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Yves Gohin (Éditeur scientifique)
ISBN : 2070409228
Éditeur : Gallimard
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.35/5 (sur 2872 notes)
Résumé :
C'est un tel classique qu'on a toujours l'impression de l'avoir déjà lu... ou vu : avec Michel Bouquet dans le rôle de Javert, ou bien Depardieu.
Relire donc "Les Misérables," publié par Victor Hugo en 1862, offre le plaisir de la reconnaissance et du recommencement. Toujours on sera emporté par la tension romanesque du livre, ses figures inoubliables, ses langues multiples - n'oublions pas que Hugo est le premier à introduire l'argot et la langue populaire d... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (112) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B16 décembre 2015
  • Livres 5.00/5
On a tout dit, écrit ou filmé sur ce livre, mais le mieux, c'est encore de le lire car notre vieux Victor est plus que jamais l'immense écrivain que nous connaissons. C'est toujours un plaisir de lire une telle langue, à la fois sophistiquée et abordable.
Dès l'abord du roman, on fait la connaissance de l'incontournable Jean Valjean. D'abord vaurien puis, écoeuré par sa propre noirceur, initié à la générosité par un évêque sans prétention, et qui deviendra le bienfaiteur de certaines âmes sans titre ni fortune (le père Fauchelevent et quelques autres dont je préfère vous taire les noms au cas où vous n'auriez pas connaissance de l'histoire).
Victor Hugo nous fait aussi de temps en temps quelques digressions sur des sujets qui l'intéressent, notamment la bataille de Waterloo. Bien que n'ayant qu'un vague rapport avec le fil de la narration, on ne s'ennuie pas de ces méandres dans le panier ventripotent de notre histoire de France (Du moins y ai-je pris plus de plaisir qu'à la lourde digression sur le couvent du Petit Picpus).
Outre Jean Valjean, nous suivons les mésaventures de la pauvre Fantine, où l'on se heurte à l'une des scènes les plus horribles jamais écrites : la séance chez le dentiste. Je ne vous en dit pas plus, mais ce passage remue bien les entrailles ! Les " méchants " sont sublimes de méchanceté : Javert, le flic zélé et obtus, les Thénardiers, veules et cupides à souhaits, sont tous aux petits oignons...
Après l'épisode du couvent, on fait la connaissance du dernier personnage central du roman en la personne de Marius. C'est le fils d'un vaillant soldat de la grande armée, " volé " (sous peine de se faire déshériter) à son père par le grand-père maternel, vestige vivant de l'époque Louis XV et fervent royaliste.
Le petit Marius grandit donc dans cette schizophrénie des origines et se retrouve un peu déboussolé à la mort de son père, qui lui est quasi inconnu, lorsqu'il prend conscience que celui-ci fut un héros sous Napoléon, traité comme le dernier des gueux par son vieux royaliste de grand-père. En somme, tempête sous un crâne, quête identitaire, et tous les assauts de la misère jusqu'à ce que son oeil croise celui d'une belle jeune fille...
Marius fait ensuite la connaissance de son voisin, qui s'avère être également une vieille connaissance du lecteur et dont je vous laisse découvrir l'identité. Une embuscade gigantesque attend l'infortuné Jean Valjean, et toutes les vipères sont prête à lui sauter sur le dos. Marius assiste impuissant à l'exécution d'un traquenard diabolique. Il apprend à craindre ce voisin et décide de quitter son voisinage. le dépit le gagne car sa belle inconnue lui a glissé entre les doigts.
Ses amis républicains suivent attentivement la montée de la pression sociale et sauront prendre les armes et monter des barricades en temps voulu. Victor Hugo nous fait alors entrer de plain-pied dans une des multiples insurrections qui ont émaillé la période de la restauration.
Il nous fait monter sur les barricades et comprendre pourquoi, quelques années plus tard, Napoléon III a tant tenu à faire redessiner Paris par Haussmann, vu la facilité avec laquelle une guerre de rue pouvait voir le jour dans le Paris d'alors.
L'émeute en question est celle du 5 juin 1832, c'est-à-dire l'une de celles qui ont avorté, à la différence de leurs glorieuses consoeurs de 1830 et 1848.
Marius se joindra-t-il a eux lors de l'insurrection ? Retrouvera-t-il son aimée ? Jean Valjean parviendra-t-il à s'extirper de l'étau et de la malédiction qui le pressent toujours un peu plus ? le père Gillenormand pardonnera-t-il à son petit-fils et le petit-fils au grand-père dans ce gigantesque malentendu ?
Victor Hugo saura-t-il nous faire haleter jusqu'au bout ? La réponse à cette dernière question est oui. Et pour conclure, si papy Hugo ne vous arrache pas une petite larme avec son final, allez d'urgence consulter un cardiologue car vous avez sûrement un petit problème de myocarde.
Bref, lisez, relisez, re-relisez, délectez-vous de notre vieux Victor. Un style qui allie la grandiloquence et la simplicité, le tout appuyé sur un excellent scénario, donc, tous les ingrédients pour façonner un roman qui tient toutes ses promesses. Chapeau bas MONSIEUR Hugo, même si ce n'est qu'un misérable avis et qu'il ne signifie pas grand-chose sur une barricade.
P. S. : COMMENTAIRE CONCERNANT L'ÉDITION DE LA PLÉIADE
Il est à noter que ce volume pléiade est d'assez mauvaise qualité selon moi pour au moins deux raisons : d'une part, lorsqu'on achète un volume de ce prix, on espère qu'il y ait un vrai travail de relecture, or, il y a beaucoup de coquilles disséminées dans l'ouvrage.
Deuxièmement, les commentaires sont presque systématiquement inutiles ou inintéressants, car Maurice Allem, fait toute une comparaison avec la première version de l'oeuvre intitulée Les Misères et l'essentiel des notes consiste à dire « cette phrase manque dans Les Misères », « tel mot est différent dans Les Misères », etc. En somme, on s'en fiche, à moins de faire une thèse sur les différentes versions du manuscrit d'Hugo avant publication définitive.
On aurait espéré des vrais commentaires éclairants, utiles ou des explications ciblées, pas cette glose de spécialiste sans intérêt. À la fin, j'ai carrément arrêté de regarder les notes tellement c'était barbant. Cependant, le fait de tenir l'intégralité de l'histoire dans un seul volume, pas trop encombrant, est assez agréable, et en cela le format pléiade est intéressant.
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Sissidebeauregard
Sissidebeauregard04 décembre 2013
  • Livres 5.00/5
Je n'ai encore jamais lu un livre qui arrive à la cheville de celui-ci.
Il y a toute la littérature, toute l'humanité et toute la vie dans les Misérables. C'est toute la différence entre un classique et un chef d'oeuvre. Les Misérables, indémodable comme tout chef d'oeuvre qui se respecte est bien plus moderne que beaucoup de romans récents.
C'est un roman absolument parfait, c'est LE roman. Il est inconcevable et impardonnable de ne pas le lire, de préférence en version intégrale, parce qu'il n'y a pas un mot de trop en 1800 pages.
Si je pouvais je l'apprendrais par coeur.
PS : Je voue un culte éternel à Éponine, bien qu'on lui préfère presque toujours cette petite cruche de Cosette. le destin d'Éponine en est d'ailleurs rendu d'autant plus tragique, puisque dans le roman et jusque dans la réalité, tout le monde se fiche de sa pauvre vie.
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gouelan
gouelan06 février 2016
  • Livres 5.00/5
Difficile de faire la critique d'une oeuvre aussi « monstrueuse ». Elle nous dépasse, elle nous illumine, elle nous écrase. Victor Hugo pointe son doigt sur la misère, il la décortique, il l'explique. Il donne sa voix au peuple.
Romancier, philosophe, prophète, historien qui se mêle de tout, tant des évènements, que des coeurs et des âmes, des idées et des moeurs. Il ausculte la civilisation. Il interroge l'ombre, la boue. Il n'a pas peur d'éclabousser les habits des élégants. La vérité doit jaillir.
Il remue les sables mouvants, la vase des égouts, pour mettre à jour ces misérables, ces hommes que l'on empêche d'atteindre l'idéal. L'ignorance, la faim, engendrent les ténèbres, le crime, la haine, la colère.
La colère et la haine engendrent la révolte. Il y a l'émeute qui est le cri de celui qui a faim, il y a l'insurrection qui émane de celui qui réclame justice, lumière, vérité. De la révolution naît le progrès, l'élévation de l'homme.
Pourquoi la route de Jean Valjean le conduit-il au bagne ? Est-ce la fatalité ou la société qui le façonnent en monstre ? La loi est faite par les hommes, les hommes ne sont pas infaillibles, ils peuvent se tromper.
La société crée, par son égoïsme, par sa bêtise, les enfants des rues, les prostituées, les voyous, les forçats. Faire sortir les misérables de leur enlisement, de leur nuit, oblige à ouvrir les yeux. Il faut remuer la vase, l'éclairer sans avoir peur d'y laisser des plumes. Il faut du courage et de la générosité. Le fumier est un trésor, il fait fleurir la rose, l'ortie a ses vertus, il faut en prendre soin. Chaque graine a sa valeur, chaque pièce est indispensable au puzzle de l'humanité.
Un forçat peut s'avérer compatissant, bienfaiteur, protecteur, s'il rencontre la bonté, la sollicitude, la confiance. Un homme comme Javert, aussi dur que le granit, peut douter si on l'ébranle. Il peut se fissurer, et laisser un rayon de lumière le traverser. Une "Cosette", alouette, paraissant laide et idiote, peut devenir lys, si on l'arrose d'amour et de chaleur.
« il n'y a ni mauvaises herbes, ni mauvais hommes. Il n'y a que de mauvais cultivateurs. »
« Humanité, c'est identité. Tous les hommes sont de la même argile … Mais l'ignorance mêlée à la pâte humaine la noircit. »
Victor Hugo, patriote de l'humanité nous dit ceci :
« À l'heure, si sombre encore, de la civilisation où nous sommes, le misérable s'appelle l'homme ; il agonise sous tous les climats, et il gémit dans toutes les langues. »
Un roman majestueux qui s'adresse à chaque homme, quelques soient l'époque et la nation où il vit. L'homme progresse, sort de sa nuit, mais il reste encore des zones d'ombre partout sur la planète. Tant que les égoïstes ne laisseront pas plus de place aux misérables, de crainte de perdre leur bonheur, l'idéal ne sera pas atteint.
Selon un proverbe mohave, "un homme ne peut être riche que s'il refuse d'aider ceux qui sont dans le besoin." (Enfants de tous les temps, de tous les mondes)
L'idéal n'est pas dans la richesse, il est dans l'égalité et la fraternité. Ne laissons pas que des miettes aux plus démunis.
Victor Hugo a ce don de résumer en une phrase une vérité étincelante et criante. Il assène cette vérité dans nos crânes à coups de mots terriblement beaux. Il a pour mission de faire fondre l'enfer sur terre, de faire que chaque homme puisse toucher les étoiles. Il nous impressionne par son sens aigu de l'analyse et par la richesse de ses connaissances. On ne peut que saluer le génie.
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michfred
michfred01 avril 2015
  • Livres 5.00/5
Une somme, un chef d'oeuvre absolu, lu, relu, vu, revu, écouté, réécouté...et même chanté, rechanté! J'ai même eu pour livre de chevet un "Paris des Misérables " pour me guider dans mes balades parisiennes...dommage que l'Eléphant de Gavroche ait disparu...
LE LIVRE par essence sous toutes ses facettes : grande Histoire et fourmillement d' histoires, personnages mythiques et figures populaires, lieux inoubliables et objets symboliques, plaidoyer vibrant et réquisitoire inspiré, présence tutélaire de l'auteur et vitalité quasi-indépendante des personnages, fresque épique des événements et intimité étroite avec les sentiments.
Bien sûr, il y a des longueurs: la bataille de Waterloo, les chandeliers rédempteurs de Mgr Myriel, la grande Barricade, l'ancienne et la nouvelle, les amours un peu gnian-gnian de Marius et Cosette....mais quel souffle, quel panache, quel maelström d'émotions!
On peut fermer le livre, on ne quitte jamais vraiment les personnages, on les retrouve dans la vie, ils sont immortels, ce sont devenus des types : un gavroche, une cosette, une fantine, un javert, une/un thénardier, un valjean..
Pour ceux que les gros pavés rebutent -en particulier les jeunes lecteurs,- je recommande Les Misérables en classiques abrégés, à l'Ecole des Loisirs: le résultat est inespéré...sitôt le livre fermé, ils se jettent sur le VRAI LIVRE pour en savoir plus, en revivre encore les émotions, en prolonger le plaisir..
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TheWind
TheWind22 octobre 2014
  • Livres 5.00/5
100 ème critique aujourd'hui !
Pour fêter cela dignement, il n' y avait qu'un seul livre possible à chroniquer.
Les Misérables de Victor Hugo.

100ème critique et cela fait bientôt un an que je me suis inscrite sur Babelio. Je me souviens encore d'avoir eu à choisir mes livres pour une île déserte. le premier qui s'est imposé naturellement, c'est ce chef d'oeuvre incommensurable.

Partir sur une île déserte revient à tout abandonner. Famille, maison, travail, amis...
C'est se retrouver seul sans rien. Se sentir complètement démuni.
Et pourtant. Si j'emmenais avec moi Les Misérables, je sais à quel point sa lecture me comblerait.

Les Misérables, c'est la vie, c'est l'humanité toute entière, c'est la moindre petite joie jusqu'au plus violent bouleversement.
A travers Les Misérables, on peut tout vivre !
La joie, la peine, le regret, la colère, la révolte, la honte, la rémission, le bonheur, la misère, la médiocrité, l'innocence, la jalousie, l'amitié, l'amour, la décadence, l'enrichissement, la trahison, la haine, l'enfance, la légèreté, l'impertinence, l'ivresse, l'abandon, la désolation, la débauche, le vice, la guerre, l'incompréhension, l'injustice, la déroute, le pardon, le dévouement, l'espoir...

Il y a des jours où …j'abandonnerais bien ma p'tite vie pépère pour aller vivre tout cela sur mon île déserte avec Les Misérables sous le bras !
(Enfin...juste pour les vacances !)
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Citations & extraits (544) Voir plus Ajouter une citation
DOGONColasDOGONColas19 avril 2016
Eponine et Azelma ne regardaient pas Cosette. C'était pour elles comme le chien. Ces trois petites filles n'avaient pas vingt-quatre ans à elles trois, et elles représentaient déjà toute la société des hommes; d'un côté l'envie, de l'autre le dédain.

- Désagrément de recevoir chez soi un pauvre qui est peut-être un riche -
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DOGONColasDOGONColas18 avril 2016
L'obscurité est vertigineuse. Il faut à l'homme de la clarté. Quiconque s'enfonce dans le contraire du jour se sent le cœur serré. Quand l’œil voit noir, l'esprit voit trouble. Dans l'éclipse, dans la nuit, dans l'opacité fuligineuse, il y a de l'anxiété, même pour les plus forts. Nul ne marche seul la nuit dans la forêt sans tremblement.

- La petite toute seule -
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DOGONColasDOGONColas19 avril 2016
[...] c'était le roi. Hors de Paris, il tenait son chapeau à plumes blanches sur ses genoux emmaillotés de hautes guêtres anglaises; quand il rentrait dans la ville, il mettait son chapeau sur sa tête, saluant peu. Il regardait froidement le peuple, qui le lui rendait. Quand il parut pour la première fois dans le quartier Saint-Marceau, tout son succès fut ce mot d'un faubourien à son camarade : "C'est ce gros-là qui est le gouvernement."

- Qui peut-être prouve l'intelligence de Boulatruelle -
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SharkSherkanSharkSherkan18 avril 2016
Ne pas voir les gens, cela permet de leur supposer toutes les perfections.
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GODONGODON22 mai 2015
Elle avait un air insensé, grave et navrant. Sa blouse déchirée montrait sa gorge nue. Elle appuyait en parlant sa main percée sur sa poitrine où il y avait un autre trou, et d’où il sortait par instant un flot de sang comme le jet de vin d’une bonde ouverte.
Marius considérait cette créature infortunée avec une profonde compassion.
— Oh ! reprit-elle tout à coup, cela revient. J’étouffe !
Elle prit sa blouse et la mordit, et ses jambes se raidissaient sur le pavé.
En ce moment la voix de jeune coq du petit Gavroche retentit dans la barricade. L’enfant était monté sur une table pour charger son fusil et chantait gaiement la chanson alors si populaire :

En voyant Lafayette,
Le gendarme répète
Sauvons-nous ! sauvons-nous ! sauvons-nous !
Éponine se souleva, et écouta, puis elle murmura :
— C’est lui.
Et se tournant vers Marius :
— Mon frère est là. Il ne faut pas qu’il me voie. Il me gronderait.
— Votre frère ! demanda Marius qui songeait dans le plus amer et le plus douloureux de son cœur aux devoirs que son père lui avait légués envers les Thénardier, qui est votre frère ?
— Ce petit.
— Celui qui chante ?
— Oui.
Marius fit un mouvement.
— Oh ! ne vous en allez pas ! dit-elle, cela ne sera pas long à présent !
Elle était presque sur son séant, mais sa voix était très basse et coupée de hoquets. Par intervalles le râle l’interrompait. Elle approchait le plus qu’elle pouvait son visage du visage de Marius. Elle ajouta avec une expression étrange :
— Écoutez, je ne veux pas vous faire une farce. J’ai dans ma poche une lettre pour vous. Depuis hier. On m’avait dit de la mettre à la poste. Je l’ai gardée. Je ne voulais pas qu’elle vous parvînt. Mais vous n’en voudriez peut-être quand nous allons nous revoir tout à l’heure. On se revoit, n’est-ce pas ? Prenez votre lettre.
Elle saisit convulsivement la main de Marius avec sa main trouée, mais elle semblait ne plus percevoir la souffrance. Elle mit la main de Marius dans la poche de sa blouse. Marius y sentit en effet un papier.
— Prenez, dit-elle.
Marius prit la lettre.
Elle fit un signe de satisfaction et de contentement.
— Maintenant, pour ma peine, promettez-moi…
Et elle s’arrêta.
— Quoi ? demanda Marius.
— Promettez-moi !
— Je vous promets.
— Promettez-moi de me donner un baiser sur le front quand je serai morte. — Je le sentirai.
Elle laissa retomber sa tête sur les genoux de Marius et ses paupières se fermèrent. Il crut cette pauvre âme partie. Éponine restait immobile ; tout à coup, à l’instant où Marius la croyait à jamais endormie, elle ouvrit lentement ses yeux où apparaissait la sombre profondeur de la mort, et lui dit avec un accent dont la douceur semblait déjà venir d’un autre monde :
— Et puis, tenez, monsieur Marius, je crois que j’étais un peu amoureuse de vous.
Elle essaya encore de sourire et expira.
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Videos de Victor Hugo (121) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Victor Hugo
Teaser | Les Hugo, une famille d'artiste | Maison Victor Hugo - Paris .Teaser de l'exposition Les Hugo, une famille d'artistes présentée à la Maison Victor Hugo - Paris du 14 avril au 30 août 2016
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