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ISBN : 2290321230
Éditeur : J'ai Lu (2002)


Note moyenne : 3.44/5 (sur 552 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
De l'exotisme et du pittoresque, du sexe et du fanatisme, tels sont les ingrédients (torrides et subversifs) de "Plateforme", dernier roman de Michel Houellebecq, probablement l'écrivain le plus controversé aujourd'hui…

Michel est un employé du minist... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Ellane92, le 01 avril 2014

    Ellane92
    Michel est un petit homme médiocre et égoïste, fonctionnaire sans ambition ni dans sa vie professionnelle, ni dans sa vie personnelle. « Je ne suis pas bon, dans l'ensemble, ce n'est pas un des traits de mon caractère. L'humanitaire me dégoute, le sort des autres m'est en général indifférent, je n'ai même pas le souvenir d'avoir jamais éprouvé un quelconque sentiment de solidarité. »
    Quand il touche un héritage à la mort de son père, il en profite pour s'offrir une escapade en Thaïlande. le voyage organisé ne l'empêche pas profiter des salons de massages Thai et des jeunes femmes qui y officient. Méprisant, il fuit ses compagnons de voyage. Seule Valérie, dont il ne sait pas grand-chose, trouve grâce à ses yeux.
    De retour à Paris, il croise de nouveau la jeune femme, qui poursuit une carrière brillante en tant que cadre marketing à Nouvelles Frontières. Ils habitent rapidement ensemble.
    Le groupe international Aurore, de bien plus grande envergure que Nouvelles Frontières, débauche (embauche ?) bientôt la jeune femme, avec pour mission de faire remonter la fréquentation de certains clubs de voyages en perte de chiffres d'affaires. C'est ainsi que Valérie, avec l'aide de Michel, met en place le concept des Eldorador Aphrodite.
    Houellebecq fait le tour de la petitesse humaine qui gravite autour de cette Plateforme. Portrait au vitriol de la société de consommation, entre cynisme et provocation, il dépeint une société qui périclite, une société décadente, sans espoir d'évolution vers un monde meilleur. C'est l'humain qu'il met au cœur de cette fatalité, l'humain et sa recherche de satisfaction immédiate et gratuite. Dans ce livre, l'auteur semble suggérer que, quelque part, à un moment donné, un tournant a été pris par la société. le retour en arrière, vers "le bon sauvage" est impossible, et la société, poussée par la consommation à outrance, se névrose, ce qu'il illustre par les difficultés sexuelles de ses contemporains. Voilà un constat plutôt triste mais pas dénué d'intérêt.
    Pour enfoncer le clou sur la petitesse des hommes, Houellebecq cartographie et tend jusqu'à la provocation certains types de comportements courants, en première ligne de mire, les "élites marketing" et leur vision court-termiste, sans création de valeur, qui sortent des écoles prestigieuses ; la création du concept Eldorador Aphrodite est une vraie petite leçon qu'on croirait tout droit issue d'une leçon de marketing stratégique : le fameux couple produit-cible, identification de l'existant, de la concurrence, des forces et faiblesses de la proposition / de la marque, plan d'actions, etc… L'auteur égratigne aussi le vernis des bien-pensants, caricaturant à outrance des propos que chacun de nous a forcément entendu, un jour ou un autre, sur la prostitution (avec des propos quand même limite concernant l'âge desdits prostitués) ou les musulmans.
    L'écriture de Houellebecq est agréable à lire. le récit est raconté au je narratif, qui intègre, de façon un peu maladroite, des passages sur l'histoire de la Thaïlande, ou sur les personnages du récit, et des scènes de sexe plutôt crues. L'ensemble est à prendre au deuxième, voire au troisième degré.
    Bref, une première incursion plutôt réussie pour moi dans l'univers de cet auteur encensé et controversé.
    "Jusqu'au bout je resterai un enfant de l'Europe, du souci et de la honte ; je n'ai aucun message d'espérance à délivrer. Pour l'Occident je n'éprouve pas de haine, tout au plus un immense mépris. Je sais seulement que, tous autant que nous sommes, nous puons l'égoïsme, le masochisme et la mort. Nous avons créé un système dans lequel il est devenu simplement impossible de vivre ; et, de plus, nous continuons à l'exporter."
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    • Livres 4.00/5
    Par Jahro, le 06 mars 2013

    Jahro
    Après quelques pages, l'inquiétude grandit : nous aurait-on conseillé un porno ? Houellebecq n'y va pas par quatre chemins pour décrire l'acte. Avec lui, pas de suggestion, ça suce, ça lèche, ça pénètre. On croise des bites, des chattes, des fesses et des tétons. Autant dire qu'une telle lecture n'est pas recommandée aux esprits prudes.
    Mais s'il se permet tous les vices, s'il prend plaisir à dériver vers tous les interdits, l'auteur verrouille son œuvre d'un souci permanent d'apparaitre tel qu'il est : triste. Ce n'est un secret pour personne, ce type est un parangon d'amertume. Même son histoire est à son image, désabusée. Jamais une joie n'évite le désaveu d'un contrepoids brutal. Avec Houellebecq, aucun bonheur n'est éternel – et tout le long du livre il n'a de cesse de nous le rappeler.
    Mais réduire son récit à la complainte d'un quadra mal luné serait un tort. Plateforme évoque une voie de sortie il est vrai peu compatible avec les morales en vigueur, mais après tout plausible. Et le raisonnement conduit est assez fouillé pour convaincre.
    Certes on n'a pas tous la frustration du sexe, l'envie pressante de découvrir des expériences nouvelles avec nos corps. On n'est pas tous à voir dans les voyages une opportunité d'accomplir nos fantasmes. Simplement, force est d'admettre qu'il y a dans nos sociétés occidentales modernes un sentiment diffus d'inachevé. Une lassitude d'ensemble saturée de produits et d'un besoin malsain de rayonner. Et cette proposition d'associer les cultures dans un but essentiellement charnel n'est pas forcément insensée.
    Plateforme se lit vite, intensément, comme une démonstration sarcastique d'un autre monde qui serait possible sans l'héritage judéo-chrétien qui nous enchaîne. Une chronique douce-amère où l'on rit jaune, où l'on s'entête, où l'on stoppe régulièrement sa lecture en regardant le ciel, pensant : pourquoi pas ? On en regretterait presque son final plus commun, mais nécessaire, dans lequel elle s'automutile. Mais on le sait maintenant : avec Houellebecq, aucune jouissance ne dure.
    4/5
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    • Livres 1.00/5
    Par lecassin, le 10 mars 2013

    lecassin
    J'ai déjà eu l'occasion d'indiquer dans quel océan de perplexité me plongeait Michel Houellebecq. C'était pour « Les particules élémentaires ».
    Il me semblait que l'auteur nous servait une recette bien assaisonnée sexe, misogynie, anti-religions, soutenue par une campagne de promotion magistralement orchestrée pour faire le « buzz »… une vaste opération mercantile, disais-je, dont la littérature se serait bien passée…
    Malgré tout, seconde tentative alors que le buzz continue, enfle... On parle maintenant de Goncourt. Des auteurs qui habituellement me touchent ne tarissent pas d'éloge…
    Il se peut que je sois passé à coté d'un auteur important ; ou j'ai lu « Les particules élémentaires « au mauvais moment…
    Hélas, rien de tout cela…Me revoilà plongé au niveau zéro de la littérature, avec en prime la désagréable impression de « naviguer » en plein prospectus de propagande pour le tourisme sexuel…
    J'ai lu par ailleurs ce genre de commentaire : « Si vous n'aimez pas Houellebecq, ne le lisez pas !». Il est néanmoins nécessaire de le lire un peu pour savoir : on aime ou on aime pas…
    Pour ma part, je n'aime pas et « Plateforme » sera mon dernier Houellebecq. Il y a tant de choses merveilleuses à lire… et la vie est courte.
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    • Livres 5.00/5
    Par HK, le 22 décembre 2010

    HK
    « Plateforme » raconte l'histoire de Michel, banal fonctionnaire qui, suite au décès de son père, hérite d'une somme importante. Il part alors plusieurs semaines en Thaïlande. Cependant, une fois là-bas, il se lasse vite des visites culturelles et se tourne vers les prostituées locales pour tromper son ennui. Heureusement, il rencontre aussi Valérie, jeune cadre du secteur touristique, dont il tombe amoureux. A son retour, celle-ci se voit confier la délicate mission de redresser une chaîne de clubs de vacances déficitaire. Involontairement, Michel lui apporte son soutien en suggérant au cours d'un repas arrosé d'intégrer le sexe au panel des activités clubistes. Contre toute attente, Valérie adhère complètement au concept et élabore un projet lorgnant dans cette direction.
    « Plateforme » diffère des deux romans précédents. le ton s'avère résolument plus léger. On se surprend même à rire de nombreuses fois. Pourtant, le sujet traité, à savoir le tourisme sexuel, n'a rien de drôle. Sournoisement, donc, Houellebecq dédramatise la situation en adoptant la position des riches occidentaux qui, « en toute innocence », viennent satisfaire leur libido dans les pays défavorisés. Les nombreux détracteurs ont probablement pris « Plateforme » au premier degré sans chercher le message en filigrane : le corps humain est une marchandise comme une autre. Ce cynisme dérange car il renvoie une image peu flatteuse aux lecteurs occidentaux. Sommes-nous devenus à ce point calculateurs, hypocrites, insensibles? Avec beaucoup d'habileté, Houellebecq évite toute réponse frontale. Il se contente juste de décrire à travers le point de vue faussement candide de son narrateur et prouve à nouveau qu'il manie l'ironie comme personne.
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    • Livres 5.00/5
    Par Davd, le 15 mai 2012

    Davd
    Le héros a une vie aussi palpitante qu'une finale de "Questions pour un champion" (qu'il adore au demeurant) et sa vie sexuelle se résume à regarder de jolies vulves s'ébattrent dans un peep-show (j'ai dit "vulve" ? Non, vous avez dû mal lire...).
    Houellebecq a toujours les mots justes pour décrire le mal de vivre, les vies grises comme un vieux parpaing (en même temps, regardez le bien... Pas le genre de spécimen à danser sur David Guetta, le Michel), mettre le doigt sur la médiocrité de nos comportements et la profonde inutilité des 3/4 des hominidés qui nous entourent (dans lequel il s'inclut d'ailleurs).
    Mais ici, la mort du père, va faire découvrir l'amour au personnage principal. le grand, celui avec qui faire l'amour, voire baiser comme des bonobos, est à chaque fois une expérience quasi-mystique.
    Donc le héros découvre le sexe heureux (à deux ou à plus si affinité) et les arcanes de l'industrie touristique avec Valérie, une femme belle, intelligente et à la sexualité généreuse.
    On y parle aussi tourisme sexuel ("elle a commencé par le dos pour finir par mes couilles" dixit le personnage principal sur les talentueuses officiantes des salons de massage thaïs).
    Il écrit bien, il dit les choses avec simplicité et détachement. On rit souvent (Ah ! Cette scène avec l'artiste contemporaine faisant des moulages de son clitoris et des cartes postales avec son sexe comme pinceau... une merveille !).
    Bon, je dois le dire. Houellebecq est un bon vendeur, il sait placé son petit scandale pour faire le buzz : outre le tourisme sexuelle, il nous sort un petit couplet islamophobe outré... si outré que l'on a des difficultés à y croire (lui aussi je crois).
    C'est une histoire d'amour et de sexe, il y a de la beauté, des sentiments simples et magnifiques (une double double-pénétration et du triolisme en sauna aussi...).
    Mais comme de nombreuses histoires d'amour cela ne finit pas forcément avec beaucoup de bonheur et d'enfants (ce qui est souvent antinomique d'ailleurs mais passons ce n'est pas le propos...).
    PS : si vous n'aimez pas Houellebecq et bien... ne le lisez pas. C'est simple et cela évite bien des tracas.
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Citations et extraits

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  • Par elvuo, le 20 novembre 2010

    Jusqu'au bout je resterai un enfant de l'Europe, du souci et de la honte ; je n'ai aucun message d'espérance à délivrer. Pour l'Occident je n'éprouve pas de haine, tout au plus un immense mépris. Je sais seulement que, tous autant que nous sommes, nous puons l'égoïsme, le masochisme et la mort. Nous avons créé un système dans lequel il est devenu simplement impossible de vivre ; et, de plus, nous continuons à l'exporter
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  • Par Ellane92, le 28 mars 2014

    Donc, poursuivis-je, d'un côté tu as plusieurs centaines de millions d'Occidentaux qui ont tout ce qu'ils veulent, sauf qu'ils n'arrivent plus à trouver de satisfaction sexuelle : ils cherchent, ils cherchent sans arrêt, mais ils ne trouvent rien, et ils en sont malheureux jusqu'à l'os. De l'autre côté tu as plusieurs milliards d'individus qui n'ont rien, qui crèvent de faim, qui meurent jeunes, qui vivent dans des conditions insalubres, et qui n'ont plus rien à vendre que leur corps, et leur sexualité intacte. C'est simple, vraiment simple à comprendre : c'est une situation d'échange idéale. Le fric qu'on peut ramasser là-dedans est presque inimaginable : c'est plus que l'informatique, plus que les biotechnologies, plus que les industries des médias ; il n'y a aucun secteur économique qui puisse y être comparé.
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  • Par Ellane92, le 19 mars 2014

    Prendre l'avion aujourd'hui, quelle que soit la compagnie, quelle que soit la destination, équivaut à être traité comme une merde pendant toute la durée du vol. Recroquevillé dans un espace insuffisant et même ridicule, dont il sera impossible de se lever sans déranger l'ensemble de ses voisins de rangée, on est d'emblée accueilli par une série d'interdictions énoncées par des hôtesses arborant un sourire faux.
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  • Par Y--, le 21 mars 2012

    Il est faux de prétendre que les êtres humains sont uniques, qu'ils portent en eux une singularité irremplaçable ; en ce qui me concerne, en tout cas, je ne percevais aucune trace de cette singularité. C'est en vain, le plus souvent, qu'on s'épuise à distinguer des destins individuels, des caractères. En somme, l'idée d'unicité de la personne humaine n'est qu'une pompeuse absurdité. On se souvient de sa propre vie, écrit quelque part Schopenhauer, un peu plus que d'un roman qu'on aurait lu par le passé. Oui, c'est cela : un peu plus seulement.
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  • Par Kro, le 30 décembre 2010

    En général,en sortant du bureau, j'allais faire un tour au peep-show. Ca me coutaît cinquante francs, voir soixante-dix quand l'éjaculation tardait. Voir des chattes en mouvement, ça me lavait la tête. Les orientations contracdictoires de la vidéo d'art contemporaine, l'équilibre entre conservation du patrimoine et soutien à la création vivante...tout cela disparaissait vite, devant la magie facile des chattes en mouvement. Je vidais gentiment mes testicules. A la même heure, Cécilia se bourrait de gâteaux au chocolat dans une patisserie proche du ministère; nos motivations étaient à peu près les mêmes.
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Vidéo de Michel Houellebecq

L'enlèvement de Michel Houellebecq vu par Axel Roques
Hier soir, j’ai regardé l’enlèvement de Michel Houellebecq de Guillaume Nicloux. Ce film m’a beaucoup plu.
J’apprécie l’écrivain et son œuvre et j’étais heureux de le voir en mouvement car il est avare de ses apparitions et communications. Ne le connaissant pas à la ville, je n’ai pas pu percevoir la différence entre son jeu d’acteur et son comportement réel.
Une chose est certaine : à l’écran, il parle indistinctement la plupart du temps. Selon ses propres mots, il « grommelle ».
Si bien que ses ravisseurs, censés être des brutes épaisses semblent s’exprimer mieux que lui. Bravo, d’ailleurs, aux autres acteurs, qui jouent avec talent et permettent au film d’être réussi. A première vue, comme « ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément », on a l’impression que Houellebecq est limité mentalement. (Merci, à Nicolas Boileau)
Je suis persuadé que ce n’est pas le cas et que Michel Houellebecq est un fin manipulateur. C’est cette finesse supposée qui m’a beaucoup plu. Il parvient aisément à imposer l’image qu’il souhaite donner de lui. Probablement pour avoir la paix tout en entretenant son mythe et le mystère qui l’entoure.
Mais il ne faut pas se fier à son apparente faiblesse ! En quelques répliques acerbes, il règle leurs comptes à Phillipe Sollers et Alain Minc. En deux polaroids, il ridiculise François Hollande. En un dîner alcoolisé, il renvoie ses éditeurs dans les filets. Enfin, il clôt les débats par une fulgurante réflexion sur la démocratie et la liberté. Tout en se payant gentiment notre tête.
Finir une production d’Arte en accusant les hommes politiques de détruire la démocratie, en appelant à l’insurrection et en conduisant une Bentley rutilante à 300 km/heure sur une autoroute française avec un gitan pour passager…N’est-ce pas un coup de pied dans le cul fulgurant à une partie de notre société ?
Bref, j'ai trouvé Michel Houellebecq sympathique et intelligent et je félicite au passage Guillaume Nicloux pour son talent de réalisateur.
Axel Roques








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