> Max Keller (Traducteur)

ISBN : 2020330318
Éditeur : Editions du Seuil (1997)


Note moyenne : 4/5 (sur 29 notes) Ajouter à mes livres
Depuis trente-cinq ans, Hanta écrase de vieux livres sous une presse hydraulique. Il écrase, il boit, il écrase, il soliloque en déambulant dans les rues de Prague. Cette culture qu'il est chargé de détruire, il s'est donné pour mission de la sauver. Dans l'avalanche de... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par Pasdel, le 11 novembre 2011

    Pasdel
    Personnage attachant,cet ouvrier d'une usine de recyclage de papier,nous invite, à travers son histoire,à réfléchir sur des sujets qui sont toujours d'actualités: le modernisme et le totalitarisme.
    Sa vie,c'est sa presse,les découvertes des vieux livres qu'il ramène chez lui.Il nous décrit sa vie comme un leitmotiv (35 ans que je travaille...).
    On sent un peu de l'esprit de Kafka dans cette nouvelle:atmosphère grise,personnage quelconque et parfois pathétique.Notre héros lutte à sa façon,en créant son œuvre quotidienne,contre le totalitarisme et le modernisme.
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    • Livres 4.00/5
    Par estrella_oscura, le 12 mai 2012

    estrella_oscura
    La première phrase annonce la couleur : "Voilà trente cinq ans que je travaille dans le vieux papier et c'est toute ma love story".
    Hanta, personnage principal et narrateur, nous plonge dans l'univers sale et collant du recyclage papier, où le travail se fait les mains nues dans le pilon, dans les vieux emballages sanguinolents des boucheries, les tâches d'encre, les pintes de bière, et les souris endormies. Mais Hanta aime passionnément ce travail parce que chaque jour, il découvre la beauté au milieu de toute cette brutalité : des livres lui apparaissent et il s'y laisse emporter. Il cite Hegel ou Nietzsche et discute avec Jésus et Lao Tseu. Dans chaque boule de papier compressé qu'il forme avec sa presse, il depose un de ces précieux livres, il les entoure de belles reproductions picturales ; il crée à sa manière une autre vie pour ces mots voués à la destruction.
    Jusqu'au jour où apparaît une toute nouvelle machine, gigantesque et rapide, qui impose un travail à la chaîne sans plus de souci des mots, de la découverte, ni de l'homme...
    Parlant de découverte, quel étonnement que ce tout petit livre de Bohumil Hrabal ! Dans une langue à la fois touchante, presque poétique et frappante, il tape le rythme de la machine et délivre un tragi-comique talentueux qui semble nous dire : "Attendez, n'allez pas si vite, réfléchissez". Hanta, ce personnage crasse et alcoolique, prend pourtant le temps et chérit encore l'être et la culture comme le coeur de toute chose - à l'image de ce livre qu'il place au centre des papiers recyclés. Mais la société moderne, avec un toujours plus généralisé, abrutit, asservit et retourne en arrière à force d'avancer sans considération. Les nouveaux ouvriers ne lisent plus les mots qu'ils vouent au néant, et les enfants ne connaissent plus le livre avec délectation. L'homme, lui-même, devient dispensable et tout un humanisme s'éteint avec Hanta.
    Un très beau texte sensible, parfois halluciné, mais terriblement éclairé qui prête à la réflexion, au rêve, à la différence (oserais-je dire à la résistance?). A découvrir de toute urgence !


    Lien : http://lapetitemarchandedeprose.hautetfort.com/archive/2012/04/28/un..
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    • Livres 5.00/5
    Par brouillard, le 21 février 2009

    brouillard
    Hanta est pressier depuis 35 ans. L'histoire se passe à Prague, en période de seconde guerre mondiale où des livres censués sont pilonnés. Hanta n'est pas très productif dans son travail car il sauve certains ouvrages ou à d'autres leur accordent une fin plus digne, en ornant les paquets avant que ceux-ci ne soient broyés par la machine. L'amour de Hanta pour les livres nous touche d'autant plus que l'écriture de Bohumil Hrabal est poétique, fluide et pénétrante. Ce sont les pensées du personnages qui fondent l'histoire, il est en marge du reste de la société justement à cause du regard, de l'attention qu'il porte sur ces livres.
    Ce livre, pour les amoureux de lecture, ne peut laisser indifférent.
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    • Livres 5.00/5
    Par EmmanuelleT, le 23 janvier 2012

    EmmanuelleT
    Un court texte, qui est le plus fort de Hrabal, qui est déjà très fort? Puissant et pourtant fantaisiste, rigoureux et pourtant laissant entrer le vent frais de l'imaginaire, c'est une ode à la lecture (sa force libératrice mais aussi sa puissance de mort?) et surtout à sa victoire sur la censure! Même à travers l'âme d'un seul homme, un homme des plus seuls, alors cela suffira…, me semble-t-il avoir lu. S'il faut emporter un livre dans la tombe, c'est celui-là…

    Lien : http://souslepommierleblogdelecritoire.wordpress.com/2011/09/01/une-..
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Citations et extraits

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  • Par Sesheta, le 10 août 2009

    En ce temps-là, pour compresser des livres, il aurait fallu presser des têtes humaines ; mais même cela n'aurait servi à rien, parce que les véritables pensées viennent de l'extérieur, elles sont là, posées près de vous comme une gamelle de nouilles, et tous les Konias, tous les inquisiteurs du monde brûlent vainement les livres : quand ces livres ont consigné quelque chose de valable, on entend encore leur rire silencieux au milieu des flammes, parce qu'un vrai livre renvoie toujours ailleurs, hors de lui-même.
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  • Par Sesheta, le 10 août 2009

    C'est ainsi que, pendant trente-cinq ans, je me suis branché au monde qui m'entoure : car moi, lorsque je lis, je ne lis pas vraiment, je ramasse du bec une belle phrase et la suce comme un bonbon, je la sirote comme un petit verre de liqueur jusqu'à ce que l'idée se dissolve en moi comme l'alcool ; elle s'infiltre si lentement qu'elle n'imbibe pas seulement mon cerveau et mon cœur, elle pulse cahin-caha jusqu'aux racines de mes veines, jusqu'aux radicelles des capillaires.
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  • Par Sesheta, le 10 août 2009

    Voilà trente-cinq ans que je presse des livres et du vieux papier, trente-cinq ans que, lentement, je m'encrasse de lettres, si bien que je ressemble aux encyclopédies dont pendant tout ce temps j'ai bien comprimé trois tonnes ; je suis une cruche pleine d'eau vive et d'eau morte, je n'ai qu'à me baisser un peu pour qu'un flot de belles pensées se mettes à couler de moi ; instruit malgré moi, je ne sais même pas distinguer les idées qui sont miennes de celles que j'ai lues.
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  • Par Sesheta, le 10 août 2009

    Voilà trente-cinq ans que j'emballe des livres et du vieux papier et je vis dans un pays qui sait lire et écrire depuis quinze générations ; j'habite un ancien royaume où c'est depuis toujours l'usage et la folie de s'entasser patiemment dans la tête images et pensées porteuses de joies inexprimables et de douleurs plus fortes encore, je vis au milieu de gens prêts à donner jusqu'à leur vie pour un paquet d'idées bien ficelées.
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  • Par Pasdel, le 31 octobre 2011

    (...)car moi,lorsque je lis,je ne lis pas vraiment ,je ramasse du bec une belle phrase et je la suce comme un bonbon,je la sirote comme un petit verre de liqueur jusqu'à ce que l'idée se dissolve en moi comme l'alcool;elle s'infiltre si lentement qu'elle n'imbibe pas seulement mon cerveau et mon coeur,elle pulse cahin-caha jusqu'aux racines de mes veines,jusqu'aux radielles des capillaires. (page 9)
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[Bohumil Hrabal : Une trop bruyante solitude]
A la Fondation Suisse de la Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT présente le livre du romancier tchèque Bohumil HRABAL : "Une trop bruyante solitude". Après en avoir lu les premières lignes, Olivier BARROT rappelle qui est Bohumil HRABAL, dans quelles conditions il a écrit et résume ce qu'il définit comme un conte philosophique.








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