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François Villeneuve (Traducteur)Odile Ricoux (Éditeur scientifique)
ISBN : 2251799648
Éditeur : Les Belles Lettres (2002)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Les Satires d'Horace forment deux recueils en hexamètres dactyliques, l'un de dix pièces publié en 35 et l'autre de huit pièces publié en 29 av. J.-C.

Le genre est propice à l'autoportrait, et Horace y excelle. Il s'agit de « causeries » (sermones) où sont de mise la liberté de ton et la polémique, que ce soit à propos de questions sociales, éthiques, littéraires, etc. Mais ce qui était permis à Lucilius sous la République ne l'est évidemment plus sou... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
michfred
michfred24 avril 2015
  • Livres 5.00/5
Les satires d'Horace sont ce que leur titre annonce: un mélange, de "satura" , mélange, mais un mélange goûteux, savoureux, pétillant d'humour. On y trouve en effet des dialogues vifs et drôles,des éloges vibrants de la vie campagnarde,des portraits au vitriol des pique-assiette, arrivistes et fâcheux en tout genre qui fourmillent dans la Rome d'Auguste,des fables délicieuses, des pensées philosophiques inspirées d'Epicure....
Et puis surtout on y trouve Horace lui-même, presque toujours présent dans ses Satires et qui fait de lui-même un portrait pas toujours flatteur: bougon, hésitant, maladroit, volontiers irritable...mais si naturel, si joyeusement bon vivant, simple dans ses goûts, fidèle dans ses amitiés, honnête dans ses positions politiques -meilleur ami de Mécène, le bras droit d'Auguste, il ne cache pas ses anciennes sympathies républicaines, lui qui fut présent à la bataille de Philippes ...
On a envie de le rencontrer, au détour de la Via Appia, flanqué de son fâcheux infernal qui lui colle à la toge comme un gratte-cul, et de l'en délivrer pour aller boire avec lui un petit vin de Phalerne coupé d'eau claire dans un thesmophorion animé...
Horace, un de ceux qui rend les langues mortes si vivantes...n'en déplaise à notre ministre de l'Educ'Nat', avec sa réforme bien mal inspirée...
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brigetoun
brigetoun15 février 2013
  • Livres 4.00/5
plaisir de les retrouver, à vrai dire pour les avoir lues peu à peu dans la traduction de Danielle Carlès au fur et à mesure de leur publication sur son blog, et avoir lors de cette lecture sentir un parfum de souvenir un peu vague danser dans sa mémoire.
plaisir de la saveur bien oubliée (très oublié, là aussi c'est plutôt le souvenir du studieux plaisir de l'adolescence) du latin, et de la versification.
plaisir de la poésie, de la méchanceté, de la crudité parfois, plaisir de voir revivre la société romaine (avec l'assistance bienvenue des notes)
plaisirs.. dont il ne faut pas se priver
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Citations & extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred24 avril 2015
Mon rat de ville installe aussitôt son rustique ami sur la pourpre, et courant çà et là, comme un maître d'hôtel, en habit de combat, il offre à son hôte en suivant l'ordre des services, les morceaux les plus délicats !

«Tâtez-moi de ceci, j'y ai goûté !» disait-il.

Cependant mon rustre, à demi vautré sur le meilleur coussin, se réjouit de sa fortune, et fait chère lie en signe de contentement, quand tout à coup le fracas des portes brutales envahit cette quiétude, et nos deux rats, hors des lits sur lesquels ils se carraient, de courir par toute la salle, éperdus et morts de peur, au relancé des dogues affreux qui remplissent la maison de leurs aboiements.

«Décidément, s'écria le rat des champs, voilà une vie étrange et qui ne me va guère. Adieu ! J'habite un mauvais gîte, au fond d'un vieux bois, j'en conviens ; j'y vis de peu, c'est vrai, mais je vis en sûreté !»
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michfredmichfred24 avril 2015
DAVE
Vous êtes toujours à nous vanter les vertus de l'âge d'or ; pourtant, si quelque dieu nous voulait ramener à ces beaux jours... feriez-vous de beaux cris ! De deux choses l'une : ou vous n'êtes pas très persuadé que l'objet de vos regrets soit regrettable ; ou, si vous le regrettez vraiment, vous le défendez mal ; vous voilà bien les deux pieds plantés dans le bourbier !

A Rome : «Ah ! dites-vous, la campagne !» A la campagne : «O Rome égale au soleil !» Si, par hasard, faute d'invitation au dehors, monsieur dîne enfin à sa propre table, et sous son toit : «Quelle fête et quel bonheur de rester chez soi, à manger tranquillement ses fruits et ses légumes !...» Comme si l'habitude était de prendre les gens à la gorge et de les traîner de force aux réunions de la bonne chère et du bon vin ! Cependant, que Mécène écrive.... un peu tard : Je vous attends à souper. «Holà ! vite, un flambeau ! est-ce qu'on ne m'entend pas quand j'appelle ? Holà ! Parez-moi, je vais chez Mécène !» Vous criez, on vous habille, et vous voilà parti. Vos chers parasites, Mulvius et compagnie, qui croyaient s'emplir à vos frais, vous envoient à tous les diables.
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AunryzAunryz20 avril 2015
Quel plaisir prends-tu à enterrer dans un trou creusé en cachette, tremblant de peur, une énorme quantité d’or et d’argent ?

quid iuuat inmensum te argenti pondus et auri
furtim defossa timidum deponere terra ?
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brigetounbrigetoun15 février 2013
Ici, donc, la conversation s’engage, et pas sur les propriétés ou les maisons des autres, ni pour savoir si Lépos danse bien ou s’il danse mal, mais nous discutons ensemble de choses qui nous touchent au plus près, et qu’il est grave d’ignorer. Le bonheur des hommes tient-il à la richesse, ou à la vertu ? Qu’est-ce qui nous pousse à l’amitié, l’utilité de nos amis, ou leur droiture ? Mais le bien, quelle est sa nature, quel est son plus haut degré ?
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michfredmichfred24 avril 2015
Lui, cependant, il va sautillant et gazouillant :

« Il faut convenir, disait-il, que Rome est une belle ville, et que nos rues sont de belles rues... Vous vous taisez... je vois bien que vous voulez m'échapper ; mais halte-là ! Où vous allez, j'irai. Au fait, où donc allez-vous ?

- Fort loin d'ici, chez un malade, un mien ami, que vous ne connaissez pas, au delà du Tibre et non loin du jardin de César ! Pourquoi prendre un si grand détour ?

- Bon ! je n'ai rien à faire et ne demande qu'à marcher. Allons ! je vous suis ».

Vous avez vu, parfois, un pauvre âne accablé sous le faix et la tête basse ? ainsi j'allais.
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