> Jean Gaudon (Éditeur scientifique)
> Evelyn Blewer (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070322548
Éditeur : Gallimard (1984)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
'La fin de Satan' est un long poème philosophique teinté d'expérience mystique. Celui qui faisait tourner les tables jusqu'à l'aube réinvente l'apocalypse avec une créativité et une érudition sans égales. Inutile d'être croyant pour aborder cette impressionnante mise en... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 20 juin 2010

    Satan dans la nuit - II

    L'enfer, c'est l'absence éternelle.
    C'est d'aimer. C'est de dire : Hélas ! où donc est-elle
    Ma lumière ? Où donc est ma vie et ma clarté ?
    Elle livre aux regards éperdus sa beauté ;
    Elle sourit là-haut à d'autres ; d'autres baisent
    Ses yeux, et dans son sein s'enivrent et s'apaisent ;
    D'autres l'ont. Désespoir !

    Oh ! quand je fus jeté
    Du haut de la splendeur dans cette cécité,
    Après l'écroulement de l'ombre sur ma tête,
    Après la chute, nu, précipité du faîte
    A jamais, à la tombe inexorable uni,
    Quand je me trouvai seul au bas de l'infini,
    J'eus un moment si noir que je me mis à rire ;
    La vaste obscurité m'emplit de son délire ;
    Je sentis dans mon coeur, où mourait Dieu détruit,
    La plénitude étrange et fauve de la nuit,
    Et je criai, joyeux, triomphant, implacable :

    " Guerre à ces firmaments dont la lumière accable !
    Guerre à ce ciel où Dieu met tant de faux attraits !
    Il a cru m'en chasser, c'est moi qui m'y soustrais.
    Il me croit prisonnier, je suis libre. Je plane.
    Et le démon, c'est l'aigle, et le monde, c'est l'âne.
    Et je ris. Je suis fier et content. J'ai quitté
    Les anges vains, abjects, vils, et toi, la clarté
    Qui les corromps, et toi, l'amour, qui les subornes !
    Quel bonheur que la haine alors qu'elle est sans bornes !
    Ce Dieu, ce coeur de Tout, ce père lumineux
    Que l'ange, l'astre, l'homme, et la bête, ont en eux,
    Ce centre autour duquel le troupeau se resserre,
    Cet être, seul vivant, seul vrai, seul nécessaire,
    Je vais m'en passer, moi le colosse puni !
    C'est bien. Comme je vais maudire ce béni,
    Et faire contre lui, tandis qu'Adam l'encense,
    De la révolte avec mon ancienne puissance
    Et de la flamme avec les rayons que j'avais !
    Comme je vais rugir sur lui ! Comme je vais,
    Moi, l'affreux, face à face avec lui le suprême,
    Le haïr, l'exécrer et l'abhorrer ! "

    Je l'aime ! -

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  • Par Orphea, le 18 juin 2010

    Le soleil était là qui mourait dans l'abîme.

    L'astre, au fond du brouillard, sans air qui le ranime,
    Se refroidissait, morne et lentement détruit.
    On voyait sa rondeur sinistre dans la nuit ;
    Et l'on voyait décroître, en ce silence sombre,
    Ses ulcères de feu sous une lèpre d'ombre.
    Charbon d'un monde éteint ! flambeau soufflé par Dieu !
    Ses crevasses montraient encore un peu de feu.
    Comme si par les trous du crâne on eût vu l'âme.
    Au centre palpitait et rampait une flamme
    Qui par instants léchait les bords extérieurs,
    Et de chaque cratère il sortait des lueurs
    Qui frissonnaient ainsi que de flamboyants glaives,
    Et s'évanouissaient sans bruit comme des rêves.
    L'astre était presque noir. L'archange était si las
    Qu'il n'avait plus de voix et plus de souffle, hélas !
    Et l'astre agonisait sous ses regards farouches.
    Il mourait, il luttait. Avec ses sombres bouches
    Dans l'obscurité froide il lançait par moments
    Des flots ardents, des blocs rougis, des monts fumants,
    Des rocs tout écumants de sa clarté première ;
    Comme si ce géant de vie et de lumière,
    Englouti par la brume où tout s'évanouit,
    N'eût pas voulu mourir sans insulter la nuit
    Et sans cracher sa lave à la face de l'ombre.
    Autour de lui le temps et l'espace et le nombre
    Et la forme et le bruit expiraient, en créant
    L'unité formidable et noire du néant.
    Le spectre Rien levait sa tête hors du gouffre.

    Soudain, du cœur de l'astre, un âpre jet de soufre,
    Pareil à la clameur du mourant éperdu,
    Sortit, brusque, éclatant, splendide, inattendu,
    Et, découpant au loin mille formes funèbres,
    Énorme, illumina, jusqu'au fond des ténèbres,
    Les porches monstrueux de l'infini profond.
    Les angles que la nuit et l'immensité font
    Apparurent. Satan, égaré, sans haleine,
    La prunelle éblouie et de cet éclat pleine,
    Battit de l'aile, ouvrit les mains, puis tressaillit
    Et cria : - Désespoir ! le voilà qui pâlit ! -

    Et l'archange comprit, pareil au mât qui sombre,
    Qu'il était le noyé du déluge de l'ombre ;
    Il reploya son aile aux ongles de granit
    Et se tordit les bras. - Et l'astre s'éteignit.
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  • Par siegotto, le 11 janvier 2011

    Les trois femmes en deuil dans la tombe entreront,
    Marchant l'une après l'autre, humbles, courbant le front
    A cause du lieu bas et de l'entrée étroite,
    Et verront un jeune homme assis dans l'angle à droite
    Qui leur dira, serein comme un soleil levant:
    "Pourquoi donc chez les morts cherchez-vous le vivant?"
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  • Par siegotto, le 11 janvier 2011

    Les morts laissent ainsi quelquefois derrière eux
    Quelque chose d'eux-mêmes au seuil de la nuit triste,
    Sorte de lueur vague et sombre, qui persiste.
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  • Par hbpo, le 17 août 2010

    Depuis quatre mille ans il tombait dans l'abîme.

    Il n'avait pas encor pu saisir une cime,
    Ni lever une fois son front démesuré.
    Il s'enfonçait dans l'ombre et la brume, effaré,
    Seul, et derrière lui, dans les nuits éternelles,
    Tombaient plus lentement les plumes de ses ailes.
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VICTOR HUGO, la révolte d'un géant - Jean- Côme Nogues .
Après Molière dans L'homme qui a séduit le soleil, Jean-Côme Noguès raconte Victor Hugo.Valentin a des rêves plein la tête... Son voeu le plus cher est de devenir poète, comme Victor Hugo. Il quitte donc sa province natale et s'installe à Paris chez un cousin. Mais rencontrer le géant des Lettres n'est pas chose facile. Alors Valentin le cherche partout : au théâtre, dans les rues, place Royale, où il demeure. Sans succès. Jusqu'au jour où l'Histoire lui donne un coup de pouce : une révolte éclate sous les fenêtres de son héros...








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