ISBN : 2213610940
Éditeur : Fayard (2001)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
C'est assurément, dans ce bicentenaire de Victor Hugo, l'événement éditorial le plus important, le plus original et le plus intéressant. D'abord parce qu'il s'agit d'un texte véritablement inédit (et non pas une réédition com... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Pchabannes, le 24 juillet 2010

    Pchabannes
    Cette œuvre est divisée en deux volumes respectant les incontournables bornes historiques de la vie de Victor Hugo. Celui-ci avec la première partie Avant l'exil, 1 200 pages plus notes, annexes et biographie, 1 660Kg de culture générale du XIXème siècle suivi d'un deuxième volume avec les deux parties suivantes : Pendant l'exil et Depuis l'exil.
    “Ce livre est-il donc un fragment ? Non. Il existe à part. Il a, comme on le verra, son exposition, son milieu et sa fin. Mais, en même temps, il est, pour ainsi dire, la première page d'un autre livre. Un commencement peut-il être un tout ? Sans doute. Un péristyle est un édifice.” Préambule de la première série de La Légende des siècles.
    Jean-Marc Hovasse a su avec un talent particulier dans le même ouvrage offrir 6 clefs d'entrées dans la vie du chef de file du Romantisme français,
    six raisons de le lire,
    six manières de l'aborder,
    six façons de le comprendre
    dans ce qu'il faut appeler une œuvre et surement pas un centon ou une compilation d'érudit ou de patient rat de bibliothèque.
    “Depuis vingt ans, il ne semble pas qu'il puisse y avoir de grande opposition sans un grand poète. Celle de 1830 avait Chateaubriand, celle de 1848 avait Lamartine, celle de la grande date prochaine aura Victor Hugo.” (In L'Evènement 8 août 1850)
    La vie personnelle de l'auteur d'Hernani, Toto, avec la passion et l'amour : Juliette, Léonie et Adèle la filiation : ses parents le général Hugo et Sophie, ses enfants Léopoldine, F-Victor, Abel et les autres…, l'Espagne, l'Empereur, ses amis : entres autres Chateaubriand, Sainte-Beuve, Lamartine. A Les personnages et les situations de l'œuvre de l'auteur de Ruy blas expliqués en regard de sa vie privée et publique, du temps politique, de sa maturité. De nombreux extraits d'œuvre avec en fin d'ouvrage un index permettant de retrouver facilement mention des commentaires et références.
    le XIXème siècle littéraire avec ses chapelles, ses salons, ses haines, le Romantisme, un éclairage sur la vie des théâtres et des journaux développée jusque dans les détails qui font l'histoire le nombre de lecteurs ou spectateurs, les revenus, l'argent, les critiques, l'influence politique.
    le XIXème siècle politique, 1789 et 1793 sont si proches, Napoléon Ier meurt en 21, l'aiglon en 25, Chateaubriand en 49…1802, 1804, 1815, 1817, 1830, 1835 (l'attentat de Fieschi), Juin 1848 et l'entrée en politique, 2 Décembre 1851 ou bien Révolution, Terreur, Convention, Directoire, Empire, Restauration, monarchie, république, Second Empire, ou Louis XVI, Danton, Roberspierre, Seyez, Talleyrand, Bonaparte, Napoléon, Louis XVIII, Charles X, Louis-Napoléon, Napoléon III. Les écrivains et les journaux tels l'Evènement sont au centre de ce maelstrom. Dès le début de 1851 le Prince-Président puis Empereur fera taire la liberté d'expression.
    Victor Hugo, l'homme public. le poète puis prosateur, du théâtre au journaliste, l'orateur devenant politique balayant l'échiquier de droite à gauche, de Chateaubriand à Lamartine. Mais n'est-ce pas plutôt les régimes et les partis qui, sous des appellations similaires, ont vu leurs valeurs s'échangées.
    Paris au XIXème. Depuis le 10 rue de Mézières à St Sulpice, les déménagements se succédèrent. Jean-Marc Hovasse nous promène au détour d'une phrase, discrètement, dans Paris, ses changements, son peuplement, le percement des rue de Rennes ou de Raspail aux maisons de campagne de Gentilly, de la rive droite à la rive gauche, du faubourg St Martin, la route de la révolte de Maillot à Pershing, enfin de la vie de Paris.
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Citations et extraits

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  • Par Pchabannes, le 24 juillet 2010

    Victor Hugo – Les Etats-Unis d’Europe en 1849

    Victor Hugo prononce à l’occasion de l’ouverture du Congrès de la Paix le 21 Août 1849 un discours programme de politique internationale. Au-dessus des partis, au-dessus des frontières, sur un ton religieux, libéral, prophétique son projet de paix perpétuelle et universelle.
    Pour la première fois est prononcé et écrit dans l’Evènement l’expression Etats-Unis d’Europe.

    “Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Saint Petersburg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu'elle serait impossible et qu'elle paraîtrait absurde aujourd'hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées.
    Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d'un grand sénat souverain qui sera à l'Europe ce que le parlement est à l'Angleterre, ce que la diète est à l'Allemagne, ce que l'Assemblée législative est à la France ! (Applaudissements.) Un jour viendra où l'on montrera un canon dans les musées comme on y montre aujourd'hui un instrument de torture, en s'étonnant que cela ait pu être ! (Rires et bravos.)
    Un jour viendra où l'on verra ces deux groupes immenses, les États-Unis d'Amérique, les États-Unis d'Europe (Applaudissements), placés en face l'un de l'autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies, défrichant le globe, colonisant les déserts, améliorant la création sous le regard du Créateur, et combinant ensemble, pour en tirer le bien-être de tous, ces deux forces infinies, la fraternité des hommes et la puissance de Dieu ! (Longs applaudissements)” Paru in Politique, Laffont, p301.
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  • Par Pchabannes, le 24 juillet 2010

    Conversation avec un boutiquier germanique en 1840

    Pendant son voyage sur le Rhin en 1840, Victor Hugo vit le cauchemar des monnaies en cours dans la Confédération germanique. Le système décimal venait d’être imposé en France, les voyages semblent bien rigolo !!!

    “ A propos, depuis Bacharach je suis sorti des thalers, des silbergrossen et des pfennings, et je suis entré dans les florins et les kreutzers. L’obscurité redouble. Voici, pou un peu qu’on se hasarde dans une boutique, comment on dialogue avec les marchands :
    • Combien ceci ?
    • Monsieur, un florin cinquante-trois kreutzers
    • Expliquer-vous plus clairement.
    • Monsieur, cela fait un thaler et deux gros et dix-huit pfennings de Prusse.
    • Pardon, je ne comprends pas encore. Et en argent de France ?
    • Monsieur, un florin vaut deux francs trois sous et un centime ; un thaler de Prusse vaut trois francs trois quarts ; un silbergrossen vaut deux sous et demi ; un kreutzer vaut les trois quart d’un sou ; un pfenning vaut les trois quarts d’un liard
    • C’est parfaitement clair et j’ouvre ma bourse au hasard.
    Les ténèbres se compliquent de la prononciation. Kreutzer se prononcent chez les Hessois creusse, chez les badois criche et en Suisse cruche.”
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  • Par Pchabannes, le 24 juillet 2010

    Victor Hugo A propos des anniversaires et célébration officielles

    Journal d’Adèle, fille de Victor Hugo en date du 11 Juin 1855 reprenant les propos de son père au sujet de la célébration du 14 Juillet des proscrits républicain durant le second empire.

    “D’ailleurs ces idées d’anniversaires sont de stupides idées. Les anniversaires n’amènent rie d’utile : l’on s’imagine avoir agi et l’on n’a pas agi. On se rabâche toujours les mêmes choses, on sait d’avance ce qu’il y aura. C’est sans imprévu, sans utilité, et autant je suis pour les actions provoquées pour une situation donnée et surgissant d’elle-même, autant je blâme les manifestations sans spontaniéité, prévues d’avance, cérémonies qui fondent une espèce de religion avec ses fêtes annuelles et transforment la république en un pontificat soporifique.”
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  • Par Pchabannes, le 24 juillet 2010

    Définition de la Poésie

    Jean Marc Hovasse dans sa biographie sur Victor Hugo, Fayard 2002, dirait que cette définition de la poésie contient en germe tout le romantisme passé, présent et à venir. Pour moi, la Poésie est cette porte sur l’invisible, ce monde qui nous est fermé aujourd’hui.

    "Au reste, le domaine de la Poésie est illimité. Sous le monde réel, il existe un monde idéal qui se montre resplendissant à l’œil de ceux que des méditations graves ont accoutumés à voir dans les choses plus que les choses. Les beaux ouvrages de poésie, en tout genre, soit en vers, soit en prose, qui ont honorés ce siècle, ont révélé cette vérité, à peine soupçonnée auparavant, que la Poésie n’est pas dans la forme des idées, mais dans les idées elles-mêmes. La Poésie, c’est tout ce qu’il y a d’intime dans tout."
    In Victor Hugo, Préface des Odes et poésies diverses, 1822 avec la ponctuation de l’édition originale.

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  • Par Pchabannes, le 24 juillet 2010

    Victor Hugo - A tous les littéraires

    A tous les littéraires souffrant jusqu’en classe de première avec ses chiffres, ses équations et autres fonctions, Victor Hugo en 1855 retracent ses années au collège Louis le Grand. La réalité est certainement autre mais cela est tellement bien exprimé.

    J’étais alors en proie à la mathématique.
    Temps sombre ! enfant ému du frisson poétique,
    Pauvre oiseau qui heurtait du crâne mes barreaux,
    On me livrait tout vif aux chiffres, noirs bourreaux ;
    On me faisait de force ingurgiter l’algèbre ;
    On me tordait, depuis les ailes jusqu’au bec,
    Sur l’affreux chevalet des X et Y ;
    Hélas ! on me fourrait sous les os maxillaires
    Le théorème orné de tous ses corollaires ;
    Et je me débattais, lugubre patient
    Du diviseur prêtant main-forte au quotient.
    De là mes cris.
    In A propos d’Horace, les Contemplations, I, 13.
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