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> Yves Gohin (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070409228
Éditeur : Gallimard

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.34/5 (sur 722 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
C'est un tel classique qu'on a toujours l'impression de l'avoir déjà lu... ou vu: avec Michel Bouquet dans le rôle de Javert, ou bien Depardieu. Relire donc Les Misérables, publié par Victor Hugo en 1862, offre le plaisir de la reconnaissance et du recommencement.
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par zaphod, le 15 décembre 2014

    zaphod
    Avant, je me disais ceci:
    Si je pouvais changer quelque chose chez moi (mis à part devenir beau et intelligent, cela va de soi), ce serait (plus modestement) de savoir parler des livres.
    C'est qu'une partie importante de ma vie se passe derrière ces petites portes vers d'autres mondes que sont les livres. Ouvrir, fermer un livre, c'est m'immerger dans un ailleurs, puis en revenir.
    J'aimerais être capable de raconter ces voyages, mais voilà, j'ai l'impression de ne pas en ramener grand-chose avec moi, et même parfois, j'ai la bizarre impression d'y laisser quelque chose de moi.
    D'où une certaine frustration.
    En bref, je me sentais misérable. Enfin non, mais presque.

    Mais ça, c'était avant.
    Je vais mieux, merci. Depuis que je fréquente le bar "Garder l'Encre". (Comme il est situé est en face d'un petit port, le jeu de mot est évident.)
    C'est là que se tiennent les "réunions" du vendredi soir.
    Je pense que j'aurai encore l'occasion de reparler de cet endroit, mais la chose la plus importante à dire, c'est qu'il s'agit probablement du seul vrai club de lecture au monde.

    C'est à dire que j'ai entendu parler de nombreux clubs où quelques habitués se réunissent pour parler de livres. Il faudrait donc plutôt les appeler "groupes de discussion sur les livres".
    Par contre, Garder l'Encre est un endroit où quelques habitués se réunissent tous les vendredis pour... lire.

    En fait, ils ne parlent pas beaucoup. Chacun lit son livre -un livre différent, dans un silence relatif.
    Ce n'est que quand Roger, le patron, a terminé un chapitre (car lui aussi lit) qu'il se lèvre de son tabouret derrière le bar, voyage entre les quelques tables, prend les commandes, et s'informe en peu de mots de la progression de chacun. Le seul autre moment où on se permet de rompre la quiétude des lecteurs, c'est quand l'un de nous termine son bouquin pendant une "réunion". On peut alors refermer son livre bruyamment en criant "J'ai fini!". Si c'est un ouvrage conséquent, ou une lecture un peu difficile, il est d'usage de payer la tournée.

    J'aime la philosophie de Garder l'Encre. C'est un peu comme assumer que la lecture est l'activité introvertie et solitaire par excellence; mais en regroupant plusieurs solitudes, on peut fabriquer une sorte de communauté.

    Je ne me serais peut-être pas lancé dans la lecture des Misérables tout seul dans mon coin. On pourrait dire que moins il me reste de vie à vivre, plus les gros livres me font peur. Mais je savais que cette lecture me vaudrait un demi-sourire de Roger, un regard un peu langoureux de Zoé, un soupir exaspéré de Pat-le-Flamand, et une totale indifférence de Louis. Rien que pour ça, ça en valait la peine. Et je savais que leur présence le vendredi m'aiderait à traverser les digressions parfois un peu longues de Victor Hugo.

    Vendredi, j'ai donc refermé bruyamment ce premier volume des Misérables en criant "J'ai fini".
    Zoé a été la première à réagir: "Tu as fait bon voyage?". C'est la formule habituelle. On n'attend pas une quelconque analyse ou un jugement.
    "Ah oui, le vieux barbu bavard! Tu t'en es sorti?" a enchaîné Pat-le-Flamand.
    "Oui, je me suis un peu égaré à Waterloo et dans le couvent du Petit Picpus, mais c'est un voyage grandiose.", que j'ai répondu.

    Mon dernier contact avec Hugo remonte à pas loin de quarante ans! C'était Notre-Dame de Paris, ma première plongée dans une oeuvre de cette envergure. J'avais été complètement subjugué, j'avais dévoré le moindre mot, et j'ai su à ce moment-là que grâce aux livres, je ne m'ennuierais jamais dans la vie. J'ai aussi décidé de lire Les Misérables (qui était aussi dans la-grande-armoire-brune-de-mes-parents), mais j'ai toujours remis à plus tard. Et puis après de nombreux détours, le moment est enfin arrivé.

    "Bon, ça s'arrose, non?". C'était Louis. Il s'intéresse surtout aux atlas marins et à Jack London. (C'est de lui que je tiens mon intérêt pour cet auteur.)
    J'ai appelé Roger le barman: "Thénardier, sors de ton antre et viens prendre les commandes, veux-tu?".
    Il a commencé par Zoé. "Et pour Cosette, qu'est-ce que ce sera? Allez, vas-y, puisque monsieur Valjean te l'offre!"
    Elle a demandé un thé à la menthe, et j'ai pris comme elle. Louis et Pat-le-Flamand ont commandé des bières.

    Un des objets les plus remarquables dans le bar est un énorme baromètre en cuivre dont Roger a légèrement modifié le cadran. Il est divisé en trois zones. La plus à gauche est marquée "Temps de merde : Irish Coffee", celle du milieu "Foutu temps : Chimay", et celle de droite "Trop chaud : Mojito". Vendredi, l'aiguille indiquait "Temps de merde".
    Roger nous a donc préparé cinq irish coffees, sans faire aucun cas de notre commande.

    J'ai levé mon verre d'Irish en disant "A la santé de Cosette!".
    "A Javert" a dit Pat-le-Flamand.
    "A tous les personnages des Misérables, ce sont des géants!" a dit Roger.
    "A Quasimodo!" a dit Louis, faisant sourire tout le monde.
    "J'aime pas l'irish coffee. Je voulais du thé!" a dit Cosette, en poussant son verre vers moi.

    (A suivre, si le coeur m'en dit.)
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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 31 août 2012

    Nastasia-B
    Il est vrai qu'il y a de quoi s'y perdre entre les versions "3 tomes" et les versions "2 tomes". À l'origine, Folio, le livre de poche et GF présentaient cette œuvre scindée en 3, ce qui n'est pas idiot puisque l'ensemble en pléiade représente environ 1500 pages, soit 500 pages par tome. de plus, le découpage interne de l'ouvrage s'y prête bien. Mais, comme il n'est plus trop dans l'air du temps de se trimballer un livre en x volumes, certains ont mis de l'eau dans leur vin et ont décidé de sortir des versions en 2 tomes, d'où des confusions possibles entre des tomes 1 & 2 selon qu'ils appartiennent ou non à un ensemble à 2 ou 3 tomes.
    Ici je parle bien de la version en 2 tomes chez Folio.
    On a tout dit, écrit ou filmé sur ce livre, mais le mieux, c'est encore de le lire car notre vieux Victor est plus que jamais l'immense écrivain que nous connaissons et que c'est toujours un plaisir de lire une telle langue, à la fois sophistiquée et abordable.
    Dès l'abord du roman, on fait la connaissance de l'incontournable Jean Valjean. D'abord vaurien puis, écœuré par sa propre noirceur, initié à la générosité par un évêque sans prétention, et qui deviendra le bienfaiteur de certaines âmes sans titre ni fortune (le père Fauchelevent et quelques autres dont je préfère vous taire les noms au cas où vous n'auriez pas connaissance de l'histoire).
    Victor Hugo nous fait aussi de temps en temps quelques digressions sur des sujets qui l'intéressent, notamment la bataille de Waterloo. Bien que n'ayant qu'un vague rapport avec le fil de la narration, on ne s'ennuie pas de ces méandres dans le panier ventripotent de notre histoire de France (Du moins y ai-je pris plus de plaisir qu'à la lourde digression sur le couvent du Petit Picpus).
    Outre Jean Valjean, nous suivons les mésaventures de la pauvre Fantine, où l'on se heurte à l'une des scènes les plus horribles jamais écrites, la séance chez le dentiste, je ne vous en dit pas plus, mais ce passage remue bien les entrailles! Les "méchants" sont sublimes de méchanceté, Javert, le flic zélé et obtus, les Thénardiers, veules et cupides sont aux petits oignons...
    Après l'épisode du couvent, on fait la connaissance du dernier personnage central du roman en la personne de Marius, le fils d'un vaillant soldat de la grande armée, "volé" (sous peine de se faire déshériter) à son père par le grand-père maternel, vestige vivant de l'époque Louis XV, fervent royaliste.
    Le petit Marius grandit donc dans cette schizophrénie des origines et se retrouve un peu déboussolé à la mort de son père, qui lui est quasi inconnu, lorsqu'il prend conscience que celui-ci fut un héros sous Napoléon, traité comme le dernier des gueux par son vieux royaliste de grand-père. En somme, tempête sous un crâne, quête identitaire, et tous les assauts de la misère jusqu'à ce que son œil croise celui d'une belle jeune fille...
    Et là, là, franchement, si Victor Hugo n'a pas en vous allumé la flamme brûlante qui vous fera vous ruer sur le second tome, je n'y comprends plus rien. du grand, du beau, du bon roman comme on en redemande, mais ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, bien peu de chose.
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  • Par PiertyM, le 27 juillet 2014

    PiertyM
    C'est avec un réel plaisir que je parcours à nouveau les misérables qui reste et restera un chef-d'oeuvre pour la littérature. Composée de différentes petites misères, c'est vraiment une sauce émouvante que nous sert Victor Hugo...
    Pour ce premier tome, Victor plante merveilleusement le décor de trois personnages qu'on retrouvera liés un peu plus tard d'une manière ou d'une autre: monseigneur Bienvenu, Jean Valjean et Fantine. La rencontre entre ces trois personnages ont été des moments chocs de leur vie....
    La rencontre entre monseigneur Bienvenu et Jean Valjean ressemble à la rencontre du blanc et du noir, qui dominera sur l'autre?...hé bien le cœur blanc de monseigneur Bienvenu prendra le dessus sur le côté sombre Jean Valjean qui jusque là n'a connu qu'injustice et rejet dans la société, il est surpris cette fois-ci de voir un homme couvrir un vol commis dans sa propre maison. Cet acte va engendrer un choc psychologique qui hantera à jamais la vie de Jean Valean...
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    • Livres 4.00/5
    Par ibon, le 06 septembre 2013

    ibon
    Jean Valjean est le personnage principal de ce tome 1 (1/2) .Et quelle présence sur ces 1000 pages! On apprend qu'il revient du bagne de Toulon où il a passé 19 ans pour avoir volé un pain. La prison et son injustice, l'ont rendu haineux vis à vis de la société.
    L'évêque Meyriel, est présenté dès les premières pages comme un juste. Il faudra au moins cette rencontre pour détourner notre héros d'une destinée , malgré lui, de voleur ou de tueur. Ainsi, de multiples personnages très fouillés et intéressants ( Fantine, Javert, les Thénardier, Cosette, Fauchelevent) vont croiser le chemin de l'ancien forçat, en constante lutte pour, non seulement,sa survie mais aussi celle des misérables qu'il représente.
    Victor Hugo a écrit un chef d'oeuvre. Mais il n'est pas simple à lire.
    Il y a quelques longueurs:
    Ah la 3ème partie appelée "Marius"... La présentation de la famille Gillenormand souffre de l'absence de lien immédiat avec notre héros et la ferveur à tourner les pages peut retomber parfois.
    Qu'à cela ne tienne, le lecteur pourra lui pardonner ça et quelques disgressions, puisque cette oeuvre est classée comme un des livres majeurs de la littérature du 19ème siècle.
    Il fait tellement partie du patrimoine que les multiples adaptations cinématographiques ont peut-être ramolli la volonté de le lire de beaucoup de lecteurs.
    Dont moi. C'est vrai, pourquoi lire les détails d'une histoire (de 2000 pages)que l'on connaît déjà grâce aux talentueux acteurs qui ont interprété les personnages de ce roman?
    Je crois que l'on peut se saisir de quelques images de ces écrans et peut-être les raccrocher au livre. Dans le film de Robert Hossein, celles de Lino Ventura dans le rôle de Jean Valjean et de Michel Bouquet dans celui de Javert peuvent, par exemple, servir cet imaginaire.
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    • Livres 5.00/5
    Par Gwen21, le 28 octobre 2012

    Gwen21
    Les misérables constituent l'un des piliers de la littérature française. C'est presque un lieu commun de déclarer cela et en même temps, c'est très rassurant que ça le soit. Victor Hugo est un monstre dans son domaine et c'est normal que de sa plume se soit naturellement extraite une oeuvre monstrueuse, colossale et dont la grandeur semble insurpassable.
    Jamais titre ne fut aussi bien choisi pour introduire une oeuvre. C'est par le titre que le lecteur est d'abord accroché et ce titre "Les misérables" est un véritable fil d'Ariane tout au long du roman. Tous les personnages de l'oeuvre ont été, sont ou seront à un moment donné dans le récit ce qu'il convient d'appeler "un misérable". de différentes manières : socialement, sentimentalement, pécuniairement, politiquement...
    Le récit est très bien mené, les personnages sont fouillés, le rythme est bon, les descriptions sont puissantes, les développements autour de la psychologie et de la nature humaine sont avant-gardistes, le plaisir de lire est intense.
    Les misérables, un roman prégnant qui place le lecteur devant sa propre humanité, dans un décor grandiose, celui de l'Histoire en mutation et de l'Humanité si désespérément fidèle à elle-même.
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Citations et extraits

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  • Par Ahessia, le 16 décembre 2014

    Rester dans le paradis et y devenir démon [ou] Rentrer dans l'enfer et y devenir ange !

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  • Par Ahessia, le 16 décembre 2014

    Elles n'auront pour monastère que la maison des malades, pour cellule qu'une chambre de louage, pour chapelle que l'église de leur paroisse, pour cloitre que l'obéissante, pour grille que la crainte de Dieu, pour voile que la modestie.

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  • Par Ahessia, le 16 décembre 2014

    On n'empêche pas plus la pensée de revenir à une idée que la mer de revenir à un rivage. Pour le matelot, cela s'appelle la marée ; pour le coupable, cela s'appelle le remords. Dieu soulève l'âme, comme l'océan.

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  • Par Ahessia, le 16 décembre 2014

    Mentir, c'est l'absolu du mal. Peu mentir n'est pas possible ; celui qui ment, ment tout le mensonge ; mentir c'est la face même du démon ; Satan a deux noms, il s'appelle Satan et il s'appelle Mensonge.

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  • Par Ahessia, le 16 décembre 2014

    Il vécut [...] n'ayant plus de deux pensées : cacher son nom et sanctifier sa vie ; échapper aux hommes et revenir à Dieu

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Vidéo de Victor Hugo

Visite guidée : La Cime du rêve - Victor Hugo et le Surréalisme .
Loin de chercher à faire de Victor Hugo un surréaliste avant la lettre, cette exposition cherche à isoler des parentés et à pointer des préoccupations très modernes de l'écrivain dans ses pratiques du dessin. Visite avec Bruno Decharme cinéaste, collectionneur d'art Brut À VOIR La Cime du rêve - Victor Hugo et le Surréalisme Maison de Victor-Hugo 6, place des Vosges - hôtel de Rohan-Guéménée 75004 Paris Réalisation : Pierrick Allain, Lorraine Rossignol








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