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Jean Gaudon (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070322254
Éditeur : Gallimard (1982)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Dans la première partie de ces Chansons des rues et des bois, recueil de vers paru en 1865, Victor Hugo renoue avec l'aimable paganisme de la Renaissance. Il invite le lecteur à fuir le pavé des villes, à courir les champs de luzerne et à y guetter de jolies créatures que l'on croirait sorties de la mythologie gréco-latine, mais dont les accortes chairs juvéniles sont bien réelles !

Épicurien et quelque peu polisson, le poète se fait le chantre d'une... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
michfred
michfred01 avril 2015
  • Livres 4.00/5
Un recueil touffu, c'est vrai, mais plein de petites perles quasiment "verlainiennes"!
Ici encore Hugo innove: le vers impair, "plus léger et soluble dans l'air", "sans rien en lui qui pèse ou qui pose" y danse d'un pied léger. Les thèmes sont au diapason: plutôt joyeux et épicuriens- l'amour, la nature, les fêtes...
Pas de grandes invocations, pas de grande inspiration: une brise rafraîchissante, une chanson, toute simple.
Une tonalité très moderne.
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araucaria
araucaria11 février 2014
  • Livres 2.00/5
Trop de longueurs dans cet épais recueil de poésies. Je ne suis pas tombée sous le charme, je me suis ennuyée même, alors j'avoue j'ai survolé... Peut-être suis-je moins sensible à Victor Hugo que lorsque j'étais jeune...
Lien : http://araucaria20six.fr/
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Mondaye
Mondaye23 février 2016
  • Livres 5.00/5
De très beaux poèmes, parfois très grave, parfois plus doux, ou se mêlent la guerre et la déception que procure la ville, et la douceur des bois et des amours bohèmes.
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Citations & extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka27 avril 2016
EN SORTANT DU COLLÈGE

PREMIERE LETTRE

Puisque nous avons seize ans,
Vivons, mon vieux camarade,
Et cessons d'être innocents ;
Car c'est là le premier grade.

Vivre c'est aimer. Apprends
Que, dans l'ombre où nos coeurs rêvent,
J'ai vu deux yeux bleus, si grands
Que tous les astres s'y lèvent.

Connais-tu tous ces bonheurs ?
Faire des songes féroces,
Envier les grands seigneurs
Qui roulent dans des carrosses,

Avoir la fièvre, enrager,
Etre un coeur saignant qui s'ouvre,
Souhaiter d'être un berger
Ayant pour cahute un Louvre,

Sentir, en mangeant son pain
Comme en ruminant son rêve,
L'amertume du pépin
De la sombre pomme d'Eve ;

Etre amoureux, être fou,
Etre un ange égal aux oies,
Etre un forçat sous l'écrou ;
Eh bien, j'ai toutes ces joies !

Cet être mystérieux
Qu'on appelle une grisette
M'est tombé du haut des cieux.
Je souffre. J'ai la recette.

Je sais l'art d'aimer ; j'y suis
Habile et fort au point d'être
Stupide, et toutes les nuits
Accoudé sur ma fenêtre.

DEUXIÈME LETTRE

Elle habite en soupirant
La mansarde mitoyenne.
Parfois sa porte, en s'ouvrant,
Pousse le coude à la mienne.

Elle est fière ; parlons bas.
C'est une forme azurée
Qui, pour ravauder des bas,
Arrive de l'empyrée.

J'y songe quand le jour naît,
J'y rêve quand le jour baisse.
Change en casque son bonnet,
Tu croirais voir la Sagesse.

Sa cuirasse est un madras ;
Elle sort avec la ruse
D'avoir une vieille au bras
Qui lui tient lieu de Méduse.

On est sens dessus dessous
Rien qu'à voir la mine altière
Dont elle prend pour deux sous
De persil chez la fruitière.

Son beau regard transparent
Est grave sans airs moroses.
On se la figure errant
Dans un bois de lauriers-roses.

Pourtant, comme nous voyons
Que parfois de ces Palmyres
Il peut tomber des rayons,
Des baisers et des sourires ;

Un drôle, un étudiant,
Rôde sous ces chastes voiles ;
Je hais fort ce mendiant
Qui tend la main aux étoiles.

Je ne sors plus de mon trou.
L'autre jour, étant en verve,
Elle m'appela : Hibou.
Je lui répondis : Minerve.
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marina53marina5320 octobre 2012
Je ne me mets pas en peine
Du clocher ni du beffroi ;
Je ne sais rien de la reine,
Et je ne sais rien du roi ;

J'ignore, je le confesse,
Si le seigneur est hautain,
Si le curé dit la messe
En grec ou bien en latin ;

S'il faut qu'on pleure ou qu'on danse,
Si les nids jasent entr'eux ;
Mais sais-tu ce que je pense ?
C'est que je suis amoureux.

Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ?
C'est au mouvement d'oiseau
De ton pied blanc qui se lève
Quand tu passes le ruisseau.

Et sais-tu ce qui me gêne ?
C'est qu'à travers l'horizon,
Jeanne, une invisible chaîne
Me tire vers ta maison.

Et sais-tu ce qui m'ennuie ?
C'est l'air charmant et vainqueur,
Jeanne, dont tu fais la pluie
Et le beau temps dans mon coeur.

Et sais-tu ce qui m'occupe,
Jeanne ? c'est que j'aime mieux
La moindre fleur de ta jupe
Que tous les astres des cieux.
+ Lire la suite
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marina53marina5329 août 2012
L'amour, panique
De la raison,
Se communique
Par le frisson.

Laissez-moi dire,
N'accordez rien.
Si je soupire,
Chantez, c'est bien.

Si je demeure,
Triste, à vos pieds,
Et si je pleure,
C'est bien, riez.

Un homme semble
Souvent trompeur.
Mais si je tremble,
Belle, ayez peur.
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marina53marina5321 octobre 2012
Une querelle. Pourquoi ?
Mon Dieu, parce qu'on s'adore.
À peine s'est-on dit Toi
Que Vous se hâte d'éclore.

Le coeur tire sur son noeud ;
L'azur fuit ; l'âme est diverse.
L'amour est un ciel, qui pleut
Sur les amoureux à verse.

De même, quand, sans effroi,
Dans la forêt que juin dore,
On va rôder, sur la foi
Des promesses de l'aurore,

On peut être pris le soir,
Car le beau temps souvent triche,
Par un gros nuage noir
Qui n'était pas sur l'affiche.
+ Lire la suite
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marina53marina5322 octobre 2012
Son silence fut mon vainqueur ;
C'est ce qui m'a fait épris d'elle.
D'abord je n'avais dans le coeur
Rien qu'un obscur battement d'aile.

Nous allions en voiture au bois,
Seuls tous les soirs, et loin du monde ;
Je lui parlais, et d'autres voix
Chantaient dans la forêt profonde.

Son oeil était mystérieux.
Il contient, cet oeil de colombe,
Le même infini que les cieux,
La même aurore que la tombe.

Elle ne disait rien du tout,
Pensive au fond de la calèche.
Un jour je sentis tout à coup
Trembler dans mon âme une flèche.

L'Amour, c'est le je ne sais quoi.
Une femme habile à se taire
Est la caverne où se tient coi
Ce méchant petit sagittaire.
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Vidéo de Victor Hugo
"Demain dès l'aube" extrait des "Poèmes de Victor Hugo en BD", parus aux éditions Petit à Petit. Pour en savoir plus: http://www.petitapetit.fr/reference/le-texte-integral-des-poemes-de-victor-hugo-en-bd/
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