ISBN : 2290334758
Éditeur : J'ai Lu (2003)


Note moyenne : 3.99/5 (sur 384 notes) Ajouter à mes livres
Maîtriser les connaissances et les outils nécessaires à l'étude d'une œuvre intégrale, voilà l'objectif de cette collection. L'élève doit avoir une vision synthétique de l'œuvre : connaître sa genèse ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 13 septembre 2011

    lehane-fan
    Il n'a ni nom , ni crime défini mais dans six semaines , il sera guillotiné .
    Hugo fut souvent le témoin d'éxécutions capitales . Toute sa vie , il combattit ardemment la peine de mort . Il écrivit ce court mais intense récit à l'age de 27 ans . Sa parution en 1829 souleva un véritable tollé . Cependant , nombreux furent les pays abolitionnistes ( Colombie , Portugal... ) a lui rendre un hommage vibrant pour leur avoir ouvert la voie . La graine est desormais semée et nombreux seront les porte drapeau de renom ! En effet , Jaures , Dostoievski , Camus , Robert Badinter ( qui réussira à en obtenir L'abolition en 1981 , il ya juste 30 ans ! 30 ans seulement ! ) s'y opposeront farouchement , parfois avec succes...
    Le dernier jour d'un condamné est d'une force rare ! L'empathie et l'identification que suscite un tel monologue ne peut laisser insensible . L'on partage les états d'ame d'un condamné sans avenir ; le questionnement d'un sursitaire en proie à la terreur face au chatiment qui lui est réservé loin de ceux qu'il aime et qu'il ne chérira plus ; la torture psychologique engendrée par un compte à rebours désormais inéluctable égrénant les jours , les heures , les minutes beaucoup trop rapidement à son gout . Ah , pouvoir arreter le temps... Et cette question qui ne cesse de le tarauder , quid de la souffrance ?
    Le condamné égrenera une palette de sentiments . de l'acceptation a la panique la plus complete en passant par le fol mais vain espoir d'une grace royale . Si Hugo condamne de telles pratiques , il jette également l'opprobe sur tout un peuple qui vient assister à cela comme l'on vient au spectacle . Indécence terrifiante de l'humain qui vient se réjouir de la mort de l'un des siens .
    Un theme fort traité magistralement !
    Pour peu que vous soyez curieux de ce que l'on peut ressentir dans une telle situation , Le dernier jour d'un condamné devrait pleinement répondre à vos attentes ! Pour peu que celles-ci n'excedent pas six semaines...
    Chiffres Amnesty International 2010 :
    - 23 pays ont procédé à des éxécutions .
    - 17833 personnes etaient sous le coup d'une peine capitale .
    - Méthodes utilisées : décapitation , électrocution , pendaison , injection létale , fusillade .
    - Officiellement , de 714 en 2009 , l'on serait passé à 527 en 2010 .
    Officieusement , la Chine aurait éxécuté des milliers de prisonniers en 2010 mais garde le secret absolu sur son application de la peine de mort . le 25 Fevrier 2011 , elle aurait voté un amendement au code pénal qui retire 13 crimes passibles de la peine capitale . Desormais , 55 crimes sont passibles de la peine de mort au lieu de 68...Cynisme quand tu me tiens...
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 25 juin 2010

    vincentf
    Il est des livres que l'on relit avec le même frisson qu'à la première lecture. Celui-là en est l'emblème. Hugo saisit l'horreur de la peine de mort et l'envoie à la gueule du monde. Il dit : le condamné, c'est moi. Moi, c'est le lecteur. L'identification fonctionne à plein régime. Lire Le dernier jour d'un condamné, c'est devenir, quelques heures durant, soi-même un condamné à mort, c'est ressentir avec le personnage principal (ce sans nom, dont on sait juste qu'il a commis un crime, qu'il a de l'éducation et qu'il est jeune) les angoisses les plus ignobles, les espoirs les plus vains, les délires les plus ridicules. C'est osciller sans cesse entre la fatalité, toujours là, ce "condamné à mort" qui ouvre et clôt le premier chapitre, ce "c'est pour aujourd'hui" qui emprisonne le chapitre dix-neuf, et la nécessité d'y échapper, peut-être par l'écriture, cette invraisemblable écriture qui perdure jusqu'au pied de l'échafaud, jusqu'au bord de cet infini de la mort qui, plus encore que le soleil, ne peut se regarder de face. Victor Hugo écrit ici son premier chef-d'oeuvre, ce roman qui est peut-être le premier roman moderne, la première auto-fiction, l'avènement de l'écriture qui dit je. On y sent poindre les deux autres sommets de ce géant des lettres, Les misérables, avec l'apparition prophétique d'un Jean Valjean non pardonné, et Les Contemplations, avec la petite fille qui perd son père (Hugo renversera la situation, tout se renverse toujours chez Hugo), avec l'ellipse de l'histoire de la vie du condamné, qui deviendra l'ellipse de la mort de Léopoldine. Tout Victor Hugo est présent, certes, mais peu importe. Ce qui compte, c'est l'effet du livre. Comment peut-on, après avoir lu Le dernier jour d'un condamné, ne pas vomir la peine de mort ?
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par feebourbonnaise, le 23 juillet 2008

    feebourbonnaise
    L'auteur nous décrit le quotidien d'un condamné à mort. Ses dernières heures en tant qu'homme. Les actes sont décrits avec précision. le récit est sombre. On peut lire toute la peur et les doutes du condamné mais aussi ses espoirs les plus perdus. On ne perçoit pas toujours la violence dans l'action mais plus dans les sentiments, les sensations, les impressions. J'ai trouvé le récit troublant. De part le style d'écriture. le "je" et l'utilisation du présent en font une sorte de monologue intérieur. Je me suis presque sentie mal à l'aise de lire ce livre. Je suppose que c'est ce que l'on ressent lorsque l'on lit un journal intime qui ne nous appartient pas. J'avais le sentiment de jouer au "voyeur". J'ai aussi été déstabilisée par les non-dits. A aucun moment on ne sait qui est le condamné ni quel a été son crime. Il aurait pu s'agir de n'importe quel condamné. Cela rend le récit plus fort et plus poignant. Il n'y a pas eu qu'un personnage à le vivre "ce dernier jour", ils ont été des milliers. L'auteur a cherché à nous faire prendre conscience des horreurs et des humiliations vécues par ces hommes, c'est un véritable plaidoyer pour l'abolition de la peine de mort. C'est un beau classique. Court et facile à lire.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par facteur84, le 29 novembre 2009

    facteur84
    Une lecture courte mais qui nous dévore.
    L'illustre Victor Hugo, homme de convictions, nous démontre par ce livre l'un des plus absurdes état de fait de son temps : la peine de mort. Il nous décrit les derniers moments d'un condamné quelqu'onque presque sans trace de son histoire passé, pour nous éviter ainsi de juger, car ce n'est pas cela qui est important. L'auteur était avant-gardiste, car de son temps je suis sur que personne, ou très peu, ne voyait l'utilité de remettre en cause cet acte qui était dans l'ordre des choses et indiscutable. Personne ne se souciait de savoir si l'homme avait le droit de tuer ses pairs. Personne ne se souciait de savoir ce que ressentait une personne au pied du mur (de la corde ou de la guillotine o du bourreau) dans ses derniers moments.
    L'homme en général se force et se borne à enfouir, dans ses moments comme celui-là, sa culpabilité et sa honte. Il rejette sur le condamné toute la haine qu'il a enfoui et se dit : "il l'a bien cherché". Seulement on oublie que l'inconscient collectif et le refus d'agir nous force à devenir des meurtriers, ce que précisément les lois de la nature nous interdisent et qui est forcément évident. V. Hugo nous montre aussi les abus et les déboires de cet acte. Comment ne pas penser aux innocents tués pour rien et aux coupables libres à cause d'un jugement mal apprécié ou une mascarade de jugement ou au manque de recul d'une situation face aux évènements de l'histoire dans lesquels les gens ont vécu sans trop de discernement. Comment ne pas penser non plus au présent ; à certains états des USA, à certains pays avec un gros passé de dictateur ou encore sous le joug du communisme, qui légalisent encore haut et fort l'utilité de la peine de mort. Comment ne pas penser non plus qu'il y a encore une vingtaine années cet acte était toujours légal en France. Et comment ne pas penser à ce stéréotype des films américains qui montrent des personnes hauts placés qui assistent à cet acte sans l'ombre d'un sentiment, d'un remord, d'un doute ou d'une indignation même si le condamné est véritablement coupable.
    C'est de tout cela que l'auteur à voulut nous faire prendre conscience. Il a voulu nous relater l'une des nombreuses bassesses humaines qui ont survécu jusqu'à son époque, et espéré que l'homme évolue socialement.
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    • Livres 5.00/5
    Par 100choses, le 17 décembre 2010

    100choses
    Cela fait plusieurs années que je souhaitais lire ce livre sans jamais en trouver le courage. Et puis je m'étais finalement inscrite à une lecture commune il ya quelques mois, histoire de me pousser à ouvrir ce court ouvrage. Je n'ai finalement pas participé à cette lecture commune ayant déserté la blogosphère et même la lecture à ce moment là. Et puis, je ne sais pas bien ce qui m'a pris, mais aujourd'hui j'ai eu envie de franchir enfin le cap et de lire ce roman.
    Au final, une lecture bouleversante comme je m'y attendais, plus que je ne m'y attendais même. Je crois qu'on ne peut pas ressortir indemne de cette lecture.
    Malgré le sujet terrible j'ai vraiment aimé cet ouvrage et j'en garderai longtemps le souvenir.
    Je crois que toute la force de cette œuvre réside dans l'opposition entre l'aspect terrible de ce qui est raconté et la beauté de la plume de Victor Hugo. Cela peut sembler bizarre mais j'ai éprouvé du plaisir à retrouver ce style, cette langue que j'aime tant, si travaillée, si belle, si poétique et en même temps si naturelle, ne « sonnant jamais faux » ; j'étais littéralement portée par les mots.
    Le narrateur est très intéressant et touchant. Il est coupable et le reconnait sans jamais d'apitoyer sur son sort. Au contraire il faut preuve d'une sorte de cynisme donnant encore plus de poids à sa situation et à ses paroles. On ne sait pas précisément de quoi il est coupable ; on apprend seulement à demi-mots qu'il a tué quelqu'un, mais on ne sait ni qui, ni comment ni pourquoi. Et c'est essentiel je crois, ainsi le lecteur n'est pas amené à le juger, et puis ce condamné anonyme représente Tous ceux morts avant lui et après lui. le lecteur n'étant pas face à un personnage trop précis, unique, particulier peut se focaliser sur le sujet de l'œuvre.
    J'ai aimé suivre le cheminement de sa pensée, il passe sans lien logique d'un sujet à l'autre, nous décrivant tour à tour, ce qu'il vit au moment de l'écriture, ses souvenirs du procès, les souvenirs plus anciens de sa vie « avant », ses espoirs, ses faiblesses. On le voit évoluer au cours de ces six semaines et plus particulièrement au cours de la dernière journée qui occupe à elle toute seule la moitié de l'ouvrage, ses pensées, ses désirs changent au fil du temps qui passe et qui le rapproche de la terrible échéance. le tout est présenté sous forme de courts paragraphes simplement numérotés et malgré l'absence de lien logique tout s'enchaine très bien et l'on n'est jamais dérouté.
    Sans vouloir trop en dire pour ceux qui ne l'auraient pas encore lu, les passages où il est question de sa fille m'ont bouleversée.
    De même pour les dernières pages, on sait avant même d'ouvrir le livre comment tout cela doit se terminer, et pourtant on ne peut se résoudre à accepter cette fin, malgré moi, j'avais envie d'espérer, parce qu'en moins de cent pages, je me suis profondément attachée à ce personnage. J'aurais presque souhaité une lecture plus longue, pour accorder un peu de sursis, quelques heures, quelques jours encore au narrateur.
    Pour réellement sentir toute la puissance de ce récit, je crois qu'il faut le lire d'une traite, ce qui est tout à fait possible étant donnée sa brièveté.
    Outre l'engagement fort contre la peine de mort c'est tout le système carcéral qui est ici remis en cause, car au-delà de l'exécution en elle-même ce sont les conditions de détention des prisonniers et des bagnards qui sont dénoncées par Victor Hugo, cette déshumanisation physique et morale surtout que l'ont fait subir aux prisonniers bien avant leur mort et que partage avec nous le narrateur. Et finalement, sans vouloir jouer à la lectrice engagée, le plus effrayant dans cette histoire c'est que bien peu de choses semblent avoir changé en France, la peine de mort est abolie depuis moins de 30 ans, et les conditions de détentions sont toujours aussi peu reluisantes.
    Pour ma part, je suis encore un peu plus conquise (si, c'est possible !) par Victor Hugo, et je pense relire cette oeuvre, mais dans Tous les cas c'est un ouvrage à connaitre je pense, au même titre que J'accuse d'Emile Zola.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2010/05/07/hugo-victor-le-dern..
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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 13 octobre 2009

    Ils disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette façon est bien simplifiée. Eh! qu'est-ce donc que cette agonie de six semaines et ce râle de tout un jour? Qu'est-ce que les angoisses de cette journée irréparable, qui s'écoule si lentement et si vite? Qu'est-ce que cette échelle de torture qui aboutit à l'échafaud?
    Apparemment ce n'est pas là souffrir. p.77
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  • Par lehane-fan, le 12 septembre 2011

    Et puis , on ne souffre pas , en sont-ils surs ? Qui le leur a dit ? Conte-t-on que jamais une tete coupée se soit dréssée sanglante au bord du panier , et qu'elle ait crié au peuple : Cela ne fait pas mal !
    Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé . Tenez-vous-en là . La mécanique est bonne .
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  • Par thejoz, le 27 juillet 2008

    Monsieur ! Il y a bientôt un an qu'elle ne m'a vu, la pauvre enfant. Elle m'a oublié, visage, parole, accent; et puis, qui me reconnaîtrait avec cette barbe, ces habits et cette pâleur? Quoi ! Déjà effacé de cette mémoire, la seule où j'eusse voulu vivre! Quoi ! Déjà plus père! Être condamné à ne plus entendre ce mot, ce mot de la langue des enfants, si doux qu'il ne peut rester dans celle des homme: papa !
    Et pourtant l'entendre de cette bouche, encore une fois, une seule fois, voilà tout ce que j'eusse demandé pour les quarante ans de vie qu'on me prend.
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  • Par skyso, le 04 juin 2010

    Aussi ne connaîtrait-il pas de but plus élevé, plus saint, plus auguste, que celui-là : concourir à l'abolition de la peine de mort.
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  • Par skyso, le 04 juin 2010

    L'infâme machine [la guillotine] partira de France, nous y comptons, et, s'il plaît à Dieu, elle partira en boitant, car nous tâcherons de lui porter de rudes coups.
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Vidéo de Victor Hugo

VICTOR HUGO, la révolte d'un géant - Jean- Côme Nogues .
Après Molière dans L'homme qui a séduit le soleil, Jean-Côme Noguès raconte Victor Hugo.Valentin a des rêves plein la tête... Son voeu le plus cher est de devenir poète, comme Victor Hugo. Il quitte donc sa province natale et s'installe à Paris chez un cousin. Mais rencontrer le géant des Lettres n'est pas chose facile. Alors Valentin le cherche partout : au théâtre, dans les rues, place Royale, où il demeure. Sans succès. Jusqu'au jour où l'Histoire lui donne un coup de pouce : une révolte éclate sous les fenêtres de son héros...








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