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ISBN : 2290053864
Éditeur : J'ai Lu (1999)


Note moyenne : 3.65/5 (sur 86 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Howard Phillips Lovecraft constitue un exemple pour tous ceux qui souhaitent apprendre à rater leur vie, et éventuellement, à réussir leur oeuvre Encore que, sur ce dernier point, le résultat ne soit pas garanti." Auteur de L'appel de Cthulhu, de Dagon et des Montagnes... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par MonsieurChat, le 09 juin 2012

    MonsieurChat
    Après avoir fermé le livre, pas tout-à-fait sur la dernière page, on se demande s'il ne vaut mieux pas se contenter de tout lire au premier degré sans jamais essayer de soulever le voile sur lequel Lovecraft a projeté ses images fantastiques. Doucement avec un style d'une grande limpidité, le texte du critique fini par être plus effrayant que les histoires du maître de Providence. Plus question de jouer à se faire peur. Quoique... suivant l'âge auquel on lit les aventures de Herbert West réanimateur dont il n'est jamais question nulle part dans cet ouvrage et la sensibilité que l'on pouvait avoir avant d'entrer dans cet univers en décomposition qui ne finit pas de mourir, on peut encore faire des cauchemars longtemps après avoir lu ces nouvelles tant le pouvoir d'évocation de l'écrivain est aussi subtil que puissant quand il trouve dans son lecteur un terreau imaginatif à la hauteur. Houellebecq se reconnait dans cette œuvre et il n'est peut-être pas le seul...
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    • Livres 5.00/5
    Par HK, le 15 décembre 2010

    HK
    Dans cette biographie, Houellebecq célèbre un autre auteur torturé : H.P. Lovecraft. Et à la lecture de cet ouvrage, on s'aperçoit que l'influence de l'Américain sur le Français n'est pas négligeable. Si leurs styles sont rigoureusement opposés (l'un privilégiant l'emphase, l'autre la sobriété), les deux écrivains se rejoignent dans la misanthropie. En effet, Lovecraft et Houellebecq vouent un mépris sans limite à leurs contemporains. Et cette perception négative du monde transparaît dans leurs œuvres. Elles baignent ainsi constamment dans un climat très pessimiste au sein duquel les personnages ressemblent à des marionnettes de papier amenées à être broyées par un destin cruel et immaitrisable. L'origine d'un tel négativisme prend sa source dans leur incapacité commune d'intégration. Au début de leur vie, surdoués autodidactes, ils éprouvent une aversion pour l'école car ils s'y ennuient. Plus tard, ils vont se heurter violemment aux exigences du monde matérialiste et rater complètement leur passage à la vie adulte. Ces deux éternels adolescents, quelque peu schizoïdes, vont dès lors privilégier leur monde intérieur sur lequel ils peuvent exercer un contrôle total. Houellebecq a notamment déclaré à cet égard qu'il aimait jouer à Dieu lorsqu'il écrivait et il ne fait aucun doute que Lovecraft aussi.
    Cette fausse biographie comporte des traces de ce que sera la future littérature de l'aveu. Des passages de la vie de Lovecraft seront suivis de commentaires orientés de Houellebecq. Pourtant, lorsqu'il décortique l'œuvre proprement dite, il le fait avec objectivité et recul.Par conséquent, l'ensemble a de quoi dérouter mais témoigne d'une richesse sémantique peu courante due à ses différents niveaux d'écriture.
    Une œuvre donc hétéroclite et néanmoins très accessible que tout amateur de l'un ou l'autre écrivain se doit de lire pour mieux comprendre leurs parcours respectifs.
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    • Livres 5.00/5
    Par odin062, le 08 novembre 2011

    odin062
    On commence cette biographie par une préface de Stephen King. Qui d'autres peut parler de peur ? Personne. L'oreiller de Lovecraft est juste effrayant quand on connait le personnage et on comprend bien la terreur du Maitre. Faut-il préciser que King met en évidence la raison pour laquelle j'ai besoin et je dépends des livres : Toute la littérature, mais surtout la littérature de l'étrange et du fantastique, est une caverne où les lecteurs se cachent de la vie, se préparant à la prochaine bataille à livrer dehors, dans le monde réel. Je fais bien parti de ce troisième groupe.
    Puis viens Houellebecq qui nous décrit dans un premier temps pourquoi ce Lovecraft et pas un autre, et nous introduit dans son œuvre avant de développer la recette miracle (qui n'existe d'ailleurs pas) pour écrire la nouvelle lovecraftienne par excellence. On découvre à quel point Lovecraft est un OVNI dans la littérature, à quel point il connait le domaine des rêves et à quel point il mérite d'être connu.
    Suite à l'étude de son œuvre, on découvre la vie de Lovecraft, cette vie qui a fait évoluer son œuvre. Sa descente aux enfers durant les années passées à New York, ces années où le racisme s'est développé en lui. Véritable symbole de l'échec de notre société, comment réagirai Lovecraft aujourd'hui ? C'est ce que Houellebecq imagine pour terminer ce très bon livre.
    Je m'en vais découvrir et relire HP Lovecraft.
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    • Livres 5.00/5
    Par yokai, le 06 novembre 2011

    yokai
    Il s'agit bien d'un essai de Michel Houellebecq consacré à l'un de ses auteurs favoris Howard Phillips Lovecraft. H.P. Lovecraft est l'un des maîtres du récit fantastique et d'horreur. Dans ce court essai, Michel Houellebecq étudie l'homme et son oeuvre et cherche à trouver des parralléles. Ce n'est ni une biographie ni une étude approfondie de l'oeuvre mais un subtil mélange entre les deux pour n'en garder que le meilleur. Il évoque l'inadaptabilité sociale de l'auteur, ses difficultés avec l'argent et l'amour, deux sujets qui n'apparaissent d'ailleurs jamais dans l'oeuvre du novéliste de l'horreur. Il aborde surtout le problème du racisme de l'auteur catalysé par son séjour à New York où il a été forcé, à cause de ses problèmes d'argent, de côtoyer les plus modestes et notamment une part importante d'immigrés. Selon, Michel Houellebecq, ce racisme aurait nourri son oeuvre et en serait l'un des fondements. Dans les nouvelles de Lovecraft, c'est souvent un alter ego de l'auteur, par exemple un jeune professeur bien éduqué, qui est aux prises avec le mal - sous-entendu les étrangers. Cette hypothèse est corroborée par le fait que ce que Houellebecq identifie comme les "grands textes" - dont voici la liste classée par date de composition - ont été écrits après la période new yorkaise de l'auteur:
    - L'appel de cthulhu
    - La Couleur tombée du ciel
    - L'abomination de de Dunwich
    - Celui qui chuchotait dans les ténèbres
    - Les montagnes hallucinées
    - La maison de la sorcière
    - Le cauchemar d'Innsmouth
    - Dans l'abîme du temps
    Par chance, l'ensemble de ces nouvelles sont rassemblés dans deux recueils disponibles au format poche:
    - La Couleur tombée du ciel
    - Dans l'abîme du temps
    C'est un pur régal de lire cet essai. Ne connaissant pas Lovecraft, j'ai pris beaucoup de plaisir à le découvrir. On rencontre un Michel Houellebecq plus consensuel mais qui fait déjà preuve d'une remarquable intelligence, d'une vision et d'un véritable sens de l'écriture. On y retrouve même souvent des thèmes qu'il reprendra par la suite.
    Le contenu à la fois précis, fouillé dans les détails et riche en arrière-plans théoriques qui est celui des encyclopédies peut produire un effet délirant et extatique.
    Michel Houellebecq n'a-t-il pas été critiqué pour avoir recopié des articles de Wikipedia dans son livre La carte et le territoire ?
    On y croise aussi le titre d'un de ces futurs romans.
    "Et les actions humaines sont aussi libres et dénuées de sens que les libres mouvements des particules élémentaires."
    Enfin, une phrase que je crois avoir déjà lu dans Plateforme : "Quand on aime la vie, on ne lit pas".
    Evidemment, il atteint son but, piquer notre curiosité. Comment, après avoir lu, ce livre ne pas se ruer dans une librairie pour acheter du Lovecraft - il est dans le domaine public pour ceux qui seraient intéressés. Vous hésitez encore ? Alors laissez-moi vous citer cette attaque, reprise dans le livre, qui est tirée de la nouvelle La transition de Juan Romero
    "Sur les événements qui se déroulèrent les 18 et 19 octobre 1894 à la mine de Norton, je préférerais garder le silence."


    Lien : http://www.aubonroman.com/2010/10/hp-lovecraft-contre-le-monde-contr..
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    • Livres 4.00/5
    Par bucephale, le 04 août 2013

    bucephale
    C'est une étude critique de l'œuvre de Lovecraft, un parcours initiatique dans un autre monde, d'un auteur pour qui la réalité constitue une souffrance, ou pire, et qui invente un univers entier d'un pessimisme extrême, un univers délirant et voué à être dévoré par des créatures sorties d'un bestiaire insensé d'horreur. Houellebecq ne se pose pas la question du suspense, d'ailleurs Stephen King dans la préface non plus, car lorsque on imagine récit effrayant on pense suspense, montée d'adrénaline, mais ici tout est dans la description clinique, tout est dans le pas qui franchit le seuil, de celui qui va découvrir l'innommable. C'est le plus souvent un savant, un être cultivé, un gentleman WASP, dont s'empare les forces maléfiques, ou qui lors d'un voyage, ou d'une enquête lève le voile sur un autre monde, datant d'un lointain passé : il passe de la conscience au rêve éveillé, mais ce rêve a la dureté et la précision que peuvent lui donner des descriptions architecturales ou naturalistes. Il faut être contre la vie pour aimer la littérature, ou le cinéma, et Lovecraft produira des récits où toute la réalité objective sera engloutie par un univers qu'il s'épuisera à exprimer pour lui donner une forme poétique, un univers tapi à la lisière de l'époque, un univers malade : il multiplie les qualificatifs comme un pianiste fait des gammes vers le grave ou l'aigu. Il y a de l'emphase dans le style de Lovecraft, mais pas par gloire, flagornerie, auto célébration, mais pour faire tournoyer les sens.
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Citations et extraits

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  • Par ophrys, le 01 février 2011

    Il est en effet possible qu’au delà du rayon limité de notre perception, d’autres races, d’autres concepts et d’autres entités existent. D’autres créatures, d’autres races, d’autres concepts et d’autres intelligences. Parmi ces entités, certaines nous sont probablement très supérieures en intelligence et en savoir. Mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle. Qu’est-ce qui nous fait penser que ces créatures, aussi différentes soient-elles de nous, manifestent en quelque façon une nature spirituelle ? Rien ne permet de supposer une transgression aux lois universelles de l’égoïsme et de la méchanceté. Il est ridicule d’imaginer que des êtres nous attendent aux confins du cosmos, pleins de sagesse et de bienveillance, pour nous guider vers une quelconque harmonie. Pour imaginer la manière dont ils nous traiteraient si nous venions à entrer en contact avec eux, mieux vaut se rappeler la manière dont nous traitons ces « intelligences inférieures » que sont les lapins et les grenouilles. Dans le meilleur des cas, elles nous servent de nourriture. (p 19)
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  • Par ophrys, le 01 février 2011

    Peu d’êtres auront été à ce point imprégnés, transpercés jusqu’aux os par le néant absolu de toute aspiration humaine. L’univers n’est qu’un furtif arrangement de particules élémentaires. Une figure de transition vers le chaos. Qui finira par l’emporter. La race humaine disparaîtra. D’autres races apparaîtront, et disparaîtront à leur tour. Les cieux seront glaciaux et vides, traversés par la faible lumière d’étoiles à demi mortes. Qui, elles aussi, disparaîtront. Tout disparaîtra. Et les actions humaines sont aussi libres et dénuées de sens que les libres mouvements des particules élémentaires. Le bien, le mal, la morale, les sentiments ? Pures « fictions victoriennes ». Seul l’égoïsme existe. Froid, inentamé et rayonnant. (p 18)
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  • Par ophrys, le 01 février 2011

    L’âge adulte, c’est l’enfer. Face à une position aussi tranchée, les « moralistes » de notre temps émettront des grognements vaguement désapprobateurs, en attendant le moment de glisser leurs sous-entendus obscènes. Peut-être bien en effet que Lovecraft ne pouvait pas devenir adulte ; mais ce qui est certain c’est qu’il ne le voulait pas davantage. Et compte tenu des valeurs qui régissent le monde adulte, on peut difficilement lui en tenir rigueur. Principe de réalité, principe de plaisir, compétitivité, challenge permanent, sexe et placements … pas de quoi entonner des alléluias. (p 17)
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  • Par ophrys, le 01 février 2011

    Aux intersections de ses voies de communication, l’homme a bâti des métropoles gigantesques et laides, où chacun, isolé dans un appartement exactement semblable aux autres, croit absolument être le centre du monde et la mesure de toutes choses. (p 39)

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  • Par zazimuth, le 13 février 2012

    Créer un grand mythe populaire, c'est créer un rituel que le lecteur attend avec impatience, qu'il retrouve avec un plaisir grandissant, à chaque fois séduit par une nouvelle répétition en des termes légèrement différents, qu'il sent comme un nouvel approfondissement. (p.19)

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