ISBN : 9782226229724
Éditeur : Albin Michel (2011)


Note moyenne : 3.39/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Lorsque Pierre veut prendre sa retraite pour passer le reste de sa vie auprès de sa femme dans leur belle maison du golfe du Morbihan, Hélène ne l’accepte pas. Elle ne tient pas à découvrir un vieux mari en l’homme qu’elle aime depuis toujours. Une nouvelle vie commence... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par tilly, le 01 septembre 2011

    tilly
    Pour quelles raisons Pierre Bailly, le narrateur et rédacteur des "Autos tamponneuses", s'obstine-t-il, la retraite venue, à vouloir retourner auprès de sa femme Hélène, alors que la longévité de leur couple est notoirement due à la farouche indépendance de chacun des partenaires ? Qu'est-ce qui le pousse à remettre en cause un accord tacite vieux de près de quarante ans ? Surtout quand il s'entend dire ceci par son épouse :
    " Les hommes qui ne travaillent pas se relâchent, Pierre. Jamais ils ne devraient rentrer à la maison, jamais. Ils doivent mourir à la tâche, au combat, La main sur le métier. C'est leur honneur, leur devoir, leur gloire. Les hommes, on les aime absents. Celui qui rentre saccage tout. La place d'un homme c'est dehors. A l'intérieur, sa place est prise, qu'est-ce que tu crois ? Si tu veux la reprendre, il te faudra bander l'arc, tuer les prétendants et purifier le palais au soufre. "
    Stéphane Hoffman, l'auteur, dézingue sans aucun remord tous les personnages de son histoire. Impossible de les aimer, ce sont tous des affreux. Pas un, pas une pour racheter l'autre. Que des portraits à charge. Je sais bien qu'il ne faut pas se faire piéger et confondre le personnage principal d'un roman, même si c'est le narrateur, avec son auteur, mais se faire (ou le faire) détestable à ce point, est-ce bien raisonnable ?
    Comment être certain que les lecteurs trouveront la bonne distance, le bon degré d'interprétation, d'ironie, pour adhérer à la vision romanesque mais extra-lucide d'une situation qu'il vivront peut-être un jour ?
    De Vannes à La Baule, en passant par Missillac, les libraires auront-ils le cran de mettre Les autos tamponneuses sur leurs tables ? Organiseront-ils candidement des signatures au risque de voir tous les fumeurs de havane du golfe (Morbihan) portant blazer et docksides, et persuadés s'être reconnus dans le livre, venir faire le coup de poing avec l'auteur ?
    Je salue le tour de force de Stéphane Hoffmann : réussir un roman noir d'encre sans verser une goutte de sang, ni de sperme. Juste une histoire de vieux couple mal assorti. Vous me direz que j'oublie Le Chat, de Georges Simenon. Oui, mais l'écrivain suisse s'était grandement facilité le travail en plaçant ses personnages dans un décor misérabiliste, sordide. Dans Les autos tamponneuses, c'est tout le contraire : hôtel Relais et Châteaux dans la verdure, manoir vannetais et ses dépendances cossues, luxe, calme et ennui provinciaux. Pas d'éclats de voix, ni de scènes de ménage non plus (juste une petite entre personnages secondaires). Des affrontements violents par leur noirceur psychologique, mais à fleurets mouchetés. Un tour de force, je vous dis.
    Pierre Bailly, le narrateur, est trop méchant et trop imbu de lui-même pour être totalement mauvais. D'ailleurs il sait cuisiner les paupiettes de veau, aime lire, et a des circonstances familiales atténuantes qui font comprendre peu à peu que son attitude bravache et acide est en fait une réaction de défense, un mur de béton contre le chagrin. Au mitan du roman, on perçoit la possibilité d'une rédemption. Il y aura des rechutes, heureusement.
    J'ai bien aimé la trame des Autos tamponneuses, très originale. Un peu moins, le style et la construction. Quarante-six chapitres très courts. Des phrases lapidaires, des dialogues efficaces. L'écriture est soignée mais elle flirte avec le style presse-magazine ; c'est peut-être pour accentuer ou singer un style "roman sociétal", cynique et sarcastique, dégoulinant d'autodérision.
    Il y a des petits jeux littéraires amusants en bonus dans Les autos tamponneuses. Page 17, je n'avais pas tiqué en lisant ceci :
    " Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes de charcuterie touche son palais, elle tressaille, attentive à ce qui se passe d'extraordinaire en elle. "
    Puis page 66, une impression de déjà lu (au carré) :
    " Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau touche mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi."
    C'est dans un chapitre loufoque (15), le seul à avoir un titre : Marcel Proust, précautions d'usage
    Le narrateur-rédacteur imagine que la prose de Proust ne pourra plus jamais être rééditée sans des appels de note en bas de page tous les dix mots, pour inciter le lecteur à la vigilance sanitaire, et au respect des nombreux règlements censés le protéger, comme : " pour lutter contre la dépression, bougez vous ", ou " attention, selon la loi du 31 octobre 2001, le thé est un excitant inscrit au répertoire des drogues " et ainsi de suite, avec exemple à l'appui.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par trust_me, le 30 octobre 2011

    trust_me
    Pierre Bailly, un grand patron qui n'a cessé de privilégier son entreprise au détriment de sa vie de famille, décide du jour au lendemain de prendre sa retraite pour s'installer avec sa femme dans leur maison du Golfe du Morbihan. Pour son épouse, l'intrusion dans sa vie quotidienne d'un mari jusqu'alors très peu présent est impensable. Selon elle, les hommes qui ne travaillent pas se relâchent. « Jamais ils ne devraient rentrer à la maison, jamais. Ils doivent mourir à la tâche, au combat, la main sur le métier. C'est leur devoir, leur gloire. Les hommes, on les aime absents. Celui qui rentre saccage tout. La place d'un homme, c'est dehors. » de son coté, Pierre se demande ce qu'il va faire de ces jours tranquilles qui s'annoncent. Il prend du bon temps en visitant un copain restaurateur ou tente sans grande conviction de courtiser une amie de sa femme. Il essaie aussi de trouver sa place dans la bourgeoisie locale mais il se révèle bien trop individualiste et misanthrope pour supporter « ces cons ». Finalement, il se rend compte qu'il n'est pas si facile, la retraite venue, de se réinventer une vie…
    Stéphane Hoffmann possède un joli sens de la formule et une écriture aussi acerbe qu'aiguisée. Ses descriptions vachardes font sourire (« il était gai comme le formol, joyeux comme une ampoule basse consommation. ») mais sous le vernis du cynisme et de la désinvolture, son style apparaît aussi prétentieusement boursouflé que le caractère des personnages qu'il met en scène. Il ne cesse d'enfiler les aphorismes comme des perles mais, à mon sens, ce n'est pas en accumulant les bons mots et les traits d'esprit que l'on donne du corps à un roman. Quelques exemples en vrac : sur le mariage : « le code civil laisse entrer la foule dans le lit des gens qui s'aiment, fait de chaque famille une troupe au service de la société et donne à la vie conjugale, si secrète, une impudique publicité. » ; sur le bonheur : « le bonheur, ce n'est pas de ne pas avoir de problèmes ; le bonheur est de pouvoir résoudre les problèmes qu'on a ! » ; sur les enfants : « Un enfant, c'est un idéal qu'on n'invente pas, mais qu'on reçoit. Malgré soi. Et il faut être à la hauteur de cet idéal que l'on n'a pas voulu et qui décevra. » A la longue ces sentences balancés à l'emporte pièce deviennent plus qu'indigestes.
    Du coté des dialogues, même constat d'échec. Les tirades de tous ces insupportables bourgeois sonnent tellement faux que l'on a parfois l'impression de lire le texte d'une mauvaise pièce de théâtre. Et que dire de la fin ! Une ultime pirouette où les masques tombent ridiculement et où l'épouse à la froideur inhumaine se révèle finalement être une mère et une grand-mère aimante. Quitte à jouer sur la corde du cynisme, il aurait été préférable de pousser à son paroxysme la décrépitude de cette imbuvable « bonne société » provinciale.
    Une lecture pénible. Avec 100 pages de plus, je crois que je ne serais pas allé au bout. Second titre des éditions Albin Michel que je lis en cette rentrée littéraire (après La petite) et seconde très grosse déception. Rassurez-moi, il doit bien y avoir un roman de qualité publié par cet éditeur cet automne (le premier qui me cite Amélie Nothomb prend la porte immédiatement !).


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2011/10/rentree-litteraire-20..
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par wakinasimba, le 16 septembre 2011

    wakinasimba
    Je n'avais pas franchement envie de lire un roman sur un soixantenaire qui prend sa retraite : ça va être plombant, ça va être gris, ça va me démoraliser.

    Et bien, pas du tout ! Quel humour, ce Pierre, quelle décontraction, quel recul sur sa vie et celle des personnes qui l'entourent.

    Un peu trop parfois, car j'ai senti Pierre loin de ses enfants, certes grands, mais il ne sait même pas si il a des petits enfants.

    Ceci dit, malgré son manque de préparation à la retraite, Pierre sait prendre la vie du bon côté (ah, ces pique-nique Champagne-pâté Hénaf !) et se remet au vélo et à la voile.

    Les soirées organisées par sa femme sont des grands moments de bonheur où l'auteur se plait à croquer la bourgeoisie de province ; et le reste du temps, c'est notre société de consommation qui est raillée.

    Toutefois, un langage familier utilisé par les personnages alors que j'en attendais un langage châtié m'a dérouté.

    Au final, un roman intéressant par sa façon de fustiger notre société contemporaine avec un brin d'humour. Mais pas sûr qu'il m'en reste quelque chose l'année prochaine.

    L'image que je retiendrai :

    Le nom des nobles bretons voisins de Pierre : René et Françoise de Pen Hoël - ou encore celui du beau-père de Pierre "Robert (call me Bébert) Maudet".

    Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2011/09/12/21970612.html
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    • Livres 4.00/5
    Par claracambry, le 01 octobre 2011

    claracambry
    Marié depuis plus de quarante à Hélène, Pierre Bailly décide du jour au lendemain de se retirer des affaires. Lui qui a réussi s'ennuie désormais et veut profiter de la retraite. Il quitte définitivement Paris où il séjournait la semaine pour s'installer dans leur maison de Vannes. Sauf que son épouse Hélène ne voit pas ce retour d'un bon œil.

    Stéphane Hoffmann n'a pas froid aux yeux et use d'une plume vraiment féroce! Son personnage Pierre, a prospéré dans le monde des affaires en épousant Hélène, fille d'un autodidacte ayant construit un petit empire. Sauf que Pierre ne s'amuse plus, il est temps pour lui et selon lui de passer du temps auprès d'Hélène dans leur belle maison du golfe du Morbihan. Mais Hélène n'est pas de cet avis.
    La suite sur :
    http://fibromaman.blogspot.com/2011/10/stephane-hoffmann-les-autos.html

    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2011/10/stephane-hoffmann-les-autos.h..
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  • Par leojl, le 27 mars 2012

    leojl
    … ou « les contes cyniques d'Hoffmann » ! Pierre a décidé de se retirer des affaires et de venir s'installer définitivement à Vannes dans la maison d'Hélène, son épouse, au grand dam de celle-ci. Elle ne l'entend pas de cette oreille, ne veut pas un mari dans ses pieds et va tenter de le caser hors de la casa. Pierre qui ne s'est jamais occupé d'autre chose que de faire prospérer les affaires familiales va découvrir la petite vie provinciale. En narrateur, il a un regard féroce et le propos acerbe vis-à-vis de la faune vannetaise : la bourgeoisie locale, le gratin vieille France et snob à la fois, ces espèces de hobereaux bien-pensants et conformistes. La langue ciselée et le style affuté sont un réel plaisir et j'ai deux fiches pleines de réflexions tellement vraies, de comparaisons et de métaphores savoureuses. Et puis cette chute qui tombe à pic de façon magistrale ! Un vrai bonheur !

    Lien : http://leoalu2.blogspot.com
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Critiques presse (2)


  • Bibliobs , le 07 septembre 2011
    COUP DE CŒUR. Dans ce roman aussi iodé qu'alcoolisé, un vieux couple de bourgeois misanthropes fait assaut de perfidies et de rosseries.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • LeFigaro , le 26 août 2011
    Les Autos tamponneuses de Stéphane Hoffmann est un roman drôle et sensible sur la bourgeoisie de province.
    Lire la critique sur le site : LeFigaro

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Citations et extraits

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  • Par petitours, le 21 juillet 2011 Première phrase du livre

    Bien que bordelais, Jean-Charles Lawton ne répugne pas aux concours de prouts. À cinquante ans bientôt, c'est même encore l'idée qu'il se fait de bons moments entre amis.
    Aussi, lorsqu'on lui transmit une invitation pour le quarantième anniversaire de notre mariage : régate, suivie d'une soirée habillée, il crut d'abord avoir mal
    compris
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  • Par misskate, le 31 décembre 2011

    Je pense exactement le contraire, Natalie. Je pense que le mariage est la seule manière de prolonger l'amour. L'amour c'est de l'alcool: léger, volatil et fugace. Le mariage c'est de l'eau: il est profond, lourd et lent comme elle.
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  • Par petitours, le 21 juillet 2011

    Pour nous, le mariage a toujours ressemblé à un tour d’autos tamponneuses : c’est inconfortable, on prend des coups, on en donne, on tourne en rond, on ne va nulle part mais, au moins, on n’est pas seul
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Stéphane Hoffmann, "Les autos tamponneuses"
« Pour nous, le mariage a toujours ressemblé à un tour d'autos tamponneuses : c'est inconfortable, on prend des coups, on en donne, on tourne en rond, on ne va nulle part mais, au moins, on n'est pas seul. » Lorsque Pierre veut prendre sa retraite pour passer le reste de sa vie auprès de sa femme dans leur belle maison du golfe du Morbihan, Hélène ne l'accepte pas. Elle ne tient pas à découvrir un vieux mari en l'homme qu'elle aime depuis toujours. Une nouvelle vie commence. Tout est à réinventer. Après Château Bougon, Stéphane Hoffmann poursuit avec brio la plus pessimiste et la plus gaie des oeuvres romanesques, en observateur toujours inattendu, féroce et bienveillant, de nos moeurs contemporaines. Stéphane Hoffmann a publié aux Éditions Albin Michel : le gouverneur distrait (1989) Château Bougon (1991, Prix Nimier) le Bon Tabac (1996) le Grand Charles (1998) Des filles qui dansent (2007) Des garçons qui tremblent (2008)








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