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ISBN : 2290321230
Éditeur : J'ai Lu (2002)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 384 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
De l'exotisme et du pittoresque, du sexe et du fanatisme, tels sont les ingrédients (torrides et subversifs) de Plateforme, dernier roman de Michel Houellebecq, probablement l'écrivain le plus controversé aujourd'hui… Michel est un employé d... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Jahro, le 06 mars 2013

    Jahro
    Après quelques pages, l'inquiétude grandit : nous aurait-on conseillé un porno ? Houellebecq n'y va pas par quatre chemins pour décrire l'acte. Avec lui, pas de suggestion, ça suce, ça lèche, ça pénètre. On croise des bites, des chattes, des fesses et des tétons. Autant dire qu'une telle lecture n'est pas recommandée aux esprits prudes.
    Mais s'il se permet tous les vices, s'il prend plaisir à dériver vers tous les interdits, l'auteur verrouille son œuvre d'un souci permanent d'apparaitre tel qu'il est : triste. Ce n'est un secret pour personne, ce type est un parangon d'amertume. Même son histoire est à son image, désabusée. Jamais une joie n'évite le désaveu d'un contrepoids brutal. Avec Houellebecq, aucun bonheur n'est éternel – et tout le long du livre il n'a de cesse de nous le rappeler.
    Mais réduire son récit à la complainte d'un quadra mal luné serait un tort. Plateforme évoque une voie de sortie il est vrai peu compatible avec les morales en vigueur, mais après tout plausible. Et le raisonnement conduit est assez fouillé pour convaincre.
    Certes on n'a pas tous la frustration du sexe, l'envie pressante de découvrir des expériences nouvelles avec nos corps. On n'est pas tous à voir dans les voyages une opportunité d'accomplir nos fantasmes. Simplement, force est d'admettre qu'il y a dans nos sociétés occidentales modernes un sentiment diffus d'inachevé. Une lassitude d'ensemble saturée de produits et d'un besoin malsain de rayonner. Et cette proposition d'associer les cultures dans un but essentiellement charnel n'est pas forcément insensée.
    Plateforme se lit vite, intensément, comme une démonstration sarcastique d'un autre monde qui serait possible sans l'héritage judéo-chrétien qui nous enchaîne. Une chronique douce-amère où l'on rit jaune, où l'on s'entête, où l'on stoppe régulièrement sa lecture en regardant le ciel, pensant : pourquoi pas ? On en regretterait presque son final plus commun, mais nécessaire, dans lequel elle s'automutile. Mais on le sait maintenant : avec Houellebecq, aucune jouissance ne dure.
    4/5
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    • Livres 1.00/5
    Par lecassin, le 10 mars 2013

    lecassin
    J'ai déjà eu l'occasion d'indiquer dans quel océan de perplexité me plongeait Michel Houellebecq. C'était pour « Les particules élémentaires ».
    Il me semblait que l'auteur nous servait une recette bien assaisonnée sexe, misogynie, anti-religions, soutenue par une campagne de promotion magistralement orchestrée pour faire le « buzz »… une vaste opération mercantile, disais-je, dont la littérature se serait bien passée…
    Malgré tout, seconde tentative alors que le buzz continue, enfle... On parle maintenant de Goncourt. Des auteurs qui habituellement me touchent ne tarissent pas d'éloge…
    Il se peut que je sois passé à coté d'un auteur important ; ou j'ai lu « Les particules élémentaires « au mauvais moment…
    Hélas, rien de tout cela…Me revoilà plongé au niveau zéro de la littérature, avec en prime la désagréable impression de « naviguer » en plein prospectus de propagande pour le tourisme sexuel…
    J'ai lu par ailleurs ce genre de commentaire : « Si vous n'aimez pas Houellebecq, ne le lisez pas !». Il est néanmoins nécessaire de le lire un peu pour savoir : on aime ou on aime pas…
    Pour ma part, je n'aime pas et « Plateforme » sera mon dernier Houellebecq. Il y a tant de choses merveilleuses à lire… et la vie est courte.
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    • Livres 4.00/5
    Par Ellen-R, le 02 février 2013

    Ellen-R
    Dans ce roman, monsieur Houellebecq nous ouvre les portes du monde du voyage. En effet, le personnage principal travaille au ministère de la Culture mais, à la mort de son père dont il hérite d'une somme appréciable, il décide de s'inscrire à un voyage organisé avec pour destination la Thaïlande. Cet homme plutôt ordinaire, dans la quarantaine et n'ayant rien de particulièrement intéressant à raconter, rencontre une femme qui viendra combler son vide affectif. Valérie, vingt-huit ans, travaille pour l'agence qui a organisé le voyage et Michel aura donc l'occasion de découvrir ce monde fort concurrentiel et en constante recherche d'innovation.
    Monsieur Houellebecq nous décrit fort justement les aléas des voyages de ce type et les personnes que l'on est susceptibles d'y rencontrer. Il n'est pas tendre envers les touristes et leurs travers de même qu'envers la société occidentale qu'il fustige et accuse d'avoir rendu la vie intenable pour bon nombre de gens. Les scènes de sexe abondent et d'ailleurs, le sexe semble être une obsession pour l'auteur qui déplore le puritanisme et les nombreuses difficultés rencontrées par l'être humain appartenant à la civilisation européenne, à combler ses besoins sexuels et affectifs d'une façon satisfaisante, l'obligeant souvent à avoir recours au tourisme sexuel.
    Le livre m'a semblé un tantinet ennuyeux et j'étais légèrement déçue, jusqu'à ce que la fin vienne tout rattraper. Alors là, le génie de l'auteur perce et comme dans La possibilité d´une île, la fin est tout simplement magnifique si j'ose employer ce terme car enfin, c'est sur une note profondément pessimiste et désabusée que s'achève ce roman. Je voulais accorder trois étoiles mais la fin fait légèrement remonter ma note.
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    • Livres 5.00/5
    Par Davd, le 15 mai 2012

    Davd
    Le héros a une vie aussi palpitante qu'une finale de "Questions pour un champion" (qu'il adore au demeurant) et sa vie sexuelle se résume à regarder de jolies vulves s'ébattrent dans un peep-show (j'ai dit "vulve" ? Non, vous avez dû mal lire...).
    Houellebecq a toujours les mots justes pour décrire le mal de vivre, les vies grises comme un vieux parpaing (en même temps, regardez le bien... Pas le genre de spécimen à danser sur David Guetta, le Michel), mettre le doigt sur la médiocrité de nos comportements et la profonde inutilité des 3/4 des hominidés qui nous entourent (dans lequel il s'inclut d'ailleurs).
    Mais ici, la mort du père, va faire découvrir l'amour au personnage principal. le grand, celui avec qui faire l'amour, voire baiser comme des bonobos, est à chaque fois une expérience quasi-mystique.
    Donc le héros découvre le sexe heureux (à deux ou à plus si affinité) et les arcanes de l'industrie touristique avec Valérie, une femme belle, intelligente et à la sexualité généreuse.
    On y parle aussi tourisme sexuel ("elle a commencé par le dos pour finir par mes couilles" dixit le personnage principal sur les talentueuses officiantes des salons de massage thaïs).
    Il écrit bien, il dit les choses avec simplicité et détachement. On rit souvent (Ah ! Cette scène avec l'artiste contemporaine faisant des moulages de son clitoris et des cartes postales avec son sexe comme pinceau... une merveille !).
    Bon, je dois le dire. Houellebecq est un bon vendeur, il sait placé son petit scandale pour faire le buzz : outre le tourisme sexuelle, il nous sort un petit couplet islamophobe outré... si outré que l'on a des difficultés à y croire (lui aussi je crois).
    C'est une histoire d'amour et de sexe, il y a de la beauté, des sentiments simples et magnifiques (une double double-pénétration et du triolisme en sauna aussi...).
    Mais comme de nombreuses histoires d'amour cela ne finit pas forcément avec beaucoup de bonheur et d'enfants (ce qui est souvent antinomique d'ailleurs mais passons ce n'est pas le propos...).
    PS : si vous n'aimez pas Houellebecq et bien... ne le lisez pas. C'est simple et cela évite bien des tracas.
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    • Livres 5.00/5
    Par HK, le 22 décembre 2010

    HK
    « Plateforme » raconte l'histoire de Michel, banal fonctionnaire qui, suite au décès de son père, hérite d'une somme importante. Il part alors plusieurs semaines en Thaïlande. Cependant, une fois là-bas, il se lasse vite des visites culturelles et se tourne vers les prostituées locales pour tromper son ennui. Heureusement, il rencontre aussi Valérie, jeune cadre du secteur touristique, dont il tombe amoureux. A son retour, celle-ci se voit confier la délicate mission de redresser une chaîne de clubs de vacances déficitaire. Involontairement, Michel lui apporte son soutien en suggérant au cours d'un repas arrosé d'intégrer le sexe au panel des activités clubistes. Contre toute attente, Valérie adhère complètement au concept et élabore un projet lorgnant dans cette direction.
    « Plateforme » diffère des deux romans précédents. le ton s'avère résolument plus léger. On se surprend même à rire de nombreuses fois. Pourtant, le sujet traité, à savoir le tourisme sexuel, n'a rien de drôle. Sournoisement, donc, Houellebecq dédramatise la situation en adoptant la position des riches occidentaux qui, « en toute innocence », viennent satisfaire leur libido dans les pays défavorisés. Les nombreux détracteurs ont probablement pris « Plateforme » au premier degré sans chercher le message en filigrane : le corps humain est une marchandise comme une autre. Ce cynisme dérange car il renvoie une image peu flatteuse aux lecteurs occidentaux. Sommes-nous devenus à ce point calculateurs, hypocrites, insensibles? Avec beaucoup d'habileté, Houellebecq évite toute réponse frontale. Il se contente juste de décrire à travers le point de vue faussement candide de son narrateur et prouve à nouveau qu'il manie l'ironie comme personne.
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Citations et extraits

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  • Par elvuo, le 20 novembre 2010

    Jusqu'au bout je resterai un enfant de l'Europe, du souci et de la honte ; je n'ai aucun message d'espérance à délivrer. Pour l'Occident je n'éprouve pas de haine, tout au plus un immense mépris. Je sais seulement que, tous autant que nous sommes, nous puons l'égoïsme, le masochisme et la mort. Nous avons créé un système dans lequel il est devenu simplement impossible de vivre ; et, de plus, nous continuons à l'exporter
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  • Par Kro, le 30 décembre 2010

    En général,en sortant du bureau, j'allais faire un tour au peep-show. Ca me coutaît cinquante francs, voir soixante-dix quand l'éjaculation tardait. Voir des chattes en mouvement, ça me lavait la tête. Les orientations contracdictoires de la vidéo d'art contemporaine, l'équilibre entre conservation du patrimoine et soutien à la création vivante...tout cela disparaissait vite, devant la magie facile des chattes en mouvement. Je vidais gentiment mes testicules. A la même heure, Cécilia se bourrait de gâteaux au chocolat dans une patisserie proche du ministère; nos motivations étaient à peu près les mêmes.
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  • Par Y--, le 21 mars 2012

    Il est faux de prétendre que les êtres humains sont uniques, qu'ils portent en eux une singularité irremplaçable ; en ce qui me concerne, en tout cas, je ne percevais aucune trace de cette singularité. C'est en vain, le plus souvent, qu'on s'épuise à distinguer des destins individuels, des caractères. En somme, l'idée d'unicité de la personne humaine n'est qu'une pompeuse absurdité. On se souvient de sa propre vie, écrit quelque part Schopenhauer, un peu plus que d'un roman qu'on aurait lu par le passé. Oui, c'est cela : un peu plus seulement.
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  • Par Hebephrenie, le 20 juin 2010

    C'est dans le rapport à autrui qu'on prend conscience de soi ; c'est bien ce qui rend le rapport à autrui insupportable.

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  • Par lecassin, le 10 mars 2013

    Ce n'est pas aussi compliqué qu'on le raconte, les relations humaines: c'est souvent insoluble, mais c'est rarement compliqué.

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