Elle est ravie d'accepter l'invitation d'un festival littéraire dans le Lot. Les organisateurs lui ont prévu diverses interventions dans des campings où elle présentera son dernier roman et participera à des séances de dédicaces. Deux semaines au vert, tous frais payés avec en plus un chèque à la clé, ça ne se refuse pas.
« Les jeunes auteurs et les écrivains plus anciens mais dont la notoriété demeure modeste ont en commun d'être invités à des conférences estivales dont personne n'a eu vent, à l'exception des vacanciers des campings participant à l'animation « littérature en tongs », une parenthèse culturelle parfois perçue comme une activité parmi d'autres, un passe-temps simplement moins fatigant que le ski nautique ou les matchs de ping-pong. »
La suite de la chronique, sur le blog. Lien ci-desous
Lien : http://leslecturesduhibou.bl..
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Les critiques presse (2)
Telerama19 avril 2017
On avance dans un dédale, mais il n'est jamais question de fermer ce bestiaire hitchcockien avant la toute dernière ligne.
Lire la critique sur le site : Telerama
LeMonde14 avril 2017
Une subtile fable politique.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
ninachevalierninachevalier26 avril 2017
Ma voix voyage loin.J'appelle encore. "Y a-t-il quelqu'un?" Personne ne répond.
Je vérifie à nouveau la messagerie de mon téléphone portable. Toujours rien. Et quel que soit l'endroit où je me déplace autour et à l'intérieur de la maison: pas de réseau. Je ne peux pas être contactée, je ne sais pas si Brigitte a tenté de m'appeler.
[...]
La maison est vide mais les gens vont sûrement revenir. En attendant, je rentre chercher un téléphone fixe, jette un oeil partout. Pas de téléphone. J'ouvre des armoires dans l'espoir de tomber sur un ordinateur et une connexion internet qui me permettrait d'envoyer un mail aux organisateurs. Quête à nouveau inutile. Puisque personne ne peut répondre à mes questions, je me donne l'autorisation de fouiller. La maison est réellement habitée car les objets semblent avoir été utilisés et rangés depuis peu. Mais pas d'ordinateur et toujours pas de téléphone.Les habitants communiquent sans doute avec un portable dont l'opérateur, plus efficace que le mien, capte un maigre réseau. A moins qu'ils n'en soient réduits à utiliser des talkies-walkies ou des signaux de fumée. Je vais attendre que la dame de ce matin ou l'homme à la casquette rentre - car cette maison est certainement leur domicile.
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ninachevalierninachevalier24 avril 2017
Aujourd'hui mes proches sont Edwige et Cédric, Charnot et les chasseurs. Tous sont radicalement différents des gens que j'ai connus mais rien n'est plus stimulant pour un romancier que l'exploration d'univers contrastés. Le véritable écrivain s'aventure dans les jungles sociales, voyage dans les pays les moins touristiques et conquiert les topographies de l'esprit humain. L'immobilisme de la pensée, le repli sur son ego sont les ennemis du créateur.
En écriture, en peinture ou en musique, c'est à l'artiste d'être au service de son oeuvre; peu importe sa vie mais s'il doit faire le deuil d'une existence ou d'une autre du jour au lendemain au nom de sa création, il n'a pas le droit d'hésiter. Comme je n'ai jamais aussi bien écrit que depuis ma présence dans ce lieu, je dis au revoir à mon existence passée.
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ninachevalierninachevalier15 avril 2017
Mais je vous assure, Etienne, que j'ai beaucoup aimé cette première journée. Il soupire et bredouille qu'il est vraiment désolé, jamais il n'aurait imaginé que des lecteurs vindicatifs se seraient déplacés pour polémiquer avec un auteur.jamais.C'est la première fois qu'il se trouve impliqué dans un tel imbroglio. Pendant quelques secondes sa main droite quitte le volant et s'anime en rotation près de sa tempe. ( "des dingues"). Il est bien plus troublé que moi.J'ai beau répéter que ça va et qu'il doit cesser de s'en faire, il demeure abasourdi.
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denisarnouddenisarnoud19 mars 2017
Les jeunes auteurs et les écrivains plus anciens mais dont la notoriété demeure modeste ont en commun d’être invités à des conférences estivales dont personne n’a eu vent, à l’exception des vacanciers des campings participant à l’animation « littérature en tongs », une parenthèse culturelle parfois perçue comme une activité parmi d’autres, un passe-temps simplement moins fatigant que le ski nautique ou les matchs de ping-pong.
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LiliGalipetteLiliGalipette13 mars 2017
« J’accorde une place politique aux bêtes dans mes fictions et je remets m’homme à sa place. […] L’écriture doit permettre de retrouver l’animal qui existe en soi. De retrouver la spiritualité qui incita nos ancêtres du paléolithique à peindre des aurochs et des mammouths en majesté sur les murs des grottes. » (p. 93)
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