> Emmanuel Buron (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253136530
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1995)


Note moyenne : 3.72/5 (sur 92 notes) Ajouter à mes livres
" ... Un homme nommé Claude Gueux, pauvre ouvrier, vivait à Paris en 1831. Il avait avec lui une fille qui était sa maîtresse et un enfant de cette fille... Il était capable, fort habile, intelligent, fort mal traité par l' éducation, fort bien traité par la nature, ne... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 16 mai 2011

    argali
    Ce réquisitoire contre la peine de mort a été écrit par Victor Hugo après « Dernier jour d'un condamné ». Basé sur un fait divers réel, Victor Hugo retrace ici la vie de cet homme, malmené par la société, écarté de l'éducation, dont le seul tort aura été de voler pour assurer la subsistance de son enfant. Pour 3 jours de pain et de chauffage, il s'en suivra cinq années de réclusion. Affligeante réalité de la condition ouvrière du 19e siècle.
    Une honte pour nous qui vivons au 21e siècle. Impensable ! Quoique… N'a-t-on pas condamné un homme à six mois de prison pour avoir volé des gâteaux mal cuits jetés dans une poubelle ? En Belgique ! Il y a dix jours !
    Ce récit nous amène à réfléchir sur la responsabilité de Claude Gueux, sur celle de l'Etat, sur celle du directeur des ateliers. C'est l'histoire d'un homme mais c'est aussi une plaidoirie d'Hugo dans laquelle Claude Gueux devient prétexte pour asseoir ses arguments contre la peine de mort. La réflexion de l'auteur porte aussi sur les raisons qui poussent un homme à devenir coupable d'un meurtre. Rédigé dans un style vif, des phrases courtes, ce roman se lit aisément, si ce n'est quelques difficultés de vocabulaire. Très riche sur le point de l'analyse, il permet également d'introduire l'argumentation et de lancer la réflexion sur la peine de mort ou de confronter le fait divers au récit qu'Hugo en fait.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Ellcrys, le 22 avril 2010

    Ellcrys
    Après avoir lu, il y a quelques temps Le dernier jour d'un condamné, j'ai naturellement eu envie cette "nouvelle" du grand Victor Hugo. Claude Gueux est une histoire tirer d'un vrai fait divers. Et Victor Hugo l'a prise pour illustrer son message, un message important et essentiel : l'abolition de la peine de mort.
    Claude Gueux est un ouvrier français comme bon nombre d'homme en France à cette époque. Bien qu'il ne sache pas lire, c'est un homme intelligent, "sachant penser". Il a une "femme", une petite fille et Claude, par un hiver froid, n'a pas d'autres solutions que de voler (quoi, où, nous n'en savons rien et ce n'est pas cela l'important) pour nourrir sa famille et réchauffer la pièce qui leurs sert de logis. Pour ce vol, Claude Gueux sera condamné à cinq ans de prison. Mais voilà, quatre ans de prison peuvent anéantir un homme. Il a tout perdu : sa femme, sa fille, son ami, et le pauvre Claude finira par commettre l'irréparable et sera ainsi condamné à mort.
    Comme toujours, je reste admirative devant la puissance du récit de Victor Hugo. En moins d'une centaine de page, il arrive à questionner, à remettre en question une société, à pointer du doigt des dérives, des problèmes... Victor Hugo est un écrivain au talent époustanflant (bon c'est vrai, je me répète, mais je peux faire autrement). J'ai tout de suite été attendrit par Claude Gueux et révolté par les conditions dans la prison, les conditions de l'emprisonnement de ce pauvre Claude. Victor Hugo dénonçait les injustices et les problèmes de son époque, mais au regard de ce récit, je me rends compte qu'entre hier et aujourd'hui, rien n'a changé. Les mêmes problèmes demeurent : la misère du peuple, les conditions horribles et inhumaines dans les prisons, le gouvernement qui semble se moquer de ces faits et qui préfère s'occuper d'autres problèmes moins urgents... Pourtant, Victor Hugo propose des solutions, l'éducation par exemple.
    Ce texte d' Hugo, à l'origine paru dans La Revue de Paris, a été publié en 500 expemplaires en 1834, grâce à un négociant, Charles Carlier, afin de les envoyer aux députés de France. Mais en voyant les suites dans l'Histoire de France, je me dis que ces mêmes députés, comme les gouvernements suivant, n'en n'ont pas pris compte, car n'oublions que la peine de mort fut abolie en France en 1981, bien après l'Italie (1860), la Roumanie (1864), le Portugal (1866), la Norvège (1905), l'Autriche (1919),l'Allemagne en 1949 ou l'Angleterre en 1970.
    Claude Gueux est un texte fort, un plaidoyer contre la peine de mort, servi par une plume magnifique et brillante. Un petit livre classique essentiel.
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    • Livres 4.00/5
    Par Avalon, le 19 octobre 2009

    Avalon
    Dans le résumé, les éditions Pocket compare le personnage de Claude Gueux à celui de Jean Valjean, n'ayant pas lu Les misérables. Je ne saurais dire si les deux personnages se ressemblent. Cependant, j'ai trouvé que cet ouvrage ressemble à une autre oeuvre de Victor Hugo que j'ai lu en Seconde, Le dernier jour d'un condamné que j'avais beaucoup apprécié. En effet, le thème abordé est singulièrement le même. Victor Hugo est très engagé contre la peine de mort. De plus, j'ai trouvé que le personnage de Claude Gueux était attachant. Je pouvais même comprendre ce qui l'a poussé au vol, peut-être moins au meurtre. C'est un livre qu'il faut avoir lu au moins une fois dans sa vie.
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    • Livres 5.00/5
    Par patachinha, le 17 juillet 2008

    patachinha
    Réquisitoire d' Hugo contre la peine de mort, dénonciation de la misère humaine en ce long XIXème siècle, dénonciation des abus et de l' absurdité humaine, marques de la foi chrétienne...
    Hugo plonge le lecteur dans une histoire basée sur des faits réels apparus dans les colonnes faits-divers d' un journal de son époque qui l'inspira fortement dans la trame de son histoire.
    Comme je le disais au début à mette en parallèle avec Le dernier jour d'un condamné
    Je vous retrancrit ici ce que j'avais écrit sur le derrière de la première page de couverture :
    " 09/07/07
    Livre lu assise sur un banc, dans un parc à Lille, contemplant de véritabLes misérables de la vie humaine".
    .......................

    Plus de détails dans cet article :
    http://songes-litteraires.over-blog.com/article-19854433.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Coffee-Book, le 01 février 2012

    Coffee-Book
    Un très bon apologue, qui nous donne une bonne morale dans les 10 dernières pages, après l'histoire de Claude Gueux. Hugo nous dévoile une société sombre, qui semble ne pas voir la monstruosité que seul l'auteur saisit en pointant du doigt les juges notemment. Vraiment un livre enrichissant !
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Citations et extraits

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  • Par MarcBibliotheca, le 20 février 2010

    Dans le dépôt où Claude Gueux était enfermé, il y avait un directeur des ateliers, espèce de fonctionnaire propre aux prisons, qui tient tout ensemble du guichetier et du marchand, qui fait en même temps une commande à l’ouvrier et une menace au prisonnier, qui vous met l’outil aux mains et les fers aux pieds. Celui-là était lui-même une variété de l’espèce, un homme bref, tyrannique, obéissant à ses idées, toujours à courte bride sur son autorité ; d’ailleurs, dans l’occasion, bon compagnon, bon prince, jovial même et raillant avec grâce ; dur plutôt que ferme ; ne raisonnant avec personne, pas même avec lui ; bon père, bon mari sans doute, ce qui est devoir et non vertu ; en un mot, pas méchant, mauvais. C’était un de ces hommes qui n’ont rien de vibrant ni d’élastique, qui sont composés de molécules inertes, qui ne résonnent au choc d’aucune idée, au contact d’aucun sentiment, qui ont des colères glacées, des haines mornes, des emportements sans émotion, qui prennent feu sans s’échauffer, dont la capacité de calorique est nulle, et qu’on dirait souvent faits de bois ; ils flambent par un bout et sont froids par l’autre. La ligne principale, la ligne diagonale du caractère de cet homme, c’était la ténacité. Il était fier d’être tenace, et se comparait à Napoléon. Ceci n’est qu’une illusion d’optique. Il y a nombre de gens qui en sont dupes et qui, à certaine distance, prennent la ténacité pour de la volonté, et une chandelle pour une étoile. Quand cet homme donc avait une fois ajusté ce qu’il appelait sa volonté à une chose absurde, il allait tête haute et à travers toute broussaille jusqu’au bout de la chose absurde. L’entêtement sans l’intelligence, c’est la sottise soudée au bout de la bêtise et lui servant de rallonge. Cela va loin. En général, quand une catastrophe privée ou publique s’est écroulée sur nous, si nous examinons, d’après les décombres qui en gisent à terre, de quelle façon elle s’est échafaudée, nous trouvons presque toujours qu’elle a été aveuglément construite par un homme médiocre et obstiné qui avait foi en lui et qui s’admirait. Il y a par le monde beaucoup de ces petites fatalités têtues qui se croient des providences.

    Voilà donc ce que c’était que le directeur des ateliers de la prison centrale de Clairvaux. Voilà de quoi était fait le briquet avec lequel la société frappait chaque jour sur les prisonniers pour en tirer des étincelles.
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  • Par FranckDuflot, le 05 septembre 2011

    Au bout de quelques mois, Claude s’acclimata à l’air de la prison et parut ne plus songer à rien. Une certaine sérénité sévère, propre à son caractère, avait repris le dessus.
    Au bout du même espace de temps à peu près, Claude avait acquis un ascendant singulier sur tous ses compagnons. Comme par une sorte de convention tacite, et sans que personne sût pourquoi, pas même lui, tous ces hommes le consultaient, l’écoutaient, l’admiraient et l’imitaient, ce qui est le dernier degré ascendant de l’admiration. Ce n’était pas une médiocre gloire d’être obéi par toutes ces natures désobéissantes. Cet empire lui était venu sans qu’il y songeât. Cela tenait au regard qu’il avait dans les yeux. L’œil de l’homme est une fenêtre par laquelle on voit les pensées qui vont et viennent dans sa tête.
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  • Par Ellcrys, le 22 avril 2010

    Messieurs des centres, messieurs des extrémités, le gros du peuple souffre ! Que vous l'appeliez république ou que vous l'appeliez monarchie, le peuple souffre. Ceci est un fait. Le peuple a faim, le peuple a froid. La misère le pousse au crime ou au vice, selon le sexe. Ayez pitié du peuple, à qui le bagne prend ses fils, et le lupanar ses filles. Vous avez trop de forçats, vous avez trop de prostituées. Que prouvent ces deux ulcères ! Que le corps social a un vice dans le sang. Vous voilà réunis en consultation au chevet du malade ; occupez-vous de la maladie
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  • Par MarcBibliotheca, le 20 février 2010

    Allez dans les bagnes. Appelez autour de vous toute la chiourme. Examinez un à un tous ces damnés de la loi humaine. Calculez l’inclinaison de tous ces profils, tâtez tous ces crânes. Chacun de ces hommes tombés a au-dessous de lui son type bestial ; il semble que chacun d’eux soit le point d’intersection de telle ou telle espèce animale avec l’humanité. Voici le loup-cervier, voici le chat, voici le singe, voici le vautour, voici la hyène. Or, de ces pauvres têtes mal conformées, le premier tort est à la nature sans doute, le second à l’éducation.
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  • Par MarcBibliotheca, le 20 février 2010

    Il y a sept ou huit ans, un homme nommé Claude Gueux, pauvre ouvrier, vivait à Paris. Il avait avec lui une fille qui était sa maîtresse, et un enfant de cette fille. Je dis les choses comme elles sont, laissant le lecteur ramasser les moralités à mesure que les faits les sèment sur leur chemin. L’ouvrier était capable, habile, intelligent, fort maltraité par l’éducation, fort bien traité par la nature, ne sachant pas lire et sachant penser. Un hiver, l’ouvrage manqua. Pas de feu ni de pain dans le galetas. L’homme, la fille et l’enfant eurent froid et faim. L’homme vola. Je ne sais ce qu’il vola, je ne sais où il vola. Ce que je sais, c’est que de ce vol il résulta trois jours de pain et de feu pour la femme et pour l’enfant, et cinq ans de prison pour l’homme.
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VICTOR HUGO, la révolte d'un géant - Jean- Côme Nogues .
Après Molière dans L'homme qui a séduit le soleil, Jean-Côme Noguès raconte Victor Hugo.Valentin a des rêves plein la tête... Son voeu le plus cher est de devenir poète, comme Victor Hugo. Il quitte donc sa province natale et s'installe à Paris chez un cousin. Mais rencontrer le géant des Lettres n'est pas chose facile. Alors Valentin le cherche partout : au théâtre, dans les rues, place Royale, où il demeure. Sans succès. Jusqu'au jour où l'Histoire lui donne un coup de pouce : une révolte éclate sous les fenêtres de son héros...








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