> Danièle Laruelle (Traducteur)

ISBN : 2268043851
Éditeur : Les Editions du Rocher (2003)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres
Oklahoma, Territoire indien, années 1920.
Le pétrole découvert sur les terres appartenant aux Osages fait la fortune des propriétaires indiens. Tous les moyens sont bons aux tenants blancs du pouvoir pour les déposséderet, autour des Graycloud, morts et emprisonn... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 30 septembre 2011

    Folfaerie
    Pffffiou, quel roman !! Encore un coup de coeur.
    Le livre de Linda Hogan est un roman riche et dense qui traite une période tragique de l'histoire des tribus indiennes aux Etats-Unis.
    Nous ne sommes plus à l'époque des grandes guerres indiennes du XIXème siècle mais au tout début du XXème. Dans les années 1920, du pétrole fut découvert sur les terres incultes où le gouvernement avait relégué les Osages.
    Du jour au lendemain ces Indiens figurèrent parmi les nouveaux
    riches. Ils s'achetèrent des maisons, des voitures, des bijoux, tous contents de ce nouveau changement de vie. Mais voilà, très vite le gouvernement se mit à modifier les conditions de paiement des revenus liés au pétrole, allant même jusqu'à déclarer les Indiens de sang pur incapables de gérer leurs biens et leur attribuer des tuteurs blancs !!
    C'est à travers les tribulations de la famille Graycloud que Linda Hogan évoque ce pan de l'histoire peu glorieux des USA. Belle, la matriarche, veille sur sa famille : son époux, un homme bon et simple, Moses, leurs deux filles, Lettie qui a une liaison avec un métis, Benoit et Louise, mariée à Floyd, lesquels ont deux enfants la benjamine Rena et l'aîné, Ben. Et puis il y a la soeur jumelle de Moses, la douce Ruth qui vit avec l'énigmatique John Tate.
    Enfin, la famille Graycloud est très liée avec une lointaine cousine, la belle Grace et sa petite fille, Nola. Celles par qui tous les drames vont survenir.
    Linda Hogan décrit deux communautés : celle des Indiens qui vivent en ville des revenus du pétrole et les Indiens des Collines, retranchés dans la nature et vivant selon les coutumes ancestrales de leur peuple. Certains font le va et vient entre les deux communautés, comme Belle ou l'homme médecine, Michaël Horse. D'autres ne peuvent ou ne veulent plus effectuer ce retour salvateur, à l'image de la jolie Nola dont le destin sera particulièrement tragique.
    Aux humiliations et spoliations se succèdent les morts suspectes. Suffisamment nombreuses pour que le FBI décide d'y envoyer un agent Sioux : Stace Red Hawk. Ce dernier, avec l'aide des Osages, finira par démasquer les auteurs de ce complot meurtrier dont les Indiens sont les victimes.
    C'est un roman qui traite plusieurs sujets : le fossé qui se creuse entre Indiens traditionalistes et ceux qui aspirent à vivre comme les Blancs, la perte des valeurs de la communauté, le désastre écologique provoqué par l'exploitation du pétrole, le racisme, et la façon dont le gouvernement américain traite les communautés autochtones (de nombreux passages ont soulevé mon indignation, l'attitude de l'Administration et du gouvernement était tout bonnement révoltante), le tout dilué dans un récit qui s'apparente à la fois à la fresque historique et à la saga familiale.
    J'ai tout aimé : l'écriture, les thèmes soulevés par l'écrivain, les personnages auxquels on s'attache si facilement. de très beaux portraits de femme, la place réservée à la nature... bref, tous mes sujets de prédilection. L'histoire est poignante et douloureuse, heureusement allégée par l'humour typiquement Indien, et donne à réfléchir. Je recommande chaudement !

    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-le-sang-noir-de..
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    • Livres 5.00/5
    Par psycheinhell, le 21 mars 2012

    psycheinhell
    Oklahoma, les années 20. Nous sommes en terres indiennes, nous sommes en terres de pétrole. Terres promises aux peuples déportés, terres convoitées pour l'or du nouveau siècle – terrain ouvert, alors, aux crimes et à la spoliation, avec la complicité plus ou moins affichée des autorités.
    Galeries de personnages : un prêtre qui découvre que les animaux ont une âme. Un étalon malin qui refuse la servitude, des chauve-souris qui symbolisent le sacré, des bisons désolés pleurant l'agonie de leur race depuis leur carré de clôture barbelée. Et une aïeule de caractère trempé bien comme on les aime… Entre autres. Il y a de ces couleurs, de ces esprits dans les portraits intégrés à ce récit qui tient un peu de la saga familiale, ancrée dans une période de l'histoire passionnante (et terrible) à explorer, surtout du point de vue de ces peuples que l'on dit premiers, placés au rang des derniers dans une société qui pille aujourd'hui sans vergogne les terres et ressources hier promises, et parvenus à ce point étrange de leur parcours où les voilà riches des terrains accordés par traité au temps où le pétrole ne signifiait rien, mais sur le point de basculer dans la perte maintenant que le pétrole, financièrement, vaut tant, pris entre les biens de cette société qu'ils ont incorporés (d'inimitable manière) à leur mode de vie, et le souvenir tenace des anciennes traditions.
    Et le style, mmh, le style…
    [Impression de lecture extraite du post de Pages et d'Espaces sur Psychopompe : ]

    Lien : http://psychopompe.wordpress.com/2012/03/04/de-pages-et-despaces/
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Citations et extraits

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  • Par Netherfield, le 02 juillet 2011

    Cher monsieur le Président Harding,
    Je suis un simple Indien, et je vois les choses d'un autre oeil que la race caucasique. Mais je suis troublé par les évènements survenus ici, sur notre Territoire Indien.
    Un groupe de chasseurs est venu de l'Est et, selon leur estimation, 317 aigles ont été ôtés de notre ciel.
    Les aigles sont nos frères. Leur perte nous fait souffrir. L'ours n'est plus parmi nous, le loup non plus. Et vous savez déjà sans que je vous le rappelle comment les bisons ont été massacrés.
    Nous ne souhaitons pas voir les créatures amies disparaître de ce monde. Nous sommes petits et entourés par vos semblables, mais nous avons vécu ici toute notre vie, et aucun animal n'a été décimé de la sorte par notre peuple indien.
    Ne pourriez-vous pas trouver le moyen d'édicter une loi contre la chasse de ces oiseaux ?
    Je vous remercie. Puissiez-vous être riche d'argent et fort d'esprit.
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  • Par psycheinhell, le 13 novembre 2011

    "J'écris un nouveau chapitre de la Bible."
    Sidéré d'entendre cela, le prêtre l'interrompit : "Tu ne peux pas, cela n'est pas possible. (...)
    – Je pensais justement que tu saurais comment je dois m'y prendre pour faire ajouter ce chapitre au bout du livre."
    (...) Irrité, le prêtre l'interrompit de nouveau : "Tu ne peux pas écrire un chapitre de la Bible. C'est la parole de Dieu.
    – C'est pourtant plein de noms d'hommes. L'Evangile selon Jean, par exemple. Pourquoi pas l'Evangile selon Horse ? (...)
    – Ils ont copié ce que Dieu leur dictait. Ce n'est pas pareil.
    – C'est exactement ce que je fais." Horse jeta un coup d'oeil au prêtre. "Je veux juste savoir comment déposer le manuscrit. Je croyais que tu saurais faire ça."
    Les traits du prêtre se figèrent.
    "Vois-tu, mon fils, reprit Horse, la Bible est remplie d'erreurs. J'ai entrepris de les corriger. Par exemple, je n'y ai pas vu écrit que toutes les créatures vivantes étaient égales."
    Le prêtre agita la tête. "Ce n'est écrit nulle part. Le texte dit que l'homme est le maître de toutes les créatures sur terre.
    – Justement, c'est cela qu'il faut corriger. Tu ne vois pas que c'est là que le bât blesse ?"
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  • Par Netherfield, le 03 juillet 2011

    Ce lundi-là, Nola Blanket arriva à l'école, vêtue d'une simple jupe et d'un chemisier. La surveillante du dortoir lui apporta un uniforme à mettre avant de se rendre en cours. Mais Nola s'empressa d'ouvrir sa malle, d'enfiler une juspe osage ornée de rubans et une paire de mocassins, si bien qu'à son entrée dans la salllede classe en tenue traditionnelle, toutes les élèves posèrent leur crayon pour la dévisager. Un sourire éclaira les visages des fillettes osages, puis s'effaça bien vite sous le regard sévère de la directrice. Dès ce premier jour d'école, Nola devint une sorte d'héroïne pour la plupart des pensionnaires, même s'ils n'en souffaient mot. Par sa colère et sa rébellion, elle parlait en leur nom à tous. Elle incarnait à elle seule tout ce qu'ils n'osaient dire ou faire.
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  • Par Folfaerie, le 30 septembre 2011

    Le paysage dévasté rehaussait la clarté limpide de l’eau qui brillait là tel un joyau. Par endroits, des fuites de pétrole comme celle de la source sur les terres de Belle noircissaient les berges ; des fûts de pétrole rouillés abandonnés dans l’eau stagnante polluaient les zones de mais où les insectes pullulaient et se reproduisaient. Vers le soir, ils virent un coyote qui grattait la terre. Ils longèrent des arbres tués par les psychés. Nombre de champs avaient été brûlés, calcinés, les autres étaient stériles d’avoir nourri le bétail affamé et trop nombreux qu’élevaient les dévoreurs du monde. C’était un spectacle affligeant.
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  • Par psycheinhell, le 03 novembre 2011

    Les mauvais rêves étaient aussi fréquents que les incendies dus au gaz sur les forages, aussi communs que les Buick noires. Beaucoup apportaient leurs rêves à Horse qui leur rappelait à tous qu'on forait la terre, qu'on la dynamitait. Lorsqu'on perturbe la terre, leur expliquait-il, la vie et le sommeil s'en ressentent.
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