ISBN : 2070424154
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.7/5 (sur 10 notes) Ajouter à mes livres
Ce qui est peut-être exprimé parfois dans ce recueil, ce qui a été la principale préoccupation de l'auteur en jetant ça et là les vers qu'on va lire, c'est cet étrange état crépusculaire de l'âme et de la société dans le siècle où nous vivons ; c'est cette brume au deho... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 1.00/5
    Par vincentf, le 01 juillet 2010

    vincentf
    Curieux recueil que ces Chants du crépuscule, tantôt politique, tantôt amoureux. S'y côtoient chants à la gloire de Napoléon, vers du genre "Gloire à la France éternelle ! / Gloire à ceux qui sont mort pour elle !", et évocations des émois d'un poète chantant la femme adorée. Tout ça est terriblement dix-neuvième, avec un génie hugolien qui n'apparaît qu'à quelques détours, dans quelques formulations frappantes. Sinon, la versification est ancienne. On n'a pas vraiment l'impression de lire de la poésie, tant les mots n'y sont pas remis en cause, comme le fera toute la poésie moderne, tant la syntaxe y est ordinaire, tant les rythmes y sont réguliers. Pour l'oreille déshabituée à la versification classique, tout ça ne sonne que de manière artificielle. Un gouffre, un profond abîme, pour employer un lexique hugolien, nous sépare de cet univers poétique en gestation, de ces textes qui ne sont même pas Les contemplations, qui manquent de souffle, et qui ne sont pas Les fleurs du mal, parce que le poète tel que le concevait Hugo n'est pas, pour nos oreilles modernes, qui sont passées par Baudelaire et surtout Mallarmé, Apollinaire, le vingtième siècle et la mort de la métrique, ce que nous nommons un poète. Pour nous, Victor Hugo est peut-être encore un grand romancier mais il ne peut plus être le grand poète qu'il a été, du moins pas dans Les chants du crépuscule.
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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 04 février 2011

    LES CHANTS DU CRÉPUSCULE

    Oh ! pour remplir de moi ta rêveuse pensée,
    Tandis que tu m'attends, par la marche lassée,
    Sous l'arbre au bord du lac, loin des yeux importuns,
    Tandis que sous tes pieds l'odorante vallée,
    Toute pleine de brume au soleil envolée,
    Fume comme un beau vase où brûlent des parfums ;

    Que tout ce que tu vois, les coteaux et les plaines,
    Les doux buissons de fleurs aux charmantes haleines,
    La vitre au vif éclair,
    Le pré vert, le sentier qui se noue aux villages,
    Et le ravin profond débordant de feuillages
    Comme d'ondes la mer,

    Que le bois, le jardin, la maison, la nuée,
    Dont midi ronge au loin l'ombre diminuée,
    Que tous les points confus qu'on voit là-bas trembler,
    Que la branche aux fruits mûrs ; que la feuille séchée,
    Que l'automne, déjà par septembre ébauchée,
    Que tout ce qu'on entend ramper, marcher, voler,

    Que ce réseau d'objets qui t'entoure et te presse,
    Et dont l'arbre amoureux qui sur ton front se dresse
    Est le premier chaînon ;
    Herbe et feuille, onde et terre, ombre, lumière et flamme,
    Que tout prenne une voix, que tout devienne une âme,
    Et te dise mon nom !
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  • Par Orphea, le 04 février 2011

    LES CHANTS DU CRÉPUSCULE

    Puisque nos heures sont remplies
    De trouble et de calamités ;
    Puisque les choses que tu lies
    Se détachent de tous côtés ;

    Puisque nos pères et nos mères
    Sont allés où nous irons tous,
    Puisque des enfants, têtes chères,
    Se sont endormis avant nous ;

    Puisque la terre où tu t'inclines
    Et que tu mouilles de tes pleurs,
    A déjà toutes nos racines
    Et quelques-unes de nos fleurs ;

    Puisqu'à la voix de ceux qu'on aime
    Ceux qu'on aima mêlent leurs voix ;
    Puisque nos illusions même
    Sont pleines d'ombres d'autrefois ;

    Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase
    On sent la douleur déborder,
    Puisque la vie est comme un vase
    Qu'on ne peut emplir ni vider ;

    Puisqu'à mesure qu'on avance
    Dans plus d'ombre on se sent flotter ;
    Puisque la menteuse espérance
    N'a plus de conte à nous conter ;

    Puisque le cadran, quand il sonne,
    Ne nous promet rien pour demain,
    Puisqu'on ne connaît plus personne
    De ceux qui vont dans le chemin,

    Mets ton esprit hors de ce monde !
    Mets ton rêve ailleurs qu'ici-bas !
    Ta perle n'est pas dans notre onde !
    Ton sentier n'est point sous nos pas !

    Quand la nuit n'est pas étoilée,
    Viens te bercer aux flots des mers ;
    Comme la mort elle est voilée,
    Comme la vie ils sont amers.

    L'ombre et l'abîme ont un mystère
    Que nul mortel ne pénétra ;
    C'est Dieu qui leur dit de se taire
    Jusqu'au jour où tout parlera !

    D'autres yeux de ces flots sans nombre
    Ont vainement cherché le fond ;
    D'autres yeux se sont emplis d'ombre
    A contempler ce ciel profond !

    Toi, demande au monde nocturne
    De la paix pour ton coeur désert !
    Demande une goutte à cette urne !
    Demande un chant à ce concert !

    Plane au-dessus des autres femmes,
    Et laisse errer tes yeux si beaux
    Entre le ciel où sont les âmes
    Et la terre où sont les tombeaux !
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  • Par Orphea, le 18 juin 2010

    LES CHANTS DU CRÉPUSCULE

    Oh ! n'insultez jamais une femme qui tombe !
    Qui sait sous quel fardeau la pauvre âme succombe !
    Qui sait combien de jours sa faim a combattu !
    Quand le vent du malheur ébranlait leur vertu,
    Qui de nous n'a pas vu de ces femmes brisées
    S'y cramponner longtemps de leurs mains épuisées !
    Comme au bout d'une branche on voit étinceler
    Une goutte de pluie où le ciel vient briller,
    Qu'on secoue avec l'arbre et qui tremble et qui lutte,
    Perle avant de tomber et fange après sa chute !

    La faute en est à nous ; à toi, riche ! à ton or !
    Cette fange d'ailleurs contient l'eau pure encor.
    Pour que la goutte d'eau sorte de la poussière,
    Et redevienne perle en sa splendeur première,
    Il suffit, c'est ainsi que tout remonte au jour,
    D'un rayon de soleil ou d'un rayon d'amour !
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  • Par ArnaudP, le 16 janvier 2011

    Hélas ! que fais-tu donc, ô Rabbe, ô mon ami
    Sévère historien dans la tombe endormi !

    Je l'ai pensé souvent dans mes heures funèbres,
    Seul près de mon flambeau qui rayait les ténèbres,
    Ô noble ami, pareil aux hommes d'autrefois,
    Il manque parmi nous ta voix, ta forte voix
    Pleine de l'équité qui gonflait ta poitrine ;
    Il nous manque ta main qui grave et qui burine,
    Dans ce siècle où par l'or les sages sont distraits,
    Où l'idée est servante auprès des intérêts,
    Temps des fruits avortés et de tiges rompues,
    D'instincts dénaturés, de raisons corrompues,
    Où dans l'esprit humain tout étant dispersé,
    Le présent au hasard flotte sur le passé !
    Si parmi nous la tête était debout encore,
    Cette cime où vibrait l'éloquence sonore,
    Au milieu de nos flots tu serais calme et grand,
    Tu serais comme un pond posé sur le courant.
    Tu serais pour chacun la voix haute et sensée
    Qui fait que tout brouillard s'en va de la pensée,
    Et que la vérité, qu'en vain nous repoussions,
    Sort de l'amas confus des sombres visions !

    [...]

    Hélas ! à chaque instant des souffles de tempêtes
    Amassent plus de brume et d'ombre sur nos têtes.
    De moment en moment l'avenir s'assombrit.
    Dans le calme du cœur, dans la paix de l'esprit,
    Je t'adresserais ces vers où mon âme sereine
    N'a laissé sur ta pierre écumer nulle haine,
    A toi qui dors couché dans le tombeau profond,
    A toi qui ne sais plus ce que les hommes font !
    Je t'adressais ces vers pleins de tristes présages.
    Car c'est bien follement que nous nous croyions sages !
    Le combat furieux recommence à gronder
    Entre le droit de croître et le droit d'émonder ;
    La bataille où les lois attaquent les idées
    Se mêle de nouveau sur des mers mal sondées ;
    Chacun se sent troublé comme l'eau sous le vent ;
    Et moi même, à cette heure, à mon foyer rêvant,
    Voilà, depuis cinq ans qu'on oubliait Procuste,
    Que j'entends aboyer au seuil du drame auguste
    La censure à l'haleine immonde, aux ongles noirs,
    Cette chienne au front bas qui suit tous les pouvoirs,
    Vile, et mâchant toujours dans sa gueule souillée,
    Ô muse ! quelque pan de ta robe étoilée !

    Hélas ! que fait tu donc, ô Rabbe, ô mon ami
    Sévère historien dans la tombe endormi !

    - XVII - A Alphonse Rabbe, Mort Le 31 Décembre 1829. (Septembre 1835)
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  • Par Orphea, le 18 juin 2010

    LES VOIES INTÉRIEURES

    Quelle est la fin de tout ? la vie, ou bien la tombe ?
    Est-ce l'onde où l'on flotte ? est-ce l'ombre où l'on tombe ?
    De tant de pas croisés quel est le but lointain ?
    Le berceau contient-il l'homme ou bien le destin ?
    Sommes-nous ici-bas, dans nos maux, dans nos joies,
    Des rois prédestinés ou de fatales proies ?

    Ô Seigneur, dites-nous, dites-nous, ô Dieu fort,
    Si vous n'avez créé l'homme que pour le sort ?
    Si déjà le calvaire est caché dans la crèche ?
    Et si les nids soyeux, dorés par l'aube fraîche,
    Où la plume naissante éclôt parmi des fleurs,
    Sont faits pour les oiseaux ou pour les oiseleurs ?

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Hugh Jackman et Anne Hathaway sur le plateau de l'adaptation cinématographique des Misérables de Victor Hugo par Tom Hooper (Discours d'un roi).








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