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ISBN : 271036896X
Éditeur : Quai Voltaire (2012)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Tous deux fraîchement diplômés de Princeton, John et Joe sont davantage affamés de littérature que de nourritures terrestres, et ils ont la ferme intention de tourner le dos à tout ce qu'on attend d'eux aux Etats-Unis : un mariage, un bon job, une visite hebdomadaire au... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Zebra, le 27 août 2013

    Zebra
    Quand John Hopkins écrit « Les Carnets du Nil Blanc » en 2012, il nous démontre une fois de plus son goût pour les grands espaces et pour le dépaysement. le livre est publié aux éditions La Table Ronde, comme cinq des huit ouvrages précédents de l'auteur.
    L'histoire ? Nous sommes aux États-Unis, en 1961. John et Joe, vingt ans, fraichement diplômés de Princeton, refusent l'avenir tout tracé que la société leur réserve et, sur un coup de tête comme dans un caprice, ils disent adieu à la famille, à un mariage qui serait arrangé, à une carrière certainement lucrative mais ennuyeuse, à la visite hebdomadaire obligatoire aux beaux-parents et à la ribambelle de gamins que leur entourage attend déjà : (page 50) « mon objectif, ériger ma vie au lieu de me soumettre aux dictats de la famille, une famille déchirée par les conflits ». John est vif, enthousiaste, amoureux de la vie et du monde ; Joe est un romantique. Tous deux choisissent l'escapade et le soleil de l'hémisphère Sud. Vive l'amitié, l'aventure, l'inconnu et la liberté ! « Les Carnets du Nil Blanc », leur journal de bord, retrace - avec le naturel, la sincérité de la jeunesse et dans le moindre détail - leurs aventures, dans un voyage qui les mène, à l'invitation de Sam – un ancien de Princeton – et étape par étape, de Munich à Nairobi. John et Joe chevauchent une BMW R50 blanche de 500 cm3, moto qu'il baptise « le Nil Blanc » en référence à sa couleur et au fleuve qu'il longeront pendant une bonne partie de leur voyage, d'où le titre du livre.
    Dans cet ouvrage simple, au style direct, nos deux amis font corps avec les paysages qu'ils parcourent : « une immense expérience (page 144) vécue sur deux continents primitifs, le tout en une année ». Évidemment, des dangers les guettent : tarentules, scorpions, criquets, moustiques infestant les eaux fangeuses et marécageuses dans lesquelles il leur faudra patauger, guêpes, douaniers incorruptibles, brigands somaliens et j'en passe. Et puis il y a les risques de maladies : vers, diarrhée, insolation, ganglions, fièvre maligne, fièvre typhoïde, septicémie, méningite cérébrospinale et autres cochonneries. Tout au long du parcours qu'ils s'inventent à chaque étape, il va leur arriver des trucs invraisemblables, cocasses (page 114 – en Égypte, « les chauves-souris sont grosses comme des canards ») ou dramatiques (page 79 – « à Tozeur la semaine dernière, la température atteignait 65°C en plein soleil » ; « nos mains ressemblent à des côtes de porc pas assez cuites, rouges et crues »). John et Joe affrontent le sable, le vent, les trombes d'eau, les nuits glaciales, le soleil de plomb et les banquettes en bois des wagons surchauffés de 4ème classe du chemin de fer Djibouto-Ethiopien. Joe sera atteint de mononucléose. Mais, à chaque fois, c'est la moto qui les sauve, une moto (page 41) « toute blanche qui luit comme une perle dans la brume ».
    Dans « Les Carnets du Nil Blanc », la nature est superbe (page 33 – « la côte italienne, léchée par une mer magnifique aux cent nuances de bleu » ; page 79 – « un vieux pécheur unijambiste surveillait ses éponges, accrochées sur une corde à linge » ; page 89 – « des ballades en moto au clair de lune, entre les colonnes d'un théâtre romain » ; page 116 – « dans le désert, la nuit, seul, vous n'entendez absolument rien, à part les battements de votre cœur » ; page 166 – « l'imposant Mt Kenya éternellement coiffé de neige »). Et puis il y a leur amitié masculine, permanente et ambigüe (page 31 – « l'expérience partagée est inestimable car nous nous complétons »). Quant aux péripéties, elles abondent : en Afrique, (page 141) il leur faut veiller aux « crocodiles qui se battent pour un bout de vermicelle », aux bêtes sauvages et (page 162) aux « braconniers qui n'arrangent pas les choses ». Enfin, Sam, leur hôte, est en réalité un drôle de fermier yankee anglophile, timbré, incontrôlable, tantôt chaleureux, tantôt fracassé, toujours alcoolique et parfois effrayant. Dans cet ouvrage, le lecteur en prend plein les yeux mais aussi plein les narines : (page 86) un officier Libyen leur offre du thé et des gâteaux à la pistache ; (page 111) vous saurez tout du kébab d'agneau, avec ses morceaux de viande grésillants, saupoudrés de cumin moulu et de sel ... Brisant le carcan que leurs familles voulaient leur imposer, John et Joe font aussi la découverte du monde réel qui les entoure : les méfaits de la Légion Étrangère en Tunisie, l'aveuglement de certains musulmans devant les vrais problèmes du 20ème siècle, les déplacements de population, les conversions forcées …
    Un roman initiatique, de belles descriptions, quelques réflexions pimentées sur les enjeux du continent Africain, des désillusions et une fin surprenante: un petit chef-d'œuvre, malgré quelques (rares) clichés et (curieusement) l'absence de femmes.
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Critiques presse (2)


  • LesEchos , le 03 juillet 2012
    A tous les jeunes gens tentés de vieillir trop vite, ce livre merveilleux est à recommander d'urgence.
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Liberation , le 02 juillet 2012
    Le livre atteint sa propre essence : écrire, c’est être invité par des gens qui, lorsqu’on arrive, ont disparu. On peuple alors le domaine avec les héros inattendus et ce qu’il reste d’imagination.
    Lire la critique sur le site : Liberation

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Citations et extraits

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  • Par Zebra, le 23 août 2013

    page 123
    [...] 28 août. Une expérience inoubliable : à 3 heures du matin, arrêt à Abou Simbel. (Statues colossales taillées dans la paroi d'une montagne.) Visite à la lumière des flambeaux et de la lune. Impossible de décrire l'effet irréel et inquiétant produit par ces sculptures monumentales (de 15 à 18 mètres de haut) qui nous toisent. Elles sont menacées par l'eau du lac Nasser qui ne cesse de monter et l'on évoque un projet consistant à les transporter au sommet de la montagne. Difficile d'imaginer comment. Mais nous avons eu le privilège de les admirer, comme des millions d'autres personnes avant nous, c'est à dire avant que Thomas Edison invente l'ampoule électrique, avec un guide et un flambeau. Dans la galerie au-dessous : bas-reliefs, sculptures et hiéroglyphes. Expérience mystérieuse, étrange, hors du temps. [...]
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Video de John Hopkins

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John Hopkins : Adieu Alice
Cimetière de Fès, Maroc. Olivier BARROT, parmi les pierres tombales, présente le livre "Adieu Alice" de John HOPKINS. En off, musique arabe.








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