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ISBN : 2290334758
Éditeur : J'ai Lu (2003)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.98/5 (sur 1949 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Maîtriser les connaissances et les outils nécessaires à l'étude d'une œuvre intégrale, voilà l'objectif de cette collection. L'élève doit avoir une vision synthétique de l'œuvre: connaître sa genèse et sa structure, appréhender les personnages à travers leur portrait, l... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 13 septembre 2011

    lehane-fan
    Il n'a ni nom , ni crime défini mais dans six semaines , il sera guillotiné .
    Hugo fut souvent le témoin d'éxécutions capitales . Toute sa vie , il combattit ardemment la peine de mort . Il écrivit ce court mais intense récit à l'age de 27 ans . Sa parution en 1829 souleva un véritable tollé . Cependant , nombreux furent les pays abolitionnistes ( Colombie , Portugal... ) a lui rendre un hommage vibrant pour leur avoir ouvert la voie . La graine est desormais semée et nombreux seront les porte drapeau de renom ! En effet , Jaures , Dostoievski , Camus , Robert Badinter ( qui réussira à en obtenir l'abolition en 1981 , il ya juste 30 ans ! 30 ans seulement ! ) s'y opposeront farouchement , parfois avec succes...
    Le dernier jour d'un condamné est d'une force rare ! L'empathie et l'identification que suscite un tel monologue ne peut laisser insensible . L'on partage les états d'ame d'un condamné sans avenir ; le questionnement d'un sursitaire en proie à la terreur face au chatiment qui lui est réservé loin de ceux qu'il aime et qu'il ne chérira plus ; la torture psychologique engendrée par un compte à rebours désormais inéluctable égrénant les jours , les heures , les minutes beaucoup trop rapidement à son gout . Ah , pouvoir arreter le temps... Et cette question qui ne cesse de le tarauder , quid de la souffrance ?
    Le condamné égrenera une palette de sentiments . de l'acceptation a la panique la plus complete en passant par le fol mais vain espoir d'une grace royale . Si Hugo condamne de telles pratiques , il jette également l'opprobe sur tout un peuple qui vient assister à cela comme l'on vient au spectacle . Indécence terrifiante de l'humain qui vient se réjouir de la mort de l'un des siens .
    Un theme fort traité magistralement !
    Pour peu que vous soyez curieux de ce que l'on peut ressentir dans une telle situation , le Dernier Jour d'un Condamné devrait pleinement répondre à vos attentes ! Pour peu que celles-ci n'excedent pas six semaines...
    Chiffres Amnesty International 2010 :
    - 23 pays ont procédé à des éxécutions .
    - 17833 personnes etaient sous le coup d'une peine capitale .
    - Méthodes utilisées : décapitation , électrocution , pendaison , injection létale , fusillade .
    - Officiellement , de 714 en 2009 , l'on serait passé à 527 en 2010 .
    Officieusement , la Chine aurait éxécuté des milliers de prisonniers en 2010 mais garde le secret absolu sur son application de la peine de mort . le 25 Fevrier 2011 , elle aurait voté un amendement au code pénal qui retire 13 crimes passibles de la peine capitale . Desormais , 55 crimes sont passibles de la peine de mort au lieu de 68...Cynisme quand tu me tiens...
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    • Livres 5.00/5
    Par jadzia, le 07 février 2013

    jadzia
    Je ne connaissais de Victor Hugo que les poèmes des Contemplations, c'est donc la première fois que je me penche sur un de ses textes, et quel texte !!!!
    Hugo vous prends par la main dès les premières lignes pour accompagner un condamné vers la guillotine ; pendant les six dernières semaines de sa vie, tantôt longues, tantôt courtes, certaines seront teintées d'espoir, les autres de cris et de douleurs.
    C'est un texte magnifique qui vous fait vous rappeler qu'il y a seulement un peu plus de trente ans, on votait l'abolition de la peine de mort. C'est aussi un texte qui vous rend fière, quelque part, au fond, de faire partie des pays l'ayant abolie, un peu tard par rapport aux souhaits d'Hugo, mais plus tôt que d'autres.
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    • Livres 4.00/5
    Par Gwen21, le 04 août 2014

    Gwen21
    Comme un cri de révolte et d'indignation lancé à la face de la société de 1827, ce récit est bref et coupant ; il claque à l'oreille et dans l'esprit de ceux qui l'entendent et le lisent.
    Manifeste contre la peine de mort, plein d'audace et d'humanité, "Le dernier jour d'un condamné" garde aujourd'hui encore toute son actualité et pose les mêmes questions métaphysiques sur le droit de vie et de mort et sur l'usage que les hommes en font.
    Alors que Hugo est très jeune au moment de la rédaction de cette oeuvre, on sent déjà entre ses lignes la grandeur de l'homme exceptionnel, du poète cérébral, de l'artiste engagé, de l'intelligence humaniste. Bien des années plus tard, à l'heure de la maturité, Hugo traitera à nouveau avec brio le thème du bagne dans "Les Misérables" et offrira à Jean Valjean cette seconde chance capitale que la société refuse aux condamnés, et lui ouvrira ainsi la voie de l'expiation, de la réhabilitation, du don de soi, en un mot, de l'humanité.
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    • Livres 5.00/5
    Par ibon, le 31 décembre 2012

    ibon
    Splendide texte engagé. A seulement 27 ans lors de sa parution, Victor Hugo délivre un réquisitoire contre la peine de mort, sans discours, ni démonstrations, mais de façon subtile et pleine de maturité, en faisant parler le condamné sur ce qu'il ressent avant son exécution. Ce genre de propos n'était pas acceptable politiquement au début du 19ème.
    De plus, en le choisissant coupable, l'auteur ne s'est pas rendu la tâche facile, mais cela donne encore plus de poids à son engagement qui est de dénoncer la cruauté de la peine de mort.
    Le livre refermé, je suis impressionné par le courage de l'écrivain quant à sa défense de la dignité humaine par rapport aux conditions de détention dans les prisons, le départ honteux des bagnards pour Toulon et enfin "les cris de hyènes" de la foule sur la charrette du supplicié. Un livre d'actualité.
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    • Livres 5.00/5
    Par Caro29, le 27 juin 2012

    Caro29
    En relatant les derniers instants d'un condamné à mort, depuis la prononciation de sa sentence jusqu'aux dernières minutes dans sa cellule, juste avant qu'il soit guillotiné, Victor Hugo livrait une magnifique diatribe contre la peine de mort avec "Le dernier jour d'un condamné". Même s'il s'agit d'un long monologue, ce roman n'est jamais ennuyeux, bien au contraire, et l'on vit ses derniers instants avec ce condamné dont on ne sait rien, hormis qu'il va être prochainement exécuté et qu'il espère, jusqu'à la dernière minute, qu'il sera gracié. Ce que j'ai aimé dans cet ouvrage, c'est la façon dont Victor Hugo a permis au lecteur de se mettre à la place du condamné, de ressentir (toutes) ses émotions : de la peur à l'espoir, en passant par la résignation. Et je crois que peu importe que l'on soit pour ou contre la peine de mort, l'on ne referme pas ce livre indemne.
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Citations et extraits

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  • Par DOGONColas, le 30 août 2015

    Et elle se mit à courir devant moi avec sa taille fine comme le corset d'une abeille et ses petits pieds qui relevaient sa robe jusqu'à mi-jambe. Je la poursuivis, elle fuyait ; le vent de sa course soulevait par moments sa pèlerine noire, et me laissait voir son dos brun et frais.

    J'étais hors de moi. Je l'atteignis près du vieux puisard en ruine ; je la pris par la ceinture, du droit de la victoire, et je la fis asseoir sur un banc de gazon ; elle ne résista pas. Elle était essoufflée et riait. Moi, j'étais sérieux, et je regardais ses prunelles noires à travers ses cils noirs.
    - Asseyez-vous là, me dit-elle. Il fait encore grand jour, lisons quelque chose. Avez-vous un livre?

    J'avais sur moi le second tome des Voyages de Spallanzani. J'ouvris au hasard, je me rapprochai d'elle, elle appuya son épaule sur mon épaule, et nous nous mîmes à lire chacun de notre côté, tout bas, la même page. Avant de tourner le feuillet, elle était toujours obligée de m'attendre. Mon esprit allait moins vite que le sien.
    - Avez-vous fini? me disait-elle, que j'avais à peine commencé.

    Cependant nos têtes se touchaient, nos cheveux se mêlaient, nos haleines peu à peu se rapprochèrent, et nos bouches tout à coup.
    Quand nos voulûmes continuer notre lecture, le ciel était étoilé.

    Chapitre XXXIII
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  • Par DOGONColas, le 30 août 2015

    Je l'ai cependant entrevue une fois.
    Je passais sur la place de Grève, en voiture, un jour, vers onze heures du matin. Tout à coup la voiture s'arrêta.
    Il y avait foule sur la place. Je mis la tête à la portière.
    Une populace encombrait la Grève et le quai, et des femmes, des hommes, des enfants étaient debout sur le parapet. Au-dessus des têtes, on voyait une espèce d'estrade en bois rouge que trois hommes échafaudaient.
    Un condamné devait être exécuté le jour même, et l'on bâtissait la machine;
    Je détournai la tête avant d'avoir vu. A côté de la voiture, il y avait une femme qui disait à un enfant :
    - Tiens, regarde! Le couteau coule mal, ils vont graisser la rainure avec un bout de chandelle.
    C'est probablement là qu'ils en sont aujourd'hui. Onze heures viennent de sonner. Ils graissent sans doute la rainure.
    Ah! Cette fois, malheureux, je ne détournerai pas la tête.

    Chapitre XXVIII
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  • Par DOGONColas, le 30 août 2015

    Tant que j'ai marché dans les galeries publiques du Palais de justice, je me suis senti presque libre et à l'aise ; mais toute ma résolution m'a abandonné quand on a ouvert devant moi des portes basses, des escaliers secrets, des couloirs intérieurs, de longs corridors étouffés et sourds, où il n'entre que ceux qui condamnent ou ceux qui sont condamnés.

    Chapitre XXIII
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  • Par anapala, le 17 janvier 2015

    Non, si bas que je sois tombé, je ne suis pas un impie, et Dieu m’est témoin que je crois en lui. Mais que m’a-t-il dit ce vieillard ? rien de senti, rien d’attendri, rien de pleuré, rien d’arraché de l’âme, rien qui vînt de son cœur pour aller au mien, rien qui fut de lui à moi. Au contraire, je ne sais quoi de vague, d’inaccentué, d’applicable à tout et à tous ; empathique où il eût été besoin de profondeur, plat où il eut fallu être simple ; une espèce de sermon sentimental et d’élégie théologique. Ça et là, une citation latine en latin. Saint Augustin, saint Grégoire, que sais-je ? Et puis, il avait l’air de réciter une leçon déjà vingt fois récitée, de repasser un thème, oblitéré dans sa mémoire à force d’être su. Pas un regard dans l’œil, pas un accent dans la voix, pas un geste dans les mains.
    Et comment en serait-il autrement ? Ce prêtre est l’aumônier en titre de la prison. Son état est de consoler et d’exhorter, et il vit de cela. Les soldats, les patients sont du ressort de son éloquence. Il les confesse et les assiste, parce qu’il a sa place à faire. Il a vieilli à mener des hommes mourir. Depuis longtemps il est habitué à ce qui fait frissonner les autres ; ses cheveux, bien poudrés à blanc, ne se dressent plus ; le bagne et l’échafaud sont de tous les jours pour lui. Il est blasé. Probablement il a son cahier ; telle page les galériens, telle page les condamnés à mort. On l’avertit la vielle qu’il a quelqu’un à consoler le lendemain à telle heure ; il demande ce que c’est, galérien ou supplicié ? et relit la page ; et puis il vient. De cette façon, il advient que ceux qui vont à Toulon et ceux qui vont à la Grève sont un lieu commun pour lui, et qu’il est un lieu commun pour eux.
    Oh ! qu’on m’aille donc, au lieu de cela, chercher quelque jeune vicaire, quelque vieux curé, au hasard, dans la première paroisse venue, qu’on le prenne au coin de son feu, lisant son livre et ne s’attendant à rien et qu’on lui dise :
    - Il y a un homme qui va mourir, et il faut que ce soit vous qui le consoliez. Il faut que vous soyez là quand on lui liera les mains, là quand on lui coupera les cheveux ; que vous montiez dans la charrette avec votre crucifix pour lui cacher le bourreau ; que vous soyez cahoté avec lui par le pavé jusqu’à la Grève : que vous traversiez avec lui l’horrible foule buveuse de sang ; que vous l’embrassiez au pied de l’échafaud, et que vous restiez jusqu’à ce que la tête soit ici et le corps là.
    Alors, qu’on me l’amène, tout palpitant, tout frissonnant de la tête aux pieds ; qu’on me jette entre ses bras, à ses genoux ; et il pleurera, et nous pleurerons, et il sera éloquent, et je serai consolé, et mon cœur se dégonflera dans le sien, et il prendra mon âme, et je prendrai son Dieu.
    Page 106.
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  • Par lehane-fan, le 12 septembre 2011

    Et puis , on ne souffre pas , en sont-ils surs ? Qui le leur a dit ? Conte-t-on que jamais une tete coupée se soit dréssée sanglante au bord du panier , et qu'elle ait crié au peuple : Cela ne fait pas mal !
    Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé . Tenez-vous-en là . La mécanique est bonne .

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Victor Hugo, Les Châtiments, « L’expiation » (Livre V, XIII) (1853)








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