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ISBN : 2081314843
Éditeur : Flammarion (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.97/5 (sur 1586 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Maîtriser les connaissances et les outils nécessaires à l'étude d'une œuvre intégrale, voilà l'objectif de cette collection. L'élève doit avoir une vision synthétique de l'œuvre: connaître sa genèse et sa structure, appréhender les personnages à travers leur portrait, l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 13 septembre 2011

    lehane-fan
    Il n'a ni nom , ni crime défini mais dans six semaines , il sera guillotiné .
    Hugo fut souvent le témoin d'éxécutions capitales . Toute sa vie , il combattit ardemment la peine de mort . Il écrivit ce court mais intense récit à l'age de 27 ans . Sa parution en 1829 souleva un véritable tollé . Cependant , nombreux furent les pays abolitionnistes ( Colombie , Portugal... ) a lui rendre un hommage vibrant pour leur avoir ouvert la voie . La graine est desormais semée et nombreux seront les porte drapeau de renom ! En effet , Jaures , Dostoievski , Camus , Robert Badinter ( qui réussira à en obtenir L'abolition en 1981 , il ya juste 30 ans ! 30 ans seulement ! ) s'y opposeront farouchement , parfois avec succes...
    Le dernier jour d'un condamné est d'une force rare ! L'empathie et l'identification que suscite un tel monologue ne peut laisser insensible . L'on partage les états d'ame d'un condamné sans avenir ; le questionnement d'un sursitaire en proie à la terreur face au chatiment qui lui est réservé loin de ceux qu'il aime et qu'il ne chérira plus ; la torture psychologique engendrée par un compte à rebours désormais inéluctable égrénant les jours , les heures , les minutes beaucoup trop rapidement à son gout . Ah , pouvoir arreter le temps... Et cette question qui ne cesse de le tarauder , quid de la souffrance ?
    Le condamné égrenera une palette de sentiments . de l'acceptation a la panique la plus complete en passant par le fol mais vain espoir d'une grace royale . Si Hugo condamne de telles pratiques , il jette également l'opprobe sur tout un peuple qui vient assister à cela comme l'on vient au spectacle . Indécence terrifiante de l'humain qui vient se réjouir de la mort de l'un des siens .
    Un theme fort traité magistralement !
    Pour peu que vous soyez curieux de ce que l'on peut ressentir dans une telle situation , Le dernier jour d'un condamné devrait pleinement répondre à vos attentes ! Pour peu que celles-ci n'excedent pas six semaines...
    Chiffres Amnesty International 2010 :
    - 23 pays ont procédé à des éxécutions .
    - 17833 personnes etaient sous le coup d'une peine capitale .
    - Méthodes utilisées : décapitation , électrocution , pendaison , injection létale , fusillade .
    - Officiellement , de 714 en 2009 , l'on serait passé à 527 en 2010 .
    Officieusement , la Chine aurait éxécuté des milliers de prisonniers en 2010 mais garde le secret absolu sur son application de la peine de mort . le 25 Fevrier 2011 , elle aurait voté un amendement au code pénal qui retire 13 crimes passibles de la peine capitale . Desormais , 55 crimes sont passibles de la peine de mort au lieu de 68...Cynisme quand tu me tiens...
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    • Livres 5.00/5
    Par jadzia, le 07 février 2013

    jadzia
    Je ne connaissais de Victor Hugo que les poèmes des Contemplations, c'est donc la première fois que je me penche sur un de ses textes, et quel texte !!!!
    Hugo vous prends par la main dès les premières lignes pour accompagner un condamné vers la guillotine ; pendant les six dernières semaines de sa vie, tantôt longues, tantôt courtes, certaines seront teintées d'espoir, les autres de cris et de douleurs.
    C'est un texte magnifique qui vous fait vous rappeler qu'il y a seulement un peu plus de trente ans, on votait l'abolition de la peine de mort. C'est aussi un texte qui vous rend fière, quelque part, au fond, de faire partie des pays l'ayant abolie, un peu tard par rapport aux souhaits d'Hugo, mais plus tôt que d'autres.
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    • Livres 4.00/5
    Par Gwen21, le 04 août 2014

    Gwen21
    Comme un cri de révolte et d’indignation lancé à la face de la société de 1827, ce récit est bref et coupant ; il claque à l'oreille et dans l'esprit de ceux qui l'entendent et le lisent.
    Manifeste contre la peine de mort, plein d'audace et d'humanité, "Le dernier jour d'un condamné" garde aujourd'hui encore toute son actualité et pose les mêmes questions métaphysiques sur le droit de vie et de mort et sur l'usage que les hommes en font.
    Alors que Hugo est très jeune au moment de la rédaction de cette oeuvre, on sent déjà entre ses lignes la grandeur de l'homme exceptionnel, du poète cérébral, de l'artiste engagé, de l'intelligence humaniste. Bien des années plus tard, à l'heure de la maturité, Hugo traitera à nouveau avec brio le thème du bagne dans "Les Misérables" et offrira à Jean Valjean cette seconde chance capitale que la société refuse aux condamnés, et lui ouvrira ainsi la voie de l'expiation, de la réhabilitation, du don de soi, en un mot, de l'humanité.
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    • Livres 5.00/5
    Par ibon, le 31 décembre 2012

    ibon
    Splendide texte engagé. A seulement 27 ans lors de sa parution, Victor Hugo délivre un réquisitoire contre la peine de mort, sans discours, ni démonstrations, mais de façon subtile et pleine de maturité, en faisant parler le condamné sur ce qu'il ressent avant son exécution. Ce genre de propos n'était pas acceptable politiquement au début du 19ème.
    De plus, en le choisissant coupable, l'auteur ne s'est pas rendu la tâche facile, mais cela donne encore plus de poids à son engagement qui est de dénoncer la cruauté de la peine de mort.
    Le livre refermé, je suis impressionné par le courage de l'écrivain quant à sa défense de la dignité humaine par rapport aux conditions de détention dans les prisons, le départ honteux des bagnards pour Toulon et enfin "les cris de hyènes" de la foule sur la charrette du supplicié. Un livre d'actualité.
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    • Livres 3.00/5
    Par Malivriotheque, le 07 octobre 2014

    Malivriotheque
    Un condamné à mort raconte ses derniers jours cauchemardesques dans l'attente de sa fin cruelle...
    Victor Hugo surprend par son style relativement contemporain, toujours facile d'accès bien que recherché, et surtout foudroyant de modernité, presque deux cents ans après la publication de cet ouvrage. Il aborde le thème difficile de l'homme sur le point de mourir. Mais pas n'importe quel homme ni n'importe quelle mort : un condamné à la guillotine. Un criminel.
    Le récit oscille entre ces deux idées éthiquement compliquées : l'homme a beau avoir commis un crime il n'en reste pas moins un humain doué de raison empli de craintes ; mais un malfaiteur, sûrement meurtrier puisque le crime n'est pas précisé, ne mérite sans doute pas qu'on le respecte dans sa dignité. Deux sentiments très violents et opposés que tout un chacun ne peut s'empêcher de ressentir au moins une fois. (Sans compter l'épineuse question de l'être humain qui ôte la vie et se la voit ôtée par un autre sous le sceau de la Justice, mais Hugo ne rentre pas trop dans cet aspect moral de la condamnation.)
    Si le récit démarre sur une note somme toute prévisible de torture mentale dans l'attente de l'application de la sentence, certaines scènes soulèvent quelques profondes idées manichéennes, comme lorsqu'un bagnard prend la belle redingote du détenu, lui qui n'en aura plus besoin dans quelques heures. le raisonnement est logique, mais le narrateur se sent dépouillé, mécontent. Cette redingote était un peu un symbole d'identité, d'humanité, et sûrement la lui enlever le ramène à sa propre vie qu'on lui retire. On lui vole tout, il n'a plus rien, et c'en est trop. L'humain contre la logique, un exemple puissant...
    Hugo insiste également sur la part surréaliste du statut du condamné qui vit comme en transparence face aux vivants : l'architecte qui lui promet une meilleure cellule dans six mois alors qu'il sera exécuté le lendemain, ou quand, lors de son transfèrement, l'huissier joyeux ne comprend pas son air morbide et résigné, converse de la pluie et du beau temps et se plaint de perdre son tabac à un homme qui va perdre la vie. Hugo dresse ainsi le portrait de plusieurs personnages indifférents au devenir d'autrui, mais surtout au devenir de criminels, indifférence banalisée sans aucun doute par un côtoiement quotidien.
    Il en va de même pour ce prêtre qui récite des litanies plus qu'il ne cherche à accompagner réellement et de manière personnalisée le condamné...
    Il y a encore ce geôlier qui le considère déjà comme un fantôme et traite de manière outrageusement légère le sort du détenu.
    Hugo, en vérité, ne fait pas vraiment de portrait caricatural : il montre les faiblesses du genre humain, sa capacité à faire extraction, à oublier le malheur d'autrui. Aussi bien pour son propre bien que par manque cruel d'empathie. C'est là, sans doute, la force de cette nouvelle, plus que l'énumération même des sentiments terribles par lesquels le narrateur passe. La plus poignante étant certainement quand le condamné voit sa mort non plus comme une délivrance mais comme une guérison, comme si sa situation en geôle équivalait à la maladie. Voir la mort comme une sortie agréable dans cet outil grotesque et barbare qu'est la guillotine, c'est une pure oxymore symbolique et métaphysique...
    Dans le témoignage du bagnard qui prend la redingote du narrateur, Hugo dévoile également l'idée que la récidive est souvent générée par le rejet d'un ex-taulard par la société. Un homme qui a fait une erreur et souhaite se racheter se retrouve dans la position délicate de paria, et ne trouve aucune autre solution que de revenir au crime pour survivre. La notion de seconde chance n'existe tout simplement pas, et à l'inverse la catégorisation est maîtresse en cette vie...
    Au-delà des réflexions qui peuvent traverser l'esprit d'un condamné à mort avant son exécution, c'est bien les tréfonds de l'âme humaine bestiale et égoïste qu'Hugo sonde à travers les yeux d'un homme qui les fermera bientôt à jamais.

    Lien : http://livriotheque.free.fr/#!xhr_find_book.php?nom=125&titre=178
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Citations et extraits

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  • Par ladesiderienne, le 21 novembre 2014

    Hélas ! n'aimer ardemment qu'un seul être au monde, l'aimer avec tout son amour, et l'avoir devant soi, qui vous voit et vous regarde, vous parle et vous répond, et ne vous connait pas ! Ne vouloir de consolation que de lui, et qu'il soit le seul qui ne sache pas qu'il vous en faut parce que vous allez mourir !

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  • Par ladesiderienne, le 20 novembre 2014

    La voiture noire me transporta ici, dans ce hideux Bicêtre.
    Vu de loin, cet édifice a quelque majesté. Il se déroule à l'horizon, au front d'une colline, et à distance garde quelque chose de son ancienne splendeur, un air de château de roi. Mais à mesure que vous approchez, le palais devient masure. Les pignons dégradés blessent l’œil. Je ne sais quoi de honteux et d'appauvri salit ces royales façades ; on dirait que les murs ont une lèpre. Plus de vitres, plus de glaces aux fenêtres ; mais de massifs barreaux de fer entrecroisés, auxquels se collent ça et là quelque hâve figure d'un galérien ou d'un fou.
    C'est la vie vu de près.
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  • Par phiphi, le 25 juin 2012

    Tout est prison autour de moi ; je retrouve la prison sous toutes ses formes, sous la forme humaine comme sous la forme de grille ou de verrou. Ce mur, c'est de la prison en pierre ; cette porte, c'est de la prison en bois ; ces guichetiers, c'est de la prison en chair et en os. La prison est une espèce d'être horrible, complet, indivisible, moitié maison, moitié homme. Je suis la sa proie ; elle me couve, elle m'enlace de tous ses replis. Elle m'enferme dans ses murailles de granit, me cadenasse sous ses serrures de fer, et me surveille de ses yeux de geôlier.
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  • Par lehane-fan, le 12 septembre 2011

    Et puis , on ne souffre pas , en sont-ils surs ? Qui le leur a dit ? Conte-t-on que jamais une tete coupée se soit dréssée sanglante au bord du panier , et qu'elle ait crié au peuple : Cela ne fait pas mal !
    Y a-t-il des morts de leur façon qui soient venus les remercier et leur dire : C'est bien inventé . Tenez-vous-en là . La mécanique est bonne .

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  • Par coca, le 22 septembre 2012

    Depuis que je suis sorti de l'infirmerie, il m'est venu une idée poignante, une idée à me rendre fou, c'est que j'aurais peut-être pu m'évader si 'lon m'y avait laissé. Ces médecins, ces soeurs de charité, semblaient prendre intérêt à moi. Mourir si jeune et d'une telle mort ! on eut dit qu'ils me plaignaient, tant ils étaient empressés autour de mon chevet. Bah ! curiosité ! Et puis, ces gens qui guérissent vous guérissent bien d'une fièvre, mais non d'une sentence de mort. Et pourtant cela leur serait si facile ! une porte ouverte ! Qu'est-ce que cela leur ferait ?
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Visite guidée : La Cime du rêve - Victor Hugo et le Surréalisme .
Loin de chercher à faire de Victor Hugo un surréaliste avant la lettre, cette exposition cherche à isoler des parentés et à pointer des préoccupations très modernes de l'écrivain dans ses pratiques du dessin. Visite avec Bruno Decharme cinéaste, collectionneur d'art Brut À VOIR La Cime du rêve - Victor Hugo et le Surréalisme Maison de Victor-Hugo 6, place des Vosges - hôtel de Rohan-Guéménée 75004 Paris Réalisation : Pierrick Allain, Lorraine Rossignol








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