" Je suis l'hôte des bois fidèles.... " aimait à dire Victor Hugo. Se sentant très proche de la nature, il aimait tout ce qui vit, qui bruit, qui naît, qui meurt. Il souhaitait que les enfants apprennent à aimer et à respecter la nature, les fleurs, les animaux, et à re... > voir plus
Au point du jour, souvent en sursaut, je me lève,
Éveillé par l'aurore, ou par la fin d'un rêve,
Ou par un doux oiseau qui chante, ou par le vent.
Et vite je me mets au travail, même avant
Les pauvres ouvriers qui près de moi demeurent.
La nuit s'en va. Parmi les étoiles qui meurent
Souvent ma rêverie errante fait un choix.
Je travaille debout, regardant à la fois
Éclore en moi l'idée et là-haut l'aube naître.
Je pose l'écritoire au bord de la fenêtre
Que voile et qu'assombrit, comme un antre de loups,
Une ample vigne vierge accrochée à cent clous,
Et j'écris au milieu des branches entrouvertes,
Essuyant par instants ma plume aux feuilles vertes.
Et Jeanne à Mariette a dit : - Je savais bien
Qu'en répondant : c'est moi, papa ne dirait rien.
Je n'ai pas peur de lui puisqu'il est mon grand-père.
Vois-tu, papa n'a pas le temps d'être en colère,
Il n'est jamais beaucoup fâché, parce qu'il faut
Qu'il regarde les fleurs, et quand il fait bien chaud
Il nous dit : N'allez pas au grand soleil nu-tête,
Et ne vous laissez pas piquer par une bête,
Courez, ne tirez pas le chien par son collier,
Prenez garde aux faux pas dans le grand escalier,
Et ne vous cognez pas contre les coins des marbres.
Jouez. Et puis après il s'en va dans les arbres.
Je me penche attendri sur les bois et les eaux,
Rêveur, grand-père aussi des fleurs et des oiseaux ;
J'ai la pitié sacrée et profonde des choses ;
J'empêche les enfants de maltraiter les roses ;
Je dis : N'effarez point la plante et l'animal ;
Riez sans faire peur, jouez sans faire mal.
À l'heure où je t'écris, je suis dans un village.
Le soleil brille ; octobre a jauni le feuillage ;
Je vois là-bas les toits d'un.charmant vieux château.
Force rouges pommiers couronnent le coteau,
Si chargés qu'on soutient par des fourches leurs branches.
Mon hôtesse est coiffée à la mode d'Avranches
D'un immense bonnet qui lui tombe aux talons.'
Dans la cuisine où luit le cuivre des poêlons
Bout un vaste chaudron tout rempli d'herbe verte,
Et, passant au grand trot devant ma porte ouverte,
Un petit paysan rit sur un grand cheval.